Pontpierre (Moselle)

Pontpierre
Pontpierre (Moselle)
Église Saint-Calixte de Pontpierre.
Blason de Pontpierre
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Forbach-Boulay-Moselle
Canton Faulquemont
Intercommunalité Communauté de communes du District urbain de Faulquemont (depuis 1975)
Maire
Mandat
Christian Hauser
2014-2020
Code postal 57380
Code commune 57549
Démographie
Gentilé Pontpierrois
Population
municipale
719 hab. (2016 en diminution de 6,62 % par rapport à 2011)
Densité 85 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 02′ 33″ nord, 6° 38′ 35″ est
Altitude Min. 243 m
Max. 345 m
Superficie 8,48 km2
Localisation

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Pontpierre

Pontpierre est une commune française située dans le département de la Moselle et le bassin de vie de la Moselle-Est, en région Grand Est.

Village de l'ancien comté de Créhange, Pontpierre est rattaché à la France en 1793. Culturellement, la commune fait partie du pays de Nied et d'une manière plus large, de la Lorraine. La langue traditionnelle du village est le francique mosellan, dialecte pratiqué dans le pays de Nied. Cette langue est une des branches du francique lorrain (appelé aussi Platt).

Géographie

Localisation

Pontpierre est une commune rurale qui se situe en Moselle, dans le nord-est de la France, à 34 kilomètres de Metz à vol d'oiseau. Le village est traversé au sud par la Nied allemande ainsi que de tout son long, du nord au sud, par un ruisseau qui prend sa source à Tritteling-Redlach, le Hoellengraben (ou Wustbach).

A l'origine, Pontpierre aurait été concentré sur l'ensemble de la rue de Téting, du cimetière jusqu'au carrefour de la route de Vahl. Les seuls bâtiments qui s'en éloignaient étaient les deux moulins du village, le premier dans la Muehletzel, abandonné au dernier tiers du XIXe siècle et aujourd'hui en ruines, et l'autre se situant sur la route de Métring.

Sitzmannshaus est un écart de la commune[1].

Communes limitrophes

Les villages les plus proches sont Vahl-lès-Faulquemont à 2,1 km, Guessling-Hémering à 2,2 km et Teting-sur-Nied à 2,3 km. Les villes les plus proches sont Faulquemont à 3,1 km, Folschviller à 4,4 km et Créhange à 5 km.

Voies de communication et transports

La route départementale 20 construite au nord du village évite une forte circulation dans le village.

Transports

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes[1] :

  • Stegenbiedersorf en 1026 ;
  • Stegnibuderstorph en 1283 ;
  • Stembuderstroff en 1302 ;
  • Steguenbudestrof en 1320 ;
  • Bedestroff en 1332 ;
  • Stegebudestroff en 1400 ;
  • Steigbiderstorf en 1440 ;
  • Steinbiderstroff et Buderstroff en 1544 ;
  • Steinbiederstroff, Steinbiedersford (par ordre du duché de Lorraine) en 1594 ;
  • Pont de Pierre en 1604 et 1677 ;
  • Pontpierre ou Steinbidestroff au XVIIIe siècle ;
  • Pont-Pierre en 1793 ;
  • Steinbiedersdorf en 1871 ;
  • Pontpierre en 1919.

En allemand : Biedersdorff ou Steinbiedersdorff[1], puis Steinbiedersdorf (1871-1919 et 1940-1944). En francique lorrain : Sténbidaschtroff[2] / Stémbidaschtroff.

Au XIXe siècle, Pontpierre est également connue au niveau postal sous l'alias de Steinbider-Stroff[3].

Le nom roman Pontpierre n'est attesté que vers le XVIIe siècle. On trouve par exemple Pont de Pierre en 1604. Il est homonyme d'autres toponymes de ce type dans l'est comme Pompierre (Doubs, Pontepetra XIVe siècle) et Pompierre (Vosges, Pontem petreum VIe siècle).

