Premier peuplement de l'Amérique

"Three maps of prehistoric America. (A) then gradual population expansion of the Amerind ancestors from their East Central Asian gene pool (blue arrow). (B) Proto-Amerind occupation of Beringia with little to no population growth for ≈20,000 years. (C) Rapid colonization of the New World by a founder group migrating southward through the ice free, inland corridor between the eastern Laurentide and western Cordilleran Ice Sheets (green arrow) and/or along the Pacific coast (red arrow). In (B), the exposed seafloor is shown at its greatest extent during the last glacial maximum at ≈20–18 kya [25]. In (A) and (C), the exposed seafloor is depicted at ≈40 kya and ≈16 kya, when prehistoric sea levels were comparable. A scaled-down version of Beringia today (60% reduction of A–C) is presented in the lower left corner. This smaller map highlights the Bering Strait that has geographically separated the New World from Asia since ≈11–10 kya."
Carte présentant une hypothèse en plusieurs étapes du peuplement de l'Amérique effectuée à partir du couloir béringique, actif durant plus dizaines de millénaires.
Carte de l'Amérique montrant des sites avant la culture Clovis.

Le premier peuplement de l'Amérique fait l'objet de débats au sein de la communauté scientifique. Ces débats entre archéologues et anthropologues portent sur l'origine des Paléoaméricains, ainsi que sur la date, les modalités et les raisons de leur arrivée en Amérique. Les techniques biochimiques modernes et des recherches archéologiques de plus en plus minutieuses ont permis de faire avancer la connaissance du sujet. La compréhension actuelle des migrations vers et à travers le continent américain repose sur des avancées dans quatre disciplines complémentaires : l'archéologie, l'anthropologie physique, les analyses génétiques, et la linguistique.

Depuis les années 1930 et la découverte du site Clovis au Nouveau-Mexique, il était admis que l'Amérique avait été peuplée depuis l'Asie par des groupes ayant migré à travers la Béringie, nom donné aux territoires qui reliaient jadis l'Alaska à la Sibérie, là où le détroit de Béring les sépare aujourd'hui (mais où les profondeurs ne sont jamais très grandes). Toutefois les modalités de la migration (voie terrestre ou maritime, grande navigation ou beaucoup plus vraisemblablement cabotage côtier primitif), sa chronologie complète, et le lieu d'origine des migrants demeurent discutés[1].

Certaines données archéologiques indiquent que le premier peuplement important de l'Amérique aurait pu avoir lieu à la fin de la dernière glaciation, profitant de l'abaissement des niveaux marins, et plus précisément lors du dernier maximum glaciaire, qui se situe entre 16 500 et 13 000 ans A.P.[2]. Pendant longtemps, la culture Clovis (datée d'environ 13 000 ans A.P.), dont les traces sont bien observées en Amérique du Nord, a été considérée comme étant la première culture américaine, ce qui pouvait être confirmé par la découverte en 2017 de traces de pas fossilisées sur l'île Calvert, en Colombie-Britannique (Canada) datées de 13 000 ans également[3]. Mais aujourd'hui, selon l'océanographe Michel Fontugne, spécialiste des datations, les scientifiques américains « acceptent le seuil de 25 000 ans [comme première présence humaine], ce qui pour eux était inconcevable il y a trente ans. On a passé la barrière de Clovis[4]. »

Des témoignages de plus en plus nombreux et probants d'occupations antérieures ont été en effet publiés ː en 2017 est découvert sur Triquet Island (Colombie-Britannique), un site d'occupation humaine daté de 14 000 ans ; le site de Debra L. Friedkin a livré une industrie lithique datée de 15 500 ans A.P.[5]. On peut mentionner encore le squelette de Luzia et le site de Monte Verde, au Chili, le site de Topper, en Caroline du Sud, qui daterait de 16 000 ans ; quant au site de Pedra Furada, dans le parc national de la Serra da Capivara, au nord du Brésil, il serait peut-être bien plus ancien. Ces différents sites, et leurs difficultés de datation, ont permis à certains de soutenir des théories alternatives à celle d'un peuplement par un passage du détroit de Béring ou à travers la Béringie, dont l'hypothèse d'une navigation depuis l'Afrique ou l'Europe, ou encore depuis l'Australie. Toutes les hypothèses, y compris celles de Béring, font encore l'objet de débats. Yves Coppens, professeur au Collège de France, s'appuyant sur les découvertes faites à Pedra Furada, a ainsi considéré comme crédible un éventuel peuplement par voie maritime depuis l'Afrique, il y a peut-être 100 000 ans[6]. On peut noter enfin qu'en 2017 furent publiés les résultats de la datation d'os de mastodontes découverts sur le site Cerutti Mastodon situé, dans le comté de San Diego (Californie), des os qui auraient pu être brisés intentionnellement. Or la datation établit leur âge à 130 700 ans[7] alors que l'homme moderne est censé être sorti d'Afrique il y a 100 000 ans tout au plus... et qu'on n'a encore jamais retrouvé aucune trace de la présence d'autres représentants du genre Homo en Amérique ǃ

Modèle Clovis

Pièce bifaciale de la tradition Clovis, Mexique.

