Polonais

Polonais
Język polski (pl)
Pays Pologne etc.
Nombre de locuteurs 55 millions[1] (natifs)

Pologne 38 000 000
États-Unis 560 496[2]
Allemagne 3 341 000[réf. nécessaire]
Ukraine 1 151 000
Brésil 1 000 000
Royaume-Uni 546 000
France 500 003
Biélorussie 403 000
Lituanie 258 000
Canada 191 770[3]
Israël 100 000
Russie 94 000
Kazakhstan 61 500
Lettonie 57 000
Autriche 50 000
Slovaquie 50 000
République tchèque 39 000
Hongrie 21 000
Australie 13 783
Roumanie 2 079[4]
Azerbaïdjan 1 300
Estonie 600
Finlande ?

Typologie SVO + ordre libre
accentuelle[réf. nécessaire]
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de l’Union européenne Union européenne
Drapeau de la Pologne Pologne
Régi par Rada Języka Polskiego 
Codes de langue
ISO 639-1 pl
ISO 639-2 pol
ISO 639-3 pol
Étendue langue individuelle
Type langue vivante
IETF pl
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Artykuł 1

Wszyscy ludzie rodzą się wolni i równi pod względem swej godności i swych praw. Są oni obdarzeni rozumem i sumieniem i powinni postępować wobec innych w duchu braterstwa.
Carte
Usage du polonais en Europe.
Usage du polonais en Europe.

Le polonais (język polski, polszczyzna) est une langue appartenant au groupe des langues léchitiques des langues slaves. Elle a le statut de langue officielle en Pologne, mais est parlée dans le monde entier du fait de la présence des minorités polonaises. La langue s’écrit avec l’alphabet latin, certaines lettres étant surmontées de diacritiques.

Malgré la pression exercée par les administrations non-polonaises du territoire polonais, qui ont essayé de supprimer la langue, une littérature très riche s'est développée et aujourd'hui, le polonais est la seconde langue slave la plus parlée, après le russe mais devant l'ukrainien.

Distribution

La majorité des gens parlant le polonais vivent en Pologne. Ce pays est l'un des pays européen linguistiquement les plus homogènes, 97 % des citoyens polonais déclarant avoir le polonais comme langue maternelle. Après la Seconde Guerre mondiale, les anciens territoires polonais annexés par la Biélorussie soviétique ont conservé une part importante de population polonaise qui ne voulurent ou ne purent émigrer vers la Pologne après 1945. Encore aujourd'hui, les Polonais d'origine constituent d'importantes minorités en Lituanie, en Biélorussie, et en Ukraine. Dans ce dernier pays, on rencontre des polonophones essentiellement dans les régions de Lutsk et de Lviv. Le polonais est de loin la langue la plus utilisée dans le district de Vilnius en Lituanie (26 % de la population, selon le recensement de 2001), et est également présente dans d'autres districts du sud du pays. La Biélorussie a une importante minorité polonaise, en particulier dans les régions de Brest et de Grodno, ainsi que près de la frontière avec la Lituanie, à l'Ouest du pays.

Un nombre important de locuteurs polonais vivent aussi en Afrique du Sud, en Allemagne, en Andorre, en Argentine, en Australie, en Autriche, en Azerbaïdjan, en Biélorussie, en Belgique, au Brésil, en Bulgarie, au Canada, en Croatie, au Danemark, aux Émirats arabes unis, en Espagne, en Estonie, aux États-Unis, en Finlande, en France, en Grèce, en Hongrie, aux îles Féroé, en Irlande, en Israël, en Islande, en Italie, au Kazakhstan, en Lettonie, au Liban, au Luxembourg, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, en Norvège, aux Pays-Bas, au Pérou, en République tchèque, en Roumanie, au Royaume-Uni, en Russie, en Serbie, en Slovaquie, en Suède, en Ukraine et en Uruguay.

Au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a une importante population polonaise, originalement composée de réfugiés de la Seconde Guerre mondiale, qui parle encore le polonais. Durant les années 2000, cette population a augmenté avec l'arrivée de travailleurs après l'admission de la Pologne à l'Union européenne en 2004. Le recensement de 2011 a enregistré 546 000 locuteurs en Angleterre et au Pays de Galles avec le polonais comme leur langue maternelle, principalement à Londres[5].

