Première chaîne de l'ORTF

ORTF Télévision
Image illustrative de l'article Première chaîne de l'ORTF

Création
Disparition (à 10 ans)
Propriétaire Office de radiodiffusion-télévision française
Format d'image 4/3 noir et blanc
Langue Français
Pays Drapeau de la France France
Statut Généraliste nationale publique
Siège social 13-15 rue Cognacq-Jay, Paris 7e
Ancien nom Radio-PTT Vision (1935-1939)
Radiodiffusion nationale télévision (1939)
Fernsehsender Paris (1943-1944)
RDF Télévision (1944-1949)
RTF Télévision (1949-1964)
Première chaîne de la RTF (1963-1964)
Diffusion
Diffusion VHF bande III au standard 819 lignes
Chronologie

La première chaîne de l'ORTF (ou ORTF Télévision) est une chaîne de télévision généraliste nationale française de l'Office de radiodiffusion-télévision française diffusée du au .

Histoire de la chaîne

La loi n° 64-621 du [1] remplace la Radiodiffusion-télévision française (RTF) par l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) dont le statut gagne en autonomie en n'étant plus placée que sous la tutelle du ministère de l'Information afin de contrôler le respect de ses obligations de service public. La loi entre en fonction le [2] entrainant le changement de nom de RTF Télévision en ORTF Télévision, plus communément appelée première chaîne de l'ORTF.

L'élection présidentielle française de 1965 fait l'objet d'une campagne télévisée pendant laquelle chaque candidat a droit à deux heures d'antenne[3],[4],[5], suivie le 5 décembre d’une nuit entière de directs et de commentaires sur les résultats du premier tour[6].

Nommé chef du bureau des coproductions de l'ORTF en 1967, Yves Jaigu met en place une structure informelle de coproduction qui réunit très régulièrement jusqu'en 1974 la RAI, la TSR, la RTB, la télévision de Radio-Canada et des chaînes ouest-allemandes pour populariser via la télévision « les textes fondateurs de la civilisation européenne »[7]. C'est le début des grands feuilletons en coproduction de l'Office, adaptés de la littérature française et européenne.

Une grève débute à l’ORTF le à laquelle se joignent la plupart des journalistes de l'Office le 25 mai. Elle dure jusqu'au 23 juin et entraîne, à partir du 22 mai, l'interruption des programmes dans la journée et en soirée, à l'exception du journal télévisé Télé-Soir réalisé par des journalistes non grévistes. Entre le 4 et le 23 juin, un programme minimum est à l'antenne de la première chaîne, composé de Télé-Soir à 20h00, suivi d'un film à 20h30, puis de la seconde édition du journal Télé-Nuit. À l'issue de la grève, la reprise en main de l'Office par la direction entre août et octobre amène à licencier, muter et mettre en congé spécial entre 77 et 144 réalisateurs, producteurs et journalistes contestataires, dont Claude Darget. Le à 19 h 56, la première chaîne ouvre ses écrans à la publicité « de marque »[8], à raison de deux minutes qui passent à quatre en janvier 1969. La Régie française de publicité, filiale de l’ORTF, est créée l'année suivante pour en assurer la commercialisation.

En 1969, le nouveau Premier ministre Jacques Chaban-Delmas organise un plan de libéralisation de l'audiovisuel qui supprime le ministère de l'Information et sa tutelle sur l'Office en juin 1969. Dans la nuit du , des millions de téléspectateurs français assistent en direct sur la première chaîne aux premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune, commentés par Jean-Pierre Chapel[9]. L'application du plan de libéralisation Chaban-Delmas amène la mise en place sur chaque chaîne de télévision, le 16 septembre 1969, d'unités autonomes d'information dont les directeurs, nommés pour une durée déterminée, peuvent librement choisir les journalistes et utiliser sous leur seule autorité les moyens mis à leur disposition, la qualité des productions et l'objectivité de l'information devant trouver leur meilleure garantie dans le talent, la liberté, l'émulation de la conscience professionnelle des journalistes[10]. Réputé indépendant, Pierre Desgraupes est nommé à la direction de l'unité d'information autonome de la première chaîne de l'ORTF. Il constitue son équipe de journalistes et met à l'antenne un nouveau journal télévisé baptisé Information Première dès le .

La télévision touche à présent un immense public : de 13,1 % des ménages équipés en poste de télévision en 1960, on est passé à 51,7 % en 1966 après la création de la deuxième chaîne, pour atteindre 70,4 % en 1970. En janvier 1970, les deux chaînes de télévision de l’ORTF sont dotées de directions distinctes. Roland Dhordain est nommé à la direction de la première chaîne en septembre 1971. Les actualités régionales sont proposées simultanément sur la première chaîne et en couleur sur la deuxième chaîne dès le mois d'avril 1970.

La loi no 72-553[11] du sur le statut de l’ORTF entraîne une réorganisation de la direction des chaînes en deux régies de chaîne décentralisées et distinctes, plafonne les ressources publicitaires à 25 % et instaure un service minimum en cas de grève. Il s'ensuit le une réorganisation des unités d'information créées en 1969 sur chacune des chaînes et qui sont désormais intégrées à la direction des nouvelles régies. Les directions des unités d'information disparaissent de fait. Jugée trop indépendante, la rédaction de la première chaîne, dirigée par Pierre Desgraupes, est limogée au profit de celle de 24 heures sur la Deux, dirigée par Jacqueline Baudrier et jugée moins agitée, qui est promue sur la première chaîne le en devenant 24 heures sur la Une. Les actualités régionales sont diffusées simultanément sur la première, la deuxième et la troisième chaîne, nouvellement créée à partir de 1973. La même année, le choc pétrolier contraint les émissions à s'arrêter à 23 h pour cause d'économie d'énergie.

Sur une idée de son président, Marceau Long, l'ORTF organise le , pour la première fois à la télévision et hors du cadre rigide de la campagne officielle, un débat entre les deux candidats au second tour de l’élection présidentielle, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, arbitré par Jacqueline Baudrier et Alain Duhamel et diffusé simultanément et en direct sur la première chaîne et la deuxième chaîne de l'ORTF[12]. La loi de réforme de l'audiovisuel no 74-696 du 7 août 1974[13] supprime l’ORTF et créé sept organismes autonomes dont trois sociétés nationales de programmes de télévision. Elle entre en application le et le dimanche à 22 h 35[réf. nécessaire], Catherine Langeais clôture définitivement, en même temps que sa carrière de speakerine, les programmes de la première chaîne de l'ORTF qui ferme son antenne pour laisser la place le lendemain à la nouvelle société nationale de programme Télévision française 1 (TF1).

Identité visuelle

Le logo de la première chaîne de l'ORTF reprend le logo atome de RTF Télévision, évoquant aussi bien des ondes radioélectriques que le système solaire ou la course d'un électron dans un univers fermé, mais les trois lettres R, T et F ne sont plus placées au milieu des trois ellipses, mais sur l'axe médian de la grande lettre O, symbolisant l'Office, qui vient former une quatrième ellipse verticale légèrement décalée vers le haut afin de laisser l'espace nécessaire à la mention Télévision au bas du logo.

Les indicatifs d'ouverture[14] et de fermeture[15] d'antenne de la première chaîne de l'ORTF animent un enchevêtrement d'ellipses sur un fond étoilé[N 1] qui, pour le premier, s'ordonnent pour former le logo de la première chaîne, et pour le second, se rétractent pour former une étoile qui disparaît, comme un big bang à l'envers.

Organisation

Dirigeants

Capital

La première chaîne de l'ORTF est une régie de l'Office de radiodiffusion télévision française, établissement public à caractère industriel et commercial dont le capital est détenu à 100 % par l'État.

Sièges

La direction générale de l'Office de radiodiffusion télévision française siège à la « Maison » de l'ORTF au 116 avenue du Président-Kennedy, dans le 16e arrondissement de Paris.

Ces locaux sont toutefois mal adaptés aux nécessités de la télévision qui reste finalement dans son berceau historique du Centre Alfred-Lelluch au 13-15 rue Cognacq-Jay dans le 7e arrondissement de Paris, bâtiment de huit étages qui abrite la direction des chaînes de télévision, les studios, régies et locaux techniques. La télévision dispose tout de même de deux studios de télévision situés au rez-de-chaussée de la Maison de l'ORTF, et notamment le mythique studio 102, aussi baptisé le « Théâtre 102 », ainsi que le studio 101 dans lequel est organisé notamment le « duel » présidentiel de 1974.

L'ORTF peut compter également sur un important troisième lieu de production, les studios des Buttes Chaumont (aujourd'hui démolis) situés au 36, rue des Alouettes dans le 19e arrondissement de Paris, qui abritent les plus grands studios de la télévision française (le studio 15 avait une superficie de 500 m2). Des grandes émissions de divertissement ou des dramatiques y étaient produites, avec ses propres ateliers décors. Au démantèlement de l'ORTF en 1974, le lieu est attribué à la Société française de production (SFP).

Programmes

Émissions

En 1965, une version européenne de l'émission Intervilles, baptisée Jeux sans frontières, est créée par Guy Lux sur une idée de Charles de Gaulle. La première représentation d'Au théâtre ce soir a lieu le . Volume, une émission scientifique, présentée par Marc Gilbert, est diffusée de 1970 à 1972.

