Accord de Vienne sur le nucléaire iranien

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Les ministres des Affaires étrangères (de gauche à droite montrés à droite) de la Chine, la France, l'Allemagne, l'Union européenne, l'Iran, le Royaume-Uni, et les États-Unis annonçant la conclusion réussie des négociations pour le plan global d'action conjoint, à Vienne, Autriche, le 14 juillet à 2015.

L'accord de Vienne sur le nucléaire iranien ou plan d'action conjoint (en persan : برنامه جامع اقدام مشترک ) est un accord signé à Vienne, en Autriche, le 14 juillet 2015, par les huit parties suivantes : les pays du P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne), ainsi que l'Union européenne et la République islamique d'Iran. Cet accord-cadre a pour but de faire cesser le Programme nucléaire iranien et faire lever les sanctions économiques qui touchaient le pays.

Il s'agit d'un accord permanent entre les parties visant à lever les sanctions imposées à l'Iran par les États-Unis, l'Union européenne et les Nations unies, et en contre-partie l'Iran restreint son programme nucléaire à long terme[1]. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon espère que cet accord permettra une meilleure coopération internationale sur les problèmes de sécurité au Moyen-Orient[2].

Contexte

Initiative iranienne

Le déclic dans cette discussion fermée est amorcé dans un premier temps par le Guide Suprême iranien Ali Khamenei qui a dit «ne pas s’opposer à un dialogue avec Washington». Mais l’élément décisif sera l’élection le 14 juin 2013 du progressiste et ancien négociateur nucléaire de 2003 à 2005, Hassan Rohani, qui a déclaré être prêt à des «négociations sérieuses».

Conférence de Genève

C’est en 2013 que se tient une conférence à Genève entre l’Iran et les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne (dit les « P5+1 ») qui aboutira sur l’arrêt temporaire du programme nucléaire iranien et une levée des sanctions économiques partielle.

Négociations de Lausanne

Suite à la conférence de Genève, une nouvelle rencontre a lieu à Lausanne, le 2 avril 2016.  Le but étant d’arriver à un accord-cadre. C’est ce qui a permis de préparer la rencontre de Vienne la même année. Cette rencontre est tenue comme l’acte décisif qui mène à l’accord dit « historique » entre l’Iran et les P5+1.

L'accord

 Cet accord est axé sur trois points principaux qui sont « une limitation du programme nucléaire iranien pendant au moins une décennie ; une levée des sanctions internationales contre l’Iran ; un renforcement des contrôles. »[3].

En pratique, cela consiste à des inspections de l’AIEA mais limitées à certains lieux et à certains matériaux afin de limiter l’enrichissement en uranium, et à un arrêt progressif des sanctions économiques. Cet accord peut être considéré comme historique et novateur car contrairement aux négociations faîte en 2003 et 2005, la communauté internationale veut seulement éviter le développement d’un programme nucléaire militaire clandestin et non cesser toutes les activités nucléaires du pays, surtout les sources civiles d'énergie.

Le 16 janvier 2016 est publié un rapport de l’AIEA indiquant que l’Iran a respecté les contraintes de l’accord en cessant son enrichissement d’uranium.

Conséquences

Conséquences économiques

C’est une nette amélioration de l’économie iranienne grâce à la levée des sanctions économique qui pesaient sur la pays. L’Iran peut à nouveau être un partenaire commercial de premier plan car avant tout, c’est la deuxième réserve mondiale de gaz et un gros producteur de pétrole.

Enjeux géopolitiques

La France et la République islamique ont déjà renoué des relations diplomatiques[4]. Nous pouvons aussi y lire un enjeu géopolitique car les États-Unis et la République Islamique pourraient renouer le contact, voire en faire un allié pour tenter de régler les problèmes de la région du Moyen-Orient comme la situation en Irak et en Syrie qui sont très problématiques. Néanmoins, le côté géopolitique est implicite, c’est un espoir. Malgré toutes ces bonnes nouvelles pour le pays et la communauté internationale, le gouvernement pourrait très bien relancer un programme d’enrichissement d’uranium secret. Mais cette menace est d’une faible probabilité parce que la levée des sanctions et la relance de leur économie est une bien meilleure opportunité que le programme nucléaire.

Limites

Limites géopolitiques

Il demeure que la situation diplomatique tendue et la crainte de tensions militaires comme de sanctions économiques multiplient les enjeux de ce pays. Les accords auxquels les différentes puissances sont parvenues au terme de temps et de compromis sont cependant fragiles et tandis que les enjeux se complexifient, les leaders politiques semblent s'emporter de plus en plus dans leurs propos, et délaissant la diplomatie.

Remise en question de l'accord par Donald Trump

Donald Trump a déclaré durant sa campagne présidentielle qu’il allait « déchirer » l’accord de Vienne car c’est le « pire accord jamais négocié » et qu’il pourrait déclencher un « holocauste nucléaire »[5].

En octobre 2017, des précisions sont apportées. Il ne quittera pas l'accord mais refuse de le certifier[6].

Le 12 janvier 2018, Trump lance un ultimatum aux signataires de l'accord, leur donnant 120 jours pour adopter de nouvelles mesures coercitives visant l'Iran, faute de quoi Washington sortira de l'accord[7].

Notes et références

Voir aussi