Référendum facultatif

Le référendum facultatif est un mécanisme de la démocratie directe en Suisse et au Liechtenstein.

Historique

La plupart des cantons campagnards pratiquent depuis très longtemps certaines formes de démocratie directe, comme la Landsgemeinde glaronaise qui existe au moins depuis 1275[1] et est toujours pratiquée aujourd'hui[2].

C'est durant les grands changements politiques suivant la Révolution française[3] et l'acte de médiation que naitront également en Suisse des aspirations à plus de libertés, notamment au travers de la « société suisse » puis dans la période appelée « régénération » qui suivit la révolution française de 1830[4]. La constitution de 1848, instaurée par les mouvements radicaux après la guerre civile du Sonderbund, prévoyait un pouvoir représentatif et décentralisé qui ne convainquit que partiellement les partis vaincus[5]. C'est ainsi qu'en 1874, lors de la première révision de la Constitution, fut ajouté le droit de référendum facultatif qui permettait à la population de contrebalancer le pouvoir politique en place[6].

Fonctionnement

Un bulletin de vote suisse en 2009

En Suisse, l'introduction et la révision des lois fédérales au sens formel sont soumises au référendum facultatif. Lorsqu'une nouvelle loi ou une loi révisée est publiée dans la Feuille fédérale, tout citoyen opposé à son entrée en vigueur dispose d'un délai de cent jours pour récolter 50 000 signatures de citoyens suisses[7]. Le cas échéant, la loi devra être soumise au référendum et n'entrera en vigueur que si la majorité des votants se prononce favorablement[8]. La majorité des cantons n'est pas requise comme cela est le cas pour les initiatives populaires et certains référendums obligatoires.

La loi doit aussi être soumise au référendum si huit cantons en font la demande. Le seuil de huit cantons a été fixé en 1848 de manière à empêcher que les sept cantons du Sonderbund soient en mesure d'exiger seuls un référendum[9].

Si personne ne demande le référendum ou si la récolte de signature échoue, la loi entre en vigueur sans référendum.

Tous les cantons suisses mettent également à disposition de leurs citoyens l'outil du référendum facultatif et certains cantons suisses vont jusqu'à lui soumettre également, par les systèmes de référendum obligatoire ou facultatif l'approbation de crédits spéciaux affectés à la réalisation de travaux publics (référendum financier). Il faut encore ajouter à cela le référendum constructif, existant à Berne et à Zurich par exemple, qui permet de ne pas s'opposer catégoriquement à une loi, mais de proposer une alternative aux points contestés du texte voté par le parlement. Les deux textes sont alors soumis au vote populaire et une question préférentielle permet de trancher si les deux sont acceptés[10].

Résultats des référendums[11]

1848-1950 1951-1980 1981-2014 (nov.) Total
Référendums facultatifs 54 37 85 176
acceptés 20 19 59 98
rejetés 34 18 26 78

Notes et références

  1. Hans Stadler, « Landsgemeinde » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  2. (de) Glarner Landsgemeinde 2009
  3. L'invasion française
  4. La régénération
  5. Andreas Kley, « Constitution fédérale » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  6. La révision de la Constitution Fédérale de 1874 et la démocratie directe
  7. Article 141 de la Constitution Suisse
  8. Article 142 de la Constitution Suisse
  9. Yves Le Roy et Marie-Bernadette Schoenenberger, Introduction générale au droit suisse, Zurich, Bâle, Genève, Schultess Medias Juridiques SA, coll. « Précis Schultess », , 497 p. (ISBN 3-7255-4480-8)
  10. Article sur la démocratie directe en Suisse du site Elections en Europe, consulté le 1er août 2011
  11. « Initiatives populaires et référendums », sur Confédération Suisse: statistique

Liens externes