Quintin

Quintin
Quintin
Quintin vu de l'étang
Blason de Quintin
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Saint-Brieuc
Canton Plélo
Intercommunalité Saint-Brieuc Armor Agglomération
Maire
Mandat
Mireille Airault (DVD)
2014-2020
Code postal 22800
Code commune 22262
Démographie
Gentilé Quintinais, Quintinaise
Population
municipale
2 838 hab. (2017 en augmentation de 0,42 % par rapport à 2012)
Densité 910 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 24′ 16″ nord, 2° 54′ 29″ ouest
Altitude 174 m
Min. 154 m
Max. 220 m
Superficie 3,12 km2
Localisation
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Liens
Site web Site officiel de Quintin

Quintin [kɛ̃tɛ̃] est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Toponymie

Quintin doit son étymologie[1] à la commune actuelle du Vieux-Bourg appelée Kintin vers 1330, Quintin en 1368, Quintini in Burgo en 1516 et Vetus Burgus Quintini dans les registres mortuaires de Saint-Gilles-Pligeaux. Le Vieux-Bourg était situé à cinq milles romains du Vieux-Bourg, ce que suggère l’appellation Quintam (millarum), cinquième borne milliaire depuis le Vieux-Bourg. La fondation d'un nouveau bourg dans la seigneurie de Quintin, fief d'Henri d'Avaugour[2] et non un démembrement du comté de Goëlo vers 1227, comme on a longtemps cru, intervient après 1202, date où un castellum novum[3] de Quintin, associé à une unité de mesure spécifique de céréales[4] est attesté dans un acte en faveur de Beauport. La cession du fief de Quintin ( "le Quintinia", bien différencié du Goloia- Goëlo- dans une enquête de 1235), près de l'ancien carrefour gallo-romain se traduit alors par un report du nom Quintin, à une époque où on en avait perdu le sens[5].

L'étymologie qui proposait de faire de "Quintin", un dérivé de Kistin : "la châtaigne" serait une erreur. Le nom en fait n'est pas breton mais latin. La confusion repose en fait sur l'assimilation Kistin et Kintin. Seule la forme "Kintin" est attestée par des dénominations d'origine latine dans les chartes féodales[6].

Géographie

Carte de la commune de Quintin.
Vue panoramique de Quintin (l'étang, le château en face et la basilique sur la droite).

Du point de vue géologique, la ville est située sur le début du massif granitique qui porte son nom et qui s'étend sur tout le centre de la Bretagne.

Stratégiquement, Quintin est au croisement des voies qui vont de Saint-Brieuc à Quimper en passant par Rostrenen d'une part et de Guingamp / Châtelaudren à Lorient en passant par Loudéac d'autre part. Pour garder ce nœud de communication, une forteresse y a été implantée, mais elle est restée en grande partie inachevée.

La relative forte pente du fleuve côtier Gouët à cet endroit a été mise à profit pour créer un étang qui servait de protection à la forteresse et de réservoir d'eau pour un moulin. Au XXe siècle, ce moulin s'est mué en une centrale électrique qui a fonctionné jusqu'à peu après la Seconde Guerre mondiale.

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L'actuelle gare de Quintin, qui était ouverte au seul trafic marchandises, placée sur la ligne ferroviaire de Saint-Brieuc à Pontivy, est située sur le territoire de la commune de Saint-Brandan. Le trafic de marchandises s'arrête en 2012 entre Saint-Brieuc et Loudéac ; la gare de Quintin n'est donc plus desservie[7].

Economie

Quintin compte plus de 10 000 m² de locaux vacants principalement répartis dans l'ancien hôpital de ville avant que celui-ci ne déménage et dans ce qui fut autrefois une brasserie. Près de la moitié des cellules commerciales du centre-ville sont vacantes tandis que deux grandes surfaces alimentaires sont établies dans les périphéries de Quintin[8].

Histoire

Préhistoire

La présence de menhirs atteste que la région était occupée depuis le néolithique.

Antiquité

Quintin doit sa création dès l'époque romaine à sa position de carrefour des voies de communication.

Moyen Âge

Au début Quintin était située à l'emplacement de l'actuelle commune du Vieux-Bourg mais, par suite d'une épidémie de peste, la ville déménagea.

La seigneurie de Quintin remonte au moins au XIIe siècle : le premier seigneur de Quintin dont on connaît le nom est Geoffroi Ier Botherel, fils d'Alain de Goëlo, comte de Penthièvre et de Goëlo, qui eût en partage la seigneurie de Quintin et la transmit à sa postérité.

