Politique en Russie

La Russie est une république fédérale. Le chef de l’État s'appelle le président et est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 6 ans[1], renouvelable une seule fois consécutive. Le pouvoir législatif est représenté par l'Assemblée fédérale composée de la Douma (russe : Дyмa) ou, plus précisément, Douma d'État, formée par 450 députés élus au suffrage universel direct pour 5 ans et du Conseil de la Fédération (russe : Совет Федерации), formé de 170 représentants des Sujets de la Fédération (collectivités locales), appelés souvent « sénateurs ».

Le président est Vladimir Poutine depuis le [2]. Le président de la Douma d'État est Viatcheslav Volodine depuis les élections législatives de septembre 2016 et le Conseil de la Fédération est présidé, depuis septembre 2011, par Valentina Matvienko.

Élections législatives

Élections législatives de 1995

  • 50 % de mandats du scrutin uninominal pour les communistes. La Douma encore plus opposée à Eltsine qu'auparavant.

Élections législatives de 1999

Russie1999.png

  •  : annonce du départ de Boris Eltsine du poste de Président. 

Élections législatives de 2003

  • Date des élections :
  • 450 sièges à pourvoir : majorité simple : 226 voix - majorité qualifiée (2/3) : 300 voix.
  • Résultats de gauche à droite :
    • Taux de participation 54,7 %
    • Parti communiste de la Fédération de Russie : 51 sièges (-28) et 12,8 % des voix exprimées;
    • Rodina : (nationalistes de gauche) : 37 sièges (+37) et 9,2 % des voix;
    • Groupe agraire : 3 sièges (-40) et 3,7 % des voix;
    • Russie unie : (pro Vladimir Poutine) : 221 sièges et 38 % des voix;
    • Parti du peuple : (pro Vladimir Poutine) : 16 sièges et 1,2 % des voix;
    • Parti libéral-démocrate de Russie : (présidé par Vladimir Jirinovski) : 37 sièges (+23) et 11,7 % des voix;
    • Indépendants : 67 sièges (+41) et 3,84 % des voix;
    • Divers : 18 sièges et 14,4 % des voix.

Russie2004.png

Ces élections marquent le triomphe du président Vladimir Poutine qui obtient avec ses alliés la majorité absolue à la Douma, et le soutien clair de l'opinion publique russe. Avec ses alliés de la droite nationale, le président Poutine a les moyens de réformer la Constitution.

Le Parti communiste s'effondre malgré son activisme et son influence se résume aux anciens membres de la nomenklatura communiste et à quelques nostalgiques. La modification du paysage politique russe ces dernières années s'est traduite par l'apparition des nationalistes de gauche.

Élections législatives de 2007

Des élections législatives ont eu lieu le dimanche . Elles ont vu le triomphe de Russie Unie, le parti du président Vladimir Poutine. 450 députés ont été élus à la chambre basse du Parlement russe (la Douma d'État) pour une période de 4 ans. Pour la première fois dans l'histoire électorale russe, les députés sont élus uniquement par représentation proportionnelle à scrutin de liste (jusqu'en 2005, la moitié de députés étaient élus selon les listes majoritaires à mandat unique). Le seuil de représentation pour un parti a aussi été élevé de 5 % à 7 % de voix.

Douma élections 2007.png

Représentation à la Douma

Partis sans aucun siège

Seuls Russie Unie, le KPRF, le LPDR et Russie juste y sont donc représentés[3]. Les critiques parlent d'une opposition de moins en moins présente au fur et à mesure du temps, alors que le parti libéral-démocrate est assez proche du Kremlin, et le parti Russie Juste et Russie Unie s'accordent pour soutenir le pouvoir[4].

Élections législatives de 2011

  • Date des élections :
  • 450 sièges à pourvoir : majorité simple : 226 voix - majorité qualifiée (2/3) : 300 voix.
  • Remportées par Russie unie, parti soutenant Vladmir Poutine avec une majorité absolue de 238 sièges et 49,32 % des voix. Le Parti communiste (KPRF) obtient 19,19 % des voix, le parti Russie juste (SR) 13,24 %, le parti libéral-démocrate (LDPR) 11,67 %, enfin le parti libéral Iabloko 3,43 %[5].