Aux États-Unis

Selon l'American Community Survey, en 2015, 560 496 personnes de plus de 5 ans déclarent parler polonais à la maison, soit seulement 6,0 % de la population polono-américaine. et environ 0,9 % des personnes qui parlent des langues autres que l'anglais, soit 0,2 % de la population américaine[2]. Les plus grandes concentrations de locuteurs polonais sont principalement dans trois États : l'Illinois (185 749), l'État de New York (111 740) et le New Jersey (74 663).

Au Canada

Le Canada a une importante population polonaise d'origine juive[réf. souhaitée]. Le recensement de 2016 a enregistré 191 770 locuteurs polonais, avec une forte concentration dans la ville de Toronto, en Ontario (73 315 personnes)[6]. Le yiddish, langue originaire de Pologne et d'Europe de l'Est est parlé par environ 14 580 personnes au Canada[7].

Histoire

Pays où des langues slaves sont officielles

Le polonais est une langue slave, au même titre que le russe par exemple, mais qui appartient à une sous-famille particulière (le groupe des langues slaves occidentales, avec le cachoube, le tchèque, le slovaque, le haut-sorabe et le bas-sorabe). La langue polonaise s'est très tôt détachée des langues slaves de l'Est, ce qui fait qu'elle conserve les voyelles nasales (ą et ę) et adopte une écriture latine, à l'opposé de la majorité des langues slaves, qui conservent l'alphabet cyrillique.

Le polonais a reçu l'influence de langues étrangères (surtout du latin, du tchèque, du français, de l'italien, du biélorusse et ukrainien, du russe et de l'anglais). Les premières traces du polonais nous viennent de textes latins du XIIe siècle comportant des noms propres. Mais il faut remonter au XIVe siècle avant de trouver des textes significatifs.

La langue a adopté l'alphabet latin au XIIe siècle. Cependant, des difficultés furent rencontrées pour noter certains sons, comme les consonnes palatales ou les voyelles nasales. De ce fait, plusieurs écrivains usaient de différentes manières afin d'écrire ces sons. Par exemple, la lettre c pouvait représenter le son [ʦ] comme maintenant, mais aussi [ʧ] ou [k]

Dialectes

La langue polonaise est devenue beaucoup plus homogène dans la seconde moitié du XXe siècle, en partie grâce à la migration en masse de plusieurs millions de citoyens polonais de la partie orientale du pays, appelée Kresy (Confins) en polonais, à la partie occidentale après l'annexion par l'Union soviétique du territoire polonais oriental en 1939.

Les habitants des différentes régions de la Pologne parlent le polonais « standard » un peu différemment, même si les différences entre ces grands « dialectes » semblent légères. Tout d'abord, la langue polonaise n'a jamais de difficulté à la compréhension mutuelle, et des locuteurs non-natifs ne peuvent généralement pas distinguer facilement les variations régionales. Les différences sont minimes par rapport aux différents dialectes du français ou de l'anglais, par exemple.

Les différences régionales correspondent principalement aux anciennes divisions tribales de près de mille ans, les plus importantes en termes de locuteurs sont :

  • le dialecte de la Grande-Pologne (langue parlée dans l'Ouest) ;
  • le dialecte de la Petite-Pologne (langue parlée dans le Sud et le Sud-Est) ;
  • le dialecte de la Mazovie parlé dans tout le centre et l'Est du pays ;
  • le silésien, parlé dans le Sud-Ouest.

Les autres dialectes, moins importants, comprennent :

  • La 1ère phrase : « Day, ut ia pobrusa, a ti poziwai. »
    Le podhale (gwara podhalańska) ;
  • Le cachoube, parlé dans la région de Gdańsk près de la mer Baltique, une langue étroitement liée au polonais ;
  • Dans les anciens territoires russes à l'Est et au nord de la Pologne, ainsi que les Polonais de Lituanie et de Biélorussie, parlent un dialecte proche du russe ;
  • Quelques grandes villes, comme Varsovie, ont leur propre dialecte.

La plus ancienne phrase en polonais « Day, ut ia pobrusa, a ti poziwai » enregistrée en l’an 1270 à Wrocław sur les vingt-quatre livres de Henrykowska.

Le plus ancien texte imprimé en polonais.