Présentateurs et animateurs

Journalistes

Speakerines

Diffusion

La première chaîne de l'ORTF est diffusée en noir et blanc par la régie de diffusion de l'Office sur la bande III VHF (canal 8 A) par l'émetteur de télévision haute définition à 819 lignes norme E de la tour Eiffel, et par un réseau d'émetteurs analogiques régionaux à forte puissance émettant généralement sur la bande III VHF en 819 lignes norme E et plus rarement sur la bande I pour les émetteurs de Nantes Haute-Goulaine (canal F4V), Bastia-Serra di Pigno (canal F2V), Ajaccio-Coti Chiavari (canal F4H), Besançon-Lomont (canal F4V), Carcassonne-Pic de Nore (canal F4V), Caen-Mont Pinçon, Troyes-Les Riceys (canal F2H), Limoges-Les Cars (canal F2H), Boulogne-sur-Mer-Mont Lambert (canal F4V), et Hyères-Cap Benat.

Notes et références

Notes

  1. En 1974, le directeur de l'ORTF à Nantes révèle que le fond étoilé du générique de la première chaîne de l'ORTF était en fait la plaque sensible détériorée d'une caméra oubliée en fonctionnement face au soleil, qui l'avait grillée. Quelqu'un avait alors suggéré de l'utiliser comme nuit étoilée pour le nouveau générique de la première chaîne.

Références

  1. Loi n° 64-621 du 27 juin 1964 portant statut de l'Office de radiodiffusion-télévision française, Journal officiel du 28 juin 1964
  2. Naissance de l'ORTF le 25 juillet 1964, Première chaîne de l'ORTF sur ina.fr.
  3. Discours du Général de Gaulle, candidat à la présidence de la République, 30 novembre 1965, Première chaîne de l'ORTF sur ina.fr.
  4. Campagne électorale de Jean Lecanuet, candidat à la présidence de la République, 3 décembre 1965, Première chaîne de l'ORTF sur ina.fr.
  5. Campagne électorale de François Mitterrand, candidat socialiste à la présidence de la République, 3 décembre 1965, Première chaîne de l'ORTF sur ina.fr.
  6. Élection Présidentielle : la grande nuit du premier tour du 5 décembre 1965, Les Actualités françaises sur ina.fr.
  7. Entretien de J. Bourdon avec Yves Jaigu, « Pour une diversité des contenus » in Les Dossiers de l'Audiovisuel no 100, chapitre 2, Institut national de l'audiovisuel, décembre 2001.
  8. Première page de publicité de la RFP pour les marques Régilait, les tricots Bel, Boursin, Schneider et le beurre Virlux, 1er octobre 1968, Première chaîne de l'ORTF sur YouTube.com.
  9. Premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune, 21 juillet 1969, Première chaîne de l'ORTF sur ina.fr.
  10. Sophie Bachmann, L'Éclatement de l'ORTF, Paris, L'Harmattan, 1997.
  11. Loi no 72-553 du 3 juillet 1972 portant statut de la radiodiffusion-télévision française, Journal officiel du 4 juillet 1972.
  12. [vidéo] « Débat entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand le 10 mai 1974 » sur ina.fr.
  13. Loi no 74-696 du 7 août 1974 relative à la radiodiffusion et télévision française, Journal officiel du 8 août 1974.
  14. Indicatif d'ouverture d'antenne de la première chaîne de l'ORTF de 1964 à 1975 sur Ina.fr.
  15. Indicatif de fermeture d'antenne de la première chaîne de l'ORTF de 1964 à 1975 sur YouTube.com.

Voir aussi

Articles connexes

Archivage et accès aux sources

  • Les programmes diffusés par la Première chaîne de l'ORTF du 25 juillet 1964 au 5 janvier 1975 sont conservés à l'INA (Institut National de l'Audiovisuel). Les programmes et sources écrites en lien sont consultables dans les centres de l'Inathèque.
  • Des documents écrits en lien avec les programmes de la Première chaîne de l'ORTF sont conservés par l'INA : monographies éditées, collections de périodiques spécialisés, fonds d'archives écrites versés par des professionnels de l'audiovisuel ou des institutions, documents diffuseurs et de programmation (bulletin de presse, avant programme, programme définitif, rapport de chef de chaîne).

Liens externes

  • [vidéo] « Une rétrospective sur l'ORTF des origines à la disparition », Journal télévisé de la première chaîne, 28 juillet 1974, sur le site Jalons de l'INA
  • [vidéo] « Les nouvelles sociétés », Journal télévisé de la deuxième chaîne, 5 janvier 1975, sur le site de l'INA
  • Notices Archives TV : Inathèque
  • Notices Archives Sources écrites : Inathèque