Douma2011.jpg

Élection présidentielle de 2012

Élections législatives de 2016

State Duma election 2016.svg

Élection présidentielle de 2018

  • Taux de participation : 67,54 %
Résultats de l'élection présidentielle russe de 2018[6]
Candidat Parti Voix %
Vladimir Poutine Russie unie[7] 56 430 712 76,69
Pavel Groudinine Parti communiste 8 659 206 11,77
Vladimir Jirinovski Parti libéral-démocrate 4 154 985 5,65
Ksenia Sobtchak Initiative civile 1 238 031 1,68
Grigori Iavlinski Iabloko 769 644 1,05
Boris Titov Parti de la croissance 556 801 0,76
Maxim Souraïkine Communistes de Russie 499 342 0,68
Sergueï Babourine Union nationale russe 479 013 0,65
Votes valides 72 787 734 98,92
Votes blancs et nuls 791 258 1,08
Total 73 578 992 100
Abstention 35 433 323 32,46
Nombre d'inscrits / participation 109 012 315 67,54

Mandat de Vladimir Poutine

Réformes politiques sous Vladimir Poutine

Dans le domaine politique les réformes ont été centrées sur la création d'une « verticale du pouvoir » afin de rendre le dernier plus concentré et efficace (ce processus fut accéléré à la suite de la tragédie de Beslan le ) :

  • réforme de la division territoriale avec la création de sept Districts fédéraux par le décret présidentiel no 849 du [8] ;
  • réforme du Conseil de la Fédération de Russie (2000 − 2002), et arrêt des élections des gouverneurs des sujets de la Fédération qui seront dorénavant désignés par le président avec entérinement ultérieure par la législation locale (septembre 2004)[9] ;
  • création d'organes consultatifs : un Conseil d'État (GosSoviet), constitué des gouverneurs et une Chambre de la société (Obschestvennaïa Palata), constituée des personnalités influentes et connues ;
  • mise en place de mesures assurant une meilleure cohésion entre les ministères de l'ordre public dits siloviki (Intérieur, Armée, FSB) et le ministère des Situations d'urgence.

Critiques du pouvoir de Vladimir Poutine

Manque de démocratie

Article connexe : Memorial.

Outre les accusations de fraudes électorales lors des élections de 2000[10], de 2008[11], de 2011[12], de 2012[13], de 2016[14], certains analystes considèrent qu'il existe une dérive autoritaire du pouvoir de Vladimir Poutine. En octobre 2006, Marie Mendras, chercheuse au CERI et enseignante à l'Institut d'études politiques de Paris connue pour son opposition à Vladimir Poutine, jugeait qu'en Russie, « il n'y a plus ni Parlement ni Cour constitutionnelle dignes de ce nom, le gouvernement est court-circuité par l'administration présidentielle, les juges sont soumis au pouvoir politique dès qu'une affaire devient délicate. Cela nous ramène au problème de la violence et de l'impunité [...]. Désinstitutionnalisation du régime, opacité des décisions, montée de l'arbitraire et des méthodes expéditives : tout cela traduit une agitation croissante des cercles dirigeants »[15].

La « Marche du désaccord » à Saint-Pétersbourg le .
Manifestation contre l'intervention russe en Crimée à Moscou, le .

Depuis 2005, une partie de l'opposition s'est regroupée à plusieurs reprises pour organiser des manifestations, telles que La Marche du désaccord, Stratégie-31, Poutine doit partir, auxquelles cependant les partis les plus importants de l'opposition à la Douma (Parti Communiste, Rodina, LDPR), ne participent pas. Ce mouvement regroupe des courants politiques hétéroclites, dont des libéraux, L'Autre Russie ou jusque 2006 le Parti national-bolchevique. Parmi ses chefs de file, on retrouve le champion d'échecs Garry Kasparov, le dissident Édouard Limonov, l'ancien premier-ministre Mikhaïl Kassianov, l'avocat Alexeï Navalny, le militant Sergueï Oudaltsov ou l'homme d'état Boris Nemtsov. Ces manifestations sont souvent interdites pour diverses raisons par les autorités, les militants sont arrêtés, emprisonnés ou subissent des pressions [16],[17],[18],[19]. La candidature de ces opposants est fréquemment rejetée pour des motifs divers[20]. Certains militants anti-Poutine notables ont été assassinés, comme Iouri Tchervotchkine ou Boris Nemtsov[21], d'autres ont subi des tentatives d'assassinat, comme Vladimir Vladimirovich Kara-Murza[22],[23],[24],[25].

Contrôle des médias

Depuis 2002-2004, le Kremlin a resserré son emprise sur les chaînes de télévision ou journaux privés tels que NTV à travers une prise de contrôle par le géant gazier para-étatique Gazprom. Après la prise d'otages de Beslan en 2004, le quotidien Izvestia avait publié plusieurs photographies de la tragédie, à la suite de quoi le rédacteur en chef avait été renvoyé.

Il existe quelques titres de la presse indépendants, tels que Novaïa Gazeta. De nombreux journalistes critiques du régime et de son président ont été assassinés, sans que leur assassinat soit clairement élucidé, tels que Paul Klebnikov, Anna Politkovskaïa, Stanislav Markelov ou Natalia Estemirova. Enfin, plusieurs médias indépendants créés dans les années 1990, tels que ceux de Vladimir Goussinski et Boris Berezovsky, sont sanctionnés, jusqu'à devoir être cédés au pouvoir ou fermer[26], tendance qui perdure[27].

Selon une étude publiée par l'université d'Oxford, 45 % des 1,3 million de comptes Twitter russes ayant posté plus de 10 tweets en rapport avec la politique russe, de février 2014 à décembre 2015 sont des bots informatiques[28],[29].

Obligation d'enregistrement des ONG

À la suite d'une loi promulguée en 2006, les ONG étrangères doivent elles aussi enregistrer leurs statuts et leurs activités[évasif] auprès du Service d'enregistrement fédéral (FRS)[Quoi ?]. Cette procédure exige de chaque association qu'elle fournisse une liste de documents (notamment la comptabilité, les sources de financement, etc.[évasif]). Les ONG qui ne peuvent répondre à ses formalités devront quitter le pays[évasif][30]. Le WWF a déjà fait savoir qu'il quitte le pays pour ne pas se soumettre au contrôle de l'État[réf. souhaitée].

Le président du comité de la Douma Konstantin Kossatchev a quant à lui rappelé que la loi russe sur les ONG a été adoptée compte tenu des recommandations du Conseil de l'Europe et que son élaboration a été menée compte tenu de l'avis des experts de cette organisation. « Les modalités de réenregistrement de ces ONG ne sont pas […] excessives », a souligné le député[31].

Lacunes de la justice

De nombreux quotidiens estiment que l'État de droit est menacé en Russie : pour le journal Vedomosti, « le niveau croissant de la criminalité et du nombre de verdicts bizarres et étrangement cléments ne font que renforcer le sentiment d'injustice au sein de la société russe[32]. » Il fait allusion à la clémence des tribunaux dans les affaires d'actes racistes qui se multiplient dans les villes russes[33]. La criminalité a diminué sous la présidence de Vladimir Poutine. Sous Boris Eltsine, environ 19 personnes sur 100 000 habitants décédaient de mort violente, contre 10,2 pour 100 000 en 2010[32],[34]. Cependant le président et l'appareil de l'État russe disent être conscients du problème de montée de l'extrémisme et du racisme et prennent des mesures vigoureuses pour contrer leur expansion[35].

Notes et références

  1. De 4 ans jusqu’à l’élection présidentielle de 2012.
  2. « Cérémonie d'investiture du Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine ».
  3. Commission Électorale Russe.
  4. RIA Novosti.
  5. Jean-Marie Chauvier, « Révolution blanche », drapeaux rouges et forces de l’ombre, Le Monde diplomatique, .
  6. (ru) « Результаты выборов Выборы Президента Российской Федерации », sur CEC,‎ (consulté le 25 mars 2018).
  7. Candidat de Russie unie se présentant administrativement en tant qu'indépendant, il est également soutenu par Russie juste, Rodina et plusieurs partis mineurs.
  8. Chronologie internationale : Russie et CEI - La Documentation française.
  9. Le conseiller de V. Poutine répond aux critiques sur la réforme politique.
  10. Résumé de l’enquête du The Moscow Times dans L'élection de M. Poutine entachée de fraude, lemonde.fr, . The Moscow Times affirme « la conclusion inévitable est que M. Poutine, sans avoir triché, n'aurait pas gagné dès le premier tour » et Le Monde commente « La liste des fraudes est interminable ».
  11. AFP et RTL.be, Coup de sang au Parlement russe contre des fraudes électorales , , consulté le
  12. Les fraudes électorales en Russie dévoilées par des vidéos amateur, France 24
  13. Cyrille Louis et Pierre Avril, Russie : des anomalies et des soupçons de fraudes signalés, Le Figaro, , consulté le
  14. Aude Massiot, En Russie, un journaliste infiltré dans un système de fraude électorale pro-Poutine arrêté, Libération, , consulté le
  15. Jean Piel, Le Monde du cité par La Russie en pleine dérive autoritaire, RFI, .
  16. Reuters, Deux opposants à Poutine condamnés à 4 ans de prison, Le Monde, , le chapeau indique Sergueï Oudaltsov et Leonid Razvojaev avaient organisé les grandes manifestations de mai 2012, à la veille de l'investiture de Vladimir Poutine, consulté le
  17. AFP, L'opposant Garry Kasparov arrêté lors d'une manifestation à Moscou, La Dépêche, , consulté le
  18. Jean-Pierre Mercier, Kasparov physiquement agressé à Moscou, Libération, , consulté le ,
  19. Russie : la police fait irruption dans les bureaux de l’opposant anti-corruption Navalny, SudOuest.fr avec AFP, publié le 28/01/2018, consulté le , http://www.sudouest.fr/2018/01/28/russie-la-police-fait-irruption-dans-les-bureaux-de-l-opposant-anti-corruption-navalny-4150366-4803.php
  20. Russie: Alexeï Navalny interdit de candidature à la présidentielle 2018, RFI, , consulté le
  21. Emmanuel Grynszpan, Mort suspecte d'un activiste anti-Poutine, Libération, , consulté le
  22. Tom Porter, « Russia: Anti-Kremlin activist Vladimir Kara-Murza in hospital after 'poisoning' », International Business Times,
  23. Gabrielle Tétrault-Farber, « Opposition Activist Remains in Critical Condition », Moscow Times,
  24. « Putin’s Russia: Don’t Walk, Don’t Eat, and Don’t Drink », New Yorker
  25. "Condition of opposition journalist Kara-Murza remains ‘critical’", The Interpreter, .
  26. Pierre Avril, « L'information, l'autre guerre de Vladimir Poutine », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  27. « En Russie, une chaîne de télé ferme parce qu'elle « dérange », selon son patron », Le Monde et AFP,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  28. Thierry Noisette, « Propagande et fake news : Facebook et Twitter sont utilisés pour manipuler », sur L'Obs, (consulté le 26 juin 2017).
  29. (en) Sergey Sanovich, 1 Working Paper No. 2017.3 Computational Propaganda in Russia : The Origins of Digital Misinformation, université d'Oxford, , 26 p. (lire en ligne), p. 14.
  30. « Les ONG étrangères doivent s'enregistrer ou partir », dans Courrier international du 18/10/2006, [lire en ligne]
  31. Les règles d'enregistrement des ONG occidentales sont raisonnables. Agence de presse RIA Novosti. Le 19/10/2006
  32. a et b Philippe Randrianarimanana, « Russie. L'État de droit en faillite », dans Courrier international du 23/10/2006, [lire en ligne]
  33. Parmi les derniers meurtres à caractère raciste, citons celui du jeune Vietnamien Vu An Tuan, le 13 octobre 2004, celui d'un étudiant congolais en septembre 2005.
  34. « Homicides volontaires par 100000 habitants », sur Perspective monde, 1998-2010
  35. http://fr.rian.ru/society/20061115/55671612.html Le pouvoir ripostera à ceux qui sèment la discorde raciale, ethnique et religieuse (Poutine).

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Joel M. Ostrow (dir.), Politics in Russia : a reader, Sage, CQ Press, Los Angeles, Calif., London, New Delhi, 2013, 488 p. (ISBN 978-1-608-71650-0)
  • (en) Stephen White, Richard Sakwa et Henry E. Hale, Developments in Russian politics 8, Palgrave Macmillan, Basingstoke, Hampshire, 2014, 300 p. (ISBN 978-1-13-739213-8)

Articles connexes

Liens externes