Le plus ancien texte imprimé en polonais est apparu trente-cinq ans après l’invention de l’imprimerie par Johannes Gutenberg en 1475 à Wrocław. Il y avait trois prières catholiques.

Il y a quatre étapes dans le développement de la langue polonaise :

  • Ancien polonais – le début du XVIe siècle ;
  • Le polonais du Moyen Âge – à partir du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle ;
  • Le nouveau polonais – jusqu'en 1930 ;
  • Polonais contemporain – après 1930.

Phonologie

Il existe six voyelles orales (toutes monophtongues) et deux voyelles nasales en polonais. Les voyelles orales sont constituées des phonèmes /i/, /ɨ/, /ɛ/, /a/, /ɔ/ et /u/, et les voyelles nasales des phonèmes /ɛ̃/ et /ɔ̃/.

Les consonnes du polonais forment un système plus complexe. Ce dernier est en effet constitué de plusieurs consonnes affriquées et palatales, résultat d'une série de quatre palatalisations du Proto-slave et de deux autres ayant eu lieu en Pologne et en Biélorussie. Ainsi, on retrouve les phonèmes suivants en polonais :

On retrouve le phénomène de voisement/dévoisement dans certaines paires des consonnes, à la fin des mots ainsi que dans certains groupes de consonnes.

L’accentuation est habituellement portée sur la pénultième syllabe d’un mot polysyllabique, bien qu’il existe plusieurs règles qui peuvent sembler complexes au début. Par exemple pour les verbes au conditionnel, la voyelle contenant la particule « -by » n’est pas comptée [ni « -byśmy/-byście » au pluriel] et l’accent tombe donc de facto sur la 3e syllabe [ou la 4e syllabe] à partir de la fin. L’accent tonique tombe toujours sur la dernière lettre des acronymes épelés, et il en est souvent de même pour les mots en français ou en anglais utilisés tels quels en polonais. L’accent tonique tombe également sur la 3e syllabe de beaucoup de mots d’origine grecque ou latine.

En pratique et malgré les règles du polonais soigné, la tendance est cependant de faire tomber tous les accents toniques sur l’avant-dernière syllabe, particulièrement si le mot est perçu comme polonais, à moins qu’il y ait une raison grammaticale pour déplacer l’accent. Voir plus loin la section « Accent tonique ».

Voyelles

Les voyelles polonaises sont au nombre de 8 : six orales, et deux nasales.

Voyelles orales

Inventaire des voyelles orales en polonais
Voyelles orales du polonais
API Prononciation approx. Exemple en polonais
[i], [ʲi] pic miś (ourson)
[ɛ] peine ten (celui)
[ɨ] clé mysz (souris)
[a] date kat (bourreau)
[u] boum bum (boom), król (roi)
[ɔ] bol kot (chat)

La longueur d'une voyelle n'est pas phonémique : la présence de voyelles longues ne change pas le sens du mot.

Voyelles nasales

Contrairement aux autres langues slaves, les voyelles nasales (ę et ą) ont été conservées en polonais, bien qu'elles commencent à disparaître (dans la prononciation, mais pas à l'écrit) – surtout à la fin d'un mot. Ces voyelles, marquées d'un ogonek, ne commencent jamais un mot.

Avant une occlusive, les voyelles nasales sont suivies d'une consonne nasale : par exemple, kąt sera phonétiquement prononcé kont (prononcer le t), et gęba sera phonétiquement prononcé gemba. À la fin d'un mot, le ę nasal est souvent ignoré par les Polonais au profit d'un e normal. La plupart des voyelles nasales sont conservées avant une consonne fricative, et à la fin des mots pour la nasale ą.

Contrairement au français, les voyelles nasales du polonais sont asynchrones : ce sont en fait deux sons, une voyelle orale immédiatement suivie d'une semi-voyelle nasale. Par exemple ą sera prononcé [ɔw̃] (proche du portugais « ão » [ɐ̃w̃]) plutôt que [ɔ̃] (français « on »). Cependant, ce point n'est pas essentiel et la plupart des voyelles nasales du polonais sont considérées comme des voyelles ordinaires, c’est-à-dire synchrones.