Le site archéologique de Clovis est l'un des plus connus des États-Unis. Il est situé dans le sud-ouest du pays, dans l'État du Nouveau-Mexique. Il s'agit d'un site archéologique au sein duquel ont été retrouvés en 1932 des outils préhistoriques vieux d'environ 11 500–13 500 ans. Les premières fouilles ont mis au jour une pointe à enlèvement flûté. À l'époque, la découverte fit grand bruit, car ce type de flèche était inhabituelle. Grâce au squelette d'un mammouth, (estimé contemporain) qui se trouvait sur le site, on a pu dater l'objet de façon relativement précise.

Dans les années qui suivirent, les archéologues ont retrouvé en Amérique du Nord des milliers de silex du même genre, caractérisés par des techniques de taille identiques, et cela jusqu'au Costa Rica, et dans toutes sortes de milieux naturels. Les scientifiques avaient également montré que tous les animaux géants d'Amérique (mammouths, tatous géants ou glyptodon, paresseux géants, tigres à dents de sabre, camélidés et équidés) avaient soudainement disparu, et on a envisagé qu'une population venue d'ailleurs avait apporté avec elle une arme redoutable : la pointe de Clovis.

On a considéré que les porteurs de la culture Clovis étaient venus d'Asie par le détroit de Béring, qui était exondé pendant les glaciations, et que cette culture était la plus ancienne du continent américain. Cette grande migration depuis la Sibérie, donnant naissance au premier peuplement américain, était expliquée par la théorie dite de Clovis, selon laquelle des humains aurait traversé la Béringie (à l'emplacement du détroit de Béring) il y a environ 14 000 ans. Ils seraient arrivés en Amérique du Nord vers 13 500 ans, date correspondant aux premiers vestiges lithiques trouvés, sur le site de Clovis aux États-Unis. Ensuite, des groupes humains auraient migré par vagues successives vers l'Amérique centrale, puis l'Amérique du Sud. On pensait que ces humains étaient, logiquement, les ancêtres des Amérindiens d'aujourd'hui, des populations de type mongoloïde, au crâne brachycéphale. Jusque dans les années 1980, cette thèse était celle qui concordait le mieux avec les faits et datations connus.

Les controverses débutèrent aux États-Unis à partir de la découverte en 1957 du site de Lewisville, au Texas. Là furent mis au jour les squelettes de nombreux animaux, dont certaines espèces aujourd'hui disparues (mammouths, glyptodons, camélidés, équidés, cerfs, ours, etc.) avec des pointes de lances du type Clovis. Or tous ces ossements et artefacts furent datés par le carbone 14 de 38 000 ans. Cette estimation fut largement rejetée à l'époque par les scientifiques américains, d'autant que les pointes de lances étaient bien considérées comme de type Clovis. D'autres expertises de datation effectuées en 1963 confirmèrent la date avancée initialement. Enfin, en 1978 puis en 1980, Dennis Stanford de la Smithsonian Institution, aidé de deux ingénieurs de l'Armée américaine, annoncèrent parallèlement une date de 37 000–38 000 ans, avec une occupation humaine du site jusqu'à la période de 12 000 ans. Parailleurs, le site de Old Crow dans le Yukon, proche de la Béringie, a livré des artefacts datés de 25 000 ans.

Si les ancêtres des Amérindiens (d'origine mongoloïde) arrivèrent en Amérique vers 13 500 ans, d'autres populations, d'origines peut-être plus diverses, auraient pu y parvenir auparavant. Certains auteurs ont ainsi émis l'hypothèse selon laquelle les artefacts jusqu'ici considérés comme liés à la culture Clovis pourraient en fait être de type solutréens, c'est-à-dire typiques d'une culture préhistorique bien connue en Europe. À peine émises, ces suppositions furent répandues et instrumentalisées dans les médias, dans un contexte sensible aux des revendications ethniques, politiques et historiques, des Amérindiens des États-Unis, mais aussi à celles des opposants à ces revendications (parmi lesquels des ultra-nationalistes blancs).

Remise en cause du modèle Clovis initial

Article détaillé : Paléoaméricains.

Contestations sur la date

Plusieurs découvertes récentes remettent en cause les datations admises jusqu'ici pour la première occupation humaine de l'Amérique. Parmi les sites fouillés, certains ont révélé des ossements de Paléoaméricains antérieurs à la période dite de Clovis, avec des objets (artefacts) antérieurs à cette culture : les spécialistes les appellent « sites pré-Clovis » :