Époque moderne

Quintin au XVIe siècle

Les remparts de Quintin et la basilique Notre-Dame-de-Délivrance.

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, écrivent à propos de Quintin :

« Dans le XVIe siècle c'était une ville fortifiée ; on voit encore les traces de ses fortifications. À l'est était le château, la porte Neuve et la porte Saint-Julien : à l'ouest la porte Notre-Dame ; au nord la porte de la Rose ; au sud le château Gaillard. On peut dire que la ville avait presque la forme d'un quadrilatère. L'intérieur se compose de rues étroites et tortueuses ; l'arrivée, au contraire, annonce une ville importante et bien bâtie. On y compte douze rues et deux places publiques, l'une dite place du Martray, l'autre Place de 1830[Note 1]. C'est sur celle-ci qu'était en 1441 la cohue[Note 2]. »[9].

Une place forte protestante

Amaury III de Goyon de La Moussaye (petit-fils de Charles Goyon qui avait construit en 1583 le château de la Houssaye en Quessoy), époux d'Henriette Catherine de La Tour-d'Auvergne, qui fut gouverneur de Rennes, commença en 1645 la construction du château de Quintin dont les soubassements et un grand pavillon d'angle dominent encore l'étang et la route de Saint-Brieuc. Le projet initial, connu par un dessin de l'époque, était un château à deux corps, reliés par des ailes assez courtes, mais l'intervention royale, sur plainte de l'évêque de Saint-Brieuc, arrêta le chantier considéré comme une place forte protestante, en contradiction avec des clauses de l'Édit de Nantes[10].

En 1666, Mme de Goyon de La Moussaye (Henriette Catherine de La Tour-d'Auvergne), ardente calviniste, tint des assemblées de réformés dans le château de Quintin et, après leur interdiction sur intervention de Mgr de La Barde, évêque de Saint-Brieuc, installa un lieu de prêche en forêt de Quintin, lequel fut à son tour interdit[11].

Quintin a aussi été un centre monastique. Mais malgré ses monuments et hôtels particuliers que l'on peut encore voir, la ville n'a plus aujourd'hui l'importance qu'elle avait jadis. Sous l'ordre d'un ministre qui faisait détruire tous châteaux et forteresses pouvant porter ombre sur l'autorité du roi, surtout s'ils renforçaient le pouvoir protestant, le château de la ville n'a pas été terminé.

L'essor de la production toilière

L'essor au XVIe siècle des fabricants et marchands de toiles de lin dans la région de Pontivy, Moncontour, Uzel, Quintin permit la construction de nombreuses églises paroissiales dans la région, mais peu sont restées, la plupart ayant été reconstruites au XVIIIe siècle[10].

Maison datant de 1709 situé "rue au Lin" à Quintin.

Quintin s'est essentiellement développée, aux XVIIe et XVIIIe siècles, par le tissage et le commerce des toiles de lin, enrichissant des familles de négociants. Les toiles servaient à la confection des bonnets et des cols : aux XVIIe et XVIIIe siècles, cette industrie s'étendit aux toiles dites « de Bretagne » dans le quadrilatère Saint-Brieuc - Corlay - Pontivy - Moncontour et étaient exportées en Espagne et dans les colonies espagoles (elles étaient appelées bretanas, quintines ou pondivi) via Cadix principalement, où des marchands français, notamment malouins (par exemple les familles Magon, de la Haye, Éon) étaient installés.

Cette activité apportait un complément de revenu aux habitants des paroisses de l'Argoat. « Les habitants sont laborieux, mais négligent l'agriculture » écrit l'intendant de Bretagne Jean-Baptiste des Gallois de La Tour en 1733 à propos de la subdélégation de Quintin.

Les graines de lin venaient de Lübeck et étaient importées principalement par le port de Roscoff, qui les redistribuait par barques aux ports du Trégor, du Léon et du Goëlo. Il était cultivé dans les paroisses proches du littoral (grâce à l'apport d'engrais marin) et le "lin en bois" (lin récolté, roui et séché) était transporté en chariots vers les zones manufacturières[12].

