Randolph Churchill

Randolph Churchill
Picture of Lord Randolph Churchill.jpg
Le père de Winston Churchill, Lord Randolph Henry Spencer Churchill
Fonctions
Membre du 25e Parlement du Royaume-Uni ()
Paddington South (en)
-
Leader de la Chambre des Communes
-
Chancelier de l'Échiquier
-
Membre du 24e Parlement du Royaume-Uni ()
Paddington South (en)
-
Membre du 23e Parlement du Royaume-Uni ()
Paddington South (en)
-
Secrétaire d'État à l'Inde
-
Membre du 22e Parlement du Royaume-Uni ()
Woodstock (en)
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Membre du 21e Parlement du Royaume-Uni ()
Woodstock (en)
-
Secrétaire d'État à l'Inde
Titre de noblesse
Duc
Biographie
Naissance
Décès
(à 45 ans)
Londres
Sépulture
Nationalité
Formation
Activité
Père
Mère
Frances Anne Spencer-Churchill (en)
Fratrie
George Spencer-Churchill
Lord Augustus Spencer-Churchill ()
Lord Charles Spencer-Churchill ()
Cornelia Guest, Baroness Wimborne ()
Lord Frederick Spencer-Churchill ()
Georgiana Curzon, Countess Howe ()
Sarah Wilson
Fanny Marjoribanks, Baroness Tweedmouth ()
Anne Innes-Ker (en)
Lady Rosamond Spencer-Churchill ()
Conjoint
Enfants
Autres informations
Parti politique
Titre honorifique
Le très honorable
Arms of Winston Churchill.svg
blason

Lord Randolph Henry Spencer-Churchill () est un homme d'État britannique. Il est le troisième fils (donc non héritier du titre, qui va à l'aîné) de John Spencer-Churchill, 7e duc de Marlborough, et le père du Premier ministre Winston Churchill et de John Strange Spencer-Churchill. Il fut député à vingt-cinq ans et fit carrière dans les rangs conservateurs où il souhaita des réformes démocratiques et une politique extérieure pacifique.

Biographie

Il étudie à Eton (1863-1865), puis au Merton College de l'Université d'Oxford (1867-1870), où il se fait remarquer pour son indiscipline, mais dont il sort diplômé en Philosophie du Droit et Histoire Moderne. Conservateur sincère (il fait partie des fondateurs en 1883 de la Ligue de la Primevère, consacrée à perpétuer l'action réformatrice de Disraeli baptisée Tory Democracy), il était néanmoins opposé à la rigidité traditionnelle des structures conservatrices. À son arrivée à la Chambre des communes, en 1874, comme député de Woodstock (où est situé le château familial des Marlborough, Blenheim) il s'attaqua au ministère conservateur avec une rhétorique incisive qui le rendit célèbre.

Pendant le ministère libéral de William Gladstone (1880-1885), il s'allia avec d'autres conservateurs indépendants pour former un prétendu « quatrième parti », préconisant un nouveau conservatisme, plus démocratique et plus réceptif au besoin de réformes sociales et politiques. Mis au courant de certains des problèmes de l'Irlande, en y ayant accompagné son père le vice-roi (1876-1880), il fut chargé du difficile problème de l'union entre l'Irlande et la Grande-Bretagne. Il avait identifié l'ampleur de la mauvaise gestion des autorités britanniques et s'opposa aux mesures coercitives. La nomination en 1884 de lord Randolph Churchill comme président de l'Union nationale des associations conservatrices et sa prise de position pour une participation populaire accrue à l'organisation du parti souligna son désaccord avec la conduite aristocratique de lord Salisbury, chef de file des conservateurs, mais la popularité de lord Randolph Churchill contraignit Salisbury, désormais Premier ministre, à l'accepter dans le nouveau gouvernement conservateur en 1885. Secrétaire d'État pour l'Inde (1885-1886) et chancelier de l'Échiquier, il prit la tête des conservateurs à la Chambre des Communes (1886)[1]. Son premier budget critiquait implicitement la politique étrangère en diminuant les crédits militaires. Le texte fut rejeté par ses collègues du Conseil des ministres et Churchill démissionna, surestimant gravement le soutien dont il bénéficiait au sein du parti. Ce coup d'éclat ne fut pas suivi par un tollé de l'opinion (comme il l'avait escompté) et les conservateurs ne le rappelèrent jamais aux affaires.

Personnellement endetté (financé discrètement par la famille Rothschild) affecté par une maladie indéterminée (probablement la syphilis) durant les dernières années de sa vie, il fit des tirades totalement absurdes à la Chambre des Communes qui achevèrent de le discréditer complètement. Il mourut dans de grandes souffrances, presque abandonné de tous, et pratiquement ruiné. Il fut très critique à l'égard de son fils Winston, avec qui il était d'une cruelle sévérité psychologique, le qualifiant à plusieurs reprises de bon à rien dans ses lettres (qui ont survécu), et certains adeptes de Freud soutiennent que cette animosité contribua à forger un caractère très déterminé chez son fils, qui par ailleurs proclama malgré tout haut et fort toute sa vie son admiration sans bornes pour ce père qui mourut alors que lui-même n'avait que 21 ans, allant jusqu'à écrire une volumineuse biographie-hagiographie pour réhabiliter sa mémoire en 1905. De surcroît, dès qu'il eut un fils, en 1911, Winston Churchill s'empressa de le baptiser Randolph en l'honneur de son propre père. Le documentaire Un géant dans le siècle consacré à Winston Churchill fait remarquer la coïncidence de date de la mort du père et du fils : le , 1895 (à 45 ans) pour l'un, 1965 (à 90 ans) pour l'autre.

Randolph Churchill est inhumé dans le cimetière paroissial de l'église Saint-Martin de Bladon.

Caricature du magazine satirique Punch, 1881

Bibliographie

  • Biographies de Lord Randolph Churchill
  • par son fils Winston S. Churchill: Lord Randolph Churchill.Odhams Press, London 1905
  • par R. F. Foster (1981): Lord Randolph Churchill: A Political Life. Oxford University Press, Reprint 1983, (ISBN 978-0198227564).
  • Antoine Capet, Churchill : Le dictionnaire. Paris : Perrin, 2018 (862 p.), Rubrique "Lord Randolph", p. 26-27.

Notes et références

Liens externes