Flèches préhistoriques amérindiennes, conservées à Washington.
  • Certains affirment que la présence humaine est attestée en Amérique du Sud, il y a quelque 60 000 ans, mais cette datation est loin de faire consensus[8]. Le site de la grotte de Pedra Furada, dans le parc national de la Serra da Capivara, située au sud-est de l'État du Piauí (centre du Brésil), avec ses peintures rupestres, est à l'origine de cette thèse, et la région est riche en sites préhistoriques. Yves Coppens, professeur au Collège de France, a déclaré que la découverte de cette grotte permettrait de dire : « Il y a cent mille ans, le premier Homo sapiens est arrivé dans le Nordeste, au Brésil. Sans doute est-il venu d'Afrique, sur des radeaux, et à la dérive, s'arrêtant d'île en île[6]… »
  • Dans les années quatre-vingt, la préhistorienne, Niède Guidon, organise une fouille aux pieds des falaises de la Serra de Capivara. Elle découvre des galets qu’elle considèrera taillés de mains d’homme, qui dateraient de 32000 ans avant notre ère. Cette découverte suscite alors une polémique dans le monde archéologique. Certains archéologues, spécialistes des Amériques, doutent de la véracité de son diagnostic. Ils estiment que les galets sont trop peu travaillés pour pouvoir être attribués à une intervention humaine. Telle est l'opinion de l’archéologue, Peter Eeckhout dans l’émission : Enquêtes Archéologiques: les premiers Américains: « Ces galets lui paraissent trop archaïques et rudimentaires, alors qu'à la même époque, ailleurs dans le monde, les hommes savaient façonner des outils beaucoup plus élaborés. ». D’autres pensent qu’il pouvait s’agir soit de l’œuvre de singes, soit plus prosaïquement d'un travail de la nature. Des années plus tard, l’archéologue, Eric Boëda reprit la fouille. Il met alors au jour des couches sédimentaires datant de 25 000 ans avant notre ère, et il trouve dans ces couches des galets similaires à ceux récoltés par Niède Guidon. Eric Boëda explique que si ces galets ont un aspect rudimentaire, c'est parce que les pierres se trouvant dans la Serra de Capivara sont plus fragiles que le silex, et qu'il est donc plus difficile de les tailler, mais croit qu'ils resteraient néanmoins utilisables. Il l’explique d’ailleurs dans la même émission : Enquêtes Archéologiques : les premiers Américains: « Ces gens se sont adaptés à cette matière première ; avec du silex, vous pouvez sculpter votre matière, ici elle est limitée la morphologie et donc ils ont adapté leurs gestes et les fonctions aux matériaux. ». Il déclare ensuite, que ces "outils" découverts n’ont pas pu être faits par des singes car ces derniers, préfèrent utiliser le poids de la matière première plutôt que de la fracturer pour créer un tranchant. La création du tranchant est une spécificité de l’être humain. Pour lui, la nature n’aurait pas pu créer les enlèvements observés sur ces galets. Comme nous le dit Peter Eeckhout dans son émission : Enquêtes Archéologiques : les premiers Américains: « Ils ne peuvent pas venir par graviter, il n’y en a pas. Donc les galets ne peuvent pas tomber et se fracturer et en plus plusieurs fractures de suite (…). Deuxièmement, l’autre possibilité d’enlèvement, c’est par exemple, les torrents (…) on ne peut pas avoir de l’eau puisqu’on est en un point sommital (…) il fallait bien les apporter ici. ». Finalement, Eric Boëda cherche ainsi à prouver qu’il y a bien eu une présence humaine, en Amérique, 25 000 ans avant notre ère. Son enquête a été publie dans la revue Antiquity.
  • L'analyse de plusieurs sites archéologiques mexicains (Cerro Toluquilla, Hueyatlaco, El Cedral, Baja California) a abouti à des datations récentes de traces humaines (empreintes et ossements) qui leur attribuent une ancienneté proche de 40 000 ans.
  • Le site de Monte Verde au Chili, classé au patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO, se distingue par deux niveaux archéologiques : le site préhistorique de Monte Verde I, le plus ancien, dont la date d'occupation humaine estimée de 33 000 à 35 000 ans est très contestée, et le site préhistorique de Monte Verde II, daté de 12 500 à plus de 18 000 ans selon les couches[9],[10], qui depuis 2000 fait davantage consensus[11].
  • Le site de Pikimachay, situé dans la vallée d'Ayacucho des Andes péruviennes, dont les artefacts ont été datés de 22 000 ans.
  • Un campement situé près de Pittsburgh, le site de Meadowcroft, dans le sud-ouest de la Pennsylvanie, a été fouillé par James Adovasio : des lames et des nucléus ont été datés de 16 000 à 19 000 ans avant notre ère.
  • Le site de Cactus Hill en Virginie a livré des pointes comparables à celles des Solutréens, datées de 19 000 ans.
  • Le site de Topper en Caroline du Sud daterait de plus de 20 000 ans, voire 50 000 ans selon les dernières analyses effectuées. Cette datation, comme les deux précédentes, demeure encore contestée.
  • À la caverne de Pendejo au Nouveau-Mexique et à la grotte de Sandia, au Nouveau-Mexique, sont attribuées des datations respectivement de 35 000 à 55 000 ans, et de 25 000 à 30 000 ans, qui sont encore contestées.
  • En 2005, dans une ancienne carrière située près du volcan Cerro Toluquilla (Puebla au Mexique), des traces humaines vieilles de 38 000 ans ont été découvertes par une équipe britannique, sur une couche de cendres fossilisées.
  • Les sites du Yukon de Old Crow et Bluefish remontent à plus de 26 000 ans[12].

