Réparations allemandes de la Seconde Guerre mondiale

Division de l'Allemagne établie lors de la conférence de Potsdam.

Les réparations allemandes de la Seconde Guerre mondiale sont les indemnités de guerre que furent contraintes de payer l'Allemagne de l'Ouest et l'Allemagne de l'Est aux gouvernements alliés à l'issue de ce conflit, selon la conférence de Potsdam. D'autres nations de l'Axe furent obligées de payer des réparations de guerre en vertu du traité de paix de Paris de 1947.

Premières propositions

Un premier plan pour l’Allemagne d'après-guerre était le plan Morgenthau avec des termes qui auraient transformé l’Allemagne à une société essentiellement agraire. Le plan français Monnet aurait transféré la région de la Ruhr à la France.

Bénéficiaires

Israël

Article détaillé : Accord de réparations entre Israël et l'Allemagne de l'Ouest.

L'Allemagne de l'Ouest versa des réparations à Israël et au Congrès juif mondial pour les biens juifs confisqués en vertu des lois de Nuremberg, le travail forcé et les persécutions. Israël employa les réparations pour bâtir son industrie et absorber des centaines de milliers d'immigrants venus d' Europe, de l'Afrique du Nord et d'Asie. Toutefois, aucune réparation n’a été payée, dans le cadre de ces négociations, pour les Juifs tués pendant la Shoah. La part de la somme, à l'époque, astronomique, qui avait été perçue par le CJM et une très petite partie fut reversée aux héritiers des victimes. La plus grande partie restante fut investie dans le musée national juif américain de New-York où siėge le CJM, dans des écoles juives et servit aussi à créer bien d'autres associations de défense juives.

Les Pays-Bas

Article détaillé : Plan Bakker-Schut.

Les Pays-Bas souhaitèrent d'abord des réparations, mais préférèrent demander l'annexion d'une grande partie du territoire allemand. Ils annexèrent finalement 69 km2 en 1949, rachetés par l'Allemagne de l'Ouest en 1957.

La Pologne

À la suite de l'agression par l'Allemagne nazie, une grande partie de la Pologne fut soumise à d’énormes destructions, de son industrie (dont 62% fut détruite), de ses infrastructures (à hauteur de 84 %) et de ses habitants (16,7% de ses citoyens furent tués pendant la guerre). Les compensations matérielles supportées par l'Allemagne avaient été estimées à environ 525 milliards d’euros ou 640 milliards de $ de 2004[1]. Le 23 août 1953, la république populaire de Pologne, sous la pression de l'Union soviétique, annonça qu'elle allait unilatéralement renoncer à son droit aux réparations de guerre de l’Allemagne de l'Est le 1er janvier 1954, à l'exception des réparations pour l'oppression et les atrocités nazies[2]. L’Allemagne de l'Est, à son tour dut accepter la frontière Oder-Neisse. L’Allemagne de l'Ouest n'avait pas payé les réparations à des bénéficiaires non juifs pour les dommages causés en Pologne jusqu'à l'accord Gierek-Schmidt, signé en 1975, à Varsovie ; elle donna à la Pologne 1,3 milliard de DM. Après la réunification allemande, la Pologne demanda à nouveau des réparations, en réaction aux allégations formulées par les organisations allemandes de réfugiés qui demandaient des compensations pour les biens perdus. En 1992, la Fondation pour la réconciliation germano-polonaise fut fondée par les gouvernements polonais et allemand, et en conséquence l'Allemagne paya aux Polonais 4,7 milliards de złoty. Il y a un débat en cours entre experts polonais du droit international pour savoir si la Pologne a toujours le droit d'exiger des réparations de guerre, certains estimant que la déclaration de 1954 n'était pas légale[3].

La Yougoslavie

Article détaillé : Réparations de la Seconde Guerre mondiale envers la Yougoslavie.

La République fédérale socialiste de Yougoslavie reçut environ 36 milliards de dollars US, en équipements industriels des usines allemandes démantelées. L’Allemagne de l'Ouest versa également 8 millions de dollars au titre des réparations pour les expérimentations médicales nazies sur des citoyens yougoslaves.

L’Union soviétique

Article détaillé : Economie de la République démocratique allemande#réparations.

Autres modes de paiement

À la suite de la Conférence de Yalta, décision avait été prise qu’aucune réparation aux pays alliés ne serait payée en argent. Au lieu de cela, les réparations furent payées avec des actifs industriels allemands, ainsi que du travail forcé[4].

Annexion de territoires

La Pologne et l'Union soviétique annexèrent des territoires allemands à l'est de la ligne Oder-Neisse, conduisant à l'expulsion de 12 millions d'Allemands. Ces territoires furent incorporés à la Pologne et à l'Union soviétique, respectivement, et repeuplés avec les citoyens de ces pays.

La France contrôla le protectorat de la Sarre de 1947 à 1956, avec l'intention de puiser dans ses mines de charbon et, éventuellement, d'annexer cette région à la France de façon permanente. Ces mêmes mines avaient été sous contrôle français de la fin de la Première Guerre mondiale jusqu'en 1935. Après les résultats d'un plébiscite, la France dû renoncer à son contrôle de la région de la Sarre, le 1er janvier 1957, mais continua d’extraire le charbon des mines de la région jusqu'en 1981.

Les Pays-Bas annexèrent environ 69 km2 du territoire allemand en 1949, dont la quasi-totalité fut rendu à l’Allemagne de l'Ouest en 1957. Aux termes du traité germano-néerlandais conclu à La Haye le 8 avril 1960, l’Allemagne de l'Ouest accepta de payer aux Pays-Bas la somme de 280 millions de marks allemands à titre de compensation pour la rétrocession.

Démontage des industries

Au début de l'occupation, les Alliés commencèrent à démanteler les restes de l'industrie allemande. Les Alliés occidentaux abandonnèrent plus tard ce plan en faveur du plan Marshall.

Propriété intellectuelle

Les Alliés confisquèrent un nombre significatif de brevets, de droits d'auteur et de marques allemandes.

Travail forcé

Voir Prisonniers de guerre allemands en Union soviétique, le travail forcé des Allemands en Union soviétique et le travail forcé des Allemands après la Seconde Guerre mondiale.

Articles connexes

Références

  1. [1]
  2. http://tygodnik2003-2007.onet.pl/0,1188414,druk.html
  3. [2] Sprawy Miêdzynarodowe, 2005, nr 1 Problem reparacji, odszkodowañ i oewiadczeñ w stosunkach polsko-niemieckich 1944–2004. Tom I – Witold M. Góralski (red. naukowa): Studia, str. 427; tom II – S³awomir Dêbski, Witold M. Góralski: Dokumenty, str. 621. Polski Instytut Spraw Miêdzynarodowych. Warszawa 2004
  4. Pavel Polian-Against Their Will: The History and Geography of Forced Migrations in the USSR Central European University Press 2003 (ISBN 963-9241-68-7) p. 244-249