Prononciation du français

La prononciation du français indique comment les phonèmes sont combinés dans la langue française. Cet article, qui fournit diverses informations sur la phonologie du français, montre tous les phonèmes habituels et possibles de cette langue en incluant des variétés régionales du français du Québec, de la Belgique et de la France.

Caractéristiques

Parmi les caractéristiques phonologiques les plus remarquables de la prononciation de la langue française, figurent le son r uvulaire, la présence de voyelles nasales et l’existence de trois processus affectant le son final des mots :

  1. la liaison, instance spécifique de sandhi où la consonne finale des mots n’est prononcée que si elle est suivie d’un mot commençant par une voyelle
  2. l’élision, où certaines occurrences de /ə/ (schwa) sont élidées (à la finale devant une voyelle initiale)
  3. l’enchaînement où la consonne finale d’un mot et l’initiale d’un mot peuvent être déplacées à travers la frontière syllabique :

Exemple des différents processus :

  • Écrit : « On a laissé la fenêtre ouverte. »
  • En isolation : /ɔ̃ a lɛse la fənɛːtʁ uvɛʁt/
  • En contexte : [ɔ̃.na.lɛ.se.laf.nɛː.tχu.vɛχt]

Inventaire phonétique du français

Le français standard possède 20 à 22 consonnes et 13 à 17 voyelles, selon la façon de compter.

Consonnes

  Bilabiale Labio-
dentale
Labio-
palatale
Labio-
vélaire
Dentale Alvéolaire Post-
alvéolaire
Palatale Vélaire Uvulaire
Occlusive p  b       t  d       k  ɡ  
Nasale m       n     ɲ[c 1] ŋ[c 2]  (ʀ)
Fricative   f  v       s  z ʃ  ʒ     (χ) ʁ[c 3]
Spirante     ɥ[c 4] w[c 4]       j[c 4]    
Latérale           l      
  1. Dans la prononciation actuelle, le phonème /ɲ/ se distingue de moins en moins de [nj].
  2. Le phonème /ŋ/ est apparu relativement récemment, avec l'emprunt de mots d'origine anglaise ou chinoise. Les Européens ont tendance à le prononcer [ŋɡ], mais pas les Québécois.
  3. Selon le locuteur, [ʁ] peut être remplacé par [χ], [ʀ], [x], [ɣ], [r] ou [ɾ]. Ce phénomène s'appelle variation allophonique.
  4. a, b et c /ɥ/, /w/ et /j/ ne sont pas à vrai dire des consonnes ; ces phonèmes appartiennent aux approximantes (appelées aussi semi-voyelles ou semi-consonnes).

Voyelles

  Antérieure Centrale Postérieure
Fermée i    y   u
Mi-fermée e    ø   o
Moyenne   ə[v 1]  
Mi-ouverte ɛ ɛː[v 2]  ɛ̃[v 3]    œ  œ̃[v 4]   ɔ[v 5]  ɔ̃[v 3]
Ouverte a   ɑ[v 6]  ɑ̃[v 3]
  1. En français de France, le phonème /ə/ est plutôt arrondi, et il peut être souvent confondu avec le phonème /ø/, le mot je étant par exemple prononcé parfois comme le mot jeu', mais la distinction s'est maintenue en français québécois.
  2. La distinction entre /ɛ/ et /ɛː/, comme dans les mots mettre et maître tend à s'atténuer en français de France, mais elle reste maintenue en français de Belgique et en français québécois. En français de Belgique, la distinction ne porte que sur la longueur, mais en français québécois, le /ɛː/ se diphtongue en [aɪ̯].
  3. a, b et c En français parisien moderne, en français de Belgique et en français de Suisse, /ɑ̃/ se prononce [ɒ̃], /ɛ̃/ se prononce [æ̃] et /ɔ̃/ se prononce [õ].
  4. Dans la prononciation actuelle dans la moitié nord de la France, dont le français parisien moderne, /œ̃/ tend à disparaître au profit de /ɛ̃/. Les locuteurs francophones qui sont conscients de ne produire qu'un seul des deux phonèmes croient généralement produire /ɛ̃/, qui correspond à la graphie la plus fréquente in, et sont incapables de prononcer un correctement. En réalité, ils produisent presque systématiquement le /œ̃/, qui correspond à la graphie moins fréquente un. La distinction s'est généralement conservée dans la moitié sud de la France et au Belgique et au Québec. Autre exception : lundi se prononce généralement [lỹdi] dans le sud de la France.
  5. La voyelle /ɔ/ est souvent « désarrondie » et se rapproche du /ʌ/[réf. nécessaire].
  6. La distinction entre /a/ et /ɑ/, comme dans les mots patte et pâte, tend à s'atténuer en France, mais elle reste nette en Belgique et au Québec.

