Présidence d'Emmanuel Macron

Présidence d'Emmanuel Macron

Président de la République française

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Emmanuel Macron, président de la République française.

Type
Type Président de la République française
Résidence officielle Palais de l'Élysée, Paris
Élection
Système électoral Scrutin uninominal majoritaire à deux tours
Mode de scrutin Suffrage universel direct
Élection 2017
Début du mandat
Mandat en cours 5 mois et 6 jours
Durée 5 ans
Présidence
Nom Emmanuel Macron
Date de naissance (39 ans)
Appartenance politique La République en marche !
Représentation
Membres 577 députés
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Composition de la législature depuis juin 2017.

Gouvernements
Philippe I Philippe II
Divers
Site web elysee.fr
Voir aussi Politique de la France

La présidence d'Emmanuel Macron commence officiellement le lors de la passation des pouvoirs avec son prédécesseur François Hollande. Il est élu président de la République française le sous la bannière de son mouvement En marche ![Note 1] pour un mandat de 5 ans dont l'échéance est fixée au , s'il n'est pas réélu.

Contexte

Contexte intérieur

Contexte économique

Emmanuel Macron entame son mandat dans une période où plusieurs grands instituts économiques (FMI, OFCE, CEPII) observent une amélioration, modérée, de la situation économique mondiale. Le Fonds monétaire international (FMI) estime ainsi que la croissance mondiale, de 3,1 % en 2016, devrait progresser à 3,4 % en 2017 puis 3,6 % en 2018. L'un des moteurs de cette croissance est la reprise des importations chinoises, en forte baisse en 2015 et 2016[1].

Par ailleurs, si les spécialistes du Capital estiment que la situation économique intérieure est également plutôt positive, d'autres, dont Nicolas Brandt, économiste à l'OCDE, pointent le fort taux de chômage laissé par son prédécesseur et le problème de manque de flexibilité du marché du travail français[1].

Selon les économistes de la revue Capital, les entreprises françaises se portent nettement mieux en 2017 qu'à la fin de la présidence de Nicolas Sarkozy. Elles ont pleinement bénéficié des mesures des gouvernements de Manuel Valls : le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) et le Pacte de responsabilité et de solidarité. En 2016, les baisses de charges cumulées représentent environ 40 milliards d'euros. En parallèle, elles ont profité en 2015 et en 2016 de la baisse des prix du pétrole, de l'euro et des taux d'intérêt. Ainsi, leur compétitivité vis-à-vis de leurs principaux partenaires s'améliore ; leurs marges également, passant de 29 % en 2013 à 32 % en 2017. Depuis 2016, le secteur marchand a recommencé à créer de l'emploi et l'ensemble des analystes prévoient une poursuite de cette tendance au moins sur l'année 2018[1].

L'attractivité de la France vis-à-vis des investisseurs internationaux s'est également largement améliorée, présentant en 2016 une hausse des implantations ou des extensions d'entreprises étrangères jamais vue depuis des années. Le nombre d'opérations a augmenté en 2016 de 30 % par rapport à 2015, pour un total de 779 qui correspondent à une création nette de 17000 emplois. Marc Lhermitte, analyste de EY explique dans une étude de son cabinet que la France rattrape son retard vis-à-vis de l'Allemagne et de l'Angleterre, notamment grâce à l'amélioration de la compétitivité, à la baisse des charges et à une meilleure perception des investisseurs. Il explique aussi que le point fort français est le niveau d'innovation, dopé par le Crédit impôt recherche[2]. Cette étude expose que les investisseurs estiment que la France est intéressante dans trois domaines économiques : l'économie numérique, l'énergie, la santé. Enfin, « le baromètre d'EY indique que les dirigeants étrangers interrogés sont 58 % à considérer que « la politique mise en œuvre pour encourager la création de start-up est efficace (+14 points par rapport à 2016). »[3] »

Le moral des ménages, malgré les attentats, est au plus haut depuis 10 ans. La croissance de la France, de 1.1 % en 2016, devrait se rapprocher de celles des pays comparables en 2017[1].

L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estime en 2017 qu'à politique économique inchangée, la croissance de la France devrait s'établir à 1.6 % de moyenne durant les cinq ans de la présidence d'Emmanuel Macron, et que cela permettrait de faire baisser le chômage à 7.8 % en 2022[1].

Les déficits publics, qui à la fin de la présidence de Nicolas Sarkozy étaient à un niveau de 4.8 % du PIB, ont été ramenés en 2016 à 3.4 %. Le niveau de la dette fin 2016 est de 2200 milliards d'euros, soit 96 % du PIB. Or les taux d'intérêts étant en train de remonter, Emmanuel Macron devra gérer une éventuelle lourde augmentation du poids de la dette sur les comptes publics[1].

Contexte international

Contexte européen

Durant son mandat, Emmanuel Macron devra gérer le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne et notamment trouver des compromis pour les entreprises françaises ayant des intérêts au Royaume-Uni[1].

Il devra également se positionner sur la poursuite et l'éventuelle amplification des sanctions économiques contre la Russie présidée par Vladimir Poutine qui ont été établies à la suite de la crise de Crimée[1].

Pro-européen, en faveur d'une Union européenne réformée et renforcée, il devra également se positionner sur la crise de la dette publique grecque et l'éventuelle victoire de partis eurosceptiques dans d'autres pays européens. D'un point de vue financier, l'Italie représente un risque important, la plupart des banques italiennes étant très fragiles[1].

Contexte mondial

Emmanuel Macron prend le pouvoir alors que l'armée française est engagée dans plusieurs actions militaires, notamment dans le Sahel avec l'Opération Barkhane, et dans la guerre menée en Irak et en Syrie par la coalition arabo-occidentale contre l'État islamique[1]. Il devra également gérer l'escalade diplomatique entre les États-Unis et la Corée du Nord.

Du point de vue financier, de nombreux facteurs rendent incertaine la stabilité économique mondiale : notamment, la volonté du président des États-Unis Donald Trump de rétablir des protections douanières dans son pays, ce qui aurait d'importantes conséquences sur le commerce mondial[1]. Les autres aléas les plus notables sont une normalisation brutale des politiques monétaires expansionnistes de la Réserve fédérale des États-Unis et de la Banque centrale européenne, pouvant mener à un krach boursier, une trop forte appréciation du dollar, une dérégulation financière menée par Donald Trump ou les énormes déséquilibres financiers chinois[1].

Le 19 septembre 2017, lors de son premier discours à l'ONU, Emmanuel Macron défend une vision multilatéraliste des relations internationales[4].

Élection et prise de fonctions

Élection

Alors qu'il est encore ministre de l'Économie au sein du gouvernement Manuel Valls (2), Emmanuel Macron lance en son mouvement politique, En marche !, qui se veut « ni à droite, ni à gauche »[5]. Fin août, il démissionne de ses fonctions pour se porter candidat à l'élection présidentielle le [6].

Au départ donné troisième par les sondages derrière Marine Le Pen et François Fillon, il dépasse ce dernier à partir de en raison des affaires judiciaires visant le candidat du parti Les Républicains[7]. Le , il est qualifié pour le second tour (avec 24,01 % des voix) face à Marine Le Pen (21,30 %), juste devant François Fillon (20,01 %) et Jean-Luc Mélenchon (19,58 %)[8].

Largement favori des sondages pour le second tour[7], et ayant reçu le soutien de Benoît Hamon et François Fillon au soir du premier tour[9], il remporte l'élection le avec 66,1 % des suffrages[8]. Le , le Conseil constitutionnel proclame officiellement son élection[10].

Après-présidentielle

Le lendemain de son élection, le secrétaire général d'En marche !, Richard Ferrand, annonce que son mouvement politique deviendra le parti La République en marche ! à l'occasion d'un congrès devant se tenir avant le [11]. Lors de ce même conseil d'administration, Emmanuel Macron démissionne de ses fonctions de président du mouvement, l'intérim étant assuré par Catherine Barbaroux[11].

Le même jour, Emmanuel Macron est invité en tant que président élu par le président François Hollande aux commémorations du 8 mai 1945[12].

Passation de pouvoirs

La passation des pouvoirs a lieu le dimanche , le président sortant François Hollande accueillant le président élu Emmanuel Macron à 10 h sur le perron du palais de l'Élysée[13]. C'est la première fois sous la Ve République qu'elle intervient un week-end[14]. Légalement, elle ne pouvait intervenir qu'entre le mercredi à 17 h 30, heure d'annonce des résultats officiels de l'élection présidentielle par le Conseil constitutionnel, et le dimanche 14 mai à minuit, date d'expiration du mandat de François Hollande.

Cabinet du président

Voici les différents membres du cabinet du président Macron[15]

Image Fonction Nom Nomination
Kohler-perron-d-honneur.jpg Secrétaire général Alexis Kohler [16]
Sin foto.svg Secrétaire générale adjointe Anne de Bayser [17],[18]
Sin foto.svg Directeur de cabinet Patrick Strzoda [16]
Sin foto.svg Chef de cabinet François-Xavier Lauch
Sin foto.svg Chef de cabinet adjoint Rodrigue Furcy
Sin foto.svg Conseiller diplomatique Philippe Étienne [16]
Bernard Rogel par Claude Truong-Ngoc septembre 2015.jpg Chef de l'état-major particulier Bernard Rogel [19]

Conseillers

Principaux conseillers

Après la communication erratique de la présidence Hollande, la plume du président Sylvain Fort et la conseillère presse Sibeth Ndiaye participent au verrouillage de la communication élyséenne (déplacement de la salle de presse dans un bâtiment annexe, consignes suivies d'absence d'indiscrétion des employés, choix des journalistes accrédités dans les déplacements, etc.). Sibeth Ndiaye n'hésite pas à « [appeler] les médias quotidiennement quand on a des divergences d'interprétation » si un article déplaît[20].

Image Fonction Nom
Sin foto.svg Conseiller spécial Ismaël Emelien
Sin foto.svg Conseiller discours et mémoire Sylvain Fort
MH-Sibeth (cropped).jpg Conseillère presse et communication Sibeth Ndiaye
Fonction Nom
Conseiller institutions, action publique et transition numérique  Fabrice Aubert
Conseiller Europe et G20 Clément Beaune
Conseillère agriculture, pêche, forêt[21] et développement rural Audrey Bouroleau[22]
Conseiller outre-mer Stanislas Cazelles
Conseiller éducation, enseignement, supérieur, recherche et innovation[23]  Thierry Coulhon
Conseillère justice Sonya Djemni-Wagner
Conseiller diplomatique G7 et G20 Philippe Étienne
Conseillère culture et communication Claudia Ferrazzi
Conseillère solidarités et santé Marie Fontanel
Conseiller discours et mémoire Sylvain Fort
Conseillère communication internationale Barbara Frugier
Conseiller affaires stratégiques Étienne de Gonneville
Conseiller intérieur, sécurité Laurent Hottiaux
Conseiller social Pierre-André Imbert
Conseiller prospective et éducation[23] Quentin Lafay
Conseiller diplomatique adjoint et sherpa G7 Aurélien Lechevallier
Conseiller fiscalité et prélèvements obligatoires Laurent Martel
Conseillère cohésion des territoires, logement Anne-Claire Mialot
Conseiller entreprise, attractivité et export Emmanuel Miquel
Conseiller sport, JO 2024, engagement associatif Cyril Mourin
Conseiller Afrique Franck Paris
Conseiller énergie, environnement, transports Antoine Pellion
Conseillère parlementaires Rebecca Peres
Conseillère Asie, Russie, Caucase, Turquie, Balkans, Réfugiés Alice Rufo
Conseiller politique Stéphane Séjourné
Porte-parole[24] Bruno Roger-Petit

Conseillers techniques

Fonction Nom
Conseiller technique Europe Alexandre Adam
Conseillère technique Afrique, relations bilatérales Marie Audouard
Conseiller technique logement Tristan Barrès
Conseillère technique inclusion, égalité femmes hommes et citoyenneté Constance Bensussan
Conseillère technique droits humains, francophonie, rayonnement culturel, société civile Soria Blatmann
Conseiller technique transports Jimmy Brun
Conseillère technique protection sociale et comptes sociaux Marguerite Cazeneuve
Conseillère technique Afrique du Nord et Moyen-Orient Ahlem Gharbi
Conseiller technique Europe Nicolas Jégou
Conseillère technique politiques de développement et climat Jennifer Moreau
Conseiller technique énergie Thibaud Normand
Conseiller technique industrie, commerce et artisanat Jonathan Nussbaumer
Conseiller technique participations et économie numérique Cédric O
Conseillère technique écologie Diane Simiu
Conseiller technique macroéconomie Charles-Henri Weymuller

Premières mesures

Nicolas Baverez, éditorialiste au journal Le Figaro, Arnaud Leparmentier, éditorialiste au journal Le Monde et Jacques Attali qui avait nommé Emmanuel Macron comme l'un des rapporteurs de sa Commission pour la libération de la croissance française en 2007, estiment qu'il a cent jours pour réformer le pays[25],[26],[27].

Dès le jour de son investiture, Emmanuel Macron nomme certains membres de son cabinet[16]. Le dimanche 14 mai, il transmet une liste d'une trentaine de « ministrables » à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique afin de vérifier leur patrimoine, leur état fiscal et leurs conflits d’intérêts[28]. Le lundi 15 mai, il nomme Édouard Philippe, député-maire LR du Havre, Premier Ministre et le charge de former un nouveau gouvernement[29].

Emmanuel Macron choisit de se rendre à Berlin le 15 mai 2017 pour son premier déplacement international en tant que Président de la République afin de rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel[30].

Gouvernement et représentation parlementaire

Gouvernement

En mars 2017, Emmanuel Macron annonce souhaiter nommer une femme Première ministre s'il était élu président de la République[31]. Le , à deux jours du second tour, il annonce avoir choisi « in petto » (en secret) son Premier ministre s'il était élu[31]. Il indique ne pas le lui avoir dit, et ne pas vouloir révéler son nom avant sa passation de pouvoirs avec François Hollande[31]. Il désire que son Premier ministre mène la campagne de « la République en Marche ! » aux élections législatives de juin 2017[31]. Selon les annonces faites durant la campagne, Emmanuel Macron entend nommer un Premier ministre qui constituera un gouvernement de quinze ministres « forts », en respectant la parité femmes-hommes[32] et les secrétaires d'État n'auront pas pouvoir ministériel[33]. D'après un sondage Odoxa mené le 10 et 11 mai 2017, Alain Juppé est le préféré des Français pour devenir Premier ministre (26 % d'opinions favorables), suivi par François Bayrou (22 %), Jean-Louis Borloo (19 %) et Jean-Yves Le Drian (18 %)[34].

Pressenti pour devenir Premier ministre d'Emmanuel Macron[35],[36], Édouard Philippe est nommé à ce poste le 15 mai, au lendemain de l'investiture du président[37].

Un deuxième gouvernement est formé le 19 juin 2017, à l'issue des élections législatives remportées par la majorité présidentielle. Il reprend une grande partie des membres du gouvernement précédent, mais prend en compte les départs de Richard Ferrand, de Sylvie Goulard, de François Bayrou et de Marielle de Sarnez. Un poste de ministre auprès d'un ministre et six secrétariats d'État sont créés, soit sept postes de plus par rapport au premier gouvernement.

Parlement

Article détaillé : Parlement français.

Assemblée nationale

Le 19 janvier 2017, le mouvement En marche ! lance un appel aux candidatures pour les élections législatives, la commission d'investiture présidée par Jean-Paul Delevoye sélectionnant les candidats pour les 577 circonscriptions sur des critères de probité : casier judiciaire vierge, parité, renouvellement : au moins la moitié de candidats pour la première fois et en grande partie issus de la société civile, pluralisme et cohérence[38]. Les élus sortants sont notés sur leur popularité, leur implantation ou leur couverture médiatique, les cas délicats sont tranchés directement par Emmanuel Macron[39].

Suite au ralliement de François Bayrou à la candidature d'Emmanuel Macron, le MoDem dont il est le président aurait conclu un accord sur 90 circonscriptions dont 50 gagnables[40]. Il n'y aura pas d'autre accord d'appareils[41]. En février, plus d’une centaine de circonscriptions avaient été réclamées, dont au moins une trentaine gagnables, pour obtenir au moins 15 députés, afin de constituer un groupe à l’Assemblée ; pour assurer son financement, le Modem doit présenter 50 candidats sous sa propre étiquette, qui devront recueillir au moins 1% dans chacune de leurs circonscriptions[42].

Les candidats investis par le parti pourront garder la carte de leur ancien parti, avec l'objectif d'obtenir une majorité absolue[43]. Les candidats seront investis la seule étiquette République En Marche et s'engagent à faire partie du même groupe parlementaire, sauf le MoDem qui pourra former son propre groupe[44].

Le 11 mai sont présentés 428 candidats sélectionnés parmi 19 000 : 214 hommes et 214 femmes, dont 52% n'ayant jamais eu de mandat ; 93% sont en activité, 2% en recherche d'emploi, 4% sont retraités et 1% étudiants ; 95% de non sortants, pour un âge moyen de 46 ans, entre 24 et 72 ans[45]. Manuel Valls n'aura pas d'opposant En Marche. Parmi ces 428, il y a 24 députés sortants de gauche et des membres du MoDem, mais aucun député LR[45]. Dans les circonscriptions non pourvues, le mouvement sollicite de nouveaux ralliements avant le 19 mai, Richard Ferrand explique : "Nous souhaitons laisser un espace pour ceux qui souhaiteraient se manifester"[46].

La publication des 428 candidats contrarie François Bayrou, qui espérait davantage de candidatures MoDem, et convoque le bureau politique de son mouvement le lendemain en souhaitant plus d'investitures communes[47]. Seuls 35 MoDem avaient été initialement sélectionnés, au lieu des 120 promis[48]. Les équipes des deux mouvements ont trouvé un accord avec En Marche! le 12 mai, que François Bayrou appelle « solide et équilibré », afin de répondre selon lui « à deux questions essentielles : est-ce qu’il s’agit d’un parti unique ou d’une majorité plurielle ? Quel est le point d’équilibre de la majorité ? », ajoutant « Nous souhaitons qu’il soit au centre, central et pas déséquilibré d’un côté ou de l’autre »[49].

Le choix du Premier ministre aurait selon un sondage Odoxa un impact important pour le vote aux élections législatives pour 76 % du corps électoral[34].

Sénat

En juin 2017, le sénateur ex-PS François Patriat fonde le groupe parlementaire « la République en Marche ! » qui compte 25 membres à sa fondation, avant le renouvellement de septembre 2017[50].

Politique intérieure

Institutions

Un des premiers textes soumis au Parlement est le projet de loi de « moralisation » de la vie publique. Malgré quelques couacs en séance, il est adopté à une large majorité en juillet 2017[51] et, pour l’essentiel, validé par le Conseil constitutionnel[52].

Le Gouvernement annonce préparer pour 2018 une réforme constitutionnelle qui notamment modifierait le mode de scrutin pour les législatives en y introduisant une dose de proportionnelle, supprimerait la Cour de justice de la République, et réformerait le statut du Conseil supérieur de la magistrature[53].

Collectivités locales

Lors de la Conférence nationale des territoires qu'il organise le , Emmanuel Macron annonce une baisse des dotations budgétaires aux collectivités locales de 13 milliards d'euros, mais aussi confiance, transparence et concertation sur les sujets concernant les collectivités. Toutefois, ce souhait d'une relation de confiance est rapidement ébranlé avec l'annonce surprise d'une baisse de 300 millions des dotations et des crédits dédiés à la politique de la ville de l'année en cours, la restriction des emplois aidés et le doute persistant sur les modalités de compensation de la baisse progressive de la taxe d'habitation d'une majorité de la population[54].

Sécurité

Parmi les premiers projets de loi prévus par le gouvernement, Le Monde révèle, le , qu'Emmanuel Macron et Édouard Philippe entendent inscrire de nombreuses mesures de l'état d'urgence dans le droit commun[55]. Le texte suscite de vives inquiétudes parmi les juristes et les associations défendant les libertés publiques[55].

Ce projet de loi est sévèrement critiqué par le New York Times qui estime que celui-ci « légaliserait de façon permanente l'état d'urgence décrété par François Hollande » et juge que les mesures inscrites dans ce texte « ont peu contribué à lutter contre le terrorisme, pas davantage que les lois déjà existantes, tout en menaçant réellement les droits des citoyens »[56] ». Pour le quotidien américain, il est « alarmant » que le pouvoir exécutif cherche à consacrer l'état d'urgence dans le droit commun et forge ainsi « un frein permanent aux droits constitutionnels des citoyens français »[56] ». Pour le professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau, la volonté de l’exécutif d’introduire dans le droit commun les principales mesures de l’état d’exception qu’est l’état d’urgence « nous fait nous habituer à vivre sous état d’urgence «comme si de rien n’était». Et celle, claire, de l’ancrage dans la loi de la prévalence du pouvoir administratif sur le pouvoir judiciaire, c’est-à-dire de l’ordre public sur les libertés individuelles. Or, quand on porte atteinte aux libertés, on est certain d’en limiter l’exercice mais on n’est jamais certain de garantir la sécurité. C’est pourquoi, pour tout démocrate, la liberté est la première des sécurités[53] ».

Le , le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, annonce la mise en place d'ici fin 2017 d'une police de la sécurité quotidienne qui est défendue comme un facteur d’apaisement entre jeunes et forces de l’ordre dans les quartiers difficiles. Le ministre ne précise cependant pas les effectifs qui lui seront dévolus, ni concernant le budget qui lui serait alloué[57],[58].

Environnement

Après le désistement des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, Emmanuel Macron affirme à nouveau l'engagement de la France et décide lors du sommet du G20 de 2017 d'organiser un sommet mondial le afin de prendre de nouvelles résolutions en faveur du climat, notamment en matière financière[59].

En juillet 2017, la France renonce à l'opposition qu'elle animait avec le Danemark et la Suède sur la définition réglementaire des perturbateurs endocriniens qui impose un niveau de preuve de la nocivité des substances tel qu'il la rend très difficile à prouver. Seul le Parlement européen peut invalider cet accord intergouvernemental que Le Monde qualifie de « renoncement[60] ».

En juillet 2017, une semaine après les États généraux de l'alimentation, le ministre Stéphane Travert annonce la suppression pour trois ans des aides à la conversion vers l'agriculture biologique, qui progressait jusqu'ici de 15 % par an. Le secrétaire général de la FNAB dénonce « la pression de lobbies, de groupes de pression et d’intérêts économiques[61] ». S'engageant en septembre 2017, sur la résorption d'ici un an des retards de paiement des aides à la conversion, le ministre veut stopper dès 2018 les concours de l’État aux « aides au maintien » des agriculteurs biologiques[62].

Le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot prépare pour l'automne 2017 un projet de loi devant interdire tout nouveau permis d'exploitation des énergies fossiles : aucun nouveau permis de recherche ne sera attribué dès la publication de la loi, et les concessions existantes ne pourront pas être renouvelées au-delà de 2040[63].

Transports

Affaires sociales

Questions sociétales

Suivant l'avis positif du Comité consultatif national d'éthique, le président semble vouloir autoriser la procréation médicalement assistée pour les femmes seules ou en couples lesbiens, mais les modalités et la temporalité de cette réforme restent imprécises[64].

Affaires économiques

Conformément à ses annonces de campagne, Emmanuel Macron présente un projet de loi habilitant le Gouvernement à légiférer par ordonnances sur le droit du travail. Ces ordonnances doivent être présentées mi-septembre[65].

Sur deux dossiers industriels, l'exécutif prend une position interventionniste à l'opposé du combat pour le maintien de l'usine Whirlpool d'Amiens : il nationalise temporairement les chantiers navals STX France en faisant jouer son droit de préemption des actions pour bloquer une prise de contrôle sans garantie des intérêts français par l'industriel italien Fincantieri et il s'implique pour le sauvetage de l'équipementier automobile de la Creuse en difficulté GM&S[66].

Emmanuel Macron est favorable à l'énergie nucléaire, qu'il qualifie de « filière d’avenir », en soutenant le projet d'EPR à Hinkley Point et en procédant à la recapitalisation d'Areva[67].

Fiscalité

Peu après la présidentielle, Emmanuel Macron fait reporter une réunion de dix ministres européens des Finances prévue le 22 mai pour finaliser un accord sur la mise en place d'une taxe sur les transactions financières[68]. Après les élections législatives, lors du sommet européen du 22 juin, la France fait échouer ce projet dont le produit attendu cumulé était de 35 milliards d’euros qui auraient dû financer en partie les investissements nécessaires à la transition énergétique et le Fonds vert prévu par l'Accord de Paris sur le climat pour aider les pays en développement à entamer cette même transition[69].

La politique fiscale jugée inégalitaire par l'OFCE (selon l'analyse macroéconomique de ce centre de recherche classé à gauche[70], pour la période du quinquennat 2017-2022, sur les 9,15 milliards de baisses d’impôts prévues, 4,20 milliards bénéficieront au dernier décile des 10 % les plus riches, soit 46 % du total)[71] et s'inspirant de la théorie du ruissellement, la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et la « flat tax » sur les dividendes expliquent que le président Macron se voie coller l’étiquette de « président des riches » par ses opposants[72].

Défense

Dans le cadre d'une réduction globale des dépenses publiques, le ministre des comptes publics Gérald Darmanin annonce le 11 juillet que le budget de la Défense respectera l'enveloppe votée par le parlement et sera réduit de 850 millions d'euros pour l'année 2017. Le Chef d'État-Major des armées Pierre de Villiers expose son désaccord devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale ; « Je ne me laisserai pas baiser comme ça » lance-t-il[73]. Ces propos tenus à huis clos fuitent dans le quotidien Le Monde[74].

Le , lors du traditionnel discours aux armées, Emmanuel Macron réaffirme son intention de porter le budget de la Défense à 2 % du PIB. En rappelant « je suis votre chef », il rejette les critiques sur l'effort d'économie prévu et ajoute qu'« il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique »[75]. Pierre de Villiers démissionne de ses fonctions le mercredi [76] ; ce qui est un « fait sans précédent depuis 1958 »[77]. Fin juillet 2017, une enquête Ifop annonce une chute de 10 points de la cote de popularité du président, liée principalement à cet épisode[78].

Immigration

Les universitaires Patrick Weil et Josselin Dravigny, spécialistes de l'immigration, soulignent le durcissement de la politique répressive à l'encontre des migrants à l'oeuvre dès les premiers jours de la présidence d'Emmanuel Macron, en particulier à Calais : Patrick Weil estime que, « comme le Défenseur des droits Jacques Toubon l’a souligné, les récentes attaques sur les migrants à Calais s’apparentent à une remise en cause, d’une violence inédite, de la dignité des personnes »[79],[80]. Le 12 juillet 2017, le gouvernement annonce un plan pour « garantir le droit d’asile » et « mieux maîtriser les flux migratoires », selon Le Monde « basé sur une politique sacrifiant l’accueil et augmentant la « dissuasion migratoire » ; Jacques Toubon estime qu'« il s’inscrit dans la ligne des politiques successives qui dysfonctionnent depuis trente ans »[81]. Condamné fin juillet par le Conseil d’État à pourvoir aux besoins sanitaires alimentaires des réfugiés, l’État installe un dispositif de mise à disposition de toilettes publiques, de citernes pour l’accès à l’eau et à des douches pour les plus vulnérables. Il fait également ouvrir un Centre d’accueil et d’évaluation des situations (CAES) à Troisvaux[82].

Sports

Emmanuel Macron affiche publiquement son soutien à la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2024 en recevant le Comité international olympique lors de son passage à Paris le . Il annonce également sa présence à Lima lors du vote pour la sélection de la ville hôte le [83].

Politique internationale

Proche-Orient

Dans un entretien accordé mi-juin à la presse européenne, Emmanuel Macron déclare : « Je n'ai pas énoncé que la destitution de Bachar était un préalable à tout ». En ne faisant plus du départ de Bachar el-Assad du pouvoir un préalable à toute discussion en Syrie ou éventuellement sous la forme d'une transition politique, le président français effectue un revirement par rapport aux positions précédentes de la France et un rapprochement avec la Russie[84]. Il réaffirme cependant son soutien à l'opposition syrienne[85],[86].

Russie-Asie

Fin juin 2017, Emmanuel Macron réaffirme que la France ne reconnaît pas l'annexion de la Crimée par la Russie[87].

Déplacements internationaux

Carte des voyages internationaux d'Emmanuel Macron en tant que Président de la République française :
  •      1 visite
  •      2 visites
  •      3 visites
  •      France et Andorre

Emmanuel Macron effectue, durant les premières semaines de sa présidence, plusieurs déplacements, rencontres et conférences à l'international : rencontre avec Angela Merkel à Berlin[88] , sommet de l'OTAN, où il a son premier tête-à-tête avec Donald Trump[89], sommet du G7[90], rencontre à Versailles avec le président russe, Vladimir Poutine[91]. Il répond à Donald Trump après l'annonce de la sortie des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat ; dans sa réponse, prononcée en français puis en anglais, il conclut en paraphrasant le président américain en déclarant « Make our planet great again »[92].

Pour son premier déplacement international, le 15 mai 2017, le président Emmanuel Macron se rend à Berlin pour rencontrer Angela Merkel. Il s'agit pour lui de discuter avec la leader allemande d'une inflexion de la politique commune vers plus d'investissement et une politique de relance de l'activité. Si la chancelière a expliqué qu'il est possible de modifier les traités, elle n'a ni approuvé, ni rejeté les ambitions politiques européennes du président français[93]. Cette réserve sur les possibilités de modification des traités s'explique par la méfiance d'un nouveau non par referundum en France et par la situation politique intérieure en Allemagne, où la population est hostile à tout ce qui pourrait ressembler à une volonté de faire payer le pays pour le reste de l'Europe. Désireux de donner un nouvel élan au couple franco-allemand, les deux chefs d'État décident de réunir un conseil des ministres commun au début de juillet, au cours duquel les questions des travailleurs détachés, du droit d'asile en Europe, ou de la réciprocité dans les échanges économiques mondiaux seront mises sur la table[94].

Notes et références

Notes

  1. Qui devient le parti « La République en marche ! » après le second tour de l'élection présidentielle de mai 2017.

Références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Ce qui attend le nouveau président », Capital, no 308,‎ , p. 24-25-26.
  2. Marie Bellan, « Attractivité : la France retrouve les faveurs des investisseurs étrangers », Les Echos, no 22451,‎ , p. 2
  3. Philippe Rioux, « Une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron », La Dépèche,‎ , p. 3
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Annexes

Articles connexes

Liens externes