Histoire

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En 1309, l’église de Pontpierre dépend de l’abbaye Saint-Martin-de-Glandières de Longeville-lès-Saint-Avold puis, en 1322, de Saint-Avold. En 1588, le comte de Créhange dont dépend le village autorise l'érection de l'église de Pontpierre en paroisse qui se place sous le vocable saint Érasme.

En 1635, dans le contexte de la guerre de Trente Ans, le village est ravagé par les Suédois, alliés du roi de France, Louis XIII. En 1680, Pontpierre est rattachée au royaume de France par arrêt de la Chambre de réunion[1]. Cependant, cette décision est cassée par le traité de Ryswick en 1697[1]. Pontpierre est un des rares villages où l'on constate la présence de juifs. On peut expliquer cela par le fait que les comtes de Créhange, de confession protestante, ont pris en protection la communauté israélite au début du XVIIIe siècle. Beaucoup de maisons sont louées aux juifs vu l'importance de leur présence.

En 1739, il devient nécessaire de restaurer et d'agrandir l'église. Le comte de Créhange doit, en sa qualité de collateur, pourvoir à la construction et à l'entretien de l'église mais il refuse. L'église est interdite d'accès car trop dangereuse. En 1741, le comte de Créhange, Adolphe de Wied-Runckel, prend la résolution de taxer les laboureurs du village pour la réparation de l'église. La première pierre de la rénovation est posée par le curé-archiprêtre de Pontpierre, Lambert. La tour, vestige unique du village avant l'invasion de 1635, est conservée. L'église, rénovée en 1742, peut désormais contenir environ 500 places (précédemment 280 places serrées)[4].

En 1758, la communauté villageoise refuse de payer la milice obligatoire du cercle du Haut-Rhin. Il s'ensuit une dette pesante à long terme, que les villageois ne veulent toujours pas payer. En 1763, une révolte se met en place dans le village. Ceux qui refusent de payer l'impôt s'emparent des biens de ceux qui le payent. Le comte fait arrêter cinq villageois. Ils refusent de payer la taxe qui leur a été imposée. Une dernière révolte en 1768 fait réagir les autres villages et la révolte devient intercommunale : la moitié des villages sur le territoire lorrain du comté qui avait aussi des possessions en Rhénanie, soit quatre villages, se révoltent. Les villages sont condamnés par la cour impériale de Wetzlar à verser au comte 4 marks d'Or (400 livres). On voit par ces incidents l'impopularité des comtes étrangers à la région — la branche de Créhange, en la personne de la comtesse Dorothée, s'est mariée à une petite principauté allemande, les Wied-Runckel, à la fin du XVIIe siècle — que la plupart des habitants rejettent. Pour diverses raisons, les villageois se rebellent en 1769 et 1770. Les révoltés sont condamnés à restriction en 1778. La dette due au Cercle du Haut-Rhin n'est remboursée qu'en 1832. En 1785, Pontpierre compte 747 habitants dont 612 catholiques, 134 juifs (18 % des habitants) et 1 protestant.

Pontpierre ne devient français que le [5], par arrêté de la Convention et de manière définitive par l'article 6 du traité de Lunéville[1]. Tous les villages alentours sont déjà entrés dans la Révolution depuis les années 1789-1791, et le village se languit du jour où il va aussi s'y donner. La Révolution française trouble le village, principalement dans le domaine religieux  : le curé Boursier de Mondeville est interdit de célébrer la messe et est chassé par la population. Pourtant, certains habitants du village se réunissent la nuit dans une grange pour faire des messes basses. Plusieurs habitants sont surveillés et même emprisonnés pour leur foi dans le presbytère. Dans la maison This, un curé est caché ; il y célèbre la messe ainsi qu'à Lelling. Ce devait probablement être l'abbé Kremer de Lelling. Plusieurs curés constitutionnels se succèdent entre 1793 et 1803.

Le prêtre Jean Georges Lang, curé de 1803 à 1816, est contesté par une partie de la communauté, dont le conseil municipal. Il cultive du tabac et le vend en contrebande contrairement aux lois relatives aux plantations de tabac. Des paroissiens fidèles livrent au dépôt de Faulquemont 300 quintaux de tabac. Il doit d'ailleurs payer une taxe en 1810 mais continue son activité illégale. Après de multiples pétitions et lettres adressées à l'évêque de Metz, la municipalité obtient gain de cause en 1816 et Jean Georges Lang préfère quitter le village.

En 1842, par la volonté du gouvernement français, le chemin de fer est construit dans toute la France et passe par la commune. Il faut cependant attendre une dizaine d'années avant la mise en service de la voie.

Carte postale datant d'environ 1910.

Pontpierre passe sous autorité impériale en 1871. Les nouvelles élections provoquent de profondes divisions dans le village : l'église en est le sujet central. Une première liste, menée par le maire sortant Jean Lang, souhaite que l'on restaure l'ancienne église, et une seconde liste, menée par Jean Christian Albert, souhaite la construction d'une nouvelle église. C'est la seconde liste qui l'emporte, que une nouvelle église, beaucoup plus grande que l'ancienne est inaugurée en juin 1879 au centre du village. Suivent les années suivantes un presbytère et une école. L'église est dédiée, comme l'ancienne, à saint Calixte Ier, pape et martyr du IIIe siècle, patron du village depuis 1699.

En 1917, les cloches et les tuyaux de la façade de l'orgue sont réquisitionnés par les autorités allemandes. Les cloches sont remplacées par trois neuves par Causard de Colmar en 1924 et les tuyaux remplacés par Frédéric Hærpfer en 1929. En 1943, les autorités allemandes réquisitionnent à nouveau deux cloches. En 1948, de nouvelles cloches sont réalisées, la cloche restante étant réutilisée en refonte. Pontpierre redevenue française en 1919, et annexée de facto au IIIe Reich en 1940, est libérée par les troupes américaines le 18 novembre 1944.

Le village connaît depuis quelques années une période d'aménagements : le ruisseau qui travers le village est enfoui en 1963 ; un lotissement au lieu-dit Hinter der Reben est construit dans les années 1980-1990 ; la place de l'église est refaite et l'ancien jardin presbytéral laisse la place à la place de l'Europe en 2006 ; l'ancien presbytère est transformé en mairie en 2007 ; le lieu-dit Hanffeld et une partie du lieu-dit Muehletzel sont aménagés en lotissement de 2012 à aujourd'hui ; et un nouveau giratoire a été construit en 2018 le long de la route RD20 sur le ban de la commune[6].

Politique et administration

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1791 1793 (an II) Pierre June   menuisier, cordonnier
1793 (an II) ? Georges Dimanche (Sondag)   charron
? An X Marie Jean Fogt   tissrand, aubergiste
An X 1808 Nicolas Ismert   propriétaire
1808 1810 Jacques Klein   pensionnaire d'État
1810 1816 Henri Hauser   tailleur d'habits, journalier
1816 1822 Jacques Klein   pensionnaire d'État
1822 1831 Edme Gamichon   propriétaire, laboureur
1831 1848 Antoine Torlotting   laboureur, huilier au moulin de la Hanffeld
1848 1851 Nicolas Torlotting   laboureur, frère du précédent
1851 1865 Jean Richard   Secrétaire de mairie, instituteur
1865 1871 Jean Lang   cultivateur, laboureur
1871 1887 Jean Christian Albert    
1887 1901 Pierre Guerber   épicier
1901 1906 François Nicolas Varis   Cultivateur
1906 1915 Georges Girard   Menuisier
1915 1925 Georges Michel Gustave Lang   Cultivateur, entrepreneur de battage
1925 1935 Joseph Klein   Entrepreneur en bâtiment
1935 1939 Raymond Decker   Comptable
1939 1940 Nicolas Eugène Helleringer    
1940 ? Louis Becker    
1941 1944     Commune rattachée à Téting/Nied (Tetlingen)
1944 1945 Raymond Decker   Comptable
1945 1953 Isidore Bouton   Maréchal ferrant
1953 1965 Alfred Ismert   Employé de bureau
1965 1991 Paul Justin Joseph Albert   Aide comptable
1992 1995 Marc Filser   Directeur de plateforme postale
1995 1998 Marc Filser   Directeur de plateforme postale
1999 2001 Christian Hauser   Agriculteur
2001 2008 Christian Hauser   Agriculteur
2008 2014 Christian Hauser   Agriculteur
2014 en cours Christian Hauser   Agriculteur

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[8].

