Raviole du Dauphiné

Raviole du Dauphiné
Image illustrative de l’article Raviole du Dauphiné
Ravioles de Romans aux truffes blanches.

Autre nom raviole de Romans
Lieu d’origine Drapeau du Dauphiné Dauphiné (Drapeau de la France France)
Type de produit élaboré à base de farine de blé tendre, œuf, eau, comté, fromage blanc, persil
Classification Label rouge et indication géographique protégée
Confrérie Confrérie de la raviole du Dauphiné à Saint-Julien-en-Vercors[1]
Festivité Premier week-end du mois de juin, fête de la raviole et de la pogne à Romans-sur-Isère[2] depuis 1988[réf. nécessaire]

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Raviole du Dauphiné

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Raviole du Dauphiné

La raviole du Dauphiné est l'indication géographique d'une spécialité constituée de carrés de pâte farcie de fromages et de persil et cuits à l'eau. Elle est voisine du ravioli italien et du pelmeni russe, transformée près de Romans-sur-Isère, dans la région historique du Dauphiné, dans le sud-est de la France.

Dans un cadre commercial, cette dénomination a d'abord bénéficié d'un Label rouge en 1998 puis a été préservée via une Indication géographique protégée à partir de 2009. Sa fabrication fait appel à des produits agricoles (comme le comté, l'emmental), des fromages ne provenant pas de l'aire géographique de transformation de la raviole du Dauphiné.

Les transformateurs agroalimentaires ont déposé des marques commerciales créées pour leur activité comme « Ravioles Saint Jean », « Raviole Mère Maury » (en référence historique à Marie-Louise Maury dite mère Maury), etc. La dénomination non protégée raviole de Romans, l'autre façon populaire d'appeler la raviole dans le Dauphiné, a ainsi servi des intérêts privés et s'est vue également déposé comme marque par une société[3],[4].

Histoire

Les ravioles élaborées dans la province du Dauphiné trouveraient leur origine dans la gastronomie romaine, mais la première mention du terme « raviole » dans ce pays date de 1228[5]. Très consommée dans la région du Dauphiné au Moyen Âge, elle est farcie de viande, ou de légumes (comme les raves) lors du carême ou pour les populations pauvres. Ne contenant pas de viande, elle convient aux jours de jeûne[5]. À Romans, la consommation des ravioles est confirmée dès 1807 ; au XIXe siècle, le niveau de vie du Romanais s'améliore et les légumes sont remplacés par du fromage, dernière étape avant la composition que nous connaissons aujourd'hui ; c'est un plat de fêtes préparé par des spécialistes : les « ravioleuses », qui se déplacent de maison en maison. L'une d'elles : la Mère Maury[6], est la première, en 1885, à offrir aux clients de son café de Romans, les ravioles qu'elle confectionne à la main ; c'est encore un plat populaire. D'autres ravioleuses développent un commerce local de la raviole, comme la mère Fayet. Ayant appris la confection des ravioles auprès de celle-ci, Émile Truchet met au point une machine à fabriquer les ravioles qui remporte un grand succès à la foire de Romans en 1953[5].

La raviole était issue d'un terroir mêlant cultures céréalières et petits élevages laitiers où la viande était rare, permettant un approvisionnement en produits agricoles et expliquant la composition non carnée de la préparation.

Il faut attendre les années 1960 pour voir les ravioles de Romans sur les cartes des grands restaurateurs de la vallée du Rhône, leur fabrication devenir industrielle, et leur vente franchir les limites du Dauphiné[7]. Avant 1975, le marché ne dépasse pas les 100 tonnes annuelles, et c'est à partir de 1990 que la raviole gagne les supermarchés[5].

Depuis 1982, les six principaux transformateurs industriels de la région se sont fédérés via l' « Association de Défense de la Véritable Raviole du Dauphiné »[5],[4].

Localisation géographique

Raviole du Dauphiné

La raviole du Dauphiné est fabriquée à Romans-sur-Isère (département de la Drôme, province du Dauphiné) et dans le Royans, région à cheval sur les départements de l'Isère et de la Drôme.


En 2018, parmi les aliments entrant dans la composition de la raviole, seuls les œufs et le fromage frais ont l'obligation d'être issus des productions agricoles de l'aire géographique de transformation ou de ses départements limitrophes[5].

En 1989, la cour d'appel de Grenoble a reconnu « Raviole du Dauphiné » comme dénomination géographique par la spécificité régionale de sa préparation.[5].

Les communes de la Drôme

45 communes sont concernées dans la Drôme : Alixan, Barbières, La Baume-d'Hostun, Beauregard-Baret, Bésayes, Bourg-de-Péage, Bouvante, Le Chalon, Charpey, Châteauneuf-sur-Isère, Châtillon-Saint-Jean, Chatuzange-le-Goubet, Clérieux, Crépol, Échevis, Eymeux, Génissieux, Geyssans, Hostun, Léoncel, Marches, Miribel, Montmiral, La Motte-Fanjas, Mours-Saint-Eusèbe, Oriol-en-Royans, Parnans, Peyrins, Rochechinard, Rochefort-Samson, Romans-sur-Isère, Saint-Bardoux, Saint-Bonnet-de-Valclérieux, Sainte-Eulalie-en-Royans, Saint-Jean-en-Royans, Saint-Laurent-d'Onay, Saint-Laurent-en-Royans, Saint-Martin-le-Colonel, Saint-Michel-sur-Savasse, Saint-Nazaire-en-Royans, Saint-Paul-lès-Romans, Saint-Thomas-en-Royans, Triors, Jaillans, Saint-Vincent-la-Commanderie.

Les communes de l'Isère

29 communes sont concernées dans l'Isère : Auberives-en-Royans, Beaulieu, Beauvoir-en-Royans, Bessins, Châtelus, Chatte, Chevrières, Choranche, Dionay, Izeron, Montagne, Murinais, Pont-en-Royans, Presles, Rencurel, Saint-André-en-Royans, Saint-Antoine-l'Abbaye, Saint-Appolinard, Saint-Bonnet-de-Chavagne, Saint-Hilaire-du-Rosier, Saint-Just-de-Claix, Saint-Lattier, Saint-Marcellin, Saint-Pierre-de-Chérennes, Saint-Romans, Saint-Sauveur, Saint-Vérand, La Sône, Têche.

La raviole

Composition et fabrication

La raviole est composée d'une pâte de farine de blé tendre, d’œuf et d’eau qui entoure une farce à base de comté ou d'emmental français est-central[5], de fromage blanc de lait de vache et de persil revenu au beurre.

Les deux feuilles de pâte pétrie sont assemblées autour de la farce malaxée. La pâte représente au maximum 55 % de la raviole[5].

Volume de fabrication et commercialisation

En 2005, son volume de fabrication s'élevait à 2 500 tonnes[8], et a plus doublé en deux ans pour atteindre 5 103 tonnes en 2007[5].

Les ravioles sont commercialisées sous formes de plaques de 48 unités prédécoupées de 60 à 65 grammes chacune[5]. Très présente sur les tables des restaurateurs régionaux, la raviole se consomme notamment durant la fête de la raviole et de la pogne, qui se tient chaque mois de septembre à Romans-sur-Isère[9], ou la fête traditionnelle de la raviole d'Eymeux[10]. Elle est également commercialisée en masse dans les circuits conventionnels de la moyenne et grande distribution, par le biais de marques commerciales locales (« Ravioles Saint Jean » et « Ravioles de la Mère Maury » à Romans, « Ravioles du Dauphin » à Chatte)[8] pouvant se charger de la transformation pour les marques de distributeur (« Reflets de France »).

Consommation

Les ravioles peuvent se manger pochées à l'eau ou dans un bouillon de poule, grillées à la poêle, en gratin ou en salade.

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Bibliographie

  • Laurent Jacquot, Société d'Études Historiques de Romans - Bourg de Péage, Pour écrire l'histoire de la raviole, Études Drômoises, 1996.

Voir aussi

Notes et références

  1. Confrérie de la raviole du Dauphiné
  2. https://www.ville-romans.fr/agenda/fete-de-la-pogne-et-de-la-raviole-1
  3. https://bases-marques.inpi.fr/Typo3_INPI_Marques/getPdf?idObjet=94530275_201734_fmark
  4. a et b Blandine Vié, « Les ravioles du Dauphiné… et les autres ! », sur gourmetsandco.com (consulté le 27 octobre 2015)
  5. a b c d e f g h i j et k « Raviole du Dauphiné, fiche produit », sur inao.gouv.fr (consulté le 27 octobre 2015)
  6. Histoire des Ravioles de la Mère Maury
  7. Laurent Jacquot, « La raviole de Romans, histoire... », sur etudesdromoises.com, (consulté le 27 octobre 2015)
  8. a et b « Raviole du Dauphiné », sur rhone-alpes.synagri.com (consulté le 27 octobre 2015)
  9. « Les grands événements culturels », sur ville-romans.fr (consulté le 27 octobre 2015)
  10. « La raviole de Romans » [archive du ], sur rhonealpes.fr (consulté le 27 octobre 2015)

Articles connexes

Liens externes