Pola Negri

Pola Negri
Description de cette image, également commentée ci-après
Pola Negri en 1923.
Nom de naissance Barbara Apolonia Chałupiec
Naissance
Lipno (Pologne)
Nationalité d'origine : Drapeau de la Pologne Polonaise
naturalisée : Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 90 ans)
San Antonio (États-Unis)
Profession Actrice

Pola Negri ([1], Lipno, Pologne - , San Antonio, Texas, États-Unis) actrice polonaise du cinéma muet[2], se maria en seconde noces à Seraincourt le avec le prince Serge Mdivani. Ruinée par le krach financier de 1929, elle vendit le château de Rueil et, en 1941, s'installa définitivement aux États-Unis. Elle prit la nationalité américaine en 1951. Elle vécut au 6933, Hollywood Boulevard.

Carrière et biographie

L'Europe

Née Barbara Apolonia Chałupiec d’une mère issue de la petite noblesse polonaise et d’un père slovaque [3] arrêté et déporté en Sibérie quand elle est petite, Pola est élevée par sa mère. Elle prend des cours d'art dramatique et grâce à l'aide du vice-président de la direction des théâtres impérieux de Varsovie (Warszawskie Teatry Rządowe) Kazimierz Hulewicz[4] elle fait ses débuts au théâtre en 1912 dans une pièce d'Aleksander Fredro, puis joue au Grand Théâtre de Varsovie[5]. En 1914, grâce à la protection de Hulewicz[4], Pola Negri débute au cinéma dans Niewolnica Zmysłów (« L'Esclave sensuelle ») réalisé par Jan Pawłowski [5]. Puis elle signe un contrat avec le studio Sfinks d'Aleksander Hertz qui la dirige dans plusieurs films. C'est à cette époque-là qu'elle prend le pseudonyme de Pola Negri en hommage à la poétesse italienne Ada Negri[1].

En 1917, Pola Negri quitte Varsovie pour Berlin où elle signe un contrat avec Max Reinhardt. Celui-ci la dirige au théâtre dans le conte oriental Sumurun, dont Ernst Lubitsch réalise l'adaptation cinématographique avec un grand succès. Prise sous contrat par la UFA, les deux hommes propulsent rapidement Pola Negri au rang de star. Lubitsch devient son metteur en scène préféré et la dirige notamment dans Carmen, La Chatte des montagnes et Montmartre. Surtout La Du Barry remporte un succès mondial, et Lubitsch est appelé à Hollywood pour diriger Mary Pickford dans une évocation historique.

La star travaille également avec Georg Jacoby, plus tard metteur en scène d'un mythique Quo vadis ? avec Emil Jannings, et mentor (avec Reinhardt) de Hedy Lamarr, et le russe Dimitri Buchowetzki, spécialiste des grands sujets (Danton, Othello) pour une adaptation d'Alexandre Dumas. Pola Negri côtoie ainsi le gotha du cinéma d'Europe centrale, de Jannings à Asta Nielsen.

Hollywood

L'accent n'étant pas une barrière pour le cinéma muet, ses premiers succès conduisent Pola Negri à Hollywood où elle est prise sous contrat à la Paramount, le plus européen des studios américains. Le service publicitaire la présente comme la rivale de Gloria Swanson (occasionnant une « guerre des pousse-pousse » dans les chemins du studio) mais son image est plus proche de celle de Lupe Vélez, surnommée « le volcan mexicain» : sa vie privée défraye la chronique ; outre trois mariages (deux comtes et un prince géorgien, Serge Mdivani), la belle est associée à Charlie Chaplin et Rudolph Valentino - à la mort de celui-ci en 1926, elle se comporte comme sa veuve.

La gloire de Pola Negri est à son apogée durant toutes les années 1920. Elle s'illustre d'abord dans deux films de George Fitzmaurice puis éclate avec The Spanish Dancer de Herbert Brenon, film historique inspiré par Victor Hugo. L'actrice retrouve ensuite deux de ses directeurs européens, Dimitri Buchowetzki et surtout Ernst Lubitsch pour Paradis défendu (1924), le dernier film de leur association, où elle joue Catherine II de Russie. L'exotisme lui colle à la peau car elle interprète ailleurs la reine des Apaches parisiens selon Francis Carco.

