Régiment de Picardie

Régiment de Picardie

Le régiment de Picardie est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1479 à partir des bandes de Picardie, est la plus ancienne unité militaire, l'un des cinq Petits Vieux, devenue sous la Révolution le 2e régiment d’infanterie de ligne.

Historique des garnisons, combats et batailles du régiment

Les origines

Bandes de Françaises-Bandes de Picardie

Après la bataille de Guinegatte, livrée le 7 août 1479, Louis XI reconnut la nécessité de faire pour l'infanterie ce que son père avait fait en 1445 pour la cavalerie, c'est-à-dire de l'organiser d'une manière sérieuse des unités militaires permanentes et soldées de fantassins et remplacer la milice et les francs-archers par des soldats entretenus d'une manière permanente et de créer ainsi l'infanterie française.
Il s'agissait de constituer et d'instruire des bandes de gens de pied qui fussent capables de tenir tête et de vaincre les aventuriers allemands et les milices des puissantes cités flamandes, qui formaient la principale force des armées de Maximilien Ier.
Or, il n'y avait alors en Europe qu'une seule infanterie, dont la réputation fût établie : c'étaient les redoutables hérissons suisses, souvenir des phalanges de l'antiquité précieusement conservé au fond des âpres montagnes de l'Helvétie. L'infanterie suisse avait fait ses preuves en chassant de chez elle les nombreux soldats de l'Autriche et en anéantissant les formidables armées de Charles le Téméraire. C'était là le modèle qu'il fallait imiter.
Louis XI rassemble donc 10 000 hommes choisis parmi les débris des francs-archers et des bandes d'aventuriers, y joint des pionniers fournis par les villes et quelques compagnies de cavalerie de ses ordonnances, et appelle à son service 6 000 vieux soldats suisses. Il réunit le tout dans un camp établi près du Pont de l'Arche, et par lettres données au Plessis-lèz-Tours, le 9 octobre 1480, il charge Philippe de Crèvecœur d'Esquerdes du soin de commander et d'exercer la nouvelle milice de hallebardiers et de piquiers, qui fut partagée en bandes de mille hommes.
En 1483 les bandes françaises s'établirent en Picardie.
De 1484 à 1491, le maréchal d'Esquerdes, à la tête des bandes de Picardie, tint tête à Maximilien Ier et lui enleva même Saint-Omer en 1489 et Thérouanne la même année, pendant que Louis II de La Trémoille soumettait la Bretagne. En 1494, lors de Première guerre d'Italie Philippe de Crèvecœur d'Esquerdes fut un des principaux chefs de l'armée Française et il y conduisit 4 000 hommes des bandes françaises. Malheureusement il mourut à L'Arbresle, près de Lyon, au début de 1494, avant d'avoir passé les Alpes, et avec lui tomba dans l'oubli une institution qui avait contre elle sa nouveauté.
De 1494 jusqu'à 1521, on ne trouve dans l'histoire aucune mention expresse des bandes de Picardie, et rien n'indique que celles-ci aient fourni des contingents aux hommes de pied français qui figurent dans les dénombrements des armées d'Italie. Toutefois, les historiens s'accordent pour penser que ces bandes continuèrent d'exister. En effet, on sait qu'après leur institution, des contestations graves surgirent entre les vieux régiments à propos de la préséance et que ces contestations se renouvelèrent jusqu'au temps où Louis XIV y mit ordre en établissant le semestre. Piémont et Champagne se disputèrent le pas entre eux et le disputèrent même au régiment des Gardes Françaises. Ils le cédèrent, au contraire, toujours sans difficulté à Picardie. Cette déférence constante, à l'égard de Picardie, des régiments de Piémont et de Champagne, de Piémont surtout qui était un corps fort chatouilleux et qui n'eût point été embarrassé pour constater la continuité des brillants services des bandes dont il provenait, est, suivant nous, une preuve irrécusable de l'existence non interrompue des bandes de Picardie depuis le commencement du XVIe siècle jusqu'à l'institution des régiments.
Ceci conduit au rôle joué par les bandes de Picardie et de Piémont pendant les deux premiers tiers du XVIe siècle. A cette époque il y avait une Armée de l'intérieur du Royaume appelée « Armée d'en deçà les monts » et une Armée de l'extérieur du Royaume appelée « Armée d'audelà les monts » , désignations officielles auxquelles l'usage substitua peu à peu celles de « bandes de Picardie » et de « bandes de Piémont ».
Le nom de bandes de Picardie, pris dans son acception la plus étendue, s'appliquait à tous les gens de pied réguliers qui servaient sur le territoire du royaume, et le nom de bandes de Piémont était réservé aux fantassins, soit Français, soit Italiens, qui combattaient dans la Péninsule Italienne.

A partir de l'année 1521, la politique de la France à l'égard de l'Italie éveille la susceptibilité de ses anciens ennemis. La guerre s'étend sur toutes nos frontières et le nom des bandes de Picardie sort du long oubli où il est demeuré.

En 1521, le roi étant à Dijon, nomme François de Bourbon, comte de Saint-Pol, capitaine général de 6 000 hommes de pied chargés de défendre les défilés de la Champagne. Ces hommes de pied étaient partagés en six bandes de mille homme. Deux d'entre elles servent à la célèbre défense de Mézières sous les ordres de Bayard.

En 1522, François de Montgommery, seigneur de Lorges, a le commandement général à la place du comte de Saint-Pol. Il est envoyé au secours de Gênes, mais on le rappelle en Picardie pour la défense de Boulogne et de la terre d'Oye, attaquée par les Anglais et les Flamands. Ces bandes passent en Italie au mois d'août 1523 et y restent. Elles sont suivies en 1527 par quatre autres bandes ayant pour chef Charles de Coucy, seigneur de Burie. On se tint sur la défensive en France jusqu'à la paix de Cambrai (5 août 1529).