Contestation des origines

Données craniologiques

L'analyse craniologique a encore cours aux États-Unis, mais a été abandonnée en Europe. En effet, les Européens sont statistiquement plus dolichocéphales que les Africains, eux-mêmes statistiquement plus brachycéphales, mais la variabilité humaine est énorme, quel que soit le sous-groupe considéré. De plus l'indice céphalique est en partie lié à l'environnement (conditions de vie) ː on constate par exemple des différences entre les migrants arrivés aux États-Unis à la fin du XIXe siècle et la génération de leurs descendants[13].

Selon l'analyse crâniologique, la plupart des crânes découverts sur des squelettes estimés antérieurs à l'époque Clovis, ou contemporains, révèlent des caractéristiques dolichocéphales plus ou moins accentuées, avec quelques spécimens moins marqués relevant du type crânien mésocéphalique. En général, ces crânes paléoaméricains, ne portent pas en eux les caractéristiques des peuples amérindiens actuels, d'origine mongoloïde, et à la crâniologie souvent brachycéphale. Souvent, mais pas toujours, et c'est pourquoi l'homme de Kennewick, dolichocéphale, pourrait quand même avoir une origine asiatique. La recherche est actuellement en pleine évolution, et les distinctions crâniologiques et morphologiques sont loin d'être des cloisonnements rigides et efficaces, car toute nouvelle découverte modifie ce classement provisoire et évolutif. En l'état, il ne peut faire que l'objet d'hypothèses.

Crâne Hypothèse Description
Crânes dolichocéphales Hypothèse type europoïde ou caucasien
  • Un squelette entier qui fut classé de type europoïde ou de type caucasien, l'homme de Kennewick, datant de plus de 9 000 ans a été découvert dans l'État de Washington en juillet 1996[14], sur les bords du Columbia[15].
  • Les restes d'un homme de type caucasien ont été retrouvés sur le site de la grotte de l'esprit, au Nevada ; il a été daté entre -11 000 et -8 000[16].
  • Des momies furent exhumées sous plusieurs mètres de dépôts de guano dans la caverne de Lovelock en 1911 par des exploitants-récolteurs. Elles furent datées d'environ 5 000 ans par l'analyse au carbone 14. Leur apparente grande taille pourrait être le résultat d'une confusion[17]. D'autres furent découvertes en 1931 de même type non loin de la caverne de Lovelock.
Crânes dolichocéphales Hypothèse type australoïde ou africain
  • 75 crânes, dont le crâne de Luzia, ont été mis au jour au Brésil[18]. Leur âge de 35 000 ans est très contesté ; ils sont d'aspect australoïde ou africain.
  • Les 250 crânes et squelettes de Cerca grande au Brésil, étudiés par les scientifiques Walter Neves et Mark Hubbe du Laboratoire des Études sur l'Évolution Humaine, Département de Génétique et de Biologie évolutive, de l'Institut des Sciences, Université de Sao Paulo. Ils sont datés dans une fourchette allant de 8 000 à 12 000 ans. Ils ont la même morphologie australoïde ou africaine que Luzia.
Crânes dolichocéphales et mésocéphales Hypothèse mixte type europoïde ou aïnou ou australoïde
  • Les ossements de la femme de Peñon (environ 13 000 ans), découverts près de Mexico présentent des caractéristiques dolichocéphales, proches de celles des crânes de Baja California. Certains spécialistes rapprochent ce crâne soit à ceux de Cerca grande ou de Luzia, soit à celui de l'homme de Kennewick.
  • La présence humaine dans la péninsule de Baja California – la Basse Californie mexicaine – remonte à quelques dizaines de milliers d'années. L'occupation humaine fut analysée par la mise à jour, sur le site de la caverne de Babisuri en Basse-Californie, de nombreux outils (artefacts, bois brûlés, coquillages travaillés) qui ont permis de dater d'au moins 40 000 ans la présence humaine. Plusieurs dizaines de squelettes datés de 13 000 à 15 000 ans furent découverts par plusieurs équipes d'archéologues mexicains, américains, britanniques et japonais, dans la même région mexicaine de Baja California. Les sites préhistoriques de Baja California, riches de nombreuses peintures pariétales, livrent des ossements humains paléoaméricains, dont les crânes semblent indiquer une parenté avec celui de la Femme de Peñon, ainsi qu'aux autres restes humains découverts dans la même région centrale du Mexique (c'est-à-dire près de Mexico), comme ceux de l'homme du métro Balderas (11 000 ans).
  • L'homme de Tlapacoya (District de Mexico) daté de 11 000 ans possède un crâne dolichocéphale et s'apparente à sa voisine, la femme de Peñon.
Crânes mésocéphales Hypothèse type Homo sapiens autochtone

Le débat sur cette nouvelle hypothèse d'une origine homo sapiens autochtone est largement engagé. Les recherches analystiques se poursuivent activement afin d'étayer le sujet, car pour un certain nombre de spécialistes, ces deux derniers squelettes sont toujours rattachés et classés avec ceux de la femme de Peñon et de Baja California.