Après une adaptation de W. Somerset Maugham par Raoul Walsh, comme Greta Garbo dix ans plus tard, Hollywood tente de l'« américaniser » dans deux films de Malcolm St. Clair, avec un succès relatif. Après son renvoi de la MGM, où désormais Garbo vole de ses propres ailes, le Suédois Mauritz Stiller devient le nouvel amant supposé de la star polonaise et son directeur dans trois films. Elle interprète encore une princesse dans Moscou-Shanghaï (1928) de l'Allemand Ludwig Berger, d'après Victorien Sardou.

Retour en Europe

Pola attend un enfant quand son contrat avec Paramount arrive à échéance en 1928. Elle décide de ne pas le renouveler et de déménager en France pour s’occuper de sa famille. Elle s'installe près de Paris dans le village de Seraincourt. Elle habite le château de Rueil qu'elle vendra lorsque la crise de 1929 l'aura en partie ruinée.

Cela coïncide avec l'arrivée du cinéma parlant qui devait porter un coup fatal à la carrière de nombreuses stars. Quelques mois plus tard, Pola fait une fausse couche et sombre dans une profonde dépression. Sa mère l’encourage alors à retourner devant les caméras. Elle accepte l’offre de la Gaumont British Film pour figurer dans Son dernier tango, tourné en Angleterre par le réalisateur hongrois Paul Czinner - le dernier film muet de Pola Negri[3].

Puis les réalisateurs français Tony Lekain et Gaston Ravel envisagent d'engager Pola dans Le Collier de la reine, premier film sonore français, mais son mari refuse qu’elle apparaisse en partie dénudée. Les mêmes réalisateurs la contactent de nouveau quelques années plus tard pour jouer dans un film Pathé, Fanatisme (1934), se déroulant sous l'empire de Napoléon III. Pola, qui vient de divorcer accepte l’offre. Son film suivant, réalisé par l'allemand Willi Forst, est Mazurka (1935), qui lui permet de renouer avec la UFA. Elle doit cependant prouver à Goebbels qu'elle n'est pas juive polonaise. Pola Negri apparaît dans cinq autres films produits par UFA, dont Moscou-Shanghai (1936) de Paul Wegener (son partenaire de Sumurun), Madame Bovary de Gerhard Lamprecht et deux films de l'italien Nunzio Malasomma.

Pola Negri continue de vivre en France, travaille un temps pour la Croix-Rouge en même temps qu’elle tourne en Allemagne, jusqu’à ce que, fuyant le régime nazi, elle finisse par rejoindre Hollywood, parmi les milliers d’Européens émigrés par bateau pour les États-Unis via Lisbonne[3].

Retraite en Amérique

Pola Negri ne tournera plus que deux films sans importance : Hi Diddle Diddle, qui sort en 1943 et lui permet pourtant de recroiser Adolphe Menjou, son partenaire dans Bella Donna, The Spanish Dancer et Paradis défendu - on la comparera alors avec le personnage de Norma Desmond du film Boulevard du crépuscule (1950), interprété par son ancienne rivale Gloria Swanson.

Dans les années 1950, Pola Negri est productrice. Au début des années 1960, Walt Disney la convainc de jouer un dernier rôle dans La Baie aux émeraudes, sorti en 1964. La même année, l'ancienne star reçoit un prix pour l'ensemble de sa carrière, au Festival International du Film de Berlin. Elle publie également ses mémoires en 1968[5].

Elle meurt d'une pneumonie à l'âge de 90 ans en donnant presque tout son patrimoine à la St. Mary’s University. Elle est enterrée au Calvary Cemetery à Los Angeles.

En 2006, elle est le sujet du film documentaire Pola Negri: Life is a Dream in Cinema[6].

En , un spectacle musical utilisant la technologie 3D et retraçant sa biographie est monté à Moscou [7].

Filmographie sélective

Pola Negri et Paul Lukas dans Les Trois Coupables (Three Sinners) (1928)

Notes et références

  1. a et b Source: Acte notarié
  2. « Les yeux noirs Negri, Pola », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 3 février 2018)
  3. a b et c cinematheque.fr/data/museo/cycles/fichiers/dossierpresse_4b3b313c-2fd4-4936-8adf-000000000297.pdf
  4. a et b Łukasz Biskupski, « Zagadka Sfinksa », "Pleograf. Kwartalnik Akademii Polskiego Filmu" nr 1/2019,‎ (lire en ligne)
  5. a b et c http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=36958
  6. (en) « ''Pola Negri: Life is a Dream in Cinema'' page », Polanegri.com (consulté le 8 juillet 2010)
  7. http://polanegri.ru/en/main/makeit/

Liens externes