Première bataille de Pornic

Bataille de Pornic
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Pornic, gravure de Thomas Drake, album vendéen, vers 1850.
Informations générales
Date 23 mars 1793
Lieu Pornic
Issue Victoire républicaine
Belligérants
Flag of France.svg RépublicainsDrapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
• Commandant Babain
• Capitaine Coueffé
• Capitaine Albine
Louis-Marie de La Roche Saint-André
Louis-François Ripault de La Cathelinière
Forces en présence
550 hommes[1]
2 canons[1]
3 000 à 4 000 hommes[2]
Pertes
4 à 20 morts ou blessés[3]216 à 500 morts[3],[4]
(dont 20 à 300 prisonniers fusillés)[3],[4]
Civils : 10 morts[3],[1] (exécutés par les Vendéens)

Guerre de Vendée

Coordonnées 47° 07′ 00″ nord, 2° 06′ 00″ ouest

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Bataille de Pornic

La première bataille de Pornic a lieu le lors de la guerre de Vendée. Elle débute en début de journée par la prise de la ville de Pornic par les insurgés vendéens et s'achève dans la soirée par une contre-attaque qui permet aux Républicains de reprendre le contrôle de la ville.

Prélude

Après avoir pris Machecoul, les paysans insurgés du Pays de Retz décident d'étendre l'insurrection sur les environs de Pornic et Paimbœuf, dont la population est restée favorable à la République.

Une première incursion sur Bourgneuf-en-Retz est repoussée par le commandant Babain avec 50 hommes, mais le 13 mars toute l'armée insurgée du Pays de Retz marche sur le bourg qu'elle occupe sans rencontrer de résistance. Dès lors les Patriotes des environs se rassemblent à Pornic. La ville est bientôt renforcée par les gardes nationales de La Plaine-sur-Mer, Le Clion-sur-Mer, Saint-Michel-Chef-Chef, Sainte-Marie-sur-Mer et La Bernerie-en-Retz, soit au total 200 hommes. Les Pornicais songent un moment se replier sur Paimbœuf, mais la ville envoie 1 000 hommes en renfort avec un canon, avant que le district de Paimbœuf, pris soudainement de peur, ne rappelle ses forces quelques jours plus tard, laissant Pornic seule face aux Vendéens[1].

Malgré la présence d'un vieux château et de murailles, les Républicains décident de se porter à la rencontre des insurgés en cas d'attaque. Ils déploient leurs avant-postes sur les deux routes de Bourgneuf-en-Retz, forment une barricade avec un canon et placent des forces en réserve sur place du Marchix[1].

Cependant, la révolte a interrompu le ravitaillement et Pornic manque de vivres. Un habitant du bourg des Moutiers-en-Retz propose alors de fournir à la ville huit tonneaux de blé qui se trouvent chez lui. Le 23 mars au matin, malgré la présence des Vendéens à Bourgneuf-en-Retz, un détachement de 400 hommes avec un canon et six cavaliers d'éclairage, placé sous les ordres du capitaine Coueffé se porte sur le bourg afin de chercher les tonneaux, 150 gardes nationaux seulement restent à Pornic. Cependant, pendant la nuit, un royaliste pornicais part prévenir Louis-Marie de La Roche Saint-André. Informé, le général royaliste fait mettre ses troupes en marche à Machecoul, le 23 mars à l'aube. Il contourne le détachement de Coueffé par Le Clion-sur-Mer et marche directement sur Pornic[1]. Louis-François Ripault de La Cathelinière fait également mouvement sur Pornic depuis Bourgneuf-en-Retz[5]. Au total, les insurgés sont forts de 3 000 à 4 000 hommes[2],[6].

Déroulement

Prise de Pornic par les insurgés

La Roche-Saint-André divise son armée en deux colonnes : la première attaque par la chaussée, la seconde par le pont du Clion. Le combat s'engage à trois heures de l'après-midi, lorsque les insurgés attaquent depuis la butte du Boismin. Sept ou huit Républicains postés dans la vigne Sainte-Anne ouvrent le feu. Un boulet frappe un rocher dont les éclats blessent plusieurs assaillants. Les insurgés contournent par un chemin creux et les artilleurs se replient sur la ville avec leur pièce. Le poste de la chaussée, dépourvu de canon, se replie sans combattre[1].

Les 150 défenseurs se rassemblent sur la place du Marchix et les Vendéens attaquent par la rue de Tartifume et la rue de la Touche. Un premier groupe de Républicains se retranche derrière la maison Chabot et place le canon contre l'étroite rue Tartifume tandis qu'un deuxième groupe se forme en peloton de tirailleurs pour tenir la rue de la Touche[1].

Après deux heures de combat sans résultat, La Roche Saint-André décide d'encercler la place et fait passer ses troupes par les deux autres rues. Le commandant Babain, donne alors l'ordre d'évacuer la ville : il rassemble ses forces et effectue une percée rue de la Touche, tandis que le canon, placé en queue de la colonne tient les poursuivants à distance. Les Républicains se replient sur Paimbœuf sans être poursuivis[1].

Les paysans sont maîtres de Pornic, mais ils déplorent plusieurs morts, tandis que les Républicains n'ont éprouvé aucune perte[1],[4]. La prise de la ville s'accompagne par l'assassinat de sept vieillards et d'un « idiot », ainsi que par la mort du Pornicais qui avait averti La Roche Saint-André, abattu par erreur par un insurgé[1]. Deux officiers municipaux sont également assassinés[3]. Les Rebelles pillent plusieurs habitations et s'enivrent en fêtant leur victoire[1],[4].

