Potosí

Potosí
Blason de Potosí
Héraldique
Drapeau de Potosí
Drapeau
Image illustrative de l'article Potosí
Administration
Pays Drapeau de la Bolivie Bolivie
Département Flag of potosi.svg Potosí
Province Tomás Frías
Maire René Joaquino
Démographie
Gentilé Potosinos/as
Population 164 480 hab. (2007)
Densité 1 391 hab./km2
Géographie
Coordonnées 19° 35′ 00″ sud, 65° 45′ 00″ ouest
Altitude 4 070 m
Superficie 11 821,8 ha = 118,218 km2
Localisation

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Potosí

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Potosí

Potosí est une ville de Bolivie et la capitale du département de Potosí. Son nom vient du quechua Potojsi qui signifie « tonnerre ». Elle se trouve à une altitude de 4 070 m et comptait environ 164 480 habitants en 2007. C'est une des villes les plus hautes du monde, construite au pied du Cerro Rico (« Montagne riche »), une montagne de minerai d'argent qui domine la ville de ses 4 824 m.

La vieille ville fait partie de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1987[1], et sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis 2014[2], notamment en raison de la dégradation potentielle du site par les opérations minières et de la relative incapacité à mettre en œuvre la législation protectrice.

Histoire

Potosí est fondée en 1545 pour exploiter la mine proche. Durant près de 60 ans, l'Europe va bénéficier d'un métal précieux qu'exploitait l'État espagnol : l'argent extrait de la montagne dans des quantités colossales alimente les caisses de la couronne espagnole, mais sert ensuite, non à développer l'économie espagnole, mais à payer les fournitures achetées aux autres pays européens au détriment de la production locale[3], non sans avoir entraîné une forte inflation en Espagne même. L'Espagne sortit ruinée de ce que l'on appelle pourtant aujourd'hui le "Siècle d'or espagnol", tandis que les conditions dans le reste de l'Europe furent propices au développement industriel[4]. Louis XIV écrit à cette époque : « Il sçait bien que le commerce qui se fait en Espagne par toutes les nations ne se fait presque pas par échange de marchandises, mais pour de l'argent comptant qui vient en Espagne du Pérou par les flottes et les galions qui y sont envoyés de temps en temps. Ce commerce est d'autant plus considérable que c'est par son moyen que l'argent se répand dans tous les autres Estats de l'Europe, et que plus chacun Estat a de commerce avec les Espagnols, plus il a d'abondance d'argent. »[5].

Manuel Rivera-Ortiz: Veuve des mines, Potosí, 2004

Encore aujourd'hui, l'expression vale un Potosí (« cela vaut un Potosí » — citation du Don Quichotte) — s'emploie en espagnol à peu près avec le même sens que l'expression française « c'est le Pérou », dont l'origine historique est la même ; Potosí appartenant originellement à la région du Haut-Pérou.

La Casa de la Moneda, où était frappé l'argent de Potosí
Avers et revers d'une pièce de huit en argent d'une valeur de 8 réaux, frappée à Potosí
Le Cerro Rico, en exploitation depuis la fondation de Potosí

L'argent était extrait par le travail forcé des Indiens, institué par Francisco de Toledo au travers d'une transformation de l'institution inca de la mita. La ville devient rapidement la ville la plus peuplée d'Amérique derrière Mexico, avec au moins 200 000 habitants. Cependant, des milliers d'Indiens moururent de problèmes respiratoires dus à la poussière dans les mines ou bloqués dans celles-ci après des éboulements. On dit (avec beaucoup d'exagération) que la quantité d'argent extraite des mines de Potosi suffirait à construire un pont au-dessus de l'Atlantique pour relier Potosì à la péninsule Ibérique, mais les ossements de mineurs morts dans des accidents y suffiraient également.

Après 1800, l'argent se fait rare et l'étain devient la première ressource. La ville entame son déclin économique. Aujourd'hui, bien que déclarées épuisées, les mines sont toujours exploitées artisanalement par les habitants, dans des conditions de sécurité toujours désastreuses pour les mineurs.

Au cours de la Guerre d'indépendance (1809-1825), Potosí est particulièrement convoitée. La ville passe à plusieurs reprises des mains des Royalistes à celles des Patriotes. Les excès de la Première armée auxiliaire argentine, sous le commandement de Castelli, conduisent à un fort désir d'indépendance et focalisent de forts ressentiments à l'égard de l'Argentine. Au cours de cette occupation, il y a de nombreuses exactions et une grande anarchie, à tel point que Potosí en devient indéfendable.

Lorsque arrive la Seconde armée auxiliaire, celle-ci est chaleureusement reçue et son commandant, Belgrano, fait beaucoup pour remédier aux blessures occasionnées par Castelli. Quand son armée doit se retirer, Belgrano prend la décision calculée de détruire la Casa de Moneda. Comme les habitants refusent de l'évacuer, l'explosion devrait se traduire par une hécatombe. Cependant le désastre est évité, non pas par l'Argentine qui était déjà en fuite, mais par les habitants qui ont éteint la mèche.

Les relations tissées par Belgrano sont balayées d'un seul coup. Deux autres expéditions parties d'Argentine s'empareront de Potosí.

Climat

Le climat est sec une grande partie de l'année. La ville reçoit environ 350 mm d'eau par an, dont 85 % se produisent de décembre à mars, pendant l'été austral [6]. Ce sont souvent des pluies orageuses, en fin de journée, mais il peut arriver que certaines journées soient entièrement pluvieuses. La pluie se produit par vent d'est ou de nord-est en général. Les vents d'ouest apportent un temps sec mais plus frais.

L'été, la température peut atteindre 22 °C, mais redescend à 12 °C dès le soir. L'hiver, les écarts thermiques sont plus grands, les maxima ne changent pas beaucoup, mais les minima peuvent passer en dessous de 0 °C.

Communication

Une route relie la ville à Sucre, capitale administrative du pays, en trois bonnes heures de trajet. Une autre route conduit vers La Paz ou Cochabamba, via Oruro — une bonne nuit de trajet. Une très belle route est en construction de Potosi à Villazon (frontiere avec l'Argentine). Fin 2011, cette route est quasiment terminée, il ne manquait qu'une cinquantaine de kilomètres à goudronner sur un longueur de 350 kilomètres. Un chemin de fer dont l'usage reste à confirmer rejoint le Chili ainsi que la capitale. L'aéroport n'est plus utilisé aux dernières nouvelles.

Tourisme

Entrée d'une mine sur le Cerro Rico
Église de San Lorenzo, sur la Plaza de Armas de Potosí
El Cerro Rico

Potosi fut aux XVIe et XVIIe siècles la ville la plus peuplée d'Amérique (si l'on prend en compte la population des mines), et est restée la seconde plus belle ville du pays, après Sucre.

La Casa de la Moneda, témoin des atrocités commises par les Espagnols durant les XVIe et XVIIe siècles, est un édifice impressionnant au passé chargé. L'éprouvant travail du métal était assuré pour l'essentiel par des esclaves venus d'Afrique, tandis que les mines[7] étaient exploitées par des autochtones, peut-être encore plus à plaindre tant leur espérance de vie était réduite.

Les rues piétonnes, les maisons coloniales aux couleurs vives, les balcons en bois, tout ici montre un riche passé. La cathédrale, située en plein centre-ville, est magnifique. La place principale invite au repos.

Potosí et le Cerro Rico

On peut difficilement faire l'impasse sur la visite des mines du Cerro Rico, pourtant fortement à déconseiller aux personnes claustrophobes ou facilement épuisées par la raréfaction de l'oxygène. En raison de l'activité tellurique, la température à l'intérieur atteint allègrement 30 °C, et l'atmosphère y est difficilement respirable.

Les visites sont organisées par des agences en partenariat avec des coopératives de mineurs, chaque agence rétrocédant à la coopérative une part du prix payé par les touristes. La visite de la mine dure en moyenne 2 heures. Les touristes arpentent les galeries et rencontrent des mineurs ici et là. Outre la visite de la mine à proprement parler, il est courant qu'un passage au marché des mineurs et dans une usine de traitement des minerais soit compris dans la visite.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. « Ville de Potosí », sur UNESCO (consulté en 13/14/2015)
  2. (en) « City of Potosí (Plurinational State of Bolivia) added to List of World Heritage in Danger », sur UNESCO, (consulté le 13 avril 2015)
  3. Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l'Amérique latine, Pocket, 1971, p. 41.
  4. Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l'Amérique latine, Pocket, 1971, p. 37.
  5. « Instruction de Louis XIV (roi de France) à Pierre, marquis de Villars (ambassadeur en Espagne) datée du 15 mai 1679, à Saint-Germain-en-Laye », Lettres, instructions et mémoires de Colbert, Volume 2 et Persée (Revue numérique),‎ , p. 699-705 (notice BnF no FRBNF37228141, lire en ligne)
  6. pluviométrie et température à Potosi
  7. Mines d'argent de Potosi
Panorama de la ville de Potosí, avec le Cerro Rico au centre droit.