Premier concile de Nicée

Premier concile de Nicée
L'empereur Constantin (au centre), avec les évêques du concile de Nicée (325), tenant anachroniquement le texte du « symbole de Nicée-Constantinople » dans sa forme liturgique grecque fondée sur le texte adopté au premier concile de Constantinople (381)
L'empereur Constantin (au centre), avec les évêques du concile de Nicée (325), tenant anachroniquement le texte du « symbole de Nicée-Constantinople » dans sa forme liturgique grecque fondée sur le texte adopté au premier concile de Constantinople (381)
Informations générales
Début 20 mai 325
Fin 25 juillet 325
Lieu Nicée
Liste des conciles

Le premier concile de Nicée (en latin : Concilium Nicænum Primum) est un concile général des évêques de l'Empire romain qui se tint à Nicée (aujourd'hui İznik, en Turquie) en Bithynie, sur convocation de Constantin Ier, du au , sous les patriarcats de Sylvestre de Rome, d'Alexandre d'Alexandrie, d'Eustathe d'Antioche, d'Alexandre de Constantinople et de Macaire de Jérusalem.

Le concile avait pour objectif de résoudre les problèmes qui divisaient alors les Églises d'Orient, problèmes disciplinaires et surtout problème dogmatique[1] mis en évidence par la controverse entre Arius et son évêque Alexandre.

Il est considéré comme le premier concile œcuménique du christianisme primitif. Il forme, avec le premier concile de Constantinople de 381, l'un des deux conciles considérés comme œcuméniques par une grande partie des Églises chrétiennes[Note 1]. Toutefois il faut noter l’absence au concile des donatistes et des novatiens.

Circonstances

Après que Constantin Ier fut devenu maître de l'empire, le grand nombre de dissensions au sein du christianisme s'imposa rapidement à lui comme un problème à résoudre. En effet, au-delà du schisme de Melitios de Lycopolis qui continuait de perdurer et de la question de la Pâque quartodécimaine qui agitait les esprits, les disputes ariennes commençaient à diviser l'Eglise. Au témoignage d'Eusèbe de Césarée[2], elles avaient commencé à Alexandrie et s'étaient étendues sur l'Égypte, la Libye, la haute Thébaïde et menaçaient d'autres provinces encore : « Les uns disputaient dans Alexandrie avec une opiniâtreté invincible sur les plus sublimes mystères. D'autres contestaient dans l'Egypte, et dans la haute Thébaïde sur une question qui avait déjà été disputée auparavant, de sorte qu'il n'y avait aucune église qui ne fût divisée. La Libye entière, et les autres provinces furent atteintes du même mal. Car les ecclésiastiques d'Alexandrie envoyaient des émissaires aux évêques de plusieurs provinces, qui se rangeaient eux-mêmes d'un côté ou de l'autre, partageant en cela le même esprit de discorde. »[3]

Eusèbe de Césarée rapporte que, mis au fait de ces dissensions, l'empereur essaya tout d'abord de les apaiser en envoyant, à Alexandrie, une missive ayant pour but de réconcilier les partis antagonistes : Alexandre d'Alexandrie et Arius (prêtre).[4] Préservée dans sa Vita Constantini[5], elle nous dresse le portrait d'un homme préoccupé de l'unité de son empire et des conséquences qu'un schisme religieux pourrait avoir à son endroit, un homme soucieux d'établir la concorde et la paix et indifférent à orienter ou déterminer ce en quoi il convient de croire.[Note 2] Pour porter cette lettre et négocier la paix, Eusèbe raconte que Constantin envoya un homme pieux et solide dans sa foi, sans toutefois en préciser l’identité.[6] A la suite de Socrate le Scolastique[7] et de Sozomène[8], il fut traditionnellement identifié avec Ossius de Cordoue, évêque renommé et respecté du plus grand nombre en son temps.[Note 3] Les suites données à cette affaire restent néanmoins floues dans la mesure où Eusèbe n’évoque pas directement le sujet.[Note 4] Une chose est cependant sûre : ni la lettre impériale, ni la personnalité épiscopale ne purent suffire à apaiser les esprits et à réconcilier les deux partis. D'après Eusèbe de Césarée, « Le mal était trop grand pour qu'on puisse y remédier par une simple lettre, et l'aigreur des disputes augmenta et se répandit dans toutes les provinces orientales. »[9] L'échec de la tentative de conciliation mena ainsi à la nécessité de réunir un concile afin de rétablir la paix religieuse dans l'empire[Note 5].

