Réforme catholique

La Réforme catholique est un mouvement de rénovation de l'Église catholique romaine, qui prend ses origines dans les réflexions spirituelles du XVe siècle, et qui se développe dans le courant du XVIe siècle. Après la rupture protestante des années 1520 et le durcissement dogmatique des deux confessions rivales des années 1560, elle tend à être appelée Contre-Réforme, ce qui la présenterait comme un mouvement en simple réaction à la Réforme protestante. Or, cette Réforme catholique répond avant tout à un besoin de renouveau et de clarification de la doctrine de l'Église catholique au XVIe siècle, qui est alors marquée par de nombreux abus.

Le renouveau spirituel

Article détaillé : Réforme protestante.

La Réforme catholique prend place dans une vaste aspiration à la Réforme et au renouveau religieux qui traverse l'Occident chrétien depuis le XVe siècle.

Le XIVe siècle et les siècles suivants voient un regain spirituel en Europe, où la question du salut devient centrale. De nombreux théologiens reviennent sur les fondements du christianisme et questionnent leur spiritualité. Leurs travaux se répandent, des colloques et débats se tiennent dans toute l'Europe aux XVe et XVIe siècles. Parallèlement à ces travaux théologiques, des critiques émanent également sur la pratique religieuse, les comportements du clergé et les positions de l'Église. Les courants de pensée sont nombreux et divergent, mais les idées de réforme et de rénovation se répandent au sein du clergé. Certaines positions s'éloignant de plus en plus des positions officielles de l'Église, ces désaccords conduisent à une rupture et à la création des Églises protestantes. Néanmoins, des courants réformateurs et conservateurs subsistent au sein de l'Église catholique, alors que les réformes protestantes s'organisent en Europe et se répandent au sein des populations.

Les ordres réguliers amorcent un premier effort de réforme au cours du XIVe siècle. La bulle bénédictine de 1336 réforme les bénédictins et les cisterciens. En 1525, Mattéo Da Bassa se propose de restaurer la règle franciscaine dans sa pureté originelle, donnant naissance à l'ordre de Capucins, reconnu par le pape en 1619[1]. Cet ordre, très connu du peuple joue un rôle très important dans la prédication populaire.

Pour répondre aux nouveaux besoins d'évangélisation, les prêtres se réunissent en congrégations. Ils prêtent des vœux spéciaux, mais ne sont pas obligés d'assister aux offices religieux du monastère. Ces clercs réguliers enseignent, prêchent, confessent, mais ne sont pas liés à un territoire comme les curés ou les chanoines[1]. Ils sont sous l'autorité des évêques. En Italie, la première congrégation de clercs réguliers est l'ordre des Théatins fondé par Gaétan de Thiene et le cardinal Caraffa, futur Paul IV, en 1524. Après eux viennent l'ordre des Somasques en 1528, voué à l'assistance ; celui des Barnabites en 1530 ; les sœurs de la Compagnie de Sainte-Ursule en 1535 qui se consacrent à l'éducation des jeunes filles. L'ordre apparaît en France en 1586[2]. Enfin, la Compagnie de Jésus obtient sa reconnaissance canonique en 1540.

En 1524, à Rome, des prêtres commencent à vivre en communauté autour de saint Philippe de Néri. Les Oratoriens se donnent des institutions en 1564 et sont reconnus comme ordre par le pape en 1575. Ils utilisent la musique et le chant pour attirer les fidèles[2].

Notes et références

  1. a et b Michel Péronnet, Le XVe siècle, Hachette U, 1981, p 213
  2. a et b Michel Péronnet, p 214

Voir aussi

Bibliographie

  • Guy Bedouelle, La réforme du catholiciscme (1480-1620), Paris, les éditions du Cerf, 2002
  • Jean Delumeau, Thierry Wanegffelen, Bernard Cottret, Naissance et affirmation de la Réforme, PUF, rééd. 2012 (1re éd. 1973).
  • Raymond Deville, L'école française de spiritualité, Paris, Desclée de Brouwer, 1987
  • Arlette Jouanna, «Réforme, Réformation » dans La France de la Renaissance, Histoire et Dictionnaire, Robert Laffont, Paris, 2001, p. 1036-1038
  • Daniel-Rops, « L'Église des temps classiques », tome VII de Histoire de l’Église du Christ, Paris, Fayard, c.1965.
  • Marc Venard, « Réforme, Préréforme, Contre-Réforme... Étude de vocabulaire chez les historiens récents de langue française » dans Philippe Joutard, Historiographie de la Réforme, Paris, Neuchâtel et Montréal, 1977, p. 252-265