Voyelles nasales du polonais
API Prononciation approx. Exemple en polonais
[ɛ̃] pain, faim węże (serpents)
[ɔ̃] sont, long wąż (serpent)

Correspondance en français : Le ę correspond approximativement au « in » français et le ą correspond approximativement au « on ». Cette comparaison vise à donner une grossière idée de la façon dont les lettres ę et ą se prononcent, cependant ces indications de prononciation ne sauraient en aucun cas constituer un support tout à fait fiable ou à mettre en application tel quel. En effet, « en » et « ein » semblent être les sons les plus proches de la réelle prononciation de ces lettres ; néanmoins ils demeurent éloignés de la réalité.

Ces voyelles spécifiques au polonais ne se prononcent pas « sèchement », car leur « timbre » évolue en quelque sorte au cours de la prononciation avec une « extinction » finale, ceci ne durant qu'une fraction de seconde sans effort particulier bien entendu malgré la difficulté apparente. Par exemple, en référence aux exemples du tableau qui suit, un Polonais a de réelles chances de ne pas comprendre « serpent » si vous lui dites « vonche » et encore moins « des serpents » si vous prononcez « veinje ». Il vous faudra absolument prononcer plutôt « von-ouche » pour « serpent » mais sans séparer les syllabes, autrement dit avec l'accent tonique regroupant les syllabes « on » et « ou ». De même, pour dire « des serpents », vous devrez prononcer « vein-ougè » ou « vein-ongè » (peu différentiables ici vu la vitesse de prononciation), avec un accent plus proche de celui du Sud de la France, bouche moins ouverte pour le « un », et toujours l'unique accent tonique sur l'ensemble « ein » – « ou » sans hacher.

Consonnes

Points d'articulations Labial Coronal Dorsal (aucun)
Modes d'articulation Bilabial Labio‐dental Labio-vélaire Dental Alvéolaire Rétroflexe Alvéolo‐palatal Palatal Vélaire Glottal
Occlusives p b t d (c ɟ) k
Nasales    m    n    ɲ
Fricatives f v s z ʂ ʐ ɕ ʑ (ç) x (ɦ)
Affriquées t͡s d͡z t͡ʂ d͡ʐ t͡ɕ d͡ʑ
Semi-voyelles    w    j
Roulées    r
Latérales    l   (ʎ)

Le polonais possède 35 consonnes, dont l'usage est un peu plus complexe que celui des voyelles : il existe des séries de consonnes affriquées et de palatales. Les affriquées sont parfois des digrammes : dz, dż... Les palatales, ou consonnes « douces », sont soit marquées par un accent aigu, soit suivies par un i.

On peut donc regrouper les consonnes en trois grands groupes :

  • les alvéolaires : z, s, dz, c
  • les rétroflexes  : ż, sz, dż, cz
  • les alvéolo-palatales : ź, ś, dź, ć

Les consonnes palatales et alvéolo-palatales ainsi que celles qui précèdent la voyelle i sont dites consonnes « molles ». Toutes les autres sont « dures ».

Exemples
API Exemple API Exemple
/m/ masa (masse)
/b/ bas (basse) /d͡ʑ/ dźwięk (un son)
/p/ pas (ceinture) /ʐ/ żona (femme), prononcé jona
rzeka (rivière), prononcé jèka
/v/ wór (sac), prononcé vour /ʂ/ szum (sifflement), prononcé choum
/f/ futro (fourrure) /d͡ʐ/ dżem (confiture), prononcé djèm
/n/' noga (jambe) /t͡ʂ/ czas (temps), prononcé tchas
/d/ dom (maison) /ɲ/ koń (cheval), prononcé cogne
/t/ tom (volume) /gʲ/ gips (plâtre)
/z/ zero (zéro), prononcé zèro /kʲ/ kiedy (quand), approximativement kyè ou kiè en une syllabe.
/s/ sum (silure) /g/ gmina (commune)
/d͡z/ dzwon (cloche), comme dans pizza /k/ kto (qui), buk (hêtre)
/t͡s/ co (quoi), prononcé tso /w/ mały (petit),
łaska (grâce) prononcé waska
/r/ krok (un pas) /j/ jutro (demain), comme dans you en anglais
/l/ pole (champ), liść (feuille) /x/ hak (crochet), chór (chœur)
/ʑ/ źle (mal), ressemble à j mais n'existe pas en français /xʲ/ historia (histoire), chichot (ricanement)
/ɕ/ śruba (vis), ressemble à chi mais n'existe pas en français /t͡ɕ/ ćma (papillon de nuit), ressemble à tchi mais n'existe pas en français

Variantes dialectales

Dans certains dialectes, par exemple le masurien, il arrive qu'une consonne d'un groupe (alvéolaire, rétroflexe, alvéolo-palatale) passe dans un autre groupe.

  • Les sons [c], [ɟ], [ç] et [ʎ] sont des variantes dialectales. Ce sont les versions palatalisées des sons [t], [d], [x] et [l].
  • Le son [ɦ] est de même une variante dialectale du son [x].

Accent tonique

En polonais, l’accent tonique tombe presque toujours sur l’avant-dernière syllabe : zrobił (il a fait), zrobili (ils ont fait). Cette règle comporte néanmoins quelques exceptions :

  • les verbes conjugués au passé avec la première ou la deuxième personne du pluriel : zrobiliśmy (nous avons fait) – accent sur l’antépénultième ;
  • les verbes conjugués au conditionnel : zrobiłbym (je ferais) – accent sur l’antépénultième ;
  • les verbes conjugués à la première ou la deuxième personne plurielle du conditionnel : zrobilibyśmy (nous ferions) – accent sur la syllabe précédant l’antépénultième ;
  • certains mots issus du grecque ou du latin (par exemple : uniwersytet, opera, muzyka, matematyka et les autres mots se terminant en -yka au nominatif) peuvent être accentués sur l’antépénultième syllabe, notamment dans la langue soignée bien que cet usage tende à se perdre ;
  • les mots français et anglais utilisés tels quels en polonais peuvent souvent avoir un accent tonique sur la dernière syllabe, notamment dans « menu » ou « offline », mais il est placé normalement lorsque le mot est décliné comme dans « weekendu » ;
  • l’accent tombe sur la dernière lettre des acronymes qui sont épelés.

Ces exceptions verbales ne sont souvent qu’apparentes : elles s’expliquent aisément par le fait que ces formes sont à l’origine des formes composées d’un participe (normalement accentué sur l’avant-dernière syllabe et accordé en genre et en nombre) suivie du verbe “être” non-accentué qui se conjugue normalement : les deux forment une unité accentuelle qui ne change pas l’accentuation du participe, d’où cette impression que l’accentuation ne suit pas la norme.

Orthographe

Article détaillé : Écriture du polonais.

L'alphabet polonais dérive de l'alphabet latin mais utilise des diacritiques afin de former quelques lettres additionnelles. Cet alphabet était l'une des deux formes majeures de romanisation de langues slaves, la seconde ayant été effectuée pour le tchèque. Le cachoube et le sorabe (en partie) utilisent un alphabet basé sur celui du polonais.

Les diacritiques utilisés en polonais sont l'ogonek (ą, ę), l'accent aigu (ć, ń, ó, ś, ź), la barre oblique (ł) et le point suscrit (ż). À noter que les lettres q, v et x ne sont pas considérées comme appartenant à l'alphabet polonais, mais sont utilisées dans des noms d'origine étrangère. Le z barré (ƶ) se retrouve fréquemment en variante du ż.

L'orthographe polonaise est phonémique (à chaque lettre correspond un son – avec cependant quelques rares exceptions). Les lettres et leurs valeurs phonémique sont listées dans ce tableau.

L’alphabet polonais. Les lettres q, v et x sont utilisées pour les noms étrangers.
Maj. Min. Phonème(s) Maj. Min. Phonème(s)
A a /a/ M m /m/
Ą ą /ɔ̃/, /ɔn/, /ɔm/, /ɔ/ N n /n/
B b b/ (/p/) Ń ń /ɲ/
C c /ʦ/ O o /ɔ/
Ć ć /ʨ/ Ó ó /u/
D d /d/ (/t/) P p /p/
E e /ɛ/ R r /r/
Ę ę /ɛ̃/, /ɛn/, /ɛm/, /ɛ/ S s /s/
F f /f/ Ś ś /ɕ/
G g /g/ (/k/) T t /t/
H h /x/ U u /u/
I i /i/, /j/ W w /v/ (/f/)
J j /j/ Y y /ɨ/
K k /k/ Z z /z/ (/s/)
L l /l/ Ź ź /ʑ/ (/ɕ/)
Ł ł /w/ Ż ż /ʐ/ (/ʂ/)

Les digrammes et trigrammes suivant sont aussi utilisés :

Digramme Phonème(s) Digramme/trigramme
(avant une voyelle)
Phonème(s)
ch /x/ ci /ʨ/
cz // dzi /ʥ/
dz /ʣ/ (/ʦ/) gi //
/ʥ/ (/ʨ/) (c)hi //
// (//) ki //
rz /ʐ/ (/ʂ/) ni /ɲ/
sz /ʂ/ si /ɕ/
    zi /ʑ/

Différence i/y

La différence entre i ([i], [ʲ]) et y ([ɨ]) n'est pas uniquement orthographique.

Le i se prononce de façon similaire au « i » du français européen, tandis que le y est un son situé entre le [e] français (de parlé), le [y] français (de perdu) et le [ø] (de peu), en fait plus proche du é bien que légèrement plus grave, presque équivalent, et assez proche du son « i » en français canadien.

Le i palatalise la consonne précédente, tandis que le y n'offre pas cette modification. Certaines consonnes suivies de i deviennent chuintantes : ci, ni, si et zi (respectivement même son que ć, ń, ś, et ź, la différence n'étant qu'orthographique) se prononcent [tɕi], [ɲi], [ɕi] et [ʑi], alors que cette modification n'apparaît pas pour cy [tsɨ], ny [nɨ], sy [sɨ], zy [zɨ]. Enfin, l'on trouvera li et ły, mais jamais ly ou łi.

Caractéristiques grammaticales

Article détaillé : Grammaire polonaise.

Comme plusieurs langues baltes et slaves, le polonais comporte sept cas (nominatif, génitif, datif, accusatif, vocatif, instrumental et locatif). Il existe cinq genres (le masculin personnel, le masculin animé, le masculin inanimé, le féminin et le neutre) et deux nombres (singulier et pluriel). La flexion du verbe se fait non seulement pour indiquer la personne et le nombre, mais également pour déterminer le genre. L'usage de pronoms personnels est donc superflu et sert par exemple d'emphase. La conjugaison des verbes est fortement irrégulière. L'ordre des mots dans une phrase a souvent peu d'importance, de sorte que le sujet et l'objet peuvent s'insérer autant avant qu'après le verbe. Ils peuvent aussi disparaître si le contexte les rend superflus, particulièrement dans le cas de pronoms personnels.

Exemples

Mot Traduction Prononciation standard Rapport étymologique au latin ou au français
terre ziemia [ˈʑɛmʲa] humus
ciel niebo [ˈɲɛbɔ] nimbus
eau woda [ˈvɔda] unda
feu ogień [ˈɔɡʲɛɲ] ignis
homme mężczyzna [mɛ̃ˈʃʧɨzna] mens
femme kobieta [kɔˈbʲɛta]
manger jeść [jɛɕʨ] edere
boire pić [pʲiʨ] bibere
grand duży [ˈduʒɨ]
petit mały [ˈmawɨ] malus
nuit noc [nɔʦ] nox
jour dzień [ʥɛɲ] dies

Références

  1. (sv) Världens 100 största språk 2010, Nationalencyklopedin [« Les langues les plus parlées en 2010, Encyclopédie nationale suédoise »], vol. 35, Stockholm, (ISBN 9789186365264)
  2. a et b (en) « LANGUAGE SPOKEN AT HOME BY ABILITY TO SPEAK ENGLISH FOR THE POPULATION 5 YEARS AND OVER », sur factfinder.census.gov.
  3. « Proportion de la population selon la langue maternelle déclarée, pour différentes régions au Canada, Recensement de 2016 », sur statcan.gc.ca.
  4. (ro) « Tab9. Populaţia stabilă pe sexe, după limba maternă » [xls], sur recensamantromania.ro.
  5. « Bortsch – Le polonais, deuxième langue la plus parlée en Angleterre », Le Monde, (consulté le 4 mars 2017).
  6. « Proportion de la population selon la langue maternelle déclarée, pour différentes régions au Canada, Recensement de 2016 », sur statcan.gc.ca.
  7. « Proportion de la population selon la langue maternelle déclarée, pour différentes régions au Canada, Recensement de 2016 », sur statcan.gc.ca.

Voir aussi

Consulter le Wiktionnaire rédigé en polonais.

Articles connexes