Participants

Le nombre des évêques qui participèrent au concile varie selon les sources anciennes. Dans sa Vita Constantini, Eusèbe de Césarée, qui était présent au concile, parle de plus de 250 participants.[10] Eustathe d'Antioche, dans un fragment préservé par Théodoret de Cyr[11], évoque près de 270 participants, tout en convenant qu'il ne connaît pas le nombre exact et qu'il ne s'est pas soucié de le déterminer lors du concile. Quant à Athanase d'Alexandrie, il propose un nombre équivalant, tantôt à plus ou moins 300[12], tantôt à 318.[13] Ce dernier nombre connut un certain succès dans l'historiographie religieuse. Par un célèbre verset de la Genèse[14], Hilaire de Poitiers le rattachait aux serviteurs d'Abraham[15], et Ambroise de Milan voyait en lui le signe du nom et de la passion de Jésus-Christ.[16] Il s'imposa dans la tradition pour sa valeur symbolique[17].

Nature œcuménique du concile

Cela signifie qu'il réunissait toutes les Églises. En effet, chaque patriarcat était indépendant et disposait de son propre magistère, de sorte qu'un excommunié dans un patriarcat pouvait faire lever son excommunication dans le patriarcat voisin (ce qui ne manquait pas de se faire). Le concile de Nicée est considéré comme le premier concile œcuménique bien qu'il ne s'agisse pas du premier concile à proprement parler. Cependant, les précédents conciles réunissaient un nombre bien plus restreint d'évêques, venant de régions moins éloignées les unes des autres (concile de Rome en 313 et concile d'Arles en 314).

Le problème soulevé par l'arianisme et les résultats du concile

Constantin convoqua le concile de Nicée en vue également de trancher la question épineuse soulevée par le prêtre Arius d'Alexandrie qui affirmait que le Christ a été créé par le Père à partir du néant, puis parla d'une génération du Fils par le Père qu'il assimilait toujours à une création. Condamné à Alexandrie par son évêque Alexandre, Arius trouva cependant en Orient deux défenseurs, Eusèbe de Nicomédie et Eusèbe de Césarée qui ne partageait pas pour autant le subordinationnisme radical d'Arius. Les délibérations furent longues et laborieuses. Les sympathisants d'Arius s'exprimèrent par une formule de foi présentée sans doute par Eusèbe de Nicomédie qui fut rejetée. Puis Eusèbe de Césarée présenta la sienne pour aider les pères conciliaires à trouver une formule de foi consensuelle. Lors des délibérations conciliaires les rares partisans d'Arius furent battus par la coalition des Origéniens modérés, à la tête des quels se trouvaient l'évêque Alexandre et son diacre Athanase qui lui succédera à sa mort, et des monarchiens asiatiques qui suivaient Marcel d'Ancyre et Eustathe d'Antioche. On imposa une formule de foi dans laquelle les propositions ariennes furent condamnées.[18]

Nous sont parvenus, outre la profession de foi dite symbole de Nicée :

  • les anathèmes condamnant l'enseignement d'Arius qui y sont annexés ;
  • vingt canons portant sur la structure de l'Eglise (canons 4 et 16)sur le clergé (canons 1, 2, 3, 9, 10 et 17), sur la pénitence publique(canons 11-14), la réadmission des schismatiques et des hérétiques (canon 19) et enfin les prescriptions liturgiques (canons18 et 20)[19] ;
  • une liste nominative de participants.

Au terme des débats, seuls Arius et deux évêques, Second de Ptolémaïs et Thomas de Marmarique, refusèrent de signer la confession de foi adoptée et furent déposés, excommuniés et exilés en Illyrie. Eusèbe de Nicomédie sera exilé trois mois plus tard[20].

