Protection (premiers secours)

La protection est un des éléments de base des premiers secours.

Lors de l'arrivée sur un accident ou un incident, il y a 3 étapes à suivre impérativement dans l'ordre :

  1. Protéger
  2. Alerter
  3. Secourir

Le but de la protection est d'éviter le suraccident.

Bilan circonstanciel

bilan circonstanciel : séquence temporelle

Il s'agit d'évaluer les circonstances de l'accident et notamment :

  • Que se passe-t-il ?
  • Y a-t-il un risque persistant ?
  • Combien y a-t-il de victimes ?

Il s'agit d'identifier la cause vraisemblable de l'accident puis d'estimer si la situation constatée ne génère pas un nouveau danger.

S'il existe un danger persistant, le sauveteur doit essayer de le supprimer, sans mettre son intégrité physique en danger, ou au moins d'éloigner les autres personnes (balisage), avant de faire toute autre action. S'il s'agit d'une situation pour laquelle le sauveteur se sent démuni, il convient d'aller prévenir les secours avant d'aller voir les victimes.

En absence de danger (ou après sa suppression) et lorsque la situation est à la hauteur du sauveteur, celui-ci va examiner rapidement les victimes avant de prévenir (ou de faire prévenir) les secours, afin de donner un maximum de détails. Il pourra éventuellement effectuer des gestes de première urgence sur la victime avant de prévenir (ou de faire prévenir) les secours.

Les différentes protections

La protection du sauveteur

Il s'agit pour le sauveteur de se protéger lui-même. Cette protection est la plus importante, elle est primordiale : le sauveteur est le premier maillon de la chaîne des secours, s'il n'est pas en mesure de donner l'alerte, les secours ne viendront pas. Par ailleurs, un sauveteur blessé n'est plus un sauveteur mais une victime ; outre le fait de mettre sa propre vie en danger, cela complique donc l'action des secours.

Notons que la loi française précise bien (art. 223-6 du Code pénal) qu'une personne doit porter assistance « sans risque pour lui ou pour les tiers ».

La protection des témoins

Les témoins sont les personnes n'étant ni secouriste, ni victime. Leur protection consiste à éviter l'apparition de nouvelles victimes (suraccident).

S'il est impossible de supprimer le danger, il faut mettre une personne chargée d'éloigner les badauds, ou bien effectuer un balisage.

La protection de la victime

Une fois les protections précédentes assurées, il est possible alors de s'assurer de la protection de la victime. Cette protection consiste à s'assurer qu'aucun élément extérieur ne risque d'aggraver l'état de la victime.

Lorsqu'il est impossible de supprimer le danger et que la victime ne peut pas se soustraire elle-même (par exemple si elle est inconsciente ou si elle souffre d'un traumatisme qui l'empêche de se mouvoir), il faut effectuer un dégagement d'urgence (voir ci-après).

Si l'on supprime le danger, on protège à la fois soi-même, les badauds et la victime. D'une manière générale, il faut envisager la protection collective avant la protection individuelle.

Des exemples de protection

En voiture

La protection consiste :

  • à mettre ses proches en sécurité, notamment si l'on s'arrête sur une route à grande circulation. Sur autoroute, il ne faut en aucun cas rester dans une voiture immobilisée sur la bande d'arrêt d'urgence, mais impérativement se réfugier derrière la glissière latérale de sécurité ;
  • à baliser l'accident : allumer ses feux de détresse, placer un triangle de présignalisation, mettre une personne pour faire des signes ;
  • à couper le contact des véhicules accidentés, à serrer le frein à main et à interdire de fumer à proximité.

Durant toute l'intervention, il faut bien faire attention à la circulation, et porter de préférence des vêtements visibles : couleurs vives le jour, couleurs claires la nuit, voire des vêtements à haute visibilité.

Voir l'article détaillé : Premiers secours sur la route > Protéger.

Accident électrique

Face à un accident électrique, ou mettant en cause un appareil électrique, la meilleure solution consiste à couper le courant au disjoncteur, puis à débrancher l'appareil en question. Le risque majeur est que le sauveteur ou une autre personne ne soit elle aussi électrisée.

Selon la configuration (si par exemple la position du disjoncteur n'est pas connue ou bien qu'il soit éloigné, par exemple dans un bâtiment à étages), la meilleure solution consiste à débrancher l'appareil à condition que la prise soit en bon état et que le geste ne génère pas de risque (que l'on n'ait pas besoin de toucher la victime ou l'appareil). Si l'appareil est branché sur une prise reliée à un interrupteur, il suffit d'actionner l'interrupteur avant de débrancher l'appareil (le débranchement est impératif pour éviter une remise sous tension accidentelle). Les appareils professionnels possèdent souvent un bouton d'arrêt d'urgence de type « coup de poing » rouge, visible et accessible, bien adapté à la protection et qui empêche de remettre l'appareil sous tension involontairement.

Dans le cas de fils électriques aériens tombés à terre : la seule protection efficace est d'empêcher quiconque d'approcher avant l'arrivée des secours.

Fuite de gaz

Le risque majeur de la fuite de gaz est l'explosion.

Il faut donc interdire de fumer, ne pas téléphoner (ni téléphone fixe, ni mobile), ne pas actionner d'appareil électrique (ni allumer, ni éteindre). Il faut si possible couper le gaz, et si l'on voit une victime, la dégager d'urgence en apnée vers un lieu où l'air est sain.

La ventilation de la pièce pour chasser le gaz est secondaire et ne doit intervenir que lorsque les victimes sont hors de danger. Le risque est maximal lorsque la proportion de gaz atteint une valeur dite « concentration explosive » ; si la concentration de gaz est plus élevée, le risque d'explosion est faible (mais l'atmosphère n'est pas respirable), ventiler la pièce dans ce cas précis va diluer le gaz, et donc l'atmosphère de la pièce va repasser transitoirement dans la zone explosive. L'explosivité n'est pas évaluable sans matériel spécifique, il n'est donc pas possible de savoir si la ventilation va faire courir un risque transitoire, c'est la raison pour laquelle elle n'est recommandée que lorsque tout le monde est à l'abri.

Incendie, fumée

Si une personne est témoin d'un départ de feu, elle doit essayer de l'éteindre avant son extension : utiliser un extincteur (attention, il existe deux types d'extincteur, ne jamais essayer d'éteindre un feu d'origine électrique avec l'extincteur à eau par exemple), étouffer la flamme avec linge, fermer les arrivées de gaz, faire évacuer le bâtiment ou les véhicules. Dans un établissement recevant du public, il convient de déclencher l'alarme afin d'alerter les services de sécurité et de provoquer l'évacuation du bâtiment.

Sur un feu déjà commencé : les moyens d'extinction accessibles sont en général insuffisants. Le rôle du témoin est donc de faire évacuer le bâtiment ou les véhicules (éventuellement par dégagement d'urgence), et dans un établissement recevant du public, déclencher l'alarme. Lors de l'évacuation, les personnes ne doivent pas emprunter d'ascenseur, ne pas avancer dans la fumée, ne pas revenir en arrière sauf si les services de secours en donnent l'ordre. S'il n'est pas possible d'évacuer (la fumée remplit les couloirs ou cages d'escalier, les sorties sont encombrées ou verrouillées), la protection la plus efficace consiste à se calfeutrer en mettant si possible un linge mouillé sous la porte, à mouiller la porte, et à se manifester aux fenêtres pour signaler sa présence. Si la fumée rentre dans la pièce, la meilleure solution consiste à s'accroupir ou à s'allonger, l'air le plus frais se trouvant près du sol.

Si une pièce est en feu ou enfumée et si l'on aperçoit une victime, il faut la dégager d'urgence en apnée et en se protégeant de la chaleur avec ses vêtements. Le risque majeur est de respirer des fumées toxiques ou de se perdre (absence de visibilité), l'intervention ne doit se faire que dans la partie de la pièce visible de l'extérieur.

Blessure par bris de verre

Le risque est qu'une personne se blesse. S'il y a une personne déjà blessée, la protection consiste à l'éloigner tout en contrôlant l'éventuelle hémorragie, pour l'allonger dans un endroit sans morceau de verre. Il faut empêcher toute personne d'approcher, soit verbalement si l'on est à proximité, soit en condamnant l'accès. On peut demander à un témoin de pousser le verre dans un coin avec un balai ; en absence de balai, si un témoin a des chaussures fermées et solides, on peut lui demander de pousser le verre avec ses chaussures.

Dégagement d'urgence

Dans le cas où la victime est soumise à un danger

  • vital (risque de mort)
  • réel et immédiat
  • que l'on ne peut pas supprimer
  • auquel la victime ne peut pas se soustraire (victime inconsciente ou présentant un traumatisme l'empêchant de bouger, par exemple une fracture de la jambe)

il faut alors effectuer un dégagement d'urgence, c'est-à-dire tirer la victime dans une zone de sécurité, en se protégeant au maximum. Les exemples typiques sont :

  • victime allongée sur une voie de circulation à grand vitesse
  • victime inconsciente dans une atmosphère empoisonnée : il faut intervenir en apnée (la manœuvre doit durer moins de 30 secondes)
  • victime inconsciente dans la fumée, un incendie : on n'interviendra que si l'on voit la victime depuis la sortie
  • victime inconsciente dans un véhicule qui commence à prendre feu, ou bien menacée par la montée des eaux
  • victime menacée par la chute d'un objet