Prononciation des graphèmes

Consonnes

b c ç ch d f g gn gu h j k l m
/b/ /k/, /s/ /s/ /ʃ/, /k/ /d/ /f/ /ɡ/, /ʒ/ /ɲ/ /ɡ/, /ɡw/ /ʒ/ /k/ /l/ /m/
n ng p ph q qu r, rh s ss t, th v w x z
/n/ /ŋ/ /p/ /f/ /k/ /k/, /kw/ /ʁ/ /s/, /z/ /s/ /t/ /v/ /w/, /v/ /ɡz/, /ks/, /s/, /z/ /z/
  • c vaut /s/ devant e, i, y (ainsi que devant æ dans certains cas tels que cæcum, ou devant œ dans certains cas tels que cœlacanthe, mais cela reste peu fréquent) ; /k/ ailleurs ;
  • g vaut /ʒ/ devant e, i, y; /ɡ/ ailleurs ;
  • h ne se prononce pas en français standard, mais peut, placé en début de mot, empêcher la liaison avec le mot précédent (h aspiré) ;
  • s vaut généralement /z/ entre deux voyelles et /s/ ailleurs ;
  • ti suivi d'une autre voyelle et non en début de mot se prononce parfois /sj/ ;
  • en général, les c, d, g, p, r, s, t, x et z finaux ne se prononcent pas, sauf en cas de liaison.

Voyelles

a[v 1] â æ ai ain, aim[v 2],[1] an, am[v 2] au ay[v 3]
/a/, /ɑ/ /ɑ/ /e/ /e/, /ɛ/ /ɛ̃/ /ɑ̃/ /o/, /ɔ/ /ɛj/, /aj/, /ɛ/
e ê, è é eau ei ein, eim[v 2] en, em[v 2] eu[v 1]
/e/, /ə/, /ɛ/, /ø/ /ɛ/ /e/ /o/ /e/, /ɛ/ /ɛ̃/ /ɑ̃/ /ø/, /œ/
i[v 3] ien, iem[v 2] in, im[v 2]
/i/, /j/ /jɛ̃/ /ɛ̃/
o[v 1] ô œ œu oi oin[v 2] on, om[v 2] ou[v 3] oy[v 3]
/ɔ/, /o/ /o/ /œ/, /e/ /œ/, /ø/ /wa/ /wɛ̃/ /ɔ̃/ /u/, /w/ /waj/
u[v 3] un, um, aun[v 2]
/y/, /ɥ/ /œ̃/
y[v 3] yen[v 2] yn, ym[v 2]
/i/, /j/ /jɛ̃/ /ɛ̃/
  1. a, b et c si ces lettres sont suivies du son /z/, elles sont prononcées fermées (comme avec un accent circonflexe) :
    • a : « case » /kɑz/
    • eu : « creuse » /kʁøz/
    • o : « rose » /ʁoz/
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k si ces lettres sont suivies de m, n, h ou d'une voyelle, alors le n ou le m se prononcent au lieu de changer le son de la voyelle précédente
  3. a, b, c, d, e et f si ces voyelles sont suivies d'une voyelle prononcée, elles deviennent des approximantes :
    • ay : « payer » /pɛje/ mais « pays » /pɛi/. On trouve également /aj/ dans « fayot » /fajo/, « Himalaya » /imalaja/ et « mayonnaise » /majɔnɛz/, et /ɛ/ dans « Tremblay »
    • i : « ciel » /sjɛl/ mais « vie » /vi/, « cil » /sil/, « gui » /ɡi/
    • ou : « oui » /wi/ mais « nouille » /nuj/, « bout » /bu/, « fou » /fu/
    • oy : « royal » /ʁwajal/
    • u : « nuit » /nɥi/ mais « Nuillé » /nyje/, « fut » /fy/, « bu » /by/

Cas particuliers : En France les sons valant soit /e/ soit /ɛ/ et ceux valant soit /o/ soit /ɔ/ sont par la plupart des locuteurs prononcé /e/ /o/ en syllabes ouvertes et /ɛ/ /ɔ/ en syllabes fermées mais selon les régions de nombreuses exceptions subsistent :

