Psychanalyste

Psychanalyste
Appellation
Psychanalyste
Niveau de formation
Professions voisines
Codes
ROME (France)
K1104 (psychologie)


Le psychanalyste est aujourd'hui un professionnel formé sur le plan théorique et pratique à mener des cures psychanalytiques.

La pratique de psychanalyste est fondée sur la reconnaissance d'une formation théorique et clinique, au sein d'une école de psychanalyse, à laquelle le psychanalyste reste en règle générale affilié au-delà de sa formation. Le titre de psychanalyste n'est pas un titre protégé, toutefois, avoir soi-même fait une cure psychanalytique est le prérequis essentiel pour commencer une formation dans le cadre d'une association psychanalytique.

Histoire: des débuts de la psychanalyse à son institutionnalisation

L'appellation « psychanalyste » arrive avec la découverte de la « psychanalyse » par Sigmund Freud au seuil du vingtième siècle.

Salon d'attente dans l'appartement de Freud, Berggasse 19, Musée Freud à Vienne

Les premiers membres de la Société psychologique du Mercredi, que Freud commence de réunir dans son appartement au 19 de la Berggasse à Vienne, ne se nomment pas encore « psychanalystes »: « Détail curieux, lorsque les premiers psychanalystes se réunissent autour de Freud, le cercle ne se nomme pas. “Peuple sans histoire”[1], les analystes ne donnent pas de nom à leur regroupement, pas de forme instituée à leurs liens [...] », écrit Michel Schneider[2].
Le groupe va devenir progressivement une « Association » qui « se donnera des règles de fonctionnement »; la Société psychologique du Mercredi (1902-1908) fera place à la Société psychanalytique de Vienne: il y aura à partir de 1906 des « procès-verbaux » (Protokolle: « Minutes » en français) pour rendre compte « des exposés et des discussions » [2].
Michel Schneider note: « le paradoxe majeur, c'est que ces premiers psychanalystes ne sont pas, pour la plupart, psychanalystes ». Dans « le tout premier cercle », il y a « des médecins sympathisants et des patients intéressés ». Le groupe va s'élargir: « Les membres sont, en général, des intellectuels ayant un statut marginal, avant même qu'il rejoigne le mouvement ». Ils sont tous « traversés par les grands courants de pensée du temps: mythologie, sociologie, esthétique, économie, criminologie, éducation, surtout »[2]. Élisabeth Roudinesco relève pour sa part qu'en 1902, « les hommes du mercredi forment un groupe hétérogène, composé de médecins, d'éducateurs et d'écrivains. Il sont liés par une insatisfaction commune à l'égard de la psychiatrie, des sciences humaines et de l'éducation »[3]. Présentée par Paul Federn, le médecin Margarete Hilferding sera, après discussion, la première femme admise en avril 1910 à la Société psychanalytique de Vienne, alors composée uniquement d'hommes[4].
En se penchant sur « l'histoire de l'institutionnalisation de la psychanalyse », Roudinesco considère qu'« au terme de cette aventure » des débuts de la psychanalyse et des premiers psychanalystes, « l'IPA créée par Freud est devenue l'instrument d'une bureaucratisation gigantesque de la psychanalyse ». Lorsqu'en 1939, il « se retourne sur son passé de Juif viennois », depuis son « auto-analyse » jusqu'aux « brumes des querelles et des dissensions », Freud « tente de comprendre pourquoi la “réussite” de la doctrine témoigne de l'“échec” du mouvement » [3].

La formation du psychanalyste

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Article détaillé : Formation du psychanalyste.

Les psychanalystes ont déjà réalisé une analyse personnelle. Pour leur formation de psychanalyste, ils réalisent des analyses pour lesquelles ils sont supervisés, et suivent une formation théorique en parallèle[5].

Analyse didactique

Article détaillé : analyse didactique.

La distinction entre analyse didactique et « cure analytique » a été formalisée à l'Institut psychanalytique de Berlin dans les années 1920, la première ayant comme but la formation, la deuxième ayant une visée uniquement thérapeutique : il s'agissait alors de professionnaliser et d'institutionnaliser l'activité d'analyste, alors que la deuxième génération de psychanalystes n'appartenait plus au cercle viennois qui avait vu les tout débuts de la psychanalyse : Michael Balint était hongrois, Melanie Klein a été formée à Budapest et Berlin, etc.

Cette exigence de formation est d'autant plus forte que l'institutionnalisation de la psychanalyse se fait dans le cadre d'une double difficulté :

  • Il s'agit de défendre le statut naissant de psychanalyste face à la pratique de l'« analyse sauvage », de praticiens non-formés ;
  • les premiers psychanalystes sont confrontés à des contestations de leur statut, notamment de la possibilité d'exercice de la psychanalyse par des non-médecins. Cette question, celle de l'analyse profane (ou « analyse laïque »), divise la plupart des associations habilitées, elle se pose en France dans les années 1950 lors de l'affaire Margaret Clark-Williams.

Pratique sous supervision ou « contrôle »

L'Institut de Berlin, imposait que le candidat à la pratique de la psychanalytique ait une formation préalable théorique.
Le psychanalyste en formation suit des stages qui le conduisent à avoir une activité clinique.[réf. nécessaire] Au terme de cette formation, il est habilité comme analyste et peut se revendiquer comme tel. Ces critères, contestés par certains psychanalystes lorsqu'ils ont été adoptés, sont finalement largement repris par l'Association psychanalytique internationale.

  • Formation clinique
Clinique du Burghölzli.

La « formation clinique »[6] des psychanalystes s'effectue généralement sous contrôle de la société psychanalytique auprès de laquelle le candidat fait sa formation théorique : il s'agit souvent pour celui-ci de mener une ou plusieurs cures, pour lesquelles il est supervisé par un analyste habilité par la société psychanalytique aux fonctions dites d' « analyste formateur » ( Appellation BPA en Grande Bretagne) [7]. Dans les années 2010 en France, à l'occasion d'un colloque sur les « Avancées de la psychanalyse », la SPP réforme ses statuts qui touchent entre autres à sa formation des analystes selon désormais « un minimum requis »: 1) une analyse « qui n'est plus didactique, mais personnelle »; 2) une « formation dans les Instituts appropriés sous la direction de membres qui assurent la fonction de formateurs »[8].

  • Formation théorique

La formation des psychanalystes peut par exemple s'effectuer après des études universitaires, de médecine, en particulier dans les spécialités de psychiatrie, ou de psychologie. La formation comporte une étude approfondie des textes théorico-cliniques de Sigmund Freud. Selon les écoles, la formation porte davantage sur les écrits des membres de l'école anglaise de psychanalyse, Melanie Klein, Donald Winnicott, Wilfred Bion, pour les candidats de Association psychanalytique internationale, de Jacques Lacan et de Jacques-Alain Miller pour les écoles d'orientation lacanienne, etc.

Le psychanalyste en formation étudie aussi, selon ses intérêts et les orientations du groupe auquel il s'inscrit, les écrits des psychanalystes contemporains. Ce travail d'étude théorico-clinique se poursuit durant toute la carrière professionnelle des psychanalystes.

Débats sur la formation

La question de la formation initiale des psychanalystes a donné lieu à d'importants débats dès les débuts de la psychanalyse, notamment sur la question de la nécessité d'une formation médicale comme condition préalable à la formation psychanalytique. Cette condition, contestée par Freud, le conduisit à se prononcer à l'occasion du procès de Theodor Reik, poursuivi pour exercice illégal de la médecine alors qu'il était secrétaire de la Société psychanalytique de Vienne, en faveur de l'autonomie de la pratique psychanalytique par rapport à la médecine, dans son ouvrage La question de l'analyse profane.

Si l'essentiel des écoles et courants psychanalytiques s'accordent à juger nécessaires les trois prérequis que constituent une cure psychanalytique personnelle, la conduite de plusieurs cures supervisées et un cursus d'études théoriques et cliniques au sein de l'association que souhaite rejoindre le candidat, les modalités pratiques et les procédures d'habilitation peuvent différer.

La pratique clinique du psychanalyste

La pratique clinique du psychanalyste est certes une profession, mais une profession que Freud rangeait toutefois au registre des trois métiers qu'il jugeait « impossibles » à exercer: « éduquer, gouverner et soigner »[9].

Travail de l'analyste dans la cure classique

Article détaillé : cure psychanalytique.

La « cure classique » a pu être désignée autrement par certains auteurs et à différentes époques.
Due à Maurice Bouvet en 1954[10], la notion de « cure-type », reste « proche encore d'une description de type médical qui caractérisait les manuels dans les années cinquante ». Cette notion fut nuancée par des « “variantes” (Lacan, J., 1955) », et fut ensuite remplacée par celle de « “cure classique”, voire “orthodoxe” pour ceux qui s'estimaient libérés de ses contraintes formelles » [11].

