Principauté de Stavelot-Malmedy

Principauté de Stavelot-Malmedy
Description de cette image, également commentée ci-après

Les territoires de la Principauté (rouge) vers 1350.

Informations générales
Statut Principauté ecclésiastique du Saint-Empire romain germanique
Histoire et événements
1795 Rattachement à la France

Entités suivantes :

Les armes de la Principauté figurant sur l'église Saint Remacle du village de Louveigné : le loup bâté[1], la crosse, le glaive et la mitre
Carte historique

La Principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy (en allemand Stablo-Malmedy) fut sous l'ancien régime une principauté faisant partie du Saint-Empire romain. Elle était dirigée par le prince-abbé de l'abbaye de Stavelot, détenteur à la fois des pouvoirs politiques et religieux sur son territoire à partir de l'an 651. La principauté s'étendait sur environ six cents kilomètres carrés et était avec le Duché de Bouillon (plus petit : un peu plus de deux cents kilomètres carrés) et la principauté de Liège l'une des trois principautés indépendantes n'ayant jamais fait partie des Pays-Bas méridionaux[2].

Histoire

Dès le VIIe siècle, les donations royales avaient doté Stavelot d'un domaine que les immunités mérovingiennes et carolingiennes soustrayaient à l'action directe des fonctionnaires. Ce domaine, d'après le diplôme de Childéric II, de 670, s'étendait de la Baraque Michel à la Warche, à la Salm, à l'Amblève et au Roannay[3].

Les catalogues des abbés de Stavelot citent dans les dernières années du IXe siècle, en 891 et en 895, un comte-abbé Liutfrid ; il avait possédé un bénéfice royal à Bihain[4].

Après lui, Régnier Ier fut doté de l'abbaye jusqu'à sa mort en 915 ; il y eut pour successeur Évrard, dans lequel il faut voir probablement le personnage auquel Henri Ier confia, en 925, la pacification de la Lotharingie[4].

Gislebert reprit ensuite la succession de son père et conserva l'abbaye jusque vers 939. Le duc Conrad le Roux obtint ce même bénéfice, mais on sait qu'il fut disgracié en 953[5].

Les comtes-abbés de cette première période n'étaient pas nécessairement les chefs immédiats du territoire ; mais lorsqu'ils disparurent, c'est-à-dire au milieu du Xe siècle, ce furent en règle générale les comtes qui exercèrent l'avouerie sur les établissements ecclésiastiques de leur circonscription. Les premiers avoués de cette espèce à Stavelot sont des membres de la famille dite de Luxembourg (descendants de Sigefroid de Luxembourg)[6].

Le petit État ne faisait pas partie des Dix-Sept Provinces, pas plus que la principauté de Liège voisine, la transmission du pouvoir étant soumise aux spécificités de leur statut religieux. Il disparut en 1795 en même temps que les autres États de la région, intégré qu'il fut au département de l'Ourthe. Après la chute de l'Empire français, son territoire fut partagé entre la province de Liège du Royaume des Pays-Bas (Stavelot et l'ouest du territoire) et la Prusse (Malmedy et l'est). La rivière de l'Eau Rouge séparait les deux États dans la région. La partie orientale revint à la Belgique en 1919 suite aux termes du traité de Versailles, et fut également intégrée à la province de Liège (voir : Cantons de l'Est).

Territoire

Établie sur la plus grande partie de la vallée de l'Amblève et dans une moindre mesure sur l'Ourthe, la principauté était limitée au nord par la principauté de Liège, à l'est par d'autres principautés du Saint-Empire, au sud et à l'ouest par les Dix-Sept Provinces et leurs avatars. Comme dans tous les États de la région, les enclaves étaient nombreuses. Sclessin et Ougrée par exemple, dans l'actuelle banlieue de Liège, firent partie de la principauté jusqu'en 1768. Formée d'une quarantaine de localités, la principauté comprenait un bloc étiré d'est en ouest, de Hamoir à Waimes, et les trois enclaves de Ocquier-Bende, Hody et Louveigné-Fraipont. Le territoire était divisé en trois districts d'origine fiscale, les postelleries de Stavelot et de Malmedy et le comté de Logne.