  • ai vaut :
    • /e/ en fin de mot comme dans : « gai » /ɡe/, « (je) mangeai » /mɑ̃ʒe/ mais certains locuteurs prononcent /ɛ/ comme dans « vrai » /vʁɛ/, « chai » /ʃɛ/, « balai » /balɛ/ etc. ou encore dans « sais », « vais », « sait » et « vait », où /ɛ/ est courant[1],[2],[3],[4].
    • /ə/ par tout le monde dans certains cas : « faisan » /fəzɑ̃/, « faisant » /fəzɑ̃/, « faisons » /fəzɔ̃/, « faiseur » /fəzœʁ/, « faisable » /fəzabl/[1],[4],[5].
    • il existe de nombreuses variations de prononciations, dont voici quelques exemples :
      • /e/ dans « aigu », « aiguiser » et « aiguille » mais /ɛ/ est toléré[6].
      • /e/ en fin de verbe certains différencient la première personne du passé simple « je donnai » avec un /e/ et la première personne de l'imparfait « je donnais » avec un /ɛ/ alors que d'autres prononcent toujours /ɛ/[1],[7],[8].
      • Certains auteurs parlent d'harmonie vocalique bien que cette notion n'existe pas habituellement en français pour expliquer la réalisation /e/ lorsque la voyelle de la syllabe suivante est /e/, par exemple : « baiser » /beze/ (/bɛze/ en langage soutenu)[9] mais « baise » /bɛz/. « affairer » /afeʁe/ (/afɛʁe/ en langage soutenu)[10] mais « affaire » /afɛʁ/. On se trouve en fait dans le cas général de l'opposition syllabe ouvertes/syllabes fermées.
  • au se prononce /o/ en syllabe ouverte comme dans « chaud », « aubade », « noyau » mais /ɔ/ dans « mauvais », « dinosaure », « paul » (la monnaie), « Paul » (le prénom masculin) ou « saur » (adjectif qui n'est guère usité que dans la locution « hareng saur »).
  • ign vaut :
    • généralement /iɲ/ : « signe » /siɲ/, « ligne » /liɲ/, « guigne » /ɡiɲ/, « mignon » /miɲɔ̃/
    • dans le cas d'une voyelle suivie de ign, on peut considérer que seul le gn indique /ɲ/ et que le i forme un digraphe avec la voyelle précédente : « Montaigne » /mɔ̃tɛɲ/ et non /mɔ̃taɲ/, « Soignes » /swaɲ/ et non pas /sɔɲ/.
    • dans quelques prononciations archaïques le i fait partie du trigraphe consonantique /ɲ/ après une voyelle : « oignon » /ɔɲɔ̃/, « Jodoigne » /ʒɔdɔɲ/[11],[12]
    • parfois, on rencontre dans des termes techniques la prononciation latinisante /ɡn/ : « igné » /iɡne/ ou /iɲe/, « cognat » /kɔɡna/, « pugnace » /pyɡnas/
  • il vaut :
    • /il/ presque toujours : « il » /il/, « fil » /fil/
    • /j/ après une voyelle : « ail » /aj/, « seuil » /sœj/
    • attention toutefois à « fils » /fis/, « fusil » /fyzi/, « gentil » /ʒɑ̃ti/ et « outil » /uti/
    • à noter aussi que certains locuteurs prononcent « persil » /pɛʁsi/, « sourcil » /suʁsi/, etc.
  • ill vaut :
    • /ij/ presque toujours: « bille » /bij/ (/il/ mais exceptionnellement : « mille » /mil/, « ville » /vil/ et « tranquille » /trɑ̃kil/)
    • /j/ après une voyelle, sauf après u où il vaut /ij/ : « caille » /kaj/, « nouille » /nuj/, mais « cuillère » /kɥijɛʁ/
  • œ suivi ou non de u se prononce /ø/ ou /œ/ selon le schéma syllabes fermées/ouverte

Variantes dialectales

En français de France

  • Selon les accents régionaux, certaines paires de voyelles sont maintenant indifférenciées ou interchangeables :
    • /ɛ/ et /ɛː/ (mettre/maître) (homophones)
    • /ɛ̃/ et /œ̃/ (brin/brun) (homophones dans la région parisienne, mais le Sud conserve généralement la différence)
    • /a/ et /ɑ/ (patte/pâte) (généralement homophones)
    • /ɔ/ et /o/ (cotte/côte) (homophones dans le Sud)
    • /œ/ et /ø/ (jeune/jeûne) (homophones dans le Sud)
    • /ø/ et /ə/ (deux/de) (généralement homophones)
    • /e/ et /ɛ/ (thé/taie) (homophones dans le Sud)

