Pontaubert

Pontaubert
Pontaubert
Pontaubert vu du ciel
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Avallon
Canton Avallon
Intercommunalité CC Avallon - Vézelay - Morvan
Maire
Mandat
Chantal Hochart
2014-2020
Code postal 89200
Code commune 89306
Démographie
Gentilé Pontaubertois
Population
municipale
399 hab. (2015 en augmentation de 2,57 % par rapport à 2010)
Densité 102 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 29′ nord, 3° 52′ est
Altitude Min. 149 m
Max. 232 m
Superficie 3,91 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Pontaubert

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Pontaubert

Pontaubert est une commune française située dans le département de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté, arrondissement et canton d'Avallon.

Géographie

Ce village pittoresque de l’Avallonnais se situe dans la vallée du Cousin, à 3 km d’Avallon et à 10 km de Vézelay, à l'endroit où la route départementale D957 qui joint ces deux localités traverse la rivière. .

Il est construit sur un petit plateau granitique qui sépare la vallée du Cousin de celle de son affluent le Rû d’Island, et descend sur chacune de ces vallées, le long de la route, qui le traverse d'est en ouest. Le Cousin, quant à lui, coule approximativement du sud au nord, depuis le massif du Morvan vers les plaines de l'Auxois. C'est ce qui donne à Pontaubert, malgré son petit territoire, un paysage aux forts contrastes, à la limite du granit et du calcaire.

La superficie de la commune est de 3,9 km2, c'est la douzième plus petite de l'Yonne. Le village se situe à une altitude moyenne de 170 mètres.

Communes limitrophes

Rose des vents Annéot Rose des vents
N Avallon
O    Pontaubert    E
S
Vault-de-Lugny
Carte de la commune de Pontaubert et des proches communes.

Histoire

L’historique de Pontaubert a été publié par l’abbé Parat dans ses notices villageoises en 1919 (Le Village de Pontaubert et les ordres religieux militaires dans l’Avallonnais).

On voyait encore au XIXe siècle un menhir au lieu-dit les Pierriotes ; il a été détruit par un fermier vandale, et l'on n'en possède ni dessin, ni description.

Les toponymes d'Orbigny (Orbiniacus) et de Champien (Campus paganus) font présumer l'existence d'implantations romaines, mais on n'en a retrouvé aucun vestige. Le territoire communal est bordé sur un court espace par la voie romaine d'Agrippa (allant de Lyon à Boulogne-sur-Mer), alors qu'elle se sépare de l'ancienne Nationale 6 (au lieu-dit la Belle Laitière) pour monter la côte en direction de Girolles.

Le pont.

La commune tire son nom — Pons-Alberti — du premier pont construit sur le Cousin, vers 840, par un certain Aubert, comte d’Avallon, frère de Robert le Fort.

Le village de Pontaubert, anciennement du diocèse d'Autun, vicomté et baillage d'Avallon, est sans doute un démembrement de la paroisse du Vault-de-Lugny, située au nord-ouest, mais qui l'entoure à l'ouest - encore aujourd'hui - par une étroite langue de terre joignant le territoire d'Avallon au sud (au ru d'Aillon), et qui le sépare entièrement d'Island. On peut en déduire qu'il fut probablement donné par un seigneur du Vault (Jocelyn d'Arcy ?) aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, pour y établir une commanderie. L'acte de fondation n'a malheureusement pas été conservé dans les archives, mais il doit se situer entre la seconde croisade, prêchée à Vézelay (mars 1146), qui entraîna de nombreux seigneurs locaux, et l'année 1167, date où elle est déjà bien implantée. Elle est placée sous la protection du comte d'Avallon et d'Hugues III, duc de Bourgogne. En 1189, le Sire Hugues de Mont-Saint-Jean lui abandonne sa terre de Normier, qui restera un "membre" important, avec le village de Noidan[1].

Les dons affluant, les Hospitaliers construisent un établissement comprenant une église, un "logis", un hôpital (maladrerie), une enceinte, un four et un pressoir banaux, et une citerne (dont subsistent aujourd'hui des vestiges). Plusieurs croix de pierre marquent les limites de son territoire. La commanderie, très bien située, accueillait les pèlerins et voyageurs, à la fois sur l'antique route menant d'Auxerre à Autun, et plus loin vers la Provence et la Terre Sainte, et ceux venus de Champagne, se rendant à Vézelay, puis empruntant la Voie limousine jusqu'à Saint Jacques de Compostelle.