200 hommes de la frégate La Capricieuse et du régiment du Cap s'apprêtaient à venir en renfort mais ils font retraite à leur tour sur Paimbœuf lorsqu'ils apprennent que Pornic a été prise.

Reprise de Pornic par les Républicains

Dans la soirée, le détachement parti pour des Moutiers-en-Retz regagne les abords de Pornic lorsqu'il apprend par des habitants que la ville a été prise par les insurgés. Les gardes nationaux des campagnes se dispersent alors pour regagner leurs maisons, seuls les Pornicais décident de reprendre la ville[1]. Ces derniers ne sont pourtant fort que de 30 à 50 hommes d'après les mémoires du chef vendéen Lucas de La Championnière[4] et de 70 à 80 hommes, dont quatre gendarmes à cheval, d'après les sources républicaines[1],[3]. Mais lorsque les patriotes lancent leur contre-attaque, les insurgés fêtent encore leur victoire et une grande partie d'entre-eux sont ivres[4],[5],[6].

Selon Lucas de La Championnière, le détachement républicain est commandé par le prêtre constitutionnel Albine[4]. En réalité même si l'abbé Albine, également capitaine de la garde nationale de Le Clion-sur-Mer est présent, le commandement du détachement est remis au capitaine Coueffé[1].

À près de huit heures du soir, les Républicains passent par la chaussée et entrent dans la ville au pas de course. Un premier paysan isolé est sabré près de la chapelle Sainte-Anne, un second, trouvé ivre, est abattu d'un coup de fusil, rue de la marine. Cependant la décharge alerte les insurgés massés sur la place du Marchix. Ces derniers dévalent l'escalier Galipaud et le combat s'engage sur la rue des Sables. Les Républicains montent l'escalier de Recouvrance et parviennent même à hisser leur canon, puis marchent sur la place du Marchix en passant par la rue du château et de l'église. Ils se déploient alors en tirailleurs sur la place tandis que les insurgés attaquent à nouveau par la rue Tartifume et l'escalier Galipaud[1].

La fusillade dure trois heures, finalement le capitaine Coueffé fait positionner son canon, gardé en réserve car les caissons de munitions ont été perdus en chemin. Le premier boulet ne touche personne mais le bruit de la décharge provoque la panique des paysans qui reculent. Les Républicains chargent alors à la baïonnette et mettent leurs adversaires en déroute. Ces derniers quittent la ville sans être poursuivis[1].

Le 24 mars, trois à douze personnes sont fusillées au Bourgneuf-en-Retz par les troupes de La Cathelinière, peut-être sur l'ordre de ce dernier[3]. D'autres prisonniers sont conduits à Machecoul[3]. Accusé par les paysans d'être responsable de la défaite, La Roche Saint-André prend la fuite et trouve refuge à Challans[3],[4]. Il est alors remplacé par François Athanase Charette de La Contrie[3],[5].

Pertes

Après le combat, plusieurs captifs sont exécutés sommairement par les Républicains. Selon les mémoires de Lucas de La Championnière, 250 Vendéens sont restés au mains des Républicains avant d'être tués le lendemain[4]. Le 31 mars 1793, à Paris, Mellinet, député de la Loire-Inférieure rend compte du combat et déclare que « quatre-vingt-cinq patriotes de Pornic ont livré bataille, en ont tué deux cents et fait trois cents prisonniers, que, dans leur fureur, ils ont aussi mis à mort[3]. » Pour l'historien pornicais Jean-François Carou, favorable aux Républicains, les captifs exécutés sommairement après le combat ne sont qu'au nombre d'une vingtaine, et les tueries sont commises principalement par un marin nommé Olivier Renaud, accompagné de trois ou quatre hommes, qui fouille plusieurs maisons et tue tous les rebelles qu'il capture[1].

Le jeune chef Flaming est également fait prisonnier. N'étant parvenu à fuir, il se réfugie chez un boulanger de la Grande-Rue qui accepte de le cacher en échange de 100 louis d'or. Mais ce dernier le dénonce aux patriotes et Flaming est conduit devant le capitaine Coueffé, place du Marchix, qui, après lui avoir simplement demandé son nom, l'abat d'un coup de pistolet[1].

Selon l'enseigne de vaisseau Julien Gautier, qui a pris part au second combat, on compte 20 morts ou blessés du côté des patriotes, et 211 chez les « brigands ». Cependant son récit comporte quelques inexactitudes car il quitte Pornic le soir même du combat[3]. Selon Rivet, prêtre constitutionnel des Moutiers-en-Retz, 216 brigands ont été tués contre quatre ou cinq gardes nationaux morts ou blessés[3]. Selon le rapport officiel républicain, plus de 200 insurgés ont été tués tandis que le détachement qui reprend Pornic ne déplore que des blessés[3].

Le lendemain matin, les corps des paysans sont conduits sur la grève pour y être enterrés. Selon l'historien Alphonse de Beauchamp, 12 prisonniers sont chargés de creuser les fosses, puis ils sont fusillés, épisode dont la véracité est contestée par Jean-François Carou. Au total, 216 corps d'insurgés sont enterrés sur la plage[1].

Bibliographie

Références

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s et t Carou 1859, p. 110-183.
  2. a et b Charles-Louis Chassin, La préparation de la Guerre de Vendée (1789-1793), p. 403-406.
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Lallié 1869, p. 345-356.
  4. a b c d e f g h i et j Lucas de La Championnière 1994, p. 7-8.
  5. a b et c Gabory 2009, p. 125.
  6. a et b Tabeur 2008, p. 66.