Rafle du 10 janvier 1944

La rafle du 10 janvier 1944 à Bordeaux concerne 335 victimes juives. C'est la dernière des quatre grandes rafles menées en Aquitaine entre juillet 1942 et janvier 1944. la Synagogue de Bordeaux, fait unique dans la France occupée, est le lieu de détention des familles juives raflées en janvier 1944. Maurice Papon, alors secrétaire général de la préfecture de la Gironde, futur ministre de la Ve République, est un des organisateurs de cette rafle à Bordeaux où vivaient avant la Seconde Guerre mondiale plus de 5.000 juifs.

La Rafle

La rafle du 10 janvier 1944 à Bordeaux concerne 335 victimes juives[1],[2],[3],[4].

Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1944, 228 juifs sont arrêtés en Gironde (135 à Bordeaux, 12 à Arcachon et 81 dans le reste du département). Cette rafle est soigneusement préparée. Le 12 janvier 1944, un convoi quitte la Gare de Bordeaux-Saint-Jean et emmène 317 juifs au camp de Drancy avant la déportation vers un camp d’extermination nazi[5].

Le 11 janvier 1944, l’assemblée des rabbins français recommande la fermeture des synagogues[6].

Victimes

Parmi les victimes[7], déportées par le Convoi No. 67, en date du 3 février 1944, de Drancy vers Auschwitz, où elles sont assassinées à leur arrivée, on trouve:

  • Lisette Salzedo (17 ans)[8]
  • Louis Torrès (44 ans)[9] et Estreya Torrès (34 ans)[10] et leur 9 enfants: Esther – Yvette Torrès (17 ans)[11] , Ernest Torrès (16 ans)[12] , Marcel Torrès (14 ans)[13] , Louise Torrès (13 ans)[14] , Edmond Torrès (10 ans)[15], Raymond Torrès (8 ans)[16], Lucette Torrès (7 ans)[17], Simone Torrès (5 ans}[18] , Georges Torrès (3 ans)[19],[20]
  • Issac Guerstein (51 ans), Julia Guerstein (43 ans)[21] et leur fils Serge Guerstein (15 ans)[22],[23]

Rescapés

  • Berthe Murate[24] ou Murrate[25] (35 ans)[26], arrêtée avec son mari André Murrate (35 ans)[27], parquée dans la Synagogue de Bordeaux avant d'être envoyée à Drancy, survivante d'Auschwitz, témoin aux assises de la Gironde, en février 1998
  • Boris Cyrulnik (6 ans)[28]
  • Blanche Chauveau (11 ans)[29] et sa sœur Josette Mélinon (4 ans)[29],[30]

Bibliographie

Notes et références

  1. Rafle anti-juive du 10 janvier 1944: cérémonie à Bordeaux. lepoint.fr. 8 janvier 2017.
  2. Michel Laffitte. Les rafles de janvier 1944 à Bordeaux et les raisons de l’aveuglement de l’UGIF. Revue d’Histoire de la Shoah 2015/2 (N° 203), pages 371 à 385.
  3. Des visages et des noms - La rafle du 10 janvier 1944 en Gironde. fondationshoah.org.
  4. Rafle anti-juive du 10 janvier 1944: cérémonie à Bordeaux. lexpress.fr. 8 janvier 2017.
  5. 10 janvier 1944 : une rafle préméditée de Juifs en Gironde. lhistoireenrafale.lunion.fr. 10 janvier 2014.
  6. Marc-André Charguéraud. Ces Juifs que la Gestapo n’arrête pas au printemps 1944. ajcf.fr.
  7. Convoi du 12 janvier 1944. Procès Papon: les archives.
  8. Eva Duran. Lisette Salzedo. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.Cette référence donne comme date de naissance le 29 octobre 1925, alors que Klarsfeld, 2012, donne comme date le 31 octobre 1925.
  9. Amandine Couloudou. Louis Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  10. Amandine Couloudou. Estreya Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  11. Amandine Couloudou. Esther – Yvette Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  12. Amandine Couloudou. Ernest Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  13. Amandine Couloudou. Marcel Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  14. Amandine Couloudou. Louise Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  15. Amandine Couloudou. Edmond Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  16. Amandine Couloudou. Raymond Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  17. Amandine Couloudou. Lucette Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  18. Amandine Couloudou. Simone Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  19. Amandine Couloudou. Georges Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr/
  20. Famille Torrès. rafle-janvier-1944.lyceevinciblanquefort.fr.
  21. Julia Guerstein (née Nahon) est née le 6 mars 1900 au Caire. Sa dernière adresse est au 5 place de la Liberté à Begles en Gironde. Voir, Klarsfeld, 2012.
  22. Gilles Guitton. Bordeaux : le bébé mystérieux de la rafle de 1944 n’était pas le petit Guerstein. sudouest.fr. 22 décembre 2015.
  23. Gironde: A la recherche d'un enfant, confié par ses parents à un inconnu en 1944. 20minutes.fr/bordeaux. 12 octobre 2015.
  24. ELISABETH FLEURY. JANVIER 1944: DEUX POLICIERS SE SOUVIENNENT. humanite.fr. Samedi, 7 Février, 1998.
  25. Selon Klarsfeld, 2012.
  26. Berthe Murrate (née Lendler) est née le 14 décembre 1908 à Bordeaux. Sa dernière adresse est au 5 rue Louis Mie à Bordeaux. Voir, Klarsfel, 2012.
  27. André Murrate est né le 28 janvier 1909 à Bayonne. Sa dernière adresse est au 5 rue Louis Mie à Bordeaux. Voir, Klarsfel, 2012.
  28. CYRULNIK, BORIS, TODOROV, TZVETAN, TRUONG, NICOLAS (Sous la direction de). Tentation du bien est beaucoup plus dangereuse que celle du mal (La).
  29. a et b Pour se souvenir de Myriam Errera déportée à Auschwitz.,
  30. Cérémonie de la remise de la Légion d’Honneur à Josette Mélinon et Blanche Chauveau. vimeo.com.
  31. Eric Conan. LE PROCES PAPON. Un journal d'audience.Voir Résumé et Sommaire.
  32. Philippe Souleau, Jean-pierre Koscielniak. cajelice.fr.
  33. Philippe Souleau. Bordeaux et la question juive.

Articles connexes

Liens internes