Le symbole de Nicée

Cette confession de foi adoptée au concile de Nicée est la suivante :

Texte grec[21] Traduction française[22]
Πιστεύομεν εἰς ἕνα Θεὸν Πατέρα παντοκράτορα

πάντων ὁρατῶν τε καὶ ἀοράτων ποιητήν·

καὶ εἰς ἕνα Κύριον Ἰησοῦν Χριστὸν

τὸν Υἱὸν τοῦ Θεοῦ,

γεννηθέντα ἐκ τοῦ Πατρὸς μονογενῆ

τουτέστιν ἐκ τῆς οὐσίας τοῦ Πατρος

Θεὸν ἐκ Θεοῦ,

Φῶς ἐκ Φωτός,

Θεὸν ἀληθινὸν ἐκ Θεοῦ ἀληθινοῦ,

γεννηθέντα, οὐ ποιηθέντα,

ὁμοούσιον τῷ Πατρί,

δι’ οὗ τὰ πάντα ἐγένετο

τά τε ἐν τῷ οὐρανῷ καὶ τὰ ἐν τῇ γῇ,

τὸν δι’ ἡμᾶς τοὺς ἀνθρώπους,

καὶ διὰ τὴν ἡμετέραν σωτηρίαν,

κατελθόντα,

καὶ σαρκωθέντα,

καὶ ἐνανθρωπήσαντα,

παθόντα,

καὶ ἀναστάντα τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ,

ἀνελθόντα εἰς τοὺς οὐρανούς,

ἐρχόμενον κρῖναι ζῶντας καὶ νεκρούς.

καὶ εἰς τὸ Ἅγιον Πνεῦμα.

Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant,

créateur de tous les êtres visibles et invisibles.

Et en un seul Seigneur Jésus-Christ,

Fils unique de Dieu,

né du Père,

c’est-à-dire de la substance du Père,

Dieu de Dieu,

lumière de lumière,

vrai Dieu de vrai Dieu ;

engendré, et non fait,

consubstantiel au Père,

par qui a été fait tout ce qui est

au ciel et sur la terre ;

qui pour nous, hommes,

et pour notre salut

est descendu,

s’est incarné

et s’est fait homme ;

a souffert,

est ressuscité le troisième jour,

est monté aux cieux,

et viendra de nouveau juger les vivants et les morts.

Et au Saint-Esprit.

Τοὺς δὲ λέγοντας Ἦν ποτε ὅτε οὐκ ἦν,

καὶ Πρὶν γεννηθῆναι οὐκ ἦν,

καὶ ὅτι Ἐξ οὐκ ὄντων εγένετο,

ἢ Ἐξ ἑτέρας ὑποστάσεως ἢ οὐσιάς φάσκοντας εἶναι

ἢ κτιστόν

ἢ τρεπτόν

ἢ ἀλλοιωτὸν τὸν Υἱὸν τοῦ Θεοῦ,

τούτους ἀναθεματίζει ἡ ἁγία καθολικὴ καὶ ἀποστολικὴ ἐκκλησία.

Ceux qui disent : il y a un temps où il n’était pas,

avant de naître, il n’était pas ;

il a été fait comme les êtres tirés du néant ;

il est d’une substance (hypostasis), d’une essence (ousia) différente,

il a été créé ;

le Fils de Dieu est muable

et sujet au changement,

l’Église catholique et apostolique les anathématise.

Seule l'Église arménienne orthodoxe utilise encore aujourd’hui l'anathème sus-cité, après le chant du Symbole de foi. Cette confession sera complétée au concile de Constantinople en 381, pour devenir le « symbole de Nicée-Constantinople ».

Icône du premier concile de Nicée (fêté le dimanche après l'Ascension). Au premier plan, l'évêque saint Spyridon s'exprime devant le concile et confond Arius. Derrière lui, préside à gauche (à droite de l'autel) le représentant de l'évêque de Rome, et en seconde place, à droite, la puissance invitante, l'empereur Constantin.

Lettres synodales

Nous sont également parvenues, deux lettres à l'Église d'Alexandrie : la lettre de concile dite Lettre synodale à l'Église d'Alexandrie et celle de l'empereur Constantin dite Lettre encyclique aux Églises. Elles nous apprennent que le concile a statué sur les Méléciens ainsi que sur la date de Pâques.

La lettre synodale spécifie :

« Nous vous avertissons aussi que le différend touchant le jour auquel la fête de Pâque doit être célébrée, a été heureusement terminé par le secours de vos prières, et que tous nos frères qui sont en Orient, et qui célébraient autrefois la fête de Pâque le même jour que les Juifs, la célébreront à l'avenir le même jour que les Romains, et que les autres qui la célèbrent de tout temps avec nous[23]. »

Constantin dans sa Lettre aux Églises écrit notamment :

« La question touchant la fête de Pâque y ayant été agitée, tous sont demeurés d'accord d'un commun consentement de la célébrer le même jour… Tous ont jugé que c'était une chose indigne, de suivre en ce point la coutume des Juifs… Ils sont si fort éloignés de la vérité, même en ce point, qu'ils célèbrent deux fois la fête de Pâque en une année… Embrassez donc volontairement l'usage, qui est établi à Rome, en Italie, en Afrique, en Égypte, en Espagne, en Gaule, en Angleterre, en Achaïe, dans le Diocèse d'Asie et de Pont, et en Cilicie[23]. »

Formellement, le mode de calcul de la date unique n'est pas précisé.

Un demi-siècle de controverses trinitaires

D'après Jean Daniélou : "ce n'est pas sans hésitation ni réticence que beaucoup d'évêques orientaux avaient accepté la notion de consubstantiel d'usage normal en occident et officiel en Égypte depuis le coup de semonce du pape Denys à Denys d'Alexandrie." Attachés à la doctrine des trois hypostase d'Origène concernant le Père, le Fils et l'Esprit, ils percevaient dans le terme "consubstantiel" des relents de matérialisme, mais aussi de sabellianisme tendant à dissoudre la personne du Fils en celle du Père. La majorité des évêques orientaux fit alors front contre le mot "consubstantiel" taxé d'hérésie ; ils finirent par convaincre l'empereur Constantin qui, trois ans après la clôture du concile, devint, jusqu'à sa mort, un adversaire de la décision du credo[24].

Par ailleurs, et venant renforcer les craintes de sabellianisme, comme l'a observé Simonetti, la polysémie du terme ousia assimilé à celui d'hypostasis intervenant dans le omoousios pouvait certes signifier que le Fils est de même essence que le Père, mais aussi que le Fils est de la même hypostase que le Père (puisque le credo identifiait ousia, c'est-à-dire essence, et hypostasis, signifiant certes chez les occidentaux la notion de substance, mais aussi chez les orientaux celle de personne). Or ce second point de vue était contraire à la doctrine des trois hypostases (personnes) trinitaires prépondérantes en Orient depuis Origène.[25]

C'est pourquoi un grand nombre d'évêques orientaux se sentirent insatisfaits de la formule de Nicée, imposée initialement par l'autorité impériale. La contestation s'organisa, soutenue alors par Constantin autour d'Eusèbe de Nicomédie favorable à l'arianisme, et qui était son ami, et aussi d'Eusèbe de Césarée qui était favorable à la doctrine des trois hypostases. Elle fut attisée par l'arrivée au pouvoir des successeurs directs de Constantin, dont Constance II[26],favorables à l'arianisme. Elle se poursuivra dans la confusion pendant plus de cinquante ans.

Cependant, un courant se développa tendant à une conciliation entre les homoousiens de tendance arianisante soutenue par les empereurs et les partisans homoousiens du "de même substance" des défenseurs du credo de Nicée dirigés et encouragés par Athanase d'Alexandrie. Ce sera celui des évêques homeousiens, d'où sortira Mélèce d'Antioche et Basile de Césarée[27].

Par ailleurs, l'un des grands défenseurs du Credo de Nicée et ami d'Athanase, Apollinaire de Laodicée, insistant maladroitement dans les débats post nicéens sur l'homoousios du Père et du Fils, en vint à diluer l'humanité du Christ dans sa divinité. Il sera condamné pour hérésie en raison de cet excès mais certains de ses disciples renforceront sa thèse condamnée, ce qui sera à l'origine de l'apollinarisme [28] qui jouera un rôle important lors des débats sur la double nature du Christ au cours des conciles d'Ephèse et de Chalcédoine.[29]

Toujours dans le courant homoousien, lors d'un synode réuni à Alexandrie en 362 par Athanase, fut proclamée l'égalité du Saint-Esprit avec le Père et le Fils, tous deux consubstantiels, ce qui prolongeait le credo du concile de Nicée dans la direction de ce qui sera le concile de Constantinople.[30]

Et il faudra attendre l'avènement de Théodose et le premier concile de Constantinople, en 381, pour que la foi de Nicée, la condamnation de l'arianisme, ainsi que la divinité de l'Esprit-Saint et son égalité avec le Père et le Fils soient imposée définitivement à tout l'Empire comme définition de l'orthodoxie trinitaire[1] par l'édit de Thessalonique[31].

Notes et références

Notes

  1. En effet, les Églises des deux conciles ne reconnaissent, comme œcuméniques, que le premier concile de Nicée et celui de Constantinople. Les Églises des trois conciles reconnaissent le concile d'Éphèse (431) comme troisième concile œcuménique. Les Églises des sept conciles qui reconnaissent comme œcuméniques quatre autres conciles : le concile de Chalcédoine (451), les deuxième (553) et troisième (680-681) conciles de Constantinople et le second concile de Nicée (787).
  2. L'on s’est parfois interrogé sur l’authenticité de cette lettre et sur les possibles influences ayant dicté sa rédaction et sa transmission. Plus récemment, il fut supposé qu’elle fût écrite dans des circonstances autres que celles décrites par Eusèbe. Se basant sur l’étude philologique de cette lettre, S. G. Hall a ainsi tenté de montrer qu’elle fût écrite à l’occasion d’un synode tenu à Antioche, en 325. « It is possible that Constantine’s letter was addressed to the episcopal synod at Antioch which Ossius superintended, the proceedings of which are reported in a surviving Syriac letter. If so, one can see why Eusebius distorts its true destination. That synod was not one he cared to remember: he was perhaps the chief of the three bishops excommunicated on that occasion for their support of Arius. He regards the synod as just one of the many controversial meetings which were held in the wake of Licinius’ defeat. » Cf S. G. Hall, Some constantinian documents in the Vita Constantini, in S. N. C. Lieu & D. Montserrat (éd.), Constantine. History, historiography and legend, Londres-New York, 1998, p. 86-103, esp. p. 91 et ss.
  3. Dans un récent article, B. H. Warmington a néanmoins proposé de l’identifier au notaire impérial Marianus dont Sozomène (I, 26) et les kephelaia d’Eusèbe (IV, 44) font mention. L’étude et la comparaison phraséologique d’Eusèbe permet à l’auteur de confondre l’émissaire dépêché en Egypte (II, 63 et 73) et au synode de Tyre (IV, 44) en une seule et même personne, et d’établir qu’il fut laïc plutôt qu’évêque. « It is necessary therefore to reject the widely accepted identification of this person as Ossius. There is no reason to believe that Socrates, who had the Life in front of him when writing of these events, had any additional information other than rumour or oral tradition. Another church historian, Theodoretus, writing in the same decade and likewise dependent on Eusebius, knows nothing of Ossius, and merely interprets the Eusebian passage to mean someone highly reputed for his shrewdness using entirely different language when he later had occasion to mention Ossius. » Cf B. H. Warmington, The sources of some constantinian documents in Eusebius' Ecclesiastical History and Life of Constantine, in E. A. Livingstone (éd.), Papers of the ninth Oxford Patristic Conference 1983. Studia Patristica 18, 1, Kalamazoo, 1985, pp. 93-98, esp. p. 96 et ss.
  4. D'après Philostorge (Historia Ecclesiastica, I, 7), historien de tendance arienne dont il ne reste que des fragments, une entente fut trouvée entre Alexandre d'Alexandrie et Ossius de Cordoue pour excommunier Arius (prêtre) et promulguer la consubstantialité du Fils avec le Père par décret conciliaire. Quelques informations éparses trouvées dans l'œuvre d'Athanase d'Alexandrie (Apologia Contra Arianos, 74 et 76) permettent également d’évoquer un synode tenu à Alexandrie en 324, en présence d'Ossius de Cordoue, pour condamner la secte bien obscure des Colluthiens. Les sources ne vont pas plus loin et permettent difficilement d'établir les faits.
  5. Au témoignage de Rufin d'Aquilée (Historia Ecclesiastica, X, 1), l'empereur prit cette décision « ex sacerdotum sententia » (conformément à l'avis des ecclésiastiques). D'autres sources supposent une influence d'Alexandre d'Alexandrie (Epiphane de Salamine, Panarion, LXVIII, 4.) ou d'Ossius de Cordoue (Sulpice Sévère, Historia sacra, II, 50) dans la réunion du concile - auquel cas un rapprochement pourrait être fait avec le fragment de Philostorge précédemment cité.

Références

  1. a et b Henri-Irénée Marrou, op. 1 cité.
  2. Vita Constantini, II, 61.
  3. Vita Constantini, II, 62.
  4. Vita Constantini, II, 63.
  5. II, 64-72.Socrate le Scolastique la rapporte partiellement dans son Historia Ecclesiastica, I, 7.
  6. Vita Constantini, II, 63.
  7. Historia Ecclesiastica, I, 7.
  8. Historia Ecclesiastica, I, 16.
  9. Vita Constantini, II, 73.
  10. Vita Constantini III, 8.
  11. Historia Ecclesiastica, I, 7.
  12. Decretis, II, 3. Voir aussi Historia Arianorum ad Monachos, LXVI.
  13. Ad Afros Epistula Synodica 2. Voir aussi Epistola ad Jovianum in Théodoret de Cyr, Historia Ecclesiastica, IV, 3.
  14. 14, 14.
  15. De Synodis, 86.
  16. De Fide, I, 18.
  17. Entre autres, Hilaire de Poitiers, De Synodis, 86 ; Ambroise de Milan De Fide I 1, 18 ; Rufin d'Aquilée, Historia Ecclesiastica, X, 1 ; Théodoret de Cyr, Historia Ecclesiastica, I, 6, 10 ; Epiphane de Salamine, Panarion, LXIX, 11, etc.
  18. M. simonetti, in Dictionnaire encyclopédique du christianisme. Vol I. Chapitre : Arius et l'Arianisme., Paris, Cerf, , p. 239 et 240
  19. Kannengiesser, in Dictionnaire encyclopédique du Christianisme ancien Vo II, Paris, Cerf, , p 1746
  20. Kannengiesser, in Dictionnaire encyclopédique du christianisme ancien. Vol II. Chapitre Concile de Nicée., Paris, Cerf, , p. 1745
  21. (en) « Creed of Nicaea 325 – Greek and Latin Text with English translation », sur earlychurchtexts.com
  22. Abbé Guyot, La Somme des Conciles généraux et particuliers, t. I, , 2e éd. (lire en ligne), p. 80-81
  23. a et b Socrate, Histoire ecclésiastique, L. I, chap. 9.
  24. Jean Daniélou, in Nouvelle histoire de l'Eglise, Vol I, Chapitre Les péripéties de la crise arienne., Paris, Seuil, , p. 295
  25. M. Simonetta, In Dictionnaire encyclopédique du Christianisme Ancien. Vol I . Chapitre Arius et Arianisme, Paris, Cerf, , p.240
  26. Dictionnaire encyclopédique du Christianisme Ancien, Vol. I., Paris, Cerf, , p. 542 - 543
  27. M. Simonetta, in Dictionnaire encyclopédique du christianisme. Vol I. Article Homeousiens, Paris, Cerf, , p. 1186 - 1187
  28. Kannengiesser, in Dictionnaire encyclopédique du Christiannisme ancien. Vol I. Chapitre Apollinaire de Laodicée, Paris, Cerf, , p. 187
  29. Henri Marrou, in Nouvelle Histoire de l'Eglise. Vol I., Paris, Seuil, , p. 387 - 396
  30. Kannengiesser, in Dictionnaire encyclopédique du christianisme ancien. Constantinople. Les conciles, Paris, Cerf, , p. 554
  31. E. Pelekanidou-C. Nardi, in Dictionnaire encyclopédique du Christianisma ancien. Vol II., Paris, Cerf, , p. 2436

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Jean-Robert Armogathe, Histoire générale du christianisme, vol. I, P.U.F., 2009.
  • J.-M. Le Mayeur et al., Histoire du christianisme, tome 2 : Naissance d'une chrétienté, Desclée, 1995.
  • Frédéric Lenoir, Comment Jésus est devenu Dieu, Fayard, 2010.
  • Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, PUF, 1997.
  • Henri-Irénée Marrou, « Concile de Nicée », dans Encyclopaedia universalis, 1984.
  • Henri-Irénée Marrou, L'Église de l'Antiquité tardive 303-604, Éditions du Seuil, Points Histoire, 1985.
  • Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, Bayard, 2000, rééd. La Découverte, 2004.
  • Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Bibliothèque Albin Michel Idées, 2007.

Liens externes