Port négrier

Un port négrier est un port à partir duquel était organisées des opérations de traite négrière. Ce commerce de captifs africains par les Européens, du XVIe au XIXe siècle, a entrainé la déportation de douze millions d'individus, de l'Afrique vers les colonies européennes.

L'historien Léon Vignols donne le qualificatif de « négrier » à tout port armant pour la traite négrière sans considération de taille.

Le premier port négrier de France : La Rochelle (à partir de la fin XVIe siècle)

Gravure représentant le port de La Rochelle au XVIIIe siècle.

Bien que les activités négrières commencent à la toute fin du XVIe siècle à la Rochelle — notamment avec le départ du navire l'Espérance en 1594 — nous retiendrons une activité plus soutenue au XVIIe, et intense au XVIIIe siècle[1]. «La traite négrière est devenue une activité essentielle à la prospérité rochelaise »[2] : cela a un impacte sur « l’activité des chantiers navals, les multiples raffineries de sucre et autres ateliers de transformations des produits coloniaux »[2]. La traite négrière modifie également la topographie de La Rochelle ; une somptueuse chambre de commerce est construite au cours du XVIIIe, des hôtels particuliers se construisent en nombre, le port se modernise. La ville portuaire, en s'enrichissant ainsi, abandonne les maisons à colombages, pour le 100 % pierre, plus résistant et moins inflammable.

Quelques ports négriers

En Angleterre

  • Liverpool, premier port négrier atlantique (4 894 expéditions de traite)[3]
  • Londres, (2 704 expeditions)
  • Bristol, (2 064 expeditions)

Au Portugal

En France[4],[5]

  • Nantes, premier port négrier atlantique français (1744 expéditions de traite au XVIIIe siècle) à partir de 1789.
  • La Rochelle, considéré de manière erronée comme le deuxième port négrier atlantique français (427 expéditions de traite), il fut dès la fin du XVIe siècle le port négrier le plus important de France. Ce n'est qu'en 1789 que le port de La Rochelle devient le second port négrier de France, après Nantes, à destination principalement de Saint-Domingue.
  • Bordeaux, troisième port négrier atlantique français (entre 399 et 480[6] expéditions de traite)
  • Le Havre (392 expéditions de traite)
  • Saint-Malo (216 expéditions de traite)
  • Lorient (149 expéditions de traite)
  • Honfleur (125 expéditions de traite)
  • Marseille (116 expéditions de traite)[7]
  • Dunkerque (44 expéditions de traite)
  • Rouen
  • Vannes (dix expéditions de traite)

En Espagne

En Afrique

En Afrique, on trouve principalement des comptoirs où les Européens s'approvisionnaient en captifs auprès de vendeurs africains. Il ne s'agit donc pas à proprement parlé de ports négriers dans la mesure où c'est depuis l'Europe que la quasi totalité des expéditions de traite négrière étaient organisées. Les ports africains ne constituaient qu'une escale du parcours.

Notes et références

  1. Pour plus d'informations, voir la page plus générale sur la Traite négrière à La Rochelle.
  2. a et b Archives départementales de la Charente Maritime, Dossier pédagogique archives départementales, Le commerce triangulaire et la traite négrière rochelaise, La Rochelle, Archives départementales de Charente Maritime.
  3. Bordeaux au XVIIIe siècle : Le commerce atlantique et l’esclavage, document du musée d'Aquitaine.
  4. Jean Mettas, Serge Daget, Répertoire des expéditions négrières françaises au XVIIIe siècle, L'Harmattan, , 972 p..
  5. Esclavage : à la découverte des ports négriers de l'Hexagone (carte interactive), France Info la 1re, .
  6. Éric Saugera, Bordeaux port négrier, chronologie, économie, idéologie, XVIIe-XIXe siècles, Karthala, 2002, 1re éd. 1995, 382 p., (ISBN 2865375846 et 978-2865375844).
  7. Julien Vinzent, Marseille, un port négrier pas comme les autres, Marsactu, 1.
  8. « La route des esclaves », sur Afroculture.net.

Voir aussi

Bibliographie

  • Olivier Grenouilleau, Les traites négrières: Essai d'histoire globale, 736 pages, Folio histoire, Gallimard, 2004, (ISBN 978-2-07033-902-0).
  • Renaud Hourcade, Les Ports négriers face à leur histoire. Politiques de la mémoire à Nantes, Bordeaux et Liverpool, Dalloz, 2014.
  • Éric Saugera, Bordeaux port négrier, chronologie, économie, idéologie, XVIIe-XIXe siècles, Karthala, 2002 (1re éd. 1995), 382 p.), (ISBN 2865375846 et 978-2865375844).
  • François Hubert, Christian Block and Jacques de Cauna, Bordeaux au XVIIIe siècle, le commerce atlantique et l'esclavage (2nde édition), 205 pages, Le Festin, Bordeaux, 2018, (ISBN 978-2-36062-009-8).
  • J.M. Deveau, La traite rochelaise, Karthala, 2009, (ISBN 978-2-81110-099-5).
  • Brice Martinetti, La traite négrière à La Rochelle, 56 pages La Geste, La Crèche, 2017, (ISBN 978-2-36746-684-2).
  • Benoît Jullien, Un commerce pour gens ordinaires ? La Rochelle et la traite négrière au XVIIIe siècle, (ISBN 978-2-91768-813-7).

Lien externe