Pierre Manent

Pierre Manent
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Manent intervenant lors de la session des Semaines sociales de France au Parc Floral de paris, le 25 novembre 2011.

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Pierre Manent, né en 1949 à Toulouse[1], est un philosophe et professeur de philosophie politique français. Il est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales.

Biographie

Normalien, agrégé de philosophie (Hypokhâgne au Lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse, enseignement de Louis Jugnet), il est depuis 1992[1] directeur d'études à l'EHESS, aujourd'hui au Centre de recherches politiques Raymond Aron.

Assistant auprès de Raymond Aron (1905-1983) au Collège de France, il a participé à la création de la revue Commentaire en 1978 et fait toujours partie du comité de rédaction.

L'essentiel de sa réflexion politique se structure autour de deux questions fondamentales. D'abord, son travail tente de retracer la genèse de la pensée politique moderne. Manent a contribué, dans le cadre du centre Raymond Aron, à un mouvement de redécouverte des grands textes libéraux français (Benjamin Constant, François Guizot et surtout Alexis de Tocqueville) (cf. Les Libéraux et Tocqueville et la nature de la démocratie).

Après cette interrogation sur la politique, Manent entreprend de comprendre ce qu'est devenu l'homme, ou plutôt de comprendre la disparition de la question de l'homme à l'intérieur de la philosophie moderne et de penser philosophiquement le rapport entre les sciences sociales et la philosophie politique. Influencé à la fois par Aristote, Raymond Aron et Leo Strauss (1899-1973), il tente de faire valoir l'importance de la vie politique dans l'expérience humaine (cf. La Cité de l'Homme).

Dans son ouvrage La Raison des nations, Manent livre ses réflexions sur la construction européenne et l'avenir de la nation, après le rejet français lors du référendum sur l'adoption d'un Traité établissant une Constitution pour l'Europe.

Il enseigne depuis plusieurs années à l'EHESS le séminaire « La Question des formes politiques » au cours duquel il a étudié les formes de la philosophie politique en Grèce antique, dans la Rome républicaine et impériale et les transformations dues au christianisme (avec l'apport de saint Augustin), ainsi que les problématiques modernes introduites dans les représentations modernes de la vie politique par Machiavel, Montesquieu et Rousseau.

S'interrogeant sur la place des citoyens musulmans dans la société française, il avance que « la cristallisation communautaire se confirme plutôt qu’elle ne tend à disparaître »[2]. Il propose un contrat social qui permettrait à ceux-ci de conserver leurs mœurs en échange de quoi ils devraient accepter « une totale liberté de critique et de pensée relative à [leur] religion »[3]. Pour Gilles Kepel, « dans l'absolu, le raisonnement se tient mais ce n'est guère crédible ». Un clergé musulman partenaire du "deal" n'existe pas. « Le livre de Pierre Manent pêche par méconnaissance du terrain »[4]. Il est également critiqué dès le début des années 2000 par Daniel Lindenberg dans son pamphlet Le rappel à l'ordre (enquête sur les nouveaux réactionnaires)[5] pour qui « C'est sans doute Pierre Manent qui donne les véritables clefs de la diabolisation de l'islam et des "arabes". "Revenant sur la commotion électorale du 21 avril 2002, il (Pierre Manent) l'impute "au sentiment d'une triple dépossession" vécue "par la société française », « par l'immigration musulmane, par l'Europe et la mondialisation »[6]. Selon Daniel Lindenberg, cette mise en cause de l'islam apparaît pour ce qu'elle est : un plaidoyer barrésien contre le "déracinement" et pour une politique de l'identité appliquée au fait religieux.

Le 23 juin 2016, l'Académie française lui décerne le Prix du Cardinal Lustiger pour l'ensemble de son œuvre[7].

Publications

Ouvrages

  • Naissances de la politique moderne : