Premier peuplement de l'Amérique

"Three maps of prehistoric America. (A) then gradual population expansion of the Amerind ancestors from their East Central Asian gene pool (blue arrow). (B) Proto-Amerind occupation of Beringia with little to no population growth for ≈20,000 years. (C) Rapid colonization of the New World by a founder group migrating southward through the ice free, inland corridor between the eastern Laurentide and western Cordilleran Ice Sheets (green arrow) and/or along the Pacific coast (red arrow). In (B), the exposed seafloor is shown at its greatest extent during the last glacial maximum at ≈20–18 kya [25]. In (A) and (C), the exposed seafloor is depicted at ≈40 kya and ≈16 kya, when prehistoric sea levels were comparable. A scaled-down version of Beringia today (60% reduction of A–C) is presented in the lower left corner. This smaller map highlights the Bering Strait that has geographically separated the New World from Asia since ≈11–10 kya."
Carte présentant une hypothèse en plusieurs étapes du peuplement de l'Amérique effectuée à partir du couloir béringique, actif durant plusieurs dizaines de millénaires.
Carte de l'Amérique montrant des sites antérieurs à la culture Clovis

Le premier peuplement de l'Amérique fait l'objet de débats au sein de la communauté scientifique. Ces débats entre archéologues et anthropologues portent sur la date et les modalités de l'arrivée des ancêtres des Amérindiens sur le continent américain, et sur l'existence éventuelle des Paléoaméricains qui auraient pu les précéder. Les études génétiques modernes et les datations archéologiques de plus en plus minutieuses ont permis de faire avancer quelque peu la connaissance du sujet.

Depuis 1929 et la découverte du site Clovis au Nouveau-Mexique, il était admis que l'Amérique avait été peuplée depuis la Sibérie par des groupes s'étant étendu à travers la Béringie, nom donné aux territoires qui reliaient jadis l'Alaska à la Sibérie, là où le détroit de Béring les sépare aujourd'hui (mais où les profondeurs ne sont jamais très grandes). La culture Clovis (datée d'environ 13 500 ans avant le présent), dont les traces sont bien observées en Amérique du Nord, était considérée comme étant la première culture américaine, ce qui fut illustré par la découverte en 2017 de traces de pas fossilisées sur l'ile Calvert, en Colombie-Britannique (Canada), datées de 13 000 ans[1]. Toutefois les modalités de l'expansion (voie terrestre ou maritime, grande navigation ou beaucoup plus vraisemblablement cabotage côtier primitif), sa chronologie, et l'origine des premiers arrivants ont été remises en question au fil du temps.

Des témoignages de plus en plus nombreux et probants d'occupations antérieures à la culture Clovis ont en effet été publiés ː en 2017 est découvert sur Triquet Island (Colombie-Britannique) un site d'occupation humaine daté de 14 000 ans ; le site de Debra L. Friedkin a livré une industrie lithique datée de 15 500 ans A.P.[2]. On peut mentionner encore le site de Monte Verde, au Chili, le site de Topper, en Caroline du Sud, qui daterait de 16 000 ans ; quant au site de Pedra Furada, dans le parc national de la Serra da Capivara, au nord du Brésil, il serait peut-être encore plus ancien.

Certaines données archéologiques indiquent que le premier peuplement de l'Amérique aurait pu avoir lieu pendant le dernier maximum glaciaire, profitant de l'abaissement des niveaux marins. Selon l'océanographe Michel Fontugne, spécialiste des datations, les scientifiques américains « acceptent le seuil de 25 000 ans [comme première présence humaine], ce qui pour eux était inconcevable il y a trente ans. On a passé la barrière de Clovis[3]. »

Modèle Clovis

Pièce bifaciale de la tradition Clovis, Mexique.

Le site archéologique de Clovis est l'un des plus connus des États-Unis. Il est situé dans le sud-ouest du pays, dans l'État du Nouveau-Mexique. Il s'agit d'un site archéologique au sein duquel ont été retrouvés en 1932 des outils préhistoriques vieux d'environ 11 500–13 500 ans. Les premières fouilles ont mis au jour une pointe à enlèvement flûté. À l'époque, la découverte fit grand bruit, car ce type de flèche était inhabituelle. Grâce au squelette d'un mammouth, (estimé contemporain) qui se trouvait sur le site, on a pu dater l'objet de façon relativement précise.

Dans les années qui suivirent, les archéologues ont retrouvé en Amérique du Nord des milliers de silex du même genre, caractérisés par des techniques de taille identiques, et cela jusqu'au Costa Rica, et dans toutes sortes de milieux naturels. Les scientifiques avaient également montré que tous les animaux géants d'Amérique (mammouths, tatous géants ou glyptodon, paresseux géants, tigres à dents de sabre, camélidés et équidés) avaient soudainement disparu, et on a envisagé qu'une population venue d'ailleurs avait apporté avec elle une arme redoutable : la pointe de Clovis.

On a considéré que les porteurs de la culture Clovis étaient venus d'Asie par le détroit de Béring, qui était exondé pendant les glaciations, et que cette culture était la plus ancienne du continent américain. Cette grande migration depuis la Sibérie, donnant naissance au premier peuplement américain, était expliquée par la théorie dite de Clovis, selon laquelle des humains auraient traversé la Béringie (à l'emplacement du détroit de Béring) il y a environ 14 000 ans. Ils seraient arrivés en Amérique du Nord vers 13 500 ans, date correspondant aux premiers vestiges lithiques trouvés, sur le site Clovis aux États-Unis. Ensuite, des groupes humains auraient migré par vagues successives vers l'Amérique centrale, puis l'Amérique du Sud. On pensait que ces humains étaient, logiquement, les ancêtres des Amérindiens d'aujourd'hui, des populations de type mongoloïde, au crâne brachycéphale. Jusque dans les années 1980, cette thèse était celle qui concordait le mieux avec les faits et datations connus.

Les controverses débutèrent aux États-Unis à partir de la découverte en 1957 du site de Lewisville, au Texas. Là furent mis au jour les squelettes de nombreux animaux, dont certaines espèces aujourd'hui disparues (mammouths, glyptodons, camélidés, équidés, cerfs, ours, etc.) avec des pointes de lances du type Clovis. Or tous ces ossements et artefacts furent datés par le carbone 14 de 38 000 ans. Cette estimation fut largement rejetée à l'époque par les scientifiques américains, d'autant que les pointes de lances étaient bien considérées comme de type Clovis. D'autres expertises de datation effectuées en 1963 confirmèrent la date avancée initialement. Enfin, en 1978 puis en 1980, Dennis Stanford de la Smithsonian Institution, aidé de deux ingénieurs de l'Armée américaine, annoncèrent parallèlement une date de 37 000–38 000 ans, avec une occupation humaine du site jusqu'à la période de 12 000 ans. Par ailleurs, le site de Old Crow dans le Yukon, proche de la Béringie, a livré des artefacts datés de 25 000 ans.

Si les ancêtres des Amérindiens (d'origine mongoloïde) arrivèrent en Amérique vers 13 500 ans, d'autres populations, d'origines peut-être plus diverses, auraient pu y parvenir auparavant.

Les apports de la génétique : les haplogroupes

L'étude la plus vaste et la plus complète jamais réalisée sur la base d'ADN fossile extrait d'anciens restes humains trouvés sur le continent américain a confirmé l'existence d'une population ancestrale unique pour tous les groupes ethniques amérindiens, passés et présents[4]. Contrairement à certaines théories émises depuis les années 1970, elle ne présente aucun lien avec l'Afrique ou l'Australasie[4].

L'analyse du squelette Anzick-1 , seuls restes découverts jusqu'à présent appartenant à la culture Clovis et de Naia , trouvé au Mexique et daté d'au moins 12 000 ans, a en effet un ADN comparable à celui des populations sibériennes, renforçant la thèse d'une migration vers cette époque par le détroit de Béring, et conduisant à relativiser fortement la portée des prétentions de Douglas C. Wallace [5],[6].

Distribution de l'Haplogroupe Q (Y-ADN) dans les populations autochtones.

Il existe un accord général sur le fait que les humains anatomiquement modernes sont entrés sur le continent américain depuis la Béringie il y a entre 20 et 15 mille ans. Deux routes possibles, une côtière et une intérieure, ont été postulées. La première route, accessible depuis 20 000 ans, aurait probablement facilité une expansion rapide vers le sud le long des régions côtières du Pacifique du double continent, tandis que la seconde, à travers le couloir dit sans glace entre les calottes glaciaires de la Cordillère et de la Laurentide, aurait pu être accessible de 15 600 à 14 800 ans et, selon certains modèles, aurait contribué uniquement ou principalement au peuplement de l'Amérique du Nord[7].