Institutions

L'abbaye de Stavelot

Le prince-abbé gouvernait en souverain absolu ; il pouvait en certaines matières consulter une sorte d'organe représentant ses sujets : l'assemblée générale, ou États, composée de religieux, de dignitaires héréditaires ou d'officiers du prince, maires et échevins, dont le rôle principal était de voter l'impôt. Des États provinciaux existaient dans chacun des trois districts. Sur le plan judiciaire se retrouvait cette division tripartite du pays. Un Conseil de la principauté tranchait les cas contestés. Enfin, en dernier ressort, et comme à Liège d'ailleurs, il pouvait être fait appel à la Chambre impériale (Reichskammergericht), tribunal suprême de l'Empire créé par Maximilien d'Autriche sur le modèle des parlements de Paris et de Malines et qui eut son siège successivement à Francfort (1495-1527), Spire (1527-1693) et Wetzlar (1693-1806)[2].

Structure politique

La principauté était divisée en trois territoires :

Structure religieuse

Stavelot relevait du diocèse de Liège. Malmedy relevait du diocèse de Cologne.

Notes et références

  1. La légende du loup de Saint Remacle
  2. a et b André Uyttebrouck, « Une Confédération et trois principautés », La Wallonie, le Pays et les Hommes, Bruxelles, La Renaissance du livre, 1975, pp215-244, p235
  3. Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. II, Bruxelles, H. Lamertin, (réimpr. 1981), 88 p. (lire en ligne), p. 230
  4. a et b Léon Vanderkindere, op. cit., p. 230.
  5. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 230-231.
  6. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 231.
  7. https://books.google.be/page 56

Voir aussi

Bibliographie

  • Hugo Loersch, « Traité de paix conclu entre Hugues, abbé de Stavelot el de Malmédy, et Jean, seigneur de Schleiden, le 18 juin 1350 (1879) », Bulletin de l'institut archéologique liégeois, Liège, t. XIII,‎ , p. 327-331 (ISSN 0776-1260, lire en ligne)
  • A. Gielens, « Le gouvernement de François de Lorraine, prince abbé de Stavelot (1704-1715), et les institutions de la principauté à cette époque », Bulletin de l'institut archéologique liégeois, Liège, t. XXXIX,‎ , p. 137-150 (ISSN 0776-1260, lire en ligne)
  • Léon-Ernest Halkin, « Les prétentions des la Marck sur la principauté de Stavelot-Malmedy », Chronique archéologique du pays de Liège, t. XIX, no 3,‎ , p. 41-54 (lire en ligne)
  • Henri Massange de Collombs, « Archives des arts de l'ancienne principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy. Stavelot », Chronique archéologique du pays de Liège, t. XXIII, no 2,‎ , p. 41-64 (lire en ligne)
  • Georges Hansotte, « Histoire de la révolution dans la principauté de Stavelot-Malmédy », Bulletin de l'institut archéologique liégeois, Liège, t. LXIX,‎ , p. 5-129 (ISSN 0776-1260, lire en ligne)
  • Roger Petit, « Le pays de Stavelot-Malmedy face à l’expansion luxembrougeoise au début des Temps Modernes », Bulletin de l'institut archéologique liégeois, Liège, t. XCVIII,‎ , p. 373-388 (ISSN 0776-1260)
  • « Cloches et carillons dans les principautés de Liège et de Stavelot-Malmedy. Richesse et actualité du patrimoine campanaire », Chroniques d'archéologie et d'histoire du pays de Liège, t. I, no 1-2,‎ , p. 9-12 (lire en ligne)
  • Philippe George, « La vie quotidienne à Stavelot-Malmedy autour de l’an mil. Moines et sociétaires à travers les Miracula Remacli », Bulletin de l'institut archéologique liégeois, Liège, t. CXI,‎ , p. 15-58 (ISSN 0776-1260)

Articles connexes

Liens externes

  • Abbaye de Stavelot
  • Histoire de Malmedy