Les règles fondamentales

Dans la cure psychanalytique analyste et analysant suivent deux règles fondamentales: du côté du patient, celle de l'association libre et du côté de l'analyste, celle de l' « attention flottante » (die frei/gleichschwebende Aufmerksamkeit, traduction OCF.P: « l'attention en libre [ou /égal] suspens » ).
L'engagement de l'analyste repose par ailleurs sur deux autres principes celui de « la neutralité bienveillante » et celui de « l'abstinence »: il ne doit pas intervenir dans la réalité de la vie de son patient (dans la cure et hors cure).

L'interprétation

Les interventions de l'analyste se font sous la forme d'interprétations, formulées d'une façon indirecte ou directe. Celles-ci permettent de révéler le contenu latent des pensées inconscientes du patient à partir de son discours manifeste. Le travail d'analyse inclut les récits de rêves de l'analysant. En effet, le travail de l'analyste freudien en réfère ici à la méthode d'analyse découverte par Freud dans L'Interprétation du rêve (1900) qui en reste le modèle initial.

Transfert et contre-transfert

L'analyste interprète aussi les propos du patient en fonction du transfert de celui-ci. Il aura à tenir compte de son propre contre-transfert[12].

Le cadre de la cure

Le contrat analytique comporte les modalités du cadre, rythme et durée des séances, vacances et paiement.

Cure classique et psychothérapies

Selon l'indication thérapeutique, l'analyste peut modifier d'une manière plus ou moins importante le cadre de la cure. On en vient alors à parler de psychothérapies [13]. Le fait que les psychothérapies psychanalytiques s'adressent plutôt à des personnes souffrant d'une névrose trop "serrée" et la cure classique serait plutôt réservée à des personnes ayant une bonne mentalisation — distinction faite notamment en psychosomatique[14], est une question polémique. Le dispositif de la cure classique est souvent proposé à des personnes pour qui ce dispositif est optimal afin de les aider à élucider, via l'analyse du transfert, les mécanismes névrotiques et les fantasmes inconscients, relevant de la sexualité infantile, sous-jacents aux symptômes.[réf. souhaitée]

L'introduction par Jacques Lacan d'une distinction conceptuelle entre pratique psychanalytique pure et pratique psychanalytique au service de la thérapeutique permet de résoudre cette apparente difficulté, en distinguant entre l'adaptation parfois nécessaire du cadre à la situation ou au fonctionnement psychique du patient et ce qui ressort aux différentes modalités de l'investissement du désir de l'analyste (thérapie, formation, recherche etc.) dans le projet et le processus de la cure[réf. souhaitée].
Quel que soit le cadre proposé, la garantie du caractère psychanalytique d'une pratique repose avant tout sur la qualité de psychanalyste de celui qui la met en œuvre, ce qui renvoie au problème de sa formation. En effet, si l'on peut dire que l'analyste est le produit de sa propre psychanalyse, il faut aussi affirmer qu'une cure analytique est la cure proposée et pratiquée par un psychanalyste[réf. souhaitée].

Le paiement constitue directement les honoraires de l'analyste ou est parfois de nature symbolique dans les cas où la cure est financée par un tiers-payant. Les tarifs pratiqués peuvent varier dans certaines fourchettes, en fonction du marché, mais aussi souvent des moyens du patient. Le traitement peut sous certaines conditions être remboursé par la Sécurité Sociale ou des assurances du même type dans d'autres pays.

Problématique de l'argent dans la cure

Freud a d'emblée « situé la représentation subjective de l'argent comme problématique, puisque concernée par la réalité extérieure, socio-économique, et en même temps par la réalité psychique ». Il aborde la question « essentiellement dans ses écrits techniques de 1912 et 1913 »: Conseils aux médecins sur le traitement analytique et Le début du traitement. Il y traite alors de « la fonction du paiement dans la dynamique de la cure » et des « enjeux transféro-contre-transférentiels qu'il implique » [15].
Sur le plan métapsychologique, il se limite « aux considérations portant sur “Les transpositions des pulsions plus particulièrement dans l'érotisme anal” » (1916-17) ainsi que sur « les équivalences, pour l'inconscient, entre les concepts interchangeables d'excrément, avec ses dérivations en “argent” et “cadeaux”, d'enfant et de pénis »[15].