En français québécois

  • Le /t/ et le /d/ suivies de [i] ou [ɪ] ou [j] ou [y] ou [ʏ] ou [ɥ] deviennent des consonnes affriquées.
    • dix se prononce [d͡zɪs]
    • tuque se prononce [t͡sʏk]
  • les voyelles /i/, /u/, /y/ sont relâchées ou non selon la consonne suivante et l'accent. Ces voyelles, si elles suivies d'une consonne dans la même syllabe, sont généralement relâchées (certains autres accents permettent de les relâcher encore plus souvent) :
    • pile se prononce [pɪl]
    • poule se prononce [pʊl]
    • sud se prononce [sʏd]
    • pour, rouge, rive, douze restent tels quels (syllabe terminée par le phonème /r/, /v/, /z/ et /ʒ/)
    • poulet, puma, piler restent tels quels (la consonne suivante est dans une autre syllabe)
  • Les voyelles longues en syllabe finale fermée sont prononcées comme des diphtongues dans le langage populaire, mais il y a des voyelles longues qui sont des allophones des voyelles courtes quand les ces deniers sont avant les phonèmes /r/, /z/, /v/, /vr/ et /ʒ/ :
    • faire se prononce [faɛ̯ʁ]
    • fort se prononce [fɑɔ̯ʁ]
    • peur se prononce [paœ̯ʁ]
    • neutre se prononce [nøy̯tʁ]
    • pâte se prononce [pɑʊ̯t] (ou [pɑːt])
    • côte se prononce [koʊ̯̯t]
  • les voyelles nasales sont différentes :
    • /ɑ̃/ se prononce [ã] ou [æ̃], selon le locuteur
    • /ɛ̃/ se prononce [ẽɪ̯̃] ou [ãɪ̯̃], selon le mot (cinq se prononce [sãɪ̯̃k])
    • /ɔ̃/ se prononce [õʊ̯̃]
    • /œ̃/ se prononce [ɚ̃] et se distingue toujours de /ɛ̃/
  • les voyelles /a/ et /ɑ/ se prononcent [ɑ] ~ [ɔ] en syllabe finale ouverte (sauf les déterminants et les prépositions) :
    • pas se prononce [pɑ] ~ [pɔ]
    • chat se prononce [ʃɑ] ~ [ʃɔ]
    • chocolat se prononce [ʃɔkɔlɑ] ~ [ʃɔkɔlɔ]
    • la, ma, ta, sa, à se prononcent comme en France
    • ça se prononce toujours [sa] en sujet mais [sɑ] ~ [sɔ] en complément
  • /ɥ/ se prononce souvent [y], ce qui la séparation d'une syllabe en deux : nuage se prononce /ny.aʒ/, au lieu /nɥaʒ/ (cela arrival en France)
  • l'élision de /ə/, bien presque toujours optionnelle, y est plus fréquente qu'ailleurs dans la francophonie :
    • je te peut se prononcer [ʒœ.tœ] ou [ʃtœ]
    • je pense peut se prononcer [ʒœ.pã:s] ou [ʃpã:s]
    • je mange peut se prononcer [ʒœ.mã:ʒ] ou [ʒmãːʒ]

En français de Belgique

On peut distinguer différents accents wallons : l'accent carolorégien, l'accent namurois, l'accent ardennais et l'accent liégeois, en plus de l'accent bruxellois. Le parler des locuteurs belges a cependant de nombreux traits communs :

