Rachel Cheigam-Grunstein

Rachel Cheigam-Grunstein
Biographie
Naissance
Décès
(à 101 ans)
Garches
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Distinctions

Née à Petrograd le 24 janvier 1917, Rachel Grunstein (née Cheigam) prit une part active à la Résistance en France. Rachel Grunstein est décédée le 23 mars 2018, à Garches, en France.

Biographie

Ayant fui la Révolution de 1917, sa famille se réfugie d'abord en Lituanie, puis à Berlin. Son père, diamantaire, s'établit ensuite à Anvers, puis à Paris en 1924[1].

Après son brevet en 1933[1], elle devient journaliste sportive, couvrant notamment les sports féminins et la boxe pour L'Auto (ancêtre de L'Équipe) et Le Petit Parisien. Mais avec le début de la Seconde Guerre mondiale, sa vie change radicalement. Avec sa famille, elle est sauvée de la rafle du Vélodrome d'Hiver par Simone Parion qui les abrite pendant deux semaines et leur fournit des faux papiers[réf. nécessaire]. Elle prend alors le nom d'Aline Vannier[2].

Elle rejoint le mouvement Combat puis l'Armée Juive, bientôt renommée Organisation Juive de Combat. Elle travaille d'abord avec Lucien Lublin, ainsi qu'avec Zizi Pohorylès, le commandant Mélin (responsable FFI de la région Provence-Nice), Robert l'Arménien ou Dika Jefroykin[réf. nécessaire]. Elle fournit de faux papiers aux Juifs[1]. Arrêtée à trois reprises (une fois par la Milice, une autre fois par la Police Parisienne et une fois par la Gestapo), elle s'échappe à chaque fois (dont une fois en sautant par la fenêtre de son domicile, situé au quatrième étage d'un immeuble parisien).

Après l’invasion de la zone Sud elle est à Nice, secrétaire de Roger Foucher-Creteau, journaliste antinazi qui avait été à « Notre Temps » « Paris-Midi » et « l’Intransigeant »[1].

En novembre 1943 elle intègre avec sa sœur Nelly une équipe niçoise des corps francs de l’Armée Juive[1]. En mai 1944 elle est arrêtée par des miliciens et s’échappe une fois de plus.[réf. nécessaire]

Parmi ses activités pour le compte de la Résistance, elle fournit de faux tampons, des explosifs, des « planques », elle coopère avec le Maquis de Vence, elle fait passer de nombreux enfants en Suisse et en Espagne. Elle se bat aux côtés du groupe Charcot-Neuville lors de la Libération de Paris[3]. Lors de la libération de Paris, elle a par ailleurs des contacts avec les services de Raoul Nordling, consul de Suède à Paris pour qu'il demande aux Allemands que la Gestapo ne massacre ni ne déporte les Juifs encore internés à Drancy[4].

Après la guerre, elle reprend son métier de journaliste[1] et travaille avec différentes organisations sionistes, afin de faciliter l'immigration juive en Palestine mandataire.

En 1948, elle épouse Mendel Grunstein, engagé volontaire dans la Légion Etrangère (22° régiment de marche) en 1939 et qui passa près de 5 années en captivité, comme prisonnier de guerre. Il était titulaire de la Médaille Militaire et est décédé en 1971, à l'âge de 63 ans.

Elle est médaillée de la Résistance. Nommée Chevalier de la Légion d'honneur le 30 juin 1988, elle est nommée Officier de la Légion d'Honneur le 13 juillet 2000[5].

Le 13 février 2017, elle est honorée du titre de « sauveteur de juifs » au Mémorial de la Shoah par le B'nai Brith France[6].

Sources

  • Jacques Fijalkow, Les femmes dans les années quarante: juives et non-juives, souffrances et résistance, Editions de Paris, 2004, p. 190-5. (ISBN 2846210543)
  • Christiane Goldenstedt, Les femmes dans la Résistance, in: Annette Kuhn, Valentine Rothe (Hrsg.), Frauen in Geschichte und Gesellschaft, Band 43, Herbolzheim 2006 (ISBN 3-8255-0649-5)
  • Catherine Richet, « Grunstein née Cheigam, Rachel (dite Aline Vannier) », dans Organisation juive de combat, ch. 3 : « Biographies des membres de l’Armée juive », Autrement, coll. « Mémoires/Histoires », 2006, p. 74-5. (ISBN 9782746709027)
  • Alain Vincenot, La France résistante: Histoires de héros ordinaires, Éditions des Syrtes, 2004, p. 538-542. (ISBN 2845450893)

Sources externes

Notes et références

  1. a b c d e et f « Cheigam Rachel », sur Mémoires et Espoirs de la Résistance
  2. « Parion Simonne-Marie », sur Yad Vachem,
  3. Anny Latour, La Resistance juive en France 1940-1944., p. 253, Éd.Stock, 1970
  4. sous la responsabilité de Georges Loinger, Organisation juive combat - France 1940-1945, Editions Autrement, , pages 74,75
  5. Décret du 13 juillet 2000 portant promotion et nomination
  6. Haïm Musicant, « Hommage à ces juifs qui ont aussi sauvé des juifs », sur L'Arche,