Reine des abeilles

Une reine (Apis mellifera carnica) entourée au-dessus d'alvéoles d'abeilles.

La reine des abeilles, ou plus simplement reine dans le contexte, désigne une femelle adulte accouplée qui vit dans une ruche. Elle est le seul individu femelle fertile de la colonie. Il y a normalement une seule reine adulte accouplée par ruche. Elle est habituellement la mère de la plupart, sinon de la totalité, des abeilles de la ruche.

Description

Cellules royales de sauveté
Cellule royale ouverte

La reine possède un abdomen plus allongé que celui des simples ouvrières. Ce même abdomen possède moins de poils et sa taille permet une ponte plus aisée dans chaque alvéole. Contrairement aux ouvrières, le dard de la reine ne possède pas de crochet et ne reste pas pris dans la peau d'un animal lors d'une piqûre (dard rétractile), ce qui lui évite de mourir[1].

La reine est à l'origine une larve choisie par les abeilles ouvrières. Elle provient d’un œuf fécondé, identique à celui d'une ouvrière, mais pondu dans une cellule spéciale, la cellule royale, plus vaste et de forme ronde, non hexagonale, contrairement à celle des ouvrières. Tout au long de son développement, la larve sera nourrie exclusivement de gelée royale et c'est ce régime, et lui seul, qui lui permettra de devenir une reine.

Il est rare de pouvoir observer une reine à l’extérieur, alors qu’il est relativement facile de la remarquer à l’intérieur d’une ruche : elle est entourée de nombreuses ouvrières qui la protègent et la nourrissent.

Reproduction

Une nouvelle reine s'élance dans un vol nuptial, une nuée de faux bourdons à sa suite. Elle va s’accoupler avec plusieurs mâles, en plein vol, jusqu’à ce que sa spermathèque soit remplie. Les mâles qui l’auront fécondée vont tous mourir peu de temps après l’accouplement, leurs organes génitaux ayant été arrachés. Les autres ne seront plus nourris par leur essaim d'origine une fois l'automne arrivé. La reine retient dans sa spermathèque suffisamment de gamètes pour engendrer plusieurs colonies, et ce pour le reste de sa vie (jusqu’à 5 ans). Une fois installée, la reine pond en permanence de février à septembre, jusque l'équivalent de son propre poids en œufs chaque jour pour certaines reines d'abeilles domestiques (près de 400 000 œufs par an, ce nombre élevé étant nécessaire car la durée de vie des ouvrières n'est que de 30 à 45 jours), soit 1 500 à 2 000 œufs par jour au rythme de cinq à six par minute[2]. Quand sa spermathèque commence à se vider, elle ne peut plus pondre d'œufs d'ouvrières et sa diffusion de phéromones se modifie. C'est souvent le signe que la reine ne va pas tarder à être remplacée.

Il arrive également qu'une vieille reine provoque un essaimage en laissant dans sa ruche d'origine ses provisions et de jeunes reines prêtes à éclore.

Remérage et élevage de reines

Article détaillé : Élevage de reines.

Les reines sont élevées généralement au printemps et jusqu'à l'automne en fonction des régions. Cet élevage a lieu lors d'un essaimage, qui n’aura lieu que si la colonie est prospère et le climat favorable. Le remérage se produit également pour remplacer une reine vieillissante ou malade. On parle alors de supersédure (de l'anglais superseding, remplacement) pour un remplacement de reine sans essaimage. Il semble que la transmission des phéromones de la reine, qui les répand avec son odeur, ses antennes et sa bouche, en permanence dans la ruche, soit le facteur déterminant son remplacement et la construction de cellules royales. Un essaim qui perd sa reine doit se remérer (c'est-à-dire faire naître une nouvelle reine-mère pour la ruche). La colonie amorce alors le périlleux processus de nourrir plusieurs nymphes de gelée royale, périlleux car la survie de la colonie en dépend. La première reine éclose part à la chasse des autres cocons pour tuer les nymphes concurrentes.

Il y a des inconvénients avec les reines produites dans la colonie. Aucun nouveau couvain ne naîtra pendant 41 jours au minimum, donc pendant plus longtemps que l'espérance de vie moyenne des ouvrières. Cela retarde sérieusement le développement de la colonie et réduira la récolte de miel. Des reines de qualité inférieure sont souvent produites. Aussi la plupart des apiculteurs obtiennent d'un éleveur des reines sélectionnées pour leurs performances ou ils élèveront eux-mêmes des reines en utilisant leurs meilleures souches puis les introduiront dans leurs ruche (en éliminant la reine en place) dés qu'elles seront prêtes à pondre.

Notes et références

  1. Henri Clément, L'Apiculture Pour les Nuls, Éditions First, , p. 107
  2. (en) E. J. DuPraw, « Further development in research on the honeybee egg », Glean. Bee Cult., vol. 88, no 2,‎ , p. 105–111.

Sources

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Apis (genre)#Reine » (voir la liste des auteurs).
  • Des Abeilles et des hommes