On estime que l'activité textile donnait du travail à près de 40 000 fileuses dans le quadrilatère précité, qui fournissait les fils de lin à environ 5 000 tisserands. Les toiles de lin, une fois tissées, étaient vendues sur les marchés de Quintin, Uzel et Loudéac à des marchands (par exemple le quintinais Rodolphe Baron du Taya[Note 3] ou encore Guillaume Le Deist de Botidoux[Note 4] à Uzel) qui se chargeaient de les faire blanchir par d'autres paysans, notamment au Quillio, avant d'être dirigées vers les ports exportateurs (Saint-Malo principalement, mais aussi Nantes, Morlaix, Landerneau, Lorient[12].

Depuis Quintin en direction de Saint-Malo les rouliers transportant les toiles de lin empruntant l'ancienne voie romaine passant par Lamballe et Dinard ; quelques passages étaient délicats, notamment le passage du Guildo ; ce trajet prenait trois jours et nécessitait un transbordement par bateau entre Dinard et Saint-Malo[12].

Des lettres patentes de 1736 organisèrent le contrôle des toiles produites, dont la qualité laissait parfois à désirer ; chaque fabricant doit désormais apposer sa marque et faire contrôler sa production à un bureau de marque des toiles (il en existe plusieurs, notamment à Quintin, Uzel et Loudéac ; de nouvelles lettres patentes furent rédigées le concernant le commerce des toiles "Bretagnes". La ville comptait alors 300 tisserands. Vers 1775, plus de 80 % de la production des "bretagnes" étaient exportées, dont 70 % vers l'Amérique espagnole[13].

Un nouveau système espagnol de douanes et les guerres maritimes entre Anglais et Français provoquèrent le déclin des exportations dans les années précédant la Révolution française, celui-ci s'accentuant pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire. Les manufactures des toiles "Bretagnes" disparaissent totalement entre 1825 et 1840 car le coton remplaça peu à peu le lin et les manufactures sont restées à un mode de production artisanal utilisant des techniques traditionnelles face à l'essor des métiers mécaniques et furent supplantées par la concurrence étrangère, notamment irlandaise et silésienne, malgré quelques tentatives de modernisation comme celle menée par François-Cyprien Baron du Taya[Note 5] qui installa deux ateliers de filage et tissage vers 1840 à L'Hermitage-Lorge, mais cette activité ne dura que quelques années[12].

Le XIXe siècle

Émigration et misère au XIXe siècle dans la région de Quintin

Le déclin de l'activité textile provoqua misère et émigration. Ce cycle de la misère commence en 1779 et s'est prolongé pendant plus de 80 ans, au fur et à mesure du dépérissement de l'activité textile. La région des manufactures des toiles "Bretagnes" connaît son pic démographique dans la décennie 1830 et a ensuite perdu de 50 à 60 % de sa population en un siècle[12]. A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, écrivent en 1845 qu'à Quintin « le commerce des toiles est le principal du pays, mais la vente en baisse beaucoup depuis quelques années. Uzel et Loudéac sont les principaux marchés qui alimentent ce commerce »[9].

En 1841 on recense 1 138 indigents et 420 mendiants dans le canton de Quintin (soit 10,75 % de la population totale du canton qui est alors de 14 485 habitants), dont 926 indigents et 135 mendiants pour la seule ville de Quintin qui a alors une population de 4 112 habitants[14].

Ente 1779 et 1866, la région des manufactures (le quadrilatère Saint-Brieuc - Corlay - Pontivy - Moncontour) perd par émigration 29 100 personnes. Entre 1826 et 1866 Plaintel voit sa population baisser de 28,7 %, Allineuc de 23,2 %, Plémy de 19,9 %, Le Bodéo de 17,3 %, La Harmoye de 15,6 %, etc.[14].

D'anciens travailleurs du textile se firent colporteurs, notamment à La Motte (dans cette commune, entre 1807 et 1830 l'on dénombrait 84 tisserands), Trévé et Saint-Hervé ; d'autres devinrent "pillotoux" notamment à Lanfains (dans cette commune en 1872 80 chefs de famille, sur un total de 400, sont chiffonniers ; ceux-ci étaient aussi nombreux à Saint-Brandan et Plœuc) ; d'autres devinrent vagabonds ou remplaçants (effectuant le long service militaire à la place d'un homme ayant tiré, lors du tirage au sort, un mauvais numéro) : Jean Martin a ainsi compté 1 285 remplaçants dans la région des manufactures entre 1845 et 1855). Des femmes devinrent "nourrices sur lieu" [à domicile], notamment à Paris, ce qui constitue une émigration temporaire qui se transformait souvent en émigration définitive car elles devenaient ensuite "bonnes à tout faire"[14].

Quintin vers le milieu du XIXe siècle

La fontaine de Notre-Dame-d'Entre-les-Portes (elle date du XVe siècle).
Un des lavoirs de Quintin.

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Quintin en 1845 :

« Quintin ; ville ; commune formée par l'ancienne paroisse de ce nom ; aujourd'hui cure de deuxième classe ; chef-lieu de perception ; bureau d'enregistrement ; bureau de poste ; brigade de gendarmes à cheval ; chambre et tribunal de commerce ; écoles primaires communales du 2e degré ; école primaire supérieure. (...) Superficie totale : 218 hectares, dont (...)terres labourables 128 ha, prés et pâturages 29 ha, bois 1 ha, vergers et jardins 19 ha, landes et incultes 6 ha, (...) ; moulins : 3. (...). Il y a en outre deux lavoirs publics, quelques pompes et beaucoup de fontaines ou puits publics. La rivière de Gouët traverse Quintin au sortir de l'étang qui porte le nom de cette ville, puis, se dirigeant du nord-est au sud-ouest, elle limite la commune et la sépare de celle de Saint-Brandan. (...) L'hôpital de Quintin est vaste et bien disposé ; il remplace l'ancien hôpital de Saint-Jean-Baptiste, dû à la libéralité de Jeanne du Perrier. (...) Géologie : constitution granitique (...). »[9].

Le XXe siècle

La Belle Époque

La ligne ferroviaire allant de Quintin à Rostrenen a été inaugurée le (le choix de son tracé et de l'emplacement de la gare de Quintin suscita de vives discussions au Conseil général des Côtes-du-Nord en 1902[15]) et fermée le . Elle était longue de 45 km et a été déclassée le [16].

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La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Quintin porte les noms de 123 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 8 sont morts en Belgique dont 5 en 1914 (Pierre Lancien à Arsimont dès le , Pierre Audren et Joseph Cohuet à Langemark, François Hervé à Saint-Julien, Antonin Jacquier à Neufchâteau) et 3 en 1915 (Alphonse Chouan à Woesten, Joseph Hamon et Jean Levene à Boezinge) ; Rodolphe Guêpin, capitaine de vaisseau, a péri en mer le lors du naufrage du cuirassé Suffren au large de Lisbonne ; Célestin Creze, marsouin au 1er régiment d'infanterie coloniale, est mort en Serbie le dans le cadre de l'expédition de Salonique ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français dont Félix de Bièvre, Rodolphe Guépin, Charles Guépin et Jules Le Blanc, tous quatre chevaliers de la Légion d'honneur et décorés de la Croix de guerre, Antoine de la Pallière, décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre, Arsène Maujarret, chevalier de la Légion d'honneur, Édouard Trividic, décoré de la Croix de guerre[17].

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La Seconde Guerre mondiale

Le monument aux morts de Quintin porte les noms de 18 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi eux les deux frères Jean et Paul Blais, marins victimes du naufrage du contre-torpilleur L'Audacieux le devant Rufisque lors de la bataille de Dakar ; Pierre Le Quéré, lieutenant au 65e régiment d'artillerie d'Afrique, tué à l'ennemi le à Ousseltia (Tunisie) ; quatre soldats sont morts en captivité en Allemagne : Georges Pédron le , Pierre Le Quellenec le  ; Jean Tanguy le et Théophile Le Méhauté le [17].

L'après Seconde Guerre mondiale

Trois soldats originaires de Quintin (Jean Boucher, Jean Lemoine et René Lenouvelle) sont morts pour la France pendant la Guerre d'Indochine et deux (Jean Mazurie et Roger Philippe) sont morts au Maroc à des dates indéterminées[17].

Histoire linguistique

En 1845, dans leur Dictionnaire géographique et historique de la province de Bretagne, A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, écrivent qu'à Quintin on parle français et breton[18].

À la rentrée 2017, 10 enfants étaient scolarisés en classe bilingue[19].

Politique et administration

L'Hôtel de ville (ancien hôtel particulier Digaultray du Vivier).

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1929 1945 Alfred Duault PDP Député
1945 1947 Ambroise Chatelain    
1947 1983 Jean Frottier de Bagneux   Sénateur
Conseiller général
1983 juin 1995 François Kergoat    
juin 1995 mars 2008 Claude Morin DVD Colonel en retraite
mars 2008 mars 2014 Yves Briens PS[20]  
mars 2014 en cours Mireille Airault DVD  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[22].

En 2017, la commune comptait 2 838 habitants[Note 6], en augmentation de 0,42 % par rapport à 2012 (Côtes-d'Armor : +0,55 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 3364 0733 8644 2524 2934 4544 1124 0213 763
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 6173 7103 6903 4113 3313 2813 3193 1863 194
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 1982 9482 8232 4512 3002 1902 5742 7682 643
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
2 5932 7272 8572 8142 6022 6112 7972 8342 815
2017 - - - - - - - -
2 838--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments

Basilique Notre-Dame de Délivrance de Quintin.
Patrimoine religieux
  • Ancien Couvent des Ursulines, rue Saint-Yves. Construit en 1711 et fermé en 1904, il devint bien national en 1905. L'église du Saint Esprit, nommée aujourd'hui Chapelle des Ursulines a été mise aux enchères et vendue à un propriétaire privé, en 2011, l'écrivain Camille Aubaude[25],[26].
  • Restes de l'église Saint-Thuriau, dédiée à saint Thuriau, inscrits aux monuments historiques depuis 1951[27].

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Patrimoine civil

La première chose que l'on remarque en arrivant à Quintin, c'est son étang et sa rivière dominée sur sa rive gauche par la forteresse et la ville et sur sa rive droite par une pente boisée parsemée de chaos granitiques au sommet de laquelle, dans une prairie, trône le menhir dénommé affectueusement « la roche longue » par les habitants. Dans la ville-même la forteresse inachevée du XVIIe siècle complétée d'une aile d'habitation plus récente constitue le château de Quintin[28].On peut voir aussi le centre Jean XXIII qui domine la ville de Quintin, cet ancien séminaire, qui a été occupé par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale, est maintenant un collège-lycée.

Siège du pouvoir féodal, le château de Quintin a subi une succession de guerres lors des XVe et XVIe siècles. Seules sont conservées de la cité médiévale, les enceintes et la Porte-Neuve, composée en partie par l'ancienne tour des Archives du château de Quintin. Un des derniers bastions protestants au XVIIe siècle, le château réédifié au milieu du XVIIe siècle reste inachevé. Au XVIIIe siècle, ses communs et écuries sont réaménagés et agrandis pour constituer l'actuel château de Quintin. Chargée d’histoire, la Seigneurie de Quintin, puis son château, a depuis son origine toujours été conservée au sein d'une même lignée. Rohan, Laval, Coligny, la Trémoille, Gouyon de la Moussaye, Durfort de Lorges ou Choiseul sont parmi les plus prestigieuses familles ayant hérité de ce domaine à travers les siècles. L’ouverture au public du château en 1986 permet peu à peu d’en restaurer ses jardins et ses intérieurs.

Accolée au parc du château se trouve la basilique, assez austère, du XIXe siècle. Des défenses de la ville ne restent que la porte neuve avec la tour dite « des archives » et l'étang.

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Le passé prospère du commerce des toiles de lin a laissé quelques beaux hôtels particuliers au centre ville même si « les multiples sièges de la ville, aussi bien que l'usure du temps, n'ont pas permis à Quintin de conserver plus de quatorze maisons anciennes (...) à architecture à pans de bois (...) ». L'architecture des maisons du XVIIe siècle conserve un aspect rustique, même si les façades sont en moellons de granite et si souvent une tourelle abrite l'escalier qui permet d'accéder à l'étage. Le XVIIIe siècle vit la construction d'hôtels particuliers imitant les malouinières, notamment aux abords de la rue Saint-Thurian et autour du Martray, bâtis par les familles De Gaultray des Landes, Le Coniac, Lefèvre, Bouan-du-Chef-du-Bos, Digaultray du Vivier, etc.. (les façades ont 5 ou 7 travées de part et d'autre d'un axe central dominé par un fronton ou une demi-lune comme c'est le cas pour l'hôtel Digaultray du Vivier qui sert désormais de mairie). Il subsiste aussi aux alentours de Quintin bon nombre des demeures cossues construites par les tisserands et marchands enrichis aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle[12].

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Dans les environs immédiats de Quintin, on peut voir quatre autres châteaux et Quintin peut être le départ d'une randonnée le long de sa rivière, le Gouet, dont la vallée encaissée et pittoresque comporte de nombreux chaos de rochers.

Quintin possède un terrain de camping bien équipé près de l'étang et sa qualité de centre de production de camping-cars (autostar) lui fait particulièrement bien accueillir ce mode de tourisme.

Fête

  • Chaque année la "Fête des Tisserands" attire plusieurs milliers de visiteurs[31].

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Art

Personnalités liées à la commune

Jumelages

Drapeau de la France Perros-Guirec (France)

Festivités

  • Fouée de la Saint-Jean : spectacle son et lumière pour le solstice d'été
  • Festival du chant choral : 15 jours à la mi-juillet
  • Cantillies
  • Fête des tisserands : début août
  • Festival des chanteurs de rue et foire Saint-Martin : à la Saint-Martin, début novembre
  • Noëls en Bretagne : exposition de crèches, festival de contes, marché aux santons, illuminations et visite aux chandelles au château de Quintin au mois de décembre
  • Festival de la Gastronomie

Sports

  • Junior Association de Quintin, club de kin-ball
  • Quintin Roller Club, patin artistique, hockey sur patin à roulettes, roller de vitesse
  • rugby
  • basketball
  • football

Bibliographie

  • H. Le Noir de Tournemine, Aperçu de l'histoire de Quintin et ses environs, 1911, et Office du livre d'histoire, Paris, 1997, (ISBN 2-84178-157-7)
  • Henri Huerre, Quintin d'hier et d'aujourd'hui, 1982, Syndicat d'initiative de Quintin.
  • Mickael Gendry, Quintin. Genèse et développement d'un bourg castral, éd. Edilivre, 2012, 185 p. (ISBN 978-2-332-48382-9)
  • Claude-Guy Onfray, Quintin, un temps fut...Quintin et ses environs par les cartes postales anciennes, Editions Le livre d'histoire, Paris, 2018,146 pages, (ISBN 978-2-7586-1021-2)
  • Iwan Le Clec'h, Entre conservatisme et modernité de l’appareil commercial : en territoires périurbains et ruraux à l’ombre d’une ville moyenne - Saint-Brieuc, Berst, 2018, 505 pages.

Notes et références

Notes

  1. Nom que porte cette place en 1845.
  2. Cohue : Au Moyen Âge et à l'époque moderne, un marché couvert, une halle en bois, à toits surbaissés, ouverts en plein air, garnis d’étals mobiles, pour faciliter l’approvisionnement des populations et la protection des marchandises périssables variées
  3. Rodolphe Baron du Taya, né le à Quintin, avocat au Parlement de Bretagne, marchand de toiles, maire de Quintin entre 1779 et 1790, député aux États généraux de 1789, décédé le à Quintin.
  4. Guillaume Le Deist de Botidoux, né le au Quillio, décédé le à Saint-Hervé.
  5. François Cyprien Baron du Taya, fils de Rodolphe Baron du Taya, né le à Quintin, décédé le à Trégueux.
  6. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références

  1. La partie "étymologie" de cet article et les relevés sont empruntés à l'article de Mickael Gendry. Cf références à la suite.
  2. Henri d'Avaugour était toujours détenteur du fief en 1235.
  3. G. DE BOURGOGNE et A. DE BARTHELEMY, Anciens évêchés de Bretagne. Diocèses de saint-Brieuc, Paris-Rennes, 1864, t.IV, p. 51, Charte de 1202.
  4. "duas justas siliginis ad mensuram Castri Novi de Quintin", mesure du Châteauneuf de Quintin, G. DE BOURGOGNE et A. DE BARTHELEMY, Anciens évêchés de Bretagne. Diocèses de saint-Brieuc, Paris-Rennes, 1864, t.IV, p. 51, Charte de 1202. Cette mesure implique une activité économique naissante autour du château de Quintin.
  5. GENDRY Mickael, "Quintin, une cité dès l’origine (Quintin, châtaigne ou borne milliaire ?)", Quintinais, n°spécial 2010.
  6. GENDRY Mickaël, Quintin, "ville close. Genèse et développement d'un bourg castral", Quintinais 2011, p. 7-22. Proposition de restitution des plans de la ville à l'époque féodale, au XVe siècle et sous l'Ancien Régime, plans p. 63-65
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  20. http://www.ps22.fr/?p=124
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
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  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
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  28. Site du château de Quintin
  29. https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089563
  30. https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089562
  31. http://www.quintin.fr/ville_de_quintin/associations-et-manifestations/fete-des-tisserands/
  32. http://www.placepublique-rennes.com/2010/05/les-belles-annees-rennaises-de-celine-1918-1924/

Voir aussi

Articles connexes

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