Le scénario le plus probable qui découle des études génétiques est que les Athabaskans et les Amérindiens dérivent de la même population issue de la Béringie qui est entrée il y a plus de 13 000 ans en Amérique du Nord. Elle se serait séparée en deux, au sud des étendues glaciaires. Ce premier peuplement a été suivi plus tard par deux migrations mineures restreintes aux régions arctiques : les Paléo-esquimaux (culture de Dorset) il y a environ 4 500 ans et les Néo-esquimaux (culture de Thulé) il y a environ 2 000 ans[7].

Un ancien individu du site archéologique d'Anzick dans le Montana daté d'environ 12 800 ans et associé à la culture Clovis appartient à la branche sud amérindienne. La branche Nord amérindienne est essentiellement représentée dans le Nord-Est de l'Amérique, dont notamment des anciens individus du Sud-Ouest de l'Ontario. Une étude a montré également l'affinité génétique des différents anciens squelettes avec Anzick-1 de la culture Clovis. Tous les anciens individus d'Amérique du Sud et centrale ainsi que les Californiens sont proches de Anzick-1, à l'inverse des anciens Américains du Nord[8]. Il n'existe pratiquement pas de mélange génétique entre les branches Sud et Nord amérindiennes. Le seul mélange mis en évidence est celui détecté chez les anciens Péruviens plus récent que 4 200 ans, mais il reste inférieur à 2 %. L'étude montre en outre qu'il y a très peu de dérive génétique dans les différents lignages conduisant aux anciens groupes d'Amérique du Sud, ce qui signifie une rapide diffusion de la migration initiale vers les différentes régions d'Amérique du Sud[8]. Les auteurs ont détecté un signal australasien présent dans la population actuelle Suruí (Pará)  d'Amazonie. Ce signal n'a été retrouvé chez aucune autre des populations étudiées[8].

L'analyse des chromosomes Y des populations indigènes révèle quatre branches principales et cinq sous-clades : Q-L275, Q-F1096, Q-Y2659, Q-L330 et Q-M1107. Deux sous-clades de Q-M1107, Q-Z780 et Q-M3 sont spécifiques aux Amériques. Ils incluent les anciens individus: Anzick-1 et l'homme de Kennewick datés respectivement de 12 600 et 9 000 ans[7]. Q-M3 se divise en deux: Q-M848 et Q-Y4276. Ce sous-clade a une vaste distribution géographique entre la Sibérie et l'Amérique du Sud. C'est également le clade principal d'Amérique du Nord. Il semble associé aux populations parlant des langues algonquiennes. Il est lié aux haplogroupes mitochondriaux X2a et C4c, et à la branche ancestrale nord américaine. Ce clade est également présent au Brésil ce qui suggère l'hypothèse selon laquelle la branche ancestrale nord américaine a pu également contribuer au peuplement de l'Amérique du Sud[7]. Le sous-clade Q-M848 est le plus fréquent en Amérique, depuis les États-Unis jusqu'en Amérique du Sud. Il correspond à la branche ancestrale sud américaine. Celle-ci est constituée de trois sous-clades principaux : M925, Z5906 et Z5908. Elle est accompagnée dans son déplacement vers l'Amérique du Sud, par la branche Q-Z780 qui se sépare en trois clades différents : Q-Z781, Q-SA02 et Q-Z780*. Le premier est le plus ancien (12 500 ans) et s'étend des États-Unis jusqu'en Amérique du Sud. Le second n'est âgé que de 9 300 ans et semble restreint à la région de l'isthme de Panama et la Colombie. La dernière branche se trouve au Mexique et dans les Andes[7].

Les recherches génétiques ont permis de classer l'ADN mitochondrial en quatre haplogroupes principaux présents chez 97 % des populations d'Amérique : A, B, C et D. L'haplogroupe X est présent en Amérique du Nord et en Europe.

Migrations humaines et ADN mitochondrial (datations en milliers d'années avant le présent).
  • Africain: L0, L1, L2, L3, L4, L5, L6
  • Eurasie occidentale: R0, HV H, V, J, T, U, I, W, X
  • Asie de l'Est: A, B, C, D, E, F, G, Y, Z
  • Australie : S, P, Q, O
  • Amérique: A, B, C, D, et X
Haplogroupe mitochondrial Description
Type A Réparti sur l'ensemble du continent américain, il est constitutif du génome des populations amérindiennes issues des migrations mongoloïdes, empruntant le détroit de Béring formant alors une vaste bande de terre, reliant l'Asie à l'Amérique en raison de la baisse du niveau des océans de près de 100 mètres apparue lors de la dernière glaciation de Würm. Ce pont terrestre, reliant les deux continents, est appelé Béringie. Ce marqueur génétique est commun aux populations d'Asie centrale.
Type B Localisé uniquement le long de la frange côtière de l'océan Pacifique. Il est présent sur la côte occidentale de l'Amérique du Sud, la côte sud-ouest de l'Amérique du Nord (Baja California) ainsi que dans la majeure partie de l'Amérique centrale. Cela suggèrerait une migration ancienne par une circulation des populations ayant vécu sur le pourtour des rivages de l'océan Pacifique. L'haplotype B est absent de Sibérie et d'Asie centrale. Ce marqueur génétique indiquerait une origine du sud-est asiatique, australoïde ou pacifique.
Type C Localisé exclusivement au sud de l'Amérique du Sud. Cet haplotype C suggérerait une hypothétique migration très ancienne[réf. nécessaire], provenant d'Asie centrale pendant le Pléistocène et ayant migré par l'Asie du Sud-Est avant de passer en Amérique, par le pont terrestre de la Béringie, dès le début de la dernière glaciation de Würm, vers 75 000 ans[réf. nécessaire].
Type D Localisé également au sud de l'Amérique du Sud mais également dans l'ensemble du bassin amazonien. Ce marqueur est absent en Amérique centrale ainsi qu'en Amérique du Nord... sauf chez les Esquimaux Inuits dans l'extrême nord de l'Amérique du Nord. Sa présence en Amérique du Sud suggère une migration également très ancienne[réf. nécessaire] qu'elle va partager avec celle porteuse de l'haplotype C. La présence de l'haplotype D parmi le peuple esquimau (ou inuit) indique également son retour en Amérique[réf. nécessaire] avec la migration d'Asie la plus récente. Son origine est attestée en Asie du Sud-Est. Rejoint par les populations à l'haplotype C, ces deux haplogroupes vont parcourir le même cheminement vers la Béringie puis l'Amérique jusqu'à la Terre de Feu.
Type X

Parmi les lignées fondatrices des populations d'Amérique, on trouve également l'haplogroupe X. À la différence des autres haplogroupes, celui-ci est à la fois présent en Amérique et chez les populations européennes modernes. Parmi les Amérindiens, l'haplogroupe X semble être essentiellement limité aux groupes nordiques d'Amérindiens, y compris les Ojibwés, les Sioux, les Navajos et d'autres groupes amérindiens Na-Déné d'Amérique du Nord. L'haplogroupe américain X2a n'a pas été identifié en Asie, soulevant la possibilité d'une origine caucasienne ou europoïde de certaines populations amérindiennes. Cette dernière hypothèse a permis à l'anthropologue américain Bruce Bradley et à l'archéologue de la Smithsonian Institution Dennis Stanford de développer la théorie d'un peuplement solutréen, en avançant l'idée de l'existence d'une telle immigration « européenne » en Amérique du Nord, avant celles mongoloïdes, venues d'Asie, sur la base des similitudes entre l'industrie lithique solutréenne et la culture Clovis.

Ces théories sont contredites par les analyses génétiques les plus récentes[9]. La lignée de l'haplogroupe X dans les Amériques n'est pas dérivée d'un sous-clade européen, mais représente plutôt un sous-clade indépendant, appelé X2a. Le sous-clade X2a a très probablement pris naissance au sein de la population paléo-indienne précoce, il y a environ 13 000 ans. Une variante basale de X2a a été trouvée dans le fossile de l'homme de Kennewick (il y a environ 9 000 ans)[10].

Remise en cause du modèle Clovis initial

Thèses alternatives concernant la période du premier peuplement humain

Plusieurs découvertes récentes remettent en cause les datations admises jusqu'ici pour la première occupation humaine de l'Amérique. Parmi les sites fouillés, certains ont révélé des ossements de « Paléoaméricains » antérieurs à la période dite de Clovis, avec des objets (artefacts) antérieurs à cette culture : les spécialistes les appellent « sites pré-Clovis » :

Flèches préhistoriques amérindiennes, conservées à Washington.
  • Quelques chercheurs affirment que la présence humaine est attestée en Amérique du Sud, il y a quelque 60 000 ans, mais cette datation est loin de faire consensus[11]. Le site de la grotte de Pedra Furada, dans le parc national de la Serra da Capivara, située au sud-est de l'État du Piauí (centre du Brésil), avec ses peintures rupestres, est à l'origine de cette thèse, et la région est riche en sites préhistoriques. Yves Coppens, professeur au Collège de France, avance dans les années 1970 que la découverte de cette grotte permettrait de dire : « Il y a cent mille ans, le premier Homo sapiens est arrivé dans le Nordeste, au Brésil. Sans doute est-il venu d'Afrique, sur des radeaux, et à la dérive, s'arrêtant d'île en île[12]. … »
  • Dans les années quatre-vingt, la préhistorienne Niède Guidon organise une fouille au pied des falaises de la Serra de Capivara. Elle découvre des galets taillés de mains d’homme, qui dateraient de 32 000 ans avant notre ère. Cette découverte, et sa publication dans Nature[13], suscite alors une polémique dans le monde archéologique. Certains archéologues[réf. nécessaire], spécialistes des Amériques, doutent de la véracité de son diagnostic, bien que les fouilles entreprises depuis sous la direction de Eric Boëda semblent confirmer ses résultats[14].
  • L'analyse de plusieurs sites archéologiques mexicains (Cerro Toluquilla, Hueyatlaco, El Cedral, Baja California) a abouti à des datations de traces humaines (empreintes) qui leur attribuent une ancienneté proche de 40 000 ans[15].
  • Un campement situé près de Pittsburgh, le site de Meadowcroft, dans le sud-ouest de la Pennsylvanie, a été fouillé par James Adovasio : des lames et des nucléus ont été datés de 16 000 à 19 000 ans avant notre ère. Cette datation demeure controversée[16].
  • Le site de Cactus Hill en Virginie a livré des pointes comparables à celles des Solutréens, datées de 19 000 ans.
  • Le site de Topper en Caroline du Sud daterait de plus de 20 000 ans, voire 50 000 ans selon les analyses effectuées par l'archéologue Albert Goodyear  en 2004. Cette datation, comme les deux précédentes, demeure contestée[17].
  • À la grotte du Pendejo au Nouveau-Mexique et à la grotte de Sandia, au Nouveau-Mexique, sont attribuées des datations respectivement de 35 000 à 55 000 ans, et de 25 000 à 30 000 ans. Celles-ci sont également contestées[18],[19]..
  • Les sites du Yukon de Old Crow et Bluefish Caves  ont été estimés à plus de 26 000 ans[20]. Un nouvel examen du site de Bluefish en 2017 a révélé qu'il date de 24 000 ans[21], soutenant l'hypothèse du « statu quo béringien », hypothèse selon laquelle les ancêtres des Amérindiens ont passé un temps considérable isolé dans un refuge béringien pendant le dernier maximum glaciaire avant de peupler les Amériques[22].

On peut noter enfin qu'en 2017 furent publiés les résultats de la datation d'os de mastodontes découverts sur le site Cerutti Mastodon situé, dans le comté de San Diego (Californie), des os qui auraient pu être brisés intentionnellement. Or la datation établit leur âge à 130 700 ans[23] alors que l'homme moderne est censé être sorti d'Afrique (vers l'Europe et l'Asie) il y a 100 000 ans tout au plus... et que les seul fossiles du genre Homo jamais retrouvés en Amérique sont des restes d'Homo sapiens.

Contestation des origines

Données craniologiques

L'analyse craniologique est utilisée jusque dans les années 1990, période à partir de laquelle se développent les analyses génétiques beaucoup plus précises.

Selon l'analyse crâniologique, la plupart des crânes découverts sur des squelettes estimés antérieurs à l'époque Clovis, ou contemporains, révèlent des caractéristiques dolichocéphales plus ou moins accentuées, avec quelques spécimens moins marqués relevant du type crânien mésocéphalique. En général, ces crânes paléoaméricains, ne portent pas en eux les caractéristiques des peuples amérindiens actuels, d'origine mongoloïde, et à la crâniologie souvent brachycéphale. Souvent, mais pas toujours, et c'est pourquoi l'homme de Kennewick, dolichocéphale, pourrait quand même avoir une origine asiatique.[réf. nécessaire] Ces hypothèses étaient présentées ainsi :

Crâne Hypothèse Description
Crânes dolichocéphales Hypothèse type europoïde ou caucasien
  • Un squelette entier qui fut classé de type europoïde ou de type caucasien, l'homme de Kennewick, datant de plus de 9 000 ans a été découvert dans l'État de Washington en juillet 1996[24], sur les bords du Columbia. Néanmoins, en juin 2015, une étude génétique établit que l’ADN du squelette était plus étroitement relié aux populations amérindiennes qu'à n'importe quelle autre population dans le monde[25],[26].
  • Les restes d'un homme de type « caucasien » ont été retrouvés sur le site de la grotte de l'esprit, au Nevada ; il a été daté entre -11 000 et -8 000[27]. Là encore, les analyses génétiques n'ont pas confirmé ces supputations. En octobre 2015, Eske Willerslev a prélevé des échantillons d'os et de dents sur les restes. L'analyse de l'ADN indique que les restes étaient similaires aux groupes autochtones d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud[28].
Crânes dolichocéphales Hypothèse type australoïde ou africain
  • 75 crânes, dont le crâne de Luzia, ont été mis au jour au Brésil[29]. Luzia est datée d'environ 11 500 ans ; ils ont été décrits comme ayant un aspect australoïde ou africain.
  • Les 250 crânes et squelettes de Cerca grande au Brésil, étudiés par les scientifiques Walter Neves et Mark Hubbe du Laboratoire des Études sur l'Évolution Humaine, Département de Génétique et de Biologie évolutive, de l'Institut des Sciences, Université de Sao Paulo. Ils sont datés dans une fourchette allant de 8 000 à 12 000 ans. Ils ont la même morphologie australoïde ou africaine que Luzia.

Les analyses génétiques ont contredit ces descriptions. En 2018, un article dans la revue Cell montre que les restes de Lagoa Santa provenant d'un site proche des restes de Luzia possèdent un ADN amérindien. Trois des individus de Lagoa Santa ont le même haplogroupe de chromosomes Y Q1b1a1a1- M848 trouvé dans le génome de la momie de Spirit Cave de 10 600 ans[30]. Le buste de Luzia présentant des caractéristiques australo-mélanésiennes/africaines était faux, il a été créé en 1999. André Strauss de l'Institut Max Planck, l'un des auteurs de l'article du journal Science, commente: « la forme du crâne n'est pas un marqueur fiable d'ancêtre ou d'origine géographique. La génétique est la meilleure base pour ce type d'inférence... Les résultats génétiques de la nouvelle étude montrent catégoriquement qu'il n'y avait pas de lien significatif entre les habitants de Lagoa Santa et les groupes d'Australasie. » Donc, l'hypothèse que Luzia et son peuple dérivent d'une précédente vague migratoire aux ancêtres des Amérindiens d'aujourd'hui est infirmée. Au contraire, l'ADN montre que le peuple de Luzia était complètement amérindien[4].

Crânes dolichocéphales et mésocéphales Hypothèse mixte type europoïde ou aïnou ou australoïde
  • Les ossements de la femme de Peñón (environ 13 000 ans), découverts près de Mexico présentent des caractéristiques dolichocéphales, proches de celles des crânes de Baja California. Certains spécialistes rapprochent ce crâne soit à ceux de Cerca grande ou de Luzia ou à celui de l'homme de Kennewick.
  • La présence humaine dans la péninsule de Baja California – la Basse Californie mexicaine – remonte à quelques dizaines de milliers d'années[réf. nécessaire]. L'occupation humaine fut analysée par la mise à jour, sur le site de la caverne de Babisuri en Basse-Californie, de nombreux outils (artefacts, bois brûlés, coquillages travaillés) qui ont permis de dater d'au moins 40 000 ans la présence humaine[réf. nécessaire]. Plusieurs dizaines de squelettes datés de 13 000 à 15 000 ans furent découverts par plusieurs équipes d'archéologues mexicains, américains, britanniques et japonais, dans la même région mexicaine de Baja California. Les sites préhistoriques de cette région, riches de nombreuses peintures pariétales, livrent des ossements humains « paléoaméricains », dont les crânes semblent indiquer une parenté avec celui de la femme de Peñón, ainsi qu'aux autres restes humains découverts dans la même région centrale du Mexique (c'est-à-dire près de Mexico), comme ceux de l'homme du métro Balderas (11 000 ans).
  • L'homme de Tlapacoya (District de Mexico) daté de 11 000 ans possède un crâne dolichocéphale et s'apparente à sa voisine, la femme de Peñon.
Crânes mésocéphales Hypothèse type Homo sapiens autochtone[réf. nécessaire]

Autres approches

Au Nord-Ouest des États-Unis, dans la grotte de Paisley Cave, des coprolithes humains plus anciens que l'époque Clovis ont été mis au jour en 2008[31]. Ces excréments fossiles seraient vieux de 14 000 ans, selon la datation par le carbone 14 réalisée par des chercheurs de l'Université de l'Oregon, qui ont étudié les restes d'ADN qu'ils contenaient, en collaboration avec une équipe danoise de l'Université de Copenhague. Cet ADN serait en rapport avec celui des Amérindiens modernes, ce qui laisse penser que ces populations étaient déjà là avant la naissance présumée de la culture Clovis, même s'ils n'ont laissé que peu de traces[32].

Théorie d'un peuplement solutréen

L'hypothèse solutréenne  a été initialement proposée dans les années 1970, puis reprise par deux chercheurs du Smithsonian Institute, Dennis Stanford et Bruce Bradley  dans les années 1990. Les Solutréens vivaient à 5 000 km de l'Amérique du Nord, entre 22 000 et 17 000 A.P. (Paléolithique supérieur). Les sites solutréens se concentrent essentiellement dans le Sud-Ouest de la France. Les spécialistes leur reconnaissent une grande habileté : ils inventèrent le traitement thermique pour la fabrication des outils en silex et ils utilisaient l'aiguille à coudre.

En enquêtant en Sibérie et en Alaska, Dennis Stanford trouva des outils préhistoriques très différents de ceux de Clovis (des microlames montées sur des os, et donc pas seulement des bifaces). Il déduit de l'observation des techniques des Inuits, que le voyage entre l'Europe et l'Amérique aurait été possible il y a 16 000 ans. Pour traverser l'Atlantique nord, les Solutréens auraient pu utiliser les mêmes techniques que les Inuits : en naviguant sur de petits bateaux près de la banquise (qui descendait bien plus au sud qu'aujourd'hui), en cas de tempête, ils pouvaient se protéger au sol sous leurs canots renversés. On peut imaginer que le voyage devait être plus facile en été : les Solutréens auraient suivi la route des icebergs, trouvant leur nourriture en pêchant ou en chassant sur la banquise à l'aide de leur outillage perfectionné. Pour Dennis Stanford, ce voyage devait être pénible, mais pas impossible : on sait par exemple que des Inuits préhistoriques voyageaient couramment en bateau entre l'Alaska et le Groenland, en passant par le Haut-Arctique[réf. nécessaire]. Quant à Bruce Bradley, il a étudié les similitudes de technique entre les Solutréens et les hommes de Clovis ils utilisaient tous deux de gros éclats pour fabriquer leurs pointes.

Si des femmes étaient du voyage, des Amérindiens auraient donc pu avoir des ancêtres européens franco-cantabriques selon le modèle désormais dénommé « French Connection »[33].

Cette théorie reste cependant très controversée, du fait de la difficulté que représente la traversée de l'Atlantique au Paléolithique supérieur, des nombreuses différences entre les deux cultures (comme en particulier l'absence d'art pariétal chez les Clovisiens), et aussi parce que les similitudes pourraient s'expliquer simplement par les nécessités mécaniques de la taille du silex et la logique de l'amélioration de cette taille en fonction des besoins et avec le temps, sans qu'il soit nécessaire de faire appel à des migrations (l'agriculture est bien apparue indépendamment sur plusieurs continents, et a donné des civilisations qui s'ignorèrent totalement, pour ce qui concerne les Amériques, jusqu'en 1492).

Ainsi, selon David Meltzer, « peu ou pas d'archéologues - ou, d'ailleurs, de généticiens, de linguistes ou d'anthropologues physiques - prennent au sérieux l'idée d'une colonisation solutréenne de l'Amérique »[34]. En plus d'un intervalle de milliers d'années entre les époques Clovis et Solutréen, les deux technologies ne présentent que des similitudes fortuites. Il n'y a aucune preuve d'une navigation maritime dans les Solutréens, encore moins d'une technologie qui pourrait faire traverser l'Atlantique à une période glaciaire. A contrario, les preuves génétiques récentes appuient la théorie des origines asiatiques et non européennes du peuplement des Amériques[35],[36].

Hypothèses d'un peuplement de l'Amérique du Sud à partir de l'Océanie et/ou l'Australie

Dès 1787, le naturaliste chilien Juan Ignacio Molina avait évoqué la possibilité d'un peuplement de l’Amérique du Sud par une migration s’étant propagée via une succession d’îles du Pacifique, alors que l'Amérique du Nord aurait pu être peuplée via la Sibérie. Certains anthropologues comme Paul Rivet (1876-1958) ont émis l’hypothèse que les peuples de l'Océanie ou d'Asie du Sud auraient traversé l'océan Pacifique et seraient arrivés en Amérique du Sud bien avant les chasseurs-cueilleurs de la Sibérie. Ces hypothétiques aborigènes américains pré-sibériens auraient peuplé une grande partie de l'Amérique du Sud, avant d'être presque totalement exterminés et/ou absorbés par les migrants en provenance de Sibérie par le nord du continent américain. D'autres ont soutenu l’hypothèse d’une migration vers l'Amérique du Sud depuis ou à travers l'Australie et la Tasmanie, transitant via les îles subantarctiques, pour ensuite longer la côte de l'Antarctique et/ou des zones recouvertes de glace situées alors à la pointe sud de l'Amérique du Sud, plus ou moins au moment du dernier pic glaciaire.

Supposant que les populations humaines avaient atteint l'Australie par voie maritime, des chercheurs ont supposé que le Nouveau Monde aurait également pu être atteint ainsi. Les partisans de ce modèle ont mis en évidence des similitudes culturelles et phénotypiques entre les Aborigènes d'Australie et les tribus Selknam et Yagan du sud de la Patagonie. En 2005, une analyse de termes chumash utilisés pour désigner les bateaux cousus (le tomolo) a plaidé en faveur d'un possible contact des Chumash, des Amérindiens de Californie, avec des populations polynésiennes de Hawaï, bien antérieurement à la conquête des Amériques, d'autant plus que leurs navires ressemblent beaucoup aux embarcations polynésiennes[37].

La théorie de la migration australoïde vers les Amériques n’a cependant gagné que peu de soutien au sein de la communauté scientifique, car il n'existait, jusqu'à peu, aucune preuve génétique établissant une correspondance solide entre les Australiens indigènes et les populations d'Amérique du Sud (voir cependant un article de Nature de 2015 voulant établir une telle preuve[38]). Ce modèle de peuplement est enseigné dans les écoles chiliennes en même temps que celui du pont terrestre (via la Sibérie). Toutes ces théories mettent bien entendu en question les identités nationales.

La recherche archéologique et les directives fédérales NAGPRA

En 1990 fut votée une loi fédérale américaine, le Native American Graves Protection and Repatriation Act (NAGPRA), en français « loi sur la protection et le rapatriement des tombes des premiers Américains ». Cette loi exige que les biens culturels amérindiens soient rendus aux premiers peuples quand ces biens ont été déterrés. Cette loi autorise néanmoins les équipes d'archéologues à analyser les découvertes, mais très rapidement en raison d'un délai autorisé très court. Par biens culturels, la loi entend les restes humains, les objets funéraires et sacrés, et tout objet et artefact du patrimoine amérindien.

Bien que cette loi fédérale fût rendue nécessaire pour mettre un terme aux pillages de sites historiques, les archéologues et chercheurs américains accusent, néanmoins, cette loi NAGPRA de restreindre gravement la recherche archéologique sur les origines des premiers habitants des États-Unis. En outre, il est difficile, sinon même fallacieux, de vouloir relier un squelette d'il y a plusieurs dizaines de milliers d'années à une population humaine actuelle.

Notes et références

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  9. « Our results strongly support the hypothesis that haplogroup X, together with the other four main mtDNA haplogroups, was part of the gene pool of a single Native American founding population; therefore they do not support models that propose haplogroup-independent migrations, such as the migration from Europe posed by the Solutrean hypothesis... Here we show, by using 86 complete mitochondrial genomes, that all Native American haplogroups, including haplogroup X, were part of a single founding population, thereby refuting multiple-migration models. », Fagundes et al. 2008)
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Bibliographie

Ouvrages

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Articles

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes