Quercus coccifera

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Le Chêne des garrigues ou Chêne kermès ou chêne de Palestine (Quercus coccifera) est une espèce d'arbustes à feuilles persistantes de la famille des Fagacées et de la sous-famille des Fagoideae, spontané dans les terrains pierreux calcaires des régions méditerranéennes, en particulier dans la garrigue.

Noms communs : chêne kermès, chêne à cochenille, chêne-garrigue, garric.

Noms occitans : avaus, garrolha, agarrus[1], garric (qui a, par extension, donné son nom à la "garrigue")

Le chêne kermès tire son nom de la cochenille qui le parasite, Kermes vermilio (de l'arabe qirmiz (قرمز), du persan qirmiz (قرمز) : sanglant ; rouge ; cochenille).

Description

Quercus coccifera.jpg

Arbuste ou arbrisseau touffu à port buissonnant, d'une hauteur maximale de 3 mètres, à tiges recouvertes d'une écorce brun noir finement crevassée, portant de nombreux rameaux enchevêtrés, et persistants une fois desséchés.

Les feuilles petites, coriaces, d'un vert luisant, de forme ovale-oblongue sont bordées de dents épineuses et ont un court pétiole. Elles persistent deux ans. Les feuilles de Q. coccifera ont le même aspect luisant sur le dessus et le dessous (cela permet de facilement le différencier à l’état juvénile avec Q. ilex dont la feuille est pubescente et blanchâtre sur le dessous).

Fleurs

Les fleurs jaunâtres apparaissent en avril-mai. Les fruits, isolés, portés par un pédoncule très court, sont des glands, de forme globuleuse. La cupule, qui les enveloppe pour plus de la moitié, est couverte d'écailles rigides, nombreuses, terminées en pointe aiguë.

Quercus coccifera - Muséum de Toulouse

Distribution

Cette espèce est originaire du bassin méditerranéen : Afrique du Nord, Europe méridionale, Proche-Orient.

En France, on le trouve dans la région méditerranéenne, jusqu'à la Drôme vers le nord et l'Aveyron vers l'ouest. Il est très présent dans les Calanques de Marseille et dans les massifs des Bouches du Rhône comme celui de la Sainte Victoire.

C'est une espèce de pleine lumière, très adaptée à la sécheresse. C'est l'espèce type qui caractérise la garrigue. Elle est moins rustique que le chêne vert et ne pousse pas en altitude. Elle forme des fourrés impénétrables, délaissés par les animaux à cause des feuilles épineuses, qui favorisent la propagation des incendies. Toutefois, le chêne kermès résiste bien par sa souche drageonnante qui lui permet de repousser vigoureusement après un incendie.

Utilisation

L'écorce du chêne kermès est riche en tannins, surtout sur les racines, substances utilisées depuis le Moyen Âge pour le tannage des cuirs.

Une cochenille, Kermes vermilio (Hémiptère), parasite cet arbre. On récoltait autrefois les femelles pour en tirer, après séchage et broyage, une teinture rouge écarlate. La ville de Montpellier était célèbre au Moyen Âge pour les tissus écarlates luxueux qu'elle fabriquait à partir de la cochenille. Aujourd'hui cette cochenille n'est quasiment plus utilisée en teinture, au profit de la cochenille mexicaine (Dactylopius coccus). La cochenille a beaucoup souffert des produits pour traiter les vignes. Aujourd'hui, on peut encore en trouver sur les kermès loin des cultures.

Biodiversité

Le chêne kermès abrite une espèce de cigale, la cigale du garric, ou cigale des garrigues Tibicina garricola Boulard, 1983[2].

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

  • Chêne
  • Chêne de Mambré
  • Selon Cardon et Chatenet "Guide des teintures naturelles" (Delachaux et Nestlé. Neuchâtel 1990), Kermes ilicis est associée au chêne vert. Sur le chêne kermès, on trouverait plutôt Kermes vermilio Planchon, 1864 ou Kermes palestiniensis Balachowsky, 1953.

Liens externes