En 1306, le commandeur Pierre de Pontaubert fut prévôt d’Avallon. Après la chevalerie, c'est le peuple qui multiplie les dons. En 1311 Hubert Colomb, d'Orbigny, se donne "à la religion de Pontaubert avec tous ses biens, en reconnaissance des bienfaits qu'il a reçus des frères, et il se soumet à leur obéir en tout"[2]. On peut sans doute reconnaître son domaine dans le lieu-dit "la Colombière", entre Orbigny et Champien. Mais le meilleur reste à venir : en 1313-1317, L'Hôpital hérite des biens des Templiers, dont l'ordre a été supprimé, A cette occasion est créé le grand prieuré de Champagne. Pontaubert, qui s'est accru de sa voisine, la commanderie templière d'Island, en devient l'une des cinq chambres prieurales[3], c'est-à-dire affectées aux revenus du grand Prieur.

Le village était fortifié, ce qui ne l’empêcha pas d’être pris et pillé pendant la guerre de Cent Ans, par les Anglais en 1392, les routiers et les écorcheurs en 1379 ; puis pendant les guerres de religion par les Protestants (en 1569, le village résista aux Reitres, mais les alentours furent ravagés), et finalement par la Ligue. En 1588, une compagnie de lansquenets du duc de Mayenne loge à Pontaubert. Les derniers vestiges des fortifications disparurent vers 1900.

L'établissement religieux sort dévasté du XVIe siècle, les pèlerinages s’essoufflent, et certains commandeurs négligent leurs obligations, ce qui achève sa ruine. Ils fréquentent la Cour ou se rendent en garnison à Malte ; certains s'y distingueront, comme le bailli de Fleurigny, commandeur de Pontaubert, qui, le 24 juin 1709, prend d'assaut la redoutable galère capitane de Tripoli, armée de 70 canons : il fait 400 prisonniers et libère 50 esclaves chrétiens[4]. Sinon, ils résident à Normier, qui dispose d'un logis plus confortable ; celui de Pontaubert est habité par un fermier. Le village abrite encore en 1696 une petite maladrerie qui est rattachée en 1708 à l'hôpital d'Avallon, avec le droit pour la paroisse d'y loger gratuitement un malade.

L'ancien chemin Avallon - Vézelay fut aménagé en route royale vers 1753, et prolongé plus tard jusqu’à Poitiers ; le vieux pont du XVIe siècle est doublé en largeur du coté de l'amont, tel qu'il est aujourd'hui. Cette route, qui traverse Pontaubert sur toute sa longueur, dut lui donner de l’importance. Des artisans s'y établissent, profitant des franchises accordées à l'ordre de Malte.

Les biens de la commanderie sont dispersés à la Révolution. Le four et le pressoir banal sont démolis (à l'emplacement du mail actuel), il n'en subsiste plus qu'une cave, sans doute celle du pressoir, qui semble avoir été transformée un temps en citerne : une ligne d'eau bien visible permet de jauger sa contenance à 180 m3. De nombreuses maisons se dotent de fours à pain, qui étaient interdits précédemment.

Aménagement et embellissement du bourg de Pontaubert

Vue du Village de Pontaubert, Jean Rolley.

Au début du XIXe siècle, Pontaubert était un village de plus de 600 habitants avec ses 2 hameaux, Orbigny et Champien (pour sa partie ouest), s’occupant de la culture de la vigne et des terres. Les terres de la commanderie furent acquises par les bourgeois d’Avallon et les cultivateurs aisés. La proximité de belles côtes de vignes (côte du Vault, du Clou, Champ Gachot, etc.) nécessitait une forte main d’œuvre et de nombreux ouvriers vignerons y vivaient assez misérablement.

Le pont actuel, qui menaçait ruine, fut restauré en 1830 avec du ciment de Vassy qui venait d’être découvert. Ce fut une réussite.

Le problème récurrent qui semble avoir dominé la population de Pontaubert, et qui explique en partie sa dépopulation, est celui de l'eau potable. Située à la jonction des terrains cristallophylliens et des terrains sédimentaires (Morvan et bas pays), la région est assez riche en sources. A l’origine le village ne disposait que de puits et d’une petite source, “la Mardelle”, située sur la route d’Island. En 1836, sous la mairie de François Raudot, on fit un travail considérable pour l’époque en amenant au centre du village, par des tuyaux en plomb, la source du "pré des ânes" située dans la direction d’Island sur une grande faille qui forme captage naturel. On construisit une fontaine monumentale avec des auges en pierre d’un seul bloc. La même année (1836) vit l'achèvement du cadastre. Vers 1900, les auges en pierre furent remplacées par le bassin circulaire en ciment armé qu’on voit encore aujourd’hui.

Mais l’Est du village (route d’Avallon) n’était toujours pas desservi. La source du Pavé, ou "fontaine chaude", d’origine filonienne et qui ne gelait jamais, fut captée et permit d'alimenter les fontaines du Crot, de l’église et de Joinguilloux. Enfin une 5e fontaine fut créée route de Vézelay alimentée par la Mardelle. Pontaubert se trouvait pour l’époque assez bien desservi en eau.

Le réseau d'eau fut constamment modernisé sur la base des différentes sources du village mais le débit se révéla souvent insuffisant, surtout en période de sécheresse.

Le maire Bourrey, qui resta plus de 25 ans en fonction, fit exécuter de nombreux autres travaux. D’abord la maison d’Ecole (1895) dans une portion du jardin du presbytère, ensuite le nouveau cimetière en haut de Joinguilloux, puis les chemins de la Grande Mardelle, des Plantes, etc.

La commune fut dotée de trottoirs et d’égouts juste avant la guerre de 1914. Pontaubert prenait déjà figure de petite ville.

Malgré ces améliorations, la population du village, confrontée à l'arrivée du chemin de fer à Avallon, à l'industrialisation, puis à la crise phylloxérique (vers 1885) amenant la disparition de la majeure partie des vignes, ne cessait de décroître. Comptant plus de 600 personnes vers 1830, elle était tombée en 1910 à 380 habitants. Les bouleversements de la guerre lui firent perdre encore une centaine d'habitants.

Si à la fin de la guerre 1914-18, l'on pouvait constater dans le village de nombreuses maisons à demi ruinées, grâce à la proximité d’Avallon, à sa propreté, à sa rivière et aux autocars qui le desservaient, de nombreux retraités parisiens vinrent s’y établir, achetèrent les vieilles maisons, les firent réparer et embellir, de sorte que Pontaubert reprit rapidement un air de prospérité ; mais cela ne dura pas, et en 1968 la population était au plus bas, avec 208 personnes recensées. Heureusement, depuis 1971, les habitants sont alimentés directement par l'eau de la Cure, captée à Blannay, ce qui a permis la construction de plusieurs lotissements et inversé la courbe démographique, sans que l'on puisse parler véritablement de "village-dortoir".

Économie

Des mines de plomb argentifère furent découvertes au début du XVIe siècle, et François Ier donna au père de Théodore de Bèze, bourgeois de Vézelay, la permission d'exploiter "les mines de Pontaubert et de Chitry" ; mais si les secondes ont justifié le nom de Chitry-les-Mines, celles de Pontaubert semblent avoir été rapidement épuisées. La présence dans l'église d'une belle statue de Sainte Barbe (fin XVe), patronne des artificiers et des mineurs, peut trouver là son origine. Des carrières de granite et d'arène (à Orbigny) ont aussi existé. La rivière du Cousin fut rendue flottable depuis 1704 jusque vers 1830 ; elle alimentait de petits moulins ou des foulons à droguet. Deux bâtiments subsistent, le "Moulin des Templiers" (en réalité des Hospitaliers), transformé en auberge, et "le Foulon", en aval du village ; un peu plus bas encore, à la limite du Vault, se voient les ruines restaurées de "la Papeterie".

Outre ses vignobles, notamment ceux d'Orbigny, plantés sur d'anciennes moraines glaciaires, le village avait une chènevière près du Cousin, et produisait au XIXe siècle plusieurs tonnes de truffe de Bourgogne (tuber uncinatum), selon l'Abbé Parat. Plusieurs petits étangs établis sur le cours des "rus" escarpés ont été abandonnés, le plus considérable semble avoir été celui de Joinguillou, dont la chaussée est encore remarquable. Sur le plan de l'élevage, les prés trop petits firent l'objet d'un remembrement dès le milieu du XIXe siècle, à l'exemple du député Raudot (d'où les "Grands Champs" vers Champien). La dernière ferme a cessé son activité au milieu du XXe siècle, les terres sont désormais exploitées par des agriculteurs extérieurs à la commune.

Vers 1960, Pontaubert disposait encore de commerces de détail (boulangerie Maillard, épicerie Caraby, bar-tabac Meulot), et d'un antiquaire renommé, mais tous ont fermé. Les hôtels-restaurants (3 ouverts actuellement, Les Fleurs, Le Soleil d'Or et les Templiers, un autre attend un repreneur) maintiennent une certaine activité, surtout saisonnière, et deux magasins d'articles de tourisme, décoration et importation (le Bazar et le Cousin du Népal), ont vu le jour, ainsi qu'une agence immobilière (Chlorophylle).

Politique et administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
1803 1812 Marc Antoine Brisoult    
2001 2008 Raymonde Lechat    
2008 2014 René Gilliung[5]    
2014 en cours Chantal Hochart SE Retraitée

Démographie

Les habitants de Pontaubert sont appelés les Pontaubertois ; la population s'est stabilisée au nombre de 399 au dernier recensement de 2015.


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[7].

En 2015, la commune comptait 399 habitants[Note 1], en augmentation de 2,57 % par rapport à 2010 (Yonne : -0,47 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
513573578543582607535513500
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
504482503487503482447431396
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
385383382293287253231268273
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
242208243314336377391391399
2015 - - - - - - - -
399--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

  • Calvaire de Pontaubert (sur la place)
  • Croix de chemin de Pontaubert
  • Pierre tombale dans l'église avec inscription (XIIIe siècle)
  • Statuaire de l'église : elle comprend une Sainte-Barbe du XVe (déposée), une Ste Cyre, etc. Près de l'autel se trouve une Vierge assise à l'Enfant (XIIe) qui provient du Saulce d'Island. Si l'allure en est un peu gauche et rustique, le visage est fin et digne de la sculpture de Vézelay.
  • Vestiges de la maladrerie : fenêtre à meneau sculpté (XIIIe s.) ; on peut la voir depuis le pont, en aval, rive gauche.
  • Motte féodale de Champien : haute d'environ 15 mètres, elle se détache bien du plateau, mais est malheureusement cernée par des pavillons modernes.
  • Château d'Orbigny. S'il date essentiellement du XIXe, il est bâti sur une cave romane, et conserve une tour-pigeonnier de 995 boulins, à échelle tournante (16-17e ?).
  • Parc d'Orbigny (S.C.). Aménagé au XIXe siècle sur la rive droite du Cousin, il s'étend sur 10 ha. Il comprend 2 grottes, l'une en partie naturelle, l'autre artificielle, des sources et un belvédère ; ses allées sont bordées d'un millier de rochers.
  • Grotte de la Cave-aux-Loups : cette cavité d'environ huit mètres (partiellement comblée) a été fouillée par l'Abbé Parat et n'a rien offert de remarquable.

Église de Pontaubert

Elle est classée monument historique depuis 1862 [10].

L'église Notre-Dame-de-la-Nativité, qui était celle d’une ancienne commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, est parmi les plus intéressants édifices romans de l’Yonne. C’est une église romane tardive, datant du dernier tiers du XIIe siècle, et achevée seulement au cours du siècle suivant part le haut clocher qui domine le bel ensemble. On se trouve ici entre Avallon et Vézelay, et l’architecture de l’église s’est inspirée nettement des deux grands sanctuaires voisins. Sans en approcher la splendeur, on retrouve ici la grande harmonie de la nef de la basilique de Vézelay, combinée avec les profils brisés de Saint-Lazare d’Avallon. La nef à bas-côtés est à deux étages sous voûtes d’arêtes, c’est un modèle répandu en Bourgogne dans le diocèse d’Autun et introduit au cours du XIIe siècle dans l’Avallonnais (voir aussi l’église de Sacy). Une travée de chœur de la même architecture est suivi directement d'une abside à trois pans. Remarquons la grande simplicité des chapiteaux, où on trouve que des décors végétaux. Le portail sud simplement décoré est roman, le portail ouest déjà du XIIIe siècle a plus de prétention avec ses colonnes, ses voussures et son tympan où on trouve des scènes historiés de la vie de la Vierge. De l’extérieur on admire aussi le porche gothique qui donne abri au portail, et quelques modillons romans de la nef.

L’église est très harmonieuse et date presque en totalité de la fin du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle. Le plan très simple, sans transept, présente une nef de quatre travées à bas-côtés, une travée de chœur, également à bas-côtés, et une abside à trois pans. Entrant dans la nef, on est surpris agréablement par la grande équilibre de l’ensemble roman. L’élévation typiquement bourguignonne est à deux étages : les grandes arcades brisées, à double rouleau, reposant sur des piliers cruciformes à colonnes engagées, sont surmontées de fenêtres hautes inondant la nef de lumière. La voûte d’arêtes est supportée par des fortes doubleaux de profil brisé, qu’on retrouve aux bas-côtés. Remarquons que les doubleaux et arcades sont à double rouleau dans la travée supportant le clocher et le travée de chœur, qui est de même architecture que la nef, mais un peu plus bas. L’abside qui est de plan trapézoïdal, ce qui est rare, est voûtée d’une arête de même forme et percée de grandes baies. Les chapiteaux de la nef sont décorés très discrètement de feuilles aux crochets. Les statues de l’église sont un véritable trésor de cette belle église romane. De la commanderie restent peu de vestiges, seulement un cellier souterrain sous la place, inaccessible.

Le porche ouest précédant l’ensemble roman date des années 1500 et présente une voûte ouvragée ; la balustrade et la gargouille sont des ajouts du XIXe s. De l’extérieur, on remarque tout de suite la haute nef romane avec ses deux étages de baies en plein cintre et ses modillons, dont certains sont sculptés de têtes du côté sud. Le portail sud est restauré mais roman dans son ensemble, avec ses colonnes, ses chapiteaux à crochets et ses voussures. L’édifice est dominé par le grand clocher qui se trouve sur la première travée de la nef. Ses deux étages supérieurs sont du XIIIe siècle et présentent des grandes arcatures géminées. Du début du même siècle est le grand portail sous le porche, qui est un ensemble précieux avec ses colonnes, ses chapiteaux, son trumeau et ses voussures. Le tympan présente des scènes historiés de facture médiocre: à gauche on voit une Adoration des Mages avec la Vierge en majesté et l’Enfant, entourée d’anges, à droite c’est l’Assomption de la Vierge.

Après le classement comme Monument Historique en 1862, l’église est restaurée en 1873 par l’abbé Minard.

Fontaines et lavoirs

Vues du village

Personnalités liées à la commune

  • Claude-Marie Raudot, dit Réglois, député ; mort à Orbigny en 1876.
  • Le sculpteur Guillaumet, qui réalisa notamment le mobilier de l'église (autels, chaire, balustrade du porche) et les lions des fontaines, est mort à Pontaubert (Abbé Parat).
  • Abbé Alexandre Parat (1843-1931), prêtre, archéologue, fut curé de Pontaubert de 1920 à 1927 ; il étudie Pontaubert et les Ordres religieux militaires dans l'Avallonnais.
  • Eugène Corneau 1894-1977, peintre , graveur, illustrateur, ami de Modigliani, réside à Pontaubert de façon régulière dès 1928 et y est décèdé le 12 octobre 1976.
  • Claude Rolley, (1933-2007), professeur émérite de l'université de Bourgogne, auteur d'ouvrages sur l'archéologie de la Grèce antique, de la Gaule. Président de l'Académie du Morvan.

Voir aussi

Bibliographie

  • Parat (Abbé Alexandre) Le Village de Pontaubert et les ordres religieux militaires dans l’Avallonnais, Auxerre, Gallot, 1919 (extr. BSSY 1917/2) ; 2e éd. Dijon, 1921.
  • Genevey (Pierre), La commanderie de Pontaubert, 1167-1792. L'auteur, 1972, 21x30, 98 p.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références

  1. Genevey (Pierre), La commanderie de Pontaubert, p 15 et 22-23.
  2. Genevey (Pierre), La commanderie de Pontaubert, p 16-17
  3. Genevey, op. cit., p 82 (Annexe I) ; les autres chambres prieurales étaient Bures, Beaune, Epailly et Mormant. Ces localités ont assez souvent varié au gré des grands prieurs.
  4. Genevey (Pierre), op. cit, p 82-90 (Annexe I, liste des commandeurs).
  5. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 31 décembre 2013.
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  10. « Inventaire général du patrimoine culturel », sur culture.gouv.fr, (consulté le 7 décembre 2013)