Hypothèses d'un peuplement de l'Amérique du Sud à partir de l'Océanie et/ou l'Australie

Dès 1787, le naturaliste chilien Juan Ignacio Molina avait évoqué la possibilité d'un peuplement de l’Amérique du Sud par une migration s’étant propagée via une succession d’îles du Pacifique, alors que l'Amérique du Nord aurait pu être peuplée via la Sibérie. Certains anthropologues comme Paul Rivet (1876-1958) ont émis l’hypothèse que les peuples de l'Océanie ou d'Asie du Sud auraient traversé l'océan Pacifique et seraient arrivés en Amérique du Sud bien avant les chasseurs-cueilleurs de la Sibérie. Ces hypothétiques aborigènes américains pré-sibériens auraient peuplé une grande partie de l'Amérique du Sud, avant d'être presque totalement exterminés et/ou absorbés par les migrants en provenance de Sibérie par le nord du continent américain. D'autres ont soutenu l’hypothèse d’une migration vers l'Amérique du sud depuis ou à travers l'Australie et la Tasmanie, transitant via les îles subantarctiques, pour ensuite longer la côte de l'Antarctique et/ou des zones recouvertes de glace situées alors à la pointe sud de l'Amérique du Sud, plus ou moins au moment du dernier pic glaciaire.

Certaines études stratigraphiques indiquent que des peuples sont arrivés en Australie il y a environ 40 000 ans. À cette époque, l'Australie n'était pas reliée à un autre continent, ce qui induit l'hypothèse selon laquelle elle a été atteinte par voie maritime. Si tel est le cas, on peut supposer que le Nouveau Monde aurait également pu être atteint ainsi. Les partisans de ce modèle ont mis en évidence des similitudes culturelles et phénotypiques entre les Aborigènes d'Australie et les tribus Selknam et Yagan du sud de la Patagonie. En 2005, une analyse de termes chumash utilisés pour désigner les bateaux cousus (le tomolo) plaidèrent en faveur d'un possible contact des Chumash, des Amérindiens de Californie, avec des populations polynésiennes de Hawaï, bien antérieurement à la conquête des Amériques, d'autant plus que leurs navires ressemblent beaucoup aux embarcations polynésiennes[22].

La théorie de la migration australoïde vers les Amériques n’a cependant gagné que peu de soutien au sein de la communauté scientifique, car il n'existait, jusqu'à peu, aucune preuve génétique établissant une correspondance solide entre les Australiens indigènes et les populations d'Amérique du Sud (voir cependant un article de Nature de 2015 voulant établir une telle preuve[23]). Ce modèle de peuplement est enseigné dans les écoles chiliennes en même temps que celui du pont terrestre (via la Sibérie). Toutes ces théories mettent bien entendu en question les identités nationales.

Les apports de la génétique : les haplogroupes

Les travaux de Douglas C. Wallace  auraient remis en cause l'origine asiatique des premiers Américains ou Paléoaméricains : en s'intéressant à l'ADN mitochondrial des Amérindiens, il aurait réussi à prouver[réf. nécessaire]

  • que le peuplement de l'Amérique s'est fait en plusieurs vagues migratoires, dont la plus ancienne remonterait à 60 000 ans ;
  • que ces migrations venaient d'Asie, mais aussi d'Europe (type europoïde ou caucasien) ;
  • qu'une origine australoïde (mélanésienne ou africaine) était constatée sur les squelettes découverts dans plusieurs sites préhistoriques d'Amérique du Sud (Brésil) et Centrale (Mexique).

Ces conclusions sont cependant contestées, notamment depuis l'analyse du squelette Anzick-1 , seuls restes découverts jusqu'à présent appartenant à la culture Clovis, et de Naia . Ce dernier, trouvé au Mexique et daté d'au moins 12 000 ans, a en effet un ADN comparable à celui des populations sibériennes, renforçant donc la thèse d'une migration vers cette époque par le détroit de Béring, et conduisant à relativiser fortement la portée des prétentions de Douglas C. Wallace[24].

Les recherches génétiques ont permis de classer l'ADN mitochondrial en quatre haplogroupes principaux présents chez 97 % des populations d'Amérique : A, B, C et D. L'haplogroupe X est présent en Amérique du Nord et en Europe.

Migrations humaines et ADN mitochondrial (datations en milliers d'années avant le présent).
  • Africain: L0, L1, L2, L3, L4, L5, L6
  • Eurasie occidentale: R0, HV H, V, J, T, U, I, W, X
  • Asie de l'Est: A, B, C, D, E, F, G, Y, Z
  • Australie : S, P, Q, O
  • Amérique: A, B, C, D, et X
Haplogroupe Description
Type A Réparti sur l'ensemble du continent américain, il est constitutif du génome des populations amérindiennes issues des dernières migrations mongoloïdes, empruntant le détroit de Béring formant alors une vaste bande de terre, reliant l'Asie à l'Amérique en raison de la baisse du niveau des océans de près de 100 mètres apparue lors de la dernière glaciation de Würm. Ce pont terrestre, reliant les deux continents, est appelé Béringie. Ce marqueur génétique est commun aux populations d'Asie centrale.
Type B Localisé uniquement le long de la frange côtière de l'océan Pacifique. Il est présent sur la côte occidentale de l'Amérique du Sud, la côte sud-ouest de l'Amérique du Nord (Baja California) ainsi que dans la majeure partie de l'Amérique centrale. Cela suggèrerait une migration ancienne par une circulation des populations ayant vécu sur le pourtour des rivages de l'océan Pacifique. L'haplotype B est absent de Sibérie et d'Asie centrale. Ce marqueur génétique indiquerait une origine du sud-est asiatique, australoïde ou pacifique.
Type C Localisé exclusivement au sud de l'Amérique du Sud. Cet haplotype C suggérerait une hypothétique migration très ancienne, provenant d'Asie centrale pendant le Pléistocène et ayant migré par l'Asie du Sud-Est avant de passer en Amérique, par le pont terrestre de la Béringie, dès le début de la dernière glaciation de Würm, vers 75 000 ans.
Type D Localisé également au sud de l'Amérique du Sud mais également dans l'ensemble du bassin amazonien. Ce marqueur est absent en Amérique centrale ainsi qu'en Amérique du Nord... sauf chez les Esquimaux Inuits dans l'extrême nord de l'Amérique du Nord. Sa présence en Amérique du Sud suggère une migration également très ancienne qu'elle va partager avec celle porteuse de l'haplotype C. La présence de l'haplotype D parmi le peuple esquimau (ou inuit) indique également son retour en Amérique avec la migration d'Asie la plus récente. Son origine est attestée en Asie du Sud-Est. Rejoint par les populations à l'haplotype C, ces deux haplogroupes vont parcourir le même cheminement vers la Béringie puis l'Amérique jusqu'à la Terre de Feu.
Type X

Les spécialistes Brun, Hosseini, Allen, Schurr et Wallace du Centre de médecine moléculaire de l'Université de Médecine d'Emory, Atlanta, États-Unis ; ainsi que les professeurs Torroni, Scozzari, Cruciani du Département de génétique et de biologie moléculaire de l'Université La Sapienza de Rome ; et le professeur et mathématicien Bandelt, maître de conférences à l'Université de Hambourg (Allemagne), ont proposé qu'un cinquième haplogroupe d'ADNmt (haplotype X) soit représenté parmi les lignées fondatrices des populations d'Amérique.
À la différence des autres haplogroupes, l'haplogroupe X est à la fois présent en Amérique et chez les populations européennes modernes. Parmi les Amérindiens, l'haplogroupe X semble être essentiellement limité aux groupes nordiques d'Amérindiens, y compris les Ojibwés, les Sioux, les Navajos et d'autres groupes amérindiens Na-Déné d'Amérique du Nord. L'analyse génétique de ces populations amérindiennes et européennes, bien que distinctes, indique, par l'intermédiaire de l'ADN mitochondrial X, une lointaine parenté entre elles.
L'évaluation des datations pour l'arrivée de l'haplotype X en Amérique du Nord indiquerait entre 12 000 et 36 000 ans. Les peuples ayant cet haplotype X ne seraient alors pas les plus anciennes d'Amérique du Nord.
L'haplogroupe X n'a pas été clairement identifié en Asie, soulevant la possibilité d'une origine caucasienne ou europoïde de certaines populations amérindiennes.
Cette dernière hypothèse permet à l'anthropologue américain Bruce Bradley et à l'archéologue de la Smithsonian Institution Dennis Stanford de développer la théorie d'un peuplement solutréen, en avançant l'idée de l'existence d'une telle immigration « européenne » en Amérique du Nord, avant celles mongoloïdes, venues d'Asie, sur la base des similitudes entre l'industrie lithique solutréenne et la culture Clovis.

Autres approches

Au Nord-Ouest des États-Unis, dans la grotte de Paisley Cave, des coprolithes humains plus anciens que l'époque Clovis ont été mis au jour en 2008[25]. Ces excréments fossiles seraient vieux de 14 000 ans, selon la datation par le carbone 14 réalisée par des chercheurs de l'Université d'Oregon, qui ont étudié les restes d'ADN qu'ils contenaient, en collaboration avec une équipe danoise de l'Université de Copenhague. Cet ADN serait en rapport avec celui des amérindiens modernes, ce qui laisse penser que ces populations étaient déjà là avant la naissance présumée de la culture Clovis, même s'ils n'ont laissé que peu de traces[26].

Théorie d'un peuplement solutréen

L'hypothèse solutréenne  a été avancée par deux chercheurs du Smithsonian Institute, Dennis Stanford et Bruce Bradley . Les Solutréens vivaient à 5 000 km de l'Amérique du Nord, entre 22 000 et 17 000 BP (Paléolithique supérieur). Les sites solutréens se concentrent essentiellement dans le sud-ouest de la France. Les spécialistes leur reconnaissent une grande habileté : ils inventèrent le traitement thermique pour la fabrication des outils en silex, et ils utilisaient l'aiguille à chas (cependant, une aiguille à chas a été découverte dans la grotte de Denisova, et datée de 45 000 ans[27]).

En enquêtant en Sibérie et en Alaska, Dennis Stanford trouva des outils préhistoriques très différents de ceux de Clovis (des microlames montées sur des os, et donc pas seulement des bifaces). Il démontra en observant les techniques des Inuits, que le voyage entre l'Europe et l'Amérique était possible il y a 16 000 ans. Pour traverser l'Atlantique nord, les Solutréens auraient pu utiliser les mêmes techniques que les Inuits : en naviguant sur de petits bateaux près de la banquise (qui descendait bien plus au sud qu'aujourd'hui), en cas de tempête, ils pouvaient se protéger au sol sous leurs canots renversés. On peut imaginer que le voyage devait être plus facile en été : les Solutréens auraient suivi la route des icebergs, trouvant leur nourriture en pêchant ou en chassant sur la banquise à l'aide de leur outillage perfectionné. Pour Dennis Stanford, ce voyage devait être pénible, mais pas impossible : on sait par exemple que des Inuits préhistoriques voyageaient couramment en bateau entre l'Alaska et le Groenland, en passant par le Haut-Arctique. Quant à Bruce Bradley, il a étudié les similitudes de technique entre les Solutréens et les hommes de Clovis ils utilisaient tous deux de gros éclats pour fabriquer leurs pointes.

Si des femmes étaient du voyage, des Amérindiens auraient donc pu avoir des ancêtres européens franco-cantabriques selon le modèle désormais dénommé « French Connection »[28].

Cette théorie reste cependant très controversée, du fait de la difficulté que représente la traversée de l'Atlantique au Paléolithique supérieur, des nombreuses différences entre les deux cultures (comme en particulier l'absence d'art pariétal chez les Clovisiens), et aussi parce que les similitudes pourraient s'expliquer simplement par les nécessités mécaniques de la taille du silex et la logique de l'amélioration de cette taille en fonction des besoins et avec le temps, sans qu'il soit nécessaire de faire appel à des migrations (l'agriculture est bien apparue indépendamment sur plusieurs continents, et a donné des civilisations qui s'ignorèrent totalement, pour ce qui concerne les Amériques, jusqu'en 1492).

Les arguments basés sur les similitudes entre outils de pierre des sites Clovis et du Solutréen ont également été contestés. Le Solutréen est l'un des faciès du Paléolithique supérieur européen, présent dans le Sud-Ouest de la France et en Espagne. Il est notamment connu pour avoir livré des pointes foliacées bifaciales très fines, nommées « feuilles de laurier », présentant des analogies morphologiques avec les pointes retrouvées dans les sites Clovis. Les tenants d'une migration des groupes solutréens vers l'Amérique perdent aussi de vue que plus de 5 000 ans séparent les dernières expressions du Solutréen en Europe et les premières pointes Clovis, en plus des plusieurs milliers de kilomètres d'océan qui séparent les deux aires géographiques considérées[29]. La production de pointes foliacées bifaciales est connue dans de nombreux contextes géographiques (Australie, Afrique du Sud) et chronologiques (Middle Stone Age, Paléolithique moyen final), et une convergence morpho-technique peut donc être jugée probable entre ces artefacts solutréens et Clovis.

La recherche archéologique et les directives fédérales NAGPRA

En 1990 fut votée une loi fédérale américaine, le Native American Graves Protection and Repatriation Act (NAGPRA), en français « loi sur la protection et le rapatriement des tombes des premiers Américains ». Cette loi exige que les biens culturels amérindiens soient rendus aux premiers peuples quand ces biens ont été déterrés. Cette loi autorise néanmoins les équipes d'archéologues à analyser les découvertes, mais très rapidement en raison d'un délai autorisé très court. Par biens culturels, la loi entend les restes humains, les objets funéraires et sacrés, et tout objet et artefact du patrimoine amérindien.

Bien que cette loi fédérale fût rendue nécessaire pour mettre un terme aux pillages de sites historiques, les archéologues et chercheurs américains accusent, néanmoins, cette loi NAGPRA de restreindre gravement la recherche archéologique sur les origines des premiers habitants des États-Unis. En outre, il est difficile, sinon même fallacieux, de vouloir relier un squelette d'il y a plusieurs dizaines de milliers d'années à une population humaine actuelle.

Sources

Notes et références

  1. (en) Ted Goebel, Michael R. Waters et Dennis H. O'Rourke, « The Late Pleistocene Dispersal of Modern Humans in the Americas », Science, vol. 319, no 5869,‎ , p. 1497-1502 (DOI 10.1126/science.1153569).
  2. (en) Sandro L. Bonatto et Francisco M. Salzano, « A single and early migration for the peopling of the Americas supported by mitochondrial DNA sequence data », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 94, no 5,‎ , p. 1866–1871 (lire en ligne).
  3. « Découverte des plus vieilles traces d’humains en Amérique du Nord », sur Le Monde, (consulté le 31 mars 2018).
  4. Sur les traces des premiers Américains, Le Monde, supplément Sciences du 27 avril 2015
  5. (en) Waters, M.R., Forman, S.L., Jennings, T.A., Nordt, L.C., Driese, S.G., Feinberg, J.M., Keene, J.L., Halligan, J. et Lindquist, A., « The Buttermilk Creek Complex and the Origins of Clovis at the Debra L. Friedkin Site, Texas », Science, vol. 331, no 6024,‎ , p. 1599-1603 (DOI 10.1126/science.1201855).
  6. a et b Hubert Prolongeau, « Le Brésil avait aussi son Cro-Magnon », sur Télérama, .
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  8. (en) Elaine Dewar, Bones : Discovering the First Americans, Vintage Éditions, , 628 p..
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  13. Boas, 1913
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  15. La science et la technologie pour tous - Québec Science.
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  23. (en) Pontus Skoglund, Swapan Mallick, Maria Cátira Bortolini, Niru Chennagiri, Tábita Hünemeier, Maria Luiza Petzl-Erler, Francisco Mauro Salzano, Nick Patterson et David Reich, « Genetic evidence for two founding populations of the Americas », Nature, vol. 525,‎ , p. 104–108 (DOI 10.1038/nature14895).
  24. Un squelette vieux de 13 000 ans lève le voile sur l’origine des Amérindiens, Le Monde, 16 mai 2014, rendant compte des articles de Science "Late Pleistocene Human Skeleton and mtDNA Link Paleoamericans and Modern Native Americans", James C. Chatters, Douglas J. Kennett, Yemane Asmerom, Brian M. Kemp, Victor Polyak, Alberto Nava Blank, Patricia A. Beddows, Eduard Reinhardt, Joaquin Arroyo-Cabrales, Deborah A. Bolnick, Ripan S. Malhi, Brendan J. Culleton, Pilar Luna Erreguerena, Dominique Rissolo, Shanti Morell-Hart, and Thomas W. Stafford Jr., Science 16 May 2014: 344 (6185), 750-754. [DOI:10.1126/science.1252619], et de Nature du 13 février 2014, "The genome of a late Pleistocene human from a Clovis burial site in Western Montana, Rasmussen et al.
  25. Pascal Lapointe, « Les crottes des premiers Amérindiens », sur Agence Science-Presse, (consulté le 31 mars 2018).
  26. (en) M. Thomas P. Gilbert, Dennis L. Jenkins et al., « DNA from Pre-Clovis Human Coprolites in Oregon, North America », Science, vol. 320, no 5877,‎ , p. 786-789 (DOI 10.1126/science.1154116).
  27. Récit de cette découverte sur le site hominides.com.
  28. (en) Frederic Sellet, « The French Connection, investigating a possible Clovis-Solutrean link », Current Research in the Pleistocene, no 15,‎ , p. 66-67.
  29. (en) Lawrence Guy Straus, David J. Meltzer et Ted Goebel, « Ice Age Atlantis? Exploring the Solutrean-Clovis 'Connection' », World Archaeology, vol. 37, no 4,‎ , p. 507-532 (JSTOR 40025088).

Bibliographie

Ouvrages

  • mtDNA haplogroup X : An ancient link between Europe/Western Asia and North America? ; Brown, Hosseini, Torroni, Bandelt, Allen, Schurr, Scozzari, Cruciani, WALLACE ; American journal of human genetics ; ISSN 0002-9297 ; 1998 ; University of Chicago Press, Chicago, États-Unis.
  • Adovasio James, Jake Page ; The first Americans : In pursuit of archeology's greatest mystery ; Modern Library, réédition 2003.
  • Hubbe, Mazzuia, Atui, Neves ; A primeira descoberta da América ; Sociedade Brasileira de genetica ; Sao Paulo ; 2003.
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  • Bryan ; Early Man in America from Circum-Pacific Perspective ; Département d'Anthropologie, Université d'Alberta, Edmonton, Canada ; 1978.

Articles

  • Jean-François Dortier, Peuplement de l'Amérique : surprenantes découvertes, dans Sciences humaines no 168, février 2006
  • Jason A. Eshleman, Ripan S. Malhi, David Glenn Smith, (en) Mitochondrial DNA Studies of Native Americans: Conceptions and Misconceptions of the Population Prehistory of the Americas, Evolutionary Anthropology, 12:7–18 (2003) [PDF]
  • Jody Hey, On the Number of New World Founders: A Population Genetic Portrait of the Peopling of the Americas, Public Library of Science Biology, 3(6):e193 (2005).

Annexes

Liens externes

Articles connexes