  • maintien d'une opposition entre /a/ et /ɑː/ (patte et pâte se prononcent différemment) ;
  • maintien d'une opposition entre /ɛ/ et /ɛː/ (mettre et maître se prononcent différemment) ;
  • maintien d'une opposition entre /ɛ̃/ et /œ̃/ (brin et brun se prononcent différemment) ;
  • maintien d'une opposition entre « au » /o/ et « o » /ɔ/ (peau et pot, fausse et fosse se prononcent différemment) ;
  • prononciation de [ɛ] au lieu de [e] dans les syllabes ouvertes atones (les est parfois prononcé[lɛ]) ;
  • prononciation des voyelles finales suivies d'un /ə/ comme des voyelles longues (amie /a.miː/, boue /buː/), avec parfois l'ajout d'une semi-voyelle (aimée [ɛ.meːj], Lucie [ly.siːj]) ;
  • assourdissement des consonnes sonores finales, d se prononce /t/, b se prononce /p/, « une grande digue » devient [yn.ɡʁɒ̃t.ˈdiːk], prononciation de Liège ;
  • subsistance de [ʀ] au lieu de [ʁ] ; parfois prononcé [χ] ;
  • prononciation occasionnelle de [lj] au lieu de [j] dans certains mots où il y avait jadis /ʎ/ (travailler, ailleurs) ;
  • absence de la semi-voyelle /ɥ/, qui est remplacée par /w/ avant /i/ (fuir [fwiːʁ]) et sinon par /y/ (tuer [ty.(w)e]) ;
  • utilisation des voyelles à la place des semi-voyelles dans certains mots (lion [li.õ], buée [by(w)ˈe], louer [lu(w)ˈe]) ;
  • replacement fréquente de /j/ en français de France, après une consonne et avant une voyelle, par [ʃ] ou [ʒ] :[tʃɛ.ʁi] pour Thierry, [di.dʒe] pour Didier, [ka.tʃa] pour Katia, [ɡo.tʃe] pour Gauthier et [bʒɛːʁ] pour bière. Cette tendance à la palatalisation à Liège de /t/ et /d/ devant /j/ + voyelle n'est cependant pas généralisée. ;
  • prononciation fréquente de /ɛːn/ et /ɛːm/ par [ɛ̃ːn] et [ɛ̃ːm] respectivement. Ainsi, peine se prononce [pɛ̃ːn] et même se prononce [mɛ̃ːm] à Mons, La Louvière.
  • Remplacement par /w/ pour la prononciation de certains mots en w qui sont prononcés /v/ en France : /wa.ɡɔ̃/ pour « wagon », /we.se/ pour « W.-C. », /ve.we/ pour VW, /be.ɛm.we/ pour BMW etc. Quelques mots font parfois exception. Les mots Wallonie et wallon se prononcent respectivement [walɔˈni] et [waˈlõ] même en français de France ;
  • Vingt se prononce parfois [væ̃ːt] si le mot est isolé ou en fin de phrase. À Paris, il ne se prononce [væ̃ːt] que dans les nombres vingt-deux à vingt-neuf et en liaison devant une voyelle ou un h non aspiré ;
  • existence de [h] comme phonème dans la région liégeoise ; la hotte = « h » aspiré ;
  • Les voyelles sont souvent longues : Liège [li.eːʃ], maigre [meːɡʁ], poudre [puːdʁ], voire [meːk] (maigre) et [puːt] (poudre) pour les personnes parlant avec un accent prononcé, et l'allongement a fréquemment une valeur phonologique : « tigre » /tiːk/ avec la chute des consonnes finales opposé à « tic » /tik/ ;
  • Certains /t/ disparaissent en milieu de mot ([mæ̃ʔnɒ̃] pour maintenant)[réf. nécessaire] ;
  • À Liège, /i/ se prononcent parfois [ɪ], ministre [mɪ.nɪstʁ], ville [vɪl] ;
  • À Liège, /y/ se prononce parfois [ʌ] quand il est bref : bus [bʌs], cactus [kak.tʌs].

En français de Suisse

Le français de Suisse, ou suisse romand, à l'instar du français de Belgique, est en réalité composé de plusieurs accent typiques, différents et distinguables : l'accent fribourgeois, l'accent genevois, l'accent jurassien, l'accent neuchâtelois, l'accent valaisan et l'accent vaudois. Ces accents sont les restes des parlers locaux localisés selon le canton, des dialectes qui étaient parlés autrefois. Le Français pourra donc s'étonner, en plus de constater des différences de vocabulaire, de constater des changements typiques du français de Suisse.

  • Dans le canton de Vaud, les /s/ avant des consonnes peuvent être prononcés ([tɑ̃d̪iskə] pour tandis que).
  • Les mots avec le suffixe latin -um se prononcent parfois [-um] au lieu de [-œm].
  • Il y a une tendance générale pour produire le son /ɜ̃/ sur l'avant de la cavité buccales, avec la bouche mi-fermée, au lieu de le prononcer avec la bouche ouverte dans le fond de cette même cavité.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes