Prisma (revue)

Prisma (revue)

Prisma est une revue littéraire, murale, éditée à Buenos Aires entre 1921 et 1922, dirigée par Jorge Luis Borges.

Prisma (revue)
Pays Drapeau de l'Argentine Argentine
Langue espagnol
Genre revue littéraire
Date de fondation 1921
Date du dernier numéro 1922
Ville d’édition Buenos Aires

Directeur de publication Jorge Luis Borges

Histoire de la revue

À la suite de ses études en Europe et particulièrement à Genève où il se passionne pour la poésie, Borges part, avec sa famille, pour des séjours prolongés en Espagne, à Madrid, Barcelone ou Majorque. Le jeune poète y découvre le mouvement ultraïste, l'effervescence artistique, et participe à plusieurs publications, notamment Grecia et Reflector. Lié à de nombreux écrivains du moment tels que Rafael Cansinos Assens, Jacobo Sureda ou Ramon Gomez de la Serna et Guillermo de Torre, il est d'abord un fervent défenseur et collaborateur du mouvement ultraïste, avant de devenir plus critique à son égard lorsqu'il sentira le mouvement tourner en rond et ne produire qu'une modernité mécanique[1].

Rentré en Argentine avec sa famille, il décide de poursuivre l'aventure poétique et théorique en diffusant les idées artistiques modernes dans son pays. Il fonde alors la revue Prisma, encore largement inspirée par l'ultraïsme, et trouve à celle-ci un moyen de diffusion original: la revue est une unique grande feuille placardée sur les murs de la ville.

Prisma a une courte existence: seulement deux livraisons et une troisième en projet.

Son premier numéro propose, sous un bois-gravé de l'artiste Norah Borges, sœur de Jorge Luis Borges, une "Proclamation" cosignée par Guillermo de Torre, Guillermo Juan (Borges), Eduardo Gonzalez Lanuza et Jorge Luis Borges. Sur le reste de l'affiche figurent divers poèmes: "Caminos" de José Rivas Panedas, "Risa" et "Extasis" de Pedro Garfias, "Aldea" de Jorge Luis Borges, "Naufragio" d'Adriano del Valle, "Sol" d'Isaac del Vando-Villar, "El tren" d'Eduardo Gonzalez Lanuza, "Puerto" de Guillermo Juan Borges, et "Angustia" de Jacobo Sureda[2].

Dans le second on retrouve une nouvelle gravure de Norah Borges, une nouvelle "Proclamation" par les mêmes cosignataires que celle du premier numéro, et les poèmes suivants: "Poema pastoral" d'Adriano del Valle, "Bahia" de R. Yépez Alvear, "Iglesia" et "Playa" de Guillermo Juan Borges, "Nocturno" d'Eduardo Gonzalez Lanuza, "Auriculares" de Guillermo de Torre, "Tormenta" de Francisco M. Piñero, "Atardecer" de Jorge Luis Borges, "El Oso: Oso. Un espectaculo admirable. Los bohemios pasan." de Salvador Reyes, enfin "Poema" de Jacobo Sureda[2].

Le troisième numéro, qui ne voit jamais le jour puisque la revue est abandonnée au profit d'une nouvelle entreprise, Proa, devait contenir un poème de Ricardo Eufemio Molinari: "Veleta"[2].

À Prisma succèdent les revues Proa, puis Martin Fierro, toujours animées par Jorge Luis Borges.

Références

  1. Jean-Pierre Bernès, Borges œuvres complètes II, Paris, Gallimard, , 1521 p. (ISBN 9782070128167), p.1455 et suiv.
  2. a, b et c (es) Carlos Garcia, Las vanguardias literarias en Argentina, Uruguay y Paraguay, Iberoamericana/Vervuert, , 562 p. (ISBN 9788484891116, lire en ligne), p. 243 à 252.