Raoul Gradis

Raoul Gradis
Fonction
Président
Consistoire de Bordeaux ()
Biographie
Naissance
Décès
(à 82 ans)
Nationalité
Formation
Activités
Famille
Père
Fratrie
Anna Mayer ()
Conjoint
Suzanne Fould ()
Enfants
Gaston Gradis
Jean Gradis ()
Autres informations
A travaillé pour
Propriétaire de
Membre de
Grade militaire
Distinctions

Raoul Gradis, né à Bordeaux le et mort le , est un peintre et armateur français.

Biographie

Membre de l'élite juive française, dont les ancêtres ont été expulsés de la péninsule ibérique, il est le fils de Henri Gradis (1823-1905), il épouse Suzanne Fould, fille de Paul Fould, maître des requêtes au Conseil d'État, petite-fille du baron Joseph de Günzburg et tante de la baronne Germaine de Rothschild.

Il est le père de Gaston Gradis, Marie-Louise Gradis (épouse de Bernard Blanchy et mère de Michel Blanchy) et de Jean Gradis.[1].

Engagé en 1881, il devient lieutenant en 1884, puis capitaine au 23e régiment d'artillerie territoriale.

Il étudie la peinture avec Maxime Lalanne à l’École des beaux-arts de Bordeaux, puis avec Ferdinand Humbert et Henri Gervex à l’Ecole des Beaux-arts de Paris. Il expose au Salon à partir de 1886 et en devint sociétaire[2].

Il était également sociétaire de la Société des artistes français et membre de la Société philomathique de Bordeaux. Gradis écrivit diverses œuvres musicales dont « Poème pour piano et violon ».

Il succède à son père à la tête de la maison Gradis en 1905, en s’associant avec son beau-frère, Georges Schwob d'Héricourt. Ils firent évoluer la maison Gradis en Société française pour le commerce avec les colonies et l’étranger (SFCCE) en 1921, Georges Schwob d'Héricourt en prenant la présidence et Raoul la vice-présidence.

Durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), Raoul Gradis était président du Consistoire juif et chef de la communauté juive de Bordeaux[3]. En juin 1942, il fit retirer ses étoiles jaunes au commissariat de Bordeaux, sans donner les bons de textile requis. En août 1942, il demanda une exemption aux restrictions à la circulation imposées aux Juifs, expliquant qu’à l'âge de 81 ans, avec un bras cassé, il aimerait aller à sa maison de campagne de Saint-Louis-de Montferrand. Sa propriété avait été saisie et son domicile à Lormont avait été réquisitionné par les forces d'occupation. Il précisa qu’en ayant démissionné de la vice-présidence de son entreprise, il avait respecté l’interdiction faite aux juifs de diriger leurs entreprises (loi du 2 juin 1941 du régime de Vichy). En septembre 1942, sa demande de libre circulation fut rejetée par la SS.

Raoul Gradis meurt quelques mois plus tard en juin 1943[3].

Gradis était président de l'Union d'assistance du XVIe arrondissement de Paris, membre de la Société internationale d'assistance, du comité de secours aux sinistrés de la Martinique, du comité de la Société philanthropique, du Conseil général pour l'extinction de la mendicité à Bordeaux.

Il est chevalier de la Légion d'honneur, officier d'Académie, officier de l'ordre du Cambodge et de l'ordre du Nichan Iftikhar (ordre tunisien) en récompense pour services rendus.

Ouvrages

  • « Une expérience de philanthropie à la Martinique » (1904)
  • « Poème pour piano et violon »
  • « Partitions des quatuors n° 1 et n° 2 pour piano »
  • « VIII pièces pour piano » (1906)

Notes et références

  1. Alain Guggenheim, « Généalogie de Raoul Gradis », sur gw.geneanet.org (consulté le 4 juin 2016)
  2. « Fiche du peintre Raoul Gradis », sur lespeintresbordelais.com (consulté le 5 juin 2016)
  3. a et b Michel BERGÈS, « Approche qualitative de la tentative d’anéantissement de la communauté juive de Bordeaux (1940-1944) », (consulté le 5 juin 2016)

Annexes

Bibliographie

  • Jean et Bernard Guerin (Compte-rendu de lecture), Des hommes et des activités. Autour d'un demi-siècle : 1889-1957, Lormont (Gironde), Société bordelaise d'éditions biographiques, , 926 p. (présentation en ligne)
  • Société des artistes français, « Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, et lithographie des artistes vivants exposés au Grand palais des Champs-Élysées », 1886, p. 242

Liens externes