En 2016, la commune comptait 719 habitants[Note 1], en diminution de 6,62 % par rapport à 2011 (Moselle : +0,01 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
786851902911921901780802801
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
739751709687633615618621520
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
575543528587560628590569579
1990 1999 2004 2009 2014 2016 - - -
661725793777730719---
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10]. |recens-pr.)
Histogramme de l'évolution démographique

Santé

Culte

Le village possède une église catholique, l'église Saint-Calixte.

Enseignement

Pontpierre est rattaché à l'académie de Nancy-Metz qui fait partie de la zone B. Il y a une école maternelle et une école élémentaire. Le collège public du secteur est à Faulquemont (collège Louis-Pasteur).

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

  • Croix monumentale érigée en 1803 dans le bois de Pontierre et restaurée en 1957, inscription en allemand mentionnant la découverte d'hosties en 1733 à cet endroit[11][12].
  • Chapelle dite du Bon-Dieu-Abandonné du XIXe siècle dans le bois à proximité de la croix monumentale[13] détruite durant la Seconde Guerre mondiale puis restaurée de 1996 à 1998[14].

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Personnalités liées à la commune

Héraldique

Blason de Pontpierre Blason De gueules au pont d'argent sur une rivière d'azur, surmonté d'un écusson d'argent à la fasce de gueules.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références

  1. a b c d e et f Bouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868
  2. Gau un Griis - Muselfränkische Kaart - Niedland
  3. Administration générale des postes, Dictionnaire des postes aux lettres, contenant les noms des villes, communes et principaux lieux habités de la France, Paris, Imprimerie royale, 1845.
  4. Archives départementales de la Moselle, voir Fonds Richard (J5818).
  5. Claude Philippe de Viville, Dictionnaire du département de la Moselle, 1817.
  6. « Article : Un nouveau giratoire », sur republicain-lorrain.fr, (consulté le 27 janvier 2019)
  7. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  11. Inscription sur la croix « Im Jahre 1733 sind an diesem Ort die in der Pharrkiche Pontpierre geraubten Hostien wieder gefunden worden
    Zum andecken an diese begebenheit wurde dieses Kreuz aufgerichtet im Jahre 1803.
     », au pied « Erneurrt im Jahre ».
  12. Photo de la croix de la chapelle du bois de Pontpierre, Mr.28, mai 2014 sur Panoramio.com. Visité le 21 avril 2016.
  13. Romuald Ponzoni, « Les villages de moselle-est Pontpierre, la carte séduction », Le Républicain lorrain,‎ (lire en ligne)
    « Une chapelle légendaire y a été érigée en mémoire d’une affaire qui a bouleversé la vie de la paroisse en 1733. Cette année, là des bûcherons ont découvert dans une clairière des plaquettes de couleur blanchâtre et ont compris qu’il s’agissait d’hosties. Une procession expiatoire se rendit sur les lieux, curé en tête, en vue de récupérer « ce trésor ». Une croix en bois fut plantée à l’emplacement, remplacée en 1803 par une croix en fer et abritée en 1830 en l’honneur du Dieu des saints Sacrements que le peuple dédia au Bon Dieu abandonné. »
  14. « La chapelle reprend vie avec les jeunes », Le Républicain lorrain,‎ (lire en ligne)
    « Une équipe rajeunie s'est attelée au nettoyage de la chapelle de Pontpierre, située dans un écran de verdure au milieu de la forêt communale. »