La différence sexuée de l'analyste

Sophie de Mijolla-Mellor introduit l'ouvrage collectif Les femmes dans l'histoire de la psychanalyse par ces mots: « Être homme ou femme dans le transfert est une expérience quotidienne pour tout psychanalyste, tenu de constater que sa bisexualité psychique tresse avec son identité de genre des nœuds bien compliqués ». Du côté de l'analysant(e), celui-ci découvrira au cours de son travail d'analyse « ce que recouvrait son vœu conscient et parfois exclusif d'avoir pour analyste une femme ou un homme »[16].

Les psychanalystes dans l'histoire de la psychanalyse

Article détaillé : Histoire de la psychanalyse.

L'Association psychanalytique internationale

Logo de l'API.

Pour des raisons historiques, épistémologiques et politiques, l'Association psychanalytique internationale, fondée en 1910 par Freud et les premiers freudiens pour fédérer le mouvement psychanalytique international, ne regroupe pas l'ensemble des sociétés analytiques. Cette association reconnaît une diversité de modèles de formation en fonction des pays ou des orientations analytiques, comme ce fut le cas par exemple à l'issue des controverses scientifiques de 1941-1945 au sein de la Société britannique de psychanalyse, entre les kleiniens les annafreudiens, qui ont abouti à faire admettre plusieurs parcours de formation.

Un autre exemple est celui des trois modèles de formation reconnus au sein même de l'Association psychanalytique internationale : le modèle Eitingon (essentiellement mis en place par Max Eitingon en 1922 à l'Institut de Berlin), le modèle français (qui considère la psychanalyse personnelle comme indépendante du cursus de formation institutionnelle et préalable à celui-ci) et le modèle uruguayen (qui associe différents critères des deux précédents modèles de formation).

Générations de psychanalystes

Sigmund Freud (1905).

En « historiographie psychanalytique », Élisabeth Roudinesco et Michel Plon utilisent le terme de génération en tant qu'« outil sociologique » pour « établir la généalogie des successeurs de Freud », soit « l'enchaînement des diverses interprétations de l'œuvre originelle, la succession des écoles et la dialectique des conflits conduisant à des scissions ». Il y a deux modes de numérotation,« l'un à visée mondiale et internationale [...], l'autre à visée nationale ».
Les auteurs du dictionnaire adoptent le mode de numérotation internationale (incluant donc « la diaspora freudienne éparpillés dans le monde »)[17]:

Eugen BleulerLou Andreas-SaloméEmma JungToni WolffFranz RiklinOtto RankLudwig BinswangerIsidor SadgerOskar PfisterSándor FerencziCarl Gustav JungJames Jackson PutnamErnest JonesWilhelm StekelLudwig JekelsMax EitingonSigmund FreudKarl AbrahamAlphonse MaederAbraham A. BrillPaul FedernEduard Hitschmann
Photographie du 21 septembre 1911 lors du congrès de Weimar. Naviguez sur l'image pour connaître le nom des personnes.v • d •
Le comité secret : Rank, Freud, Abraham, Eitingon, Ferenczi, Jones, Sachs (1922)
  • La seconde génération internationale est surtout active entre les deux guerres mondiales : Melanie Klein, Anna Freud, Sabina Spielrein, Marie Bonaparte... Cette génération « fut la composante essentielle de l'appareil de l'International Psychoanalytical Association (IPA) des années 1930 ». C'est également la génération qui eut à affronter « en Allemagne, en Autriche et en Hongrie, le déferlement du nazisme qui la conduisit sur la route de l'exil » [19].
  • La troisième génération internationale est surtout active après la Seconde Guerre mondiale, elle comprend notamment Donald Winnicott, Esther Bick, Wilfred Bion, Hanna Segal, Herbert Rosenfeld, à Londres ; Françoise Dolto, Jacques Lacan, Piera Aulagnier, Jean Laplanche, J.-B. Pontalis, André Green, Michel Fain, Michel De M'Uzan, Serge Viderman à Paris ; Raymond de Saussure et Marcelle Spira en Suisse romande... C'est aussi la génération « des grandes scissions provoquées entre 1950 et 1970 par la mise en cause de la didactique propre à l'IPA et des querelles d'école autour de l'interprétation freudienne et de la technique psychanalytique ». Elle va être amenée à « la confrontation avec une kyrielle d'écoles de psychothérapie »[20].
  • La quatrième génération internationale est depuis 1970 « celle, anonyme et impersonnelle » de différents groupes freudiens, éventuellement « en passe de se convertir à des psychothérapies non freudiennes »[21].
  • La cinquième génération s'épanouirait à partir de 2000 « dans le monde entier aussi bien dans les pays de forte implantation du freudisme que dans ceux où la puissance psychanalytique est faible ». Plon et Roudinesco observent au sein d'une multiplicité de groupes autonomes un « changement radical » dans la manière « de transmettre et de faire vivre la psychanalyse »: plusieurs de ces groupes « ont substitué la force d'un esprit de réseaux à la construction hiérarchique entre le maître et l'élève fondée sur l'emprise transférentielle du premier sur le second »[22].

Les femmes psychanalystes

Vienne a attiré beaucoup de femmes vers la psychanalyse entre 1902 et 1938, aussi longtemps que la psychanalyse a pu se développer à Vienne: d'abord jusqu'en 1918 sous la monarchie des Habsbourg, ensuite dans « Vienne la rouge » jusqu'en 1934, et jusqu'en 1938 dans les années de « l'austro-fascisme ». Elles ont joué « un rôle spécial au sein de la théorie et de la pratique » dans le mouvement psychanalytique [23]. Après Zürich, la Société psychanalytique de Vienne a été la deuxième « à accepter des femmes ». Le pourcentage de femmes (quarante-trois femmes contre cent sept hommes élus membre ordinaires et ordinaires entre 1902 et 1938) y a été plus élevé que dans d'autres groupes de l'Association Internationale de Psychanalyse[23].
Sur quarante-cinq psychanalystes interviewées au début des années 1980, note Nancy J. Chodorow, les femmes de la deuxième génération avaient fait leur analyse avec Freud et ses collègues, tandis que celles de la troisième génération avaient été analysées par des analystes de la deuxième génération[24]. Ce sont des raisons culturelles et historiques ainsi qu' « organisationnelles » et « contextuelles » qui ont rendu la psychanalyse « ouverte aux femmes » des deuxième et troisième générations de psychanalystes, à une époque où nombre de professions étaient exercées seulement par des hommes[24].

Psychanalyse en France

Article détaillé : Psychanalyse en France.

Du fait de divergences théoriques et de scissions historiques, il existe de nombreuses associations psychanalytiques :

Parmi les psychanalystes les plus connus dans le monde

Une manière de « classer » les psychanalystes consisterait à mettre en avant leur appartenance à des courants théoriques. On peut distinguer ainsi des psychanalystes freudiens, jungiens, kleiniens ou post-kleiniens, ego-psychologues, lacaniens, freudo-marxistes etc.

Une autre forme de typologie, adoptée ci-dessous, consiste à les classer par pays d'exercice:

Allemagne

Argentine

Autriche

Belgique

Canada

Chili

États-Unis

France

Hongrie

Italie

Inde

Maroc

Royaume-Uni

Russie

Suisse

Notes et références

  1. Sur “Peuple sans histoire”, Michel Schneider cite Freud, Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, Gallimard, Idées, p. 50.
  2. a, b et c Michel Schneider, Préface au tome IV de la traduction française des Minutes de Vienne sous le titre « Les premiers psychanalystes. Minutes de la Société psychanalytique de Vienne », Paris, Gallimard, p. V-VIII.
  3. a et b Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France. 1 — 1885-1939, Paris, Fayard, 1994, p. 100-101.
  4. Séance du 6 avril 1910, Herman Nunberg et Ernst Federn (dir.), Les Premiers psychanalystes, volume II des Minutes de la Société psychanalytique de Vienne, 1908-1910, Gallimard, 1967.
  5. Qualification des « analystes en formation » (« Training Analysts ») selon les statuts de l'I.P.A., sur la base de trois modèles reconnus, le « modèle Eitingon », le modèle français et le modèle uruguayen (« based on the Eitingon, French and Uruguayan models »): [1]
  6. Programme de « formation à la psychanalyse des adultes » dans l'« Association américaine de psychanalyse » : (en) American Psychoanalytic Association, « Adult Psychoanalytic Training », sur apsa.org, APsaA (consulté le 7 novembre 2017).
  7. Appellation de la BPA (British Psychoanalytic Association / BPA) : « Analystes formateurs » (« Training Analysts », lire en ligne[2].
  8. Introduction au Colloque « Avancées de la psychanalyse » par G. Bayle dans Avancées de la psychanalyse (dir. Paul Denis avec Bernard Chervet, Sylvie Dreyfus-Asséo), Paris, PUF / Monographies de la RFP, 2015 : [3]
  9. Sigmund Freud disait sous forme de métaphore et pour souligner la difficulté de cette pratique qu'il y avait trois métiers « impossibles » : « éduquer, gouverner et soigner » in Analyse avec fin et analyse sans fin, 1937 (cf. les textes de Michel Fain, Eugène Enriquez, Mireille Cifali, Jean Cournut : in Les 3 métiers impossibles, Ve rencontres psychanalytiques d'Aix-en-Provence 1986, éd. : Les belles lettres, coll. : Confluents psychanalytiques, (ISBN 2251334378). Pour l'histoire de cette boutade de S. Freud, cf. l'article de Mireille Cifali, Métier « impossible » ? une boutade inépuisable, Le Portique, 1999/4, dossier «Éduquer : un métier impossible ?» Article en ligne.
  10. Maurice Bouvet, La cure type (1954) in La cure psychanalytique classique, Paris, Puf, 2007.
  11. Alain de Mijolla, « Cure psychanalytique » (article), dans Dictionnaire international de la psychanalyse (dir. A. de Mijolla), 2 vol, , Hachette, Éd. revue et augmentée, 2005, p. 412.
  12. Heinrich Racker : Transfert et contre-transfert. Études sur la technique psychanalytique, Cesura Lyon, 2000, (ISBN 2905709790). Préface de Leon Grinberg et Rebecca Grinberg. Le « transfert » a été décrit par Freud comme la « pierre angulaire » du traitement, de ses résistances et de ses progrès: « Quiconque a reconnu que le transfert et la résistance constituent le pivot du traitement appartient sans retour à notre horde sauvage » (Freud, lettre à Georg Groddeck du 5 juin 1917).
  13. François Richard et al.: Le travail du psychanalyste en psychothérapie, préface d'André Green, Ed. Dunod, coll. : Inconscient et culture, 2020, (ISBN 2100065742)
  14. Marty P., Mentalisation et psychosomatique, Paris, Delagrange, 1991.
  15. a et b Ghyslain Levy, « Argent (dans la cure psychanalytique) », in Alain de Mijolla (dir. ), p. 134-135, Dictionnaire international de la psychanalyse, 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
  16. Préface de Sophie de Mijolla-Mellor à l'ouvrage collectif Les femmes dans l'histoire de la psychanalyse (dir.: S. de Mijolla-Mellor), L'Esprit du temps, 1999, p. 7.
  17. Plon et Roudinesco, Dictionnaire de la psychanalyse, entrée: « Génération », Paris, Fayard / Le Livre de Poche / La Pochothèque, 2006 et 2011, p. 571-573.
  18. Cf. P. Grosskurth (1995) Freud, l'anneau secret, coll. « Histoire de la psychanalyse », PUF
  19. Plon et Roudinesco, p. 571.
  20. Plon et Roudinesco, p. 572.
  21. Plon et Roudinesco, p. 572.
  22. Plon et Roudinesco, p. 572-573.
  23. a et b Elke Mühlleitner, « Les femmes et le mouvement psychanalytique à Vienne » in Les femmes dans l'histoire de la psychanalyse (dir. S. de Mijolla-Mellor), 1999, p. 33-50.
  24. a et b Nancy J. Chodorow, « La psychanalyse et les femmes psychanalystes » in Les femmes dans l'histoire de la psychanalyse (dir. S. de Mijolla-Mellor), 1999, p. 11-32.
  25. Annick Ohayon : Psychologie et psychanalyse en France : L'impossible rencontre (1919-1969), Éditions La Découverte, coll. « La Découverte/Poche », (ISBN 2707147796)
  26. Bref historique des circonstances de la scission, sur le site de l'Association psychanalytique de France.
  27. Page d'accueil de la Société psychanalytique de recherche et de formation [4].
  28. Piera Aulagnier, Un interprète en quête de sens, Paris, Petite bibliothèque Payot, Essais, (2016), [1986], 576 p., Sociétés de psychanalyse et psychanalyste de société
  29. Association Lacanienne Internationale [5]
  30. Cf. Edward Erwin, The Freud Encyclopedia: Theory, Therapy, and Culture, Routledge, 2002, p.83.

Voir aussi

Bibliographie

  • Sigmund Freud,
    • La technique psychanalytique, PUF, 2007, Coll. « Quadrige Grands textes », (ISBN 2-13-056314-7)
    • La question de l'analyse profane, Gallimard-poche, 1998 (ISBN 2070404900)
    • Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique (1914) in Œuvres complètes, Vol. 12, 1913-1914, Éd.: Presses Universitaires de France, 2005, (ISBN 2-13052-517-2)
  • Minutes de la Société psychanalytique de Vienne (Hermann Nunberg, Ernst Federn (Hrsg.), Protokolle der Wiener Psychoanalytischen Vereinigung, Bd. I – IV. S. Fischer, Frankfurt am Main, 1976 -1981): publiées dans la traduction française sous le titre « Les premiers psychanalystes. Minutes de la Société psychanalytiques de Vienne », éd. par H. Nunberg et E. Federn, Trad. de l'allemand par Nina Schwab-Bakman, Paris, Gallimard/nrf, Coll. « Connaissance de l'inconscient », 4 tomes, 1976-1983.
    • Tome I 1906-1908, « Présentation de "La psychanalyse dans son histoire" » par J.-B. Pontalis, Paris, Gallimard pour la trad. française, 1976.
    • Tome II 1908-1910, Paris, Gallimard pour la trad. française, 1978.
    • Tome III 1910-1911, Paris, Gallimard pour la trad. française, 1979.
    • Tome IV 1912-1918, préface de Michel Schneider, Paris, Gallimard, 1983.
  • Dictionnaire international de la psychanalyse, Alain de Mijolla (dir), 2 vol, , Hachette, Éd. revue et augmentée, 2005, (ISBN 2-01-279145-X),
  • Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France. 1 — 1885-1939, Paris, Fayard, 1994.
  • Michel Plon et Élisabeth Roudinesco, Dictionnaire de la psychanalyse, entrée: « Génération », Paris, Fayard, 1997, 2000, 2006, 2011 pour Le Livre de Poche / La Pochothèque, (ISBN 978-2-253-08854-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Sophie de Mijolla-Mellor (dir.), Les femmes dans l'histoire de la psychanalyse, Actes du Colloque de l'Association Internationale d'Histoire de la Psychanalyse (VIIe Rencontre Internationale de l'A.I.H.P., Londres, 16-18 juillet 1998), Bordeaux-Le-Bouscat, L'Esprit du Temps, 1999 (ISBN 2-913062-08-3), textes:
  • Coll. sous la dir. de Roger Perron : Psychanalystes, qui êtes-vous ?, InterEdition, 2006, (ISBN 2-10-050372-3)
  • Paul Denis et Jacqueline Schaeffer, Comment peut-on être et rester psychanalyste, PUF, 2001 (ISBN 2130516971)
  • Ernst Falzeder, « Profession : psychanalyste. Une perspective historique », Psychothérapies, vol. 23, no. 4, 2003, p. 195-208.
  • André Green (dir.), Le Travail psychanalytique, PUF, 2003, (ISBN 213053502X)
  • Horacio Etchegoyen, Fondements de la technique psychanalytique, Hermann, 2005, (ISBN 270566517X)
  • Maurice Bouvet, La cure psychanalytique classique, coll. « Le fil rouge »,Paris, PUF, 2007, (ISBN 2130550851)
  • Ernest Jones : La vie et l'œuvre de Sigmund Freud PUF-Quadrige rééd. 2006 T2: (ISBN 2-13055-693-0).
  • Alain Amselek, Le Livre Rouge de la psychanalyse, Desclée de Brouwer, Paris, nouvelle édition revue et augmentée, tome 1, 2010 (ISBN 978-2-2200-6230-3), tome 2, 2011 (ISBN 978-2-2200-6332-4)
  • Antonino Ferro, Psychanalystes en supervision, coll. «Transition», Erès, 2009 (ISBN 2749209900)
  • Daniel Widlöcher, Comment on devient psychanalyste... et comment on le reste, Odile Jacob, 2010, (ISBN 978-2-7381-1838-7)
  • Samuel Lézé, L'autorité des psychanalystes, PUF, 2010 (ISBN 2130577644)

Filmographie

  • Être psy, série d'entretiens filmés entre 1983 et 2008, réalisation Daniel Friedmann et Jérôme Blumberg, Ed. Montparnasse, Paris, 2009, 14 DVD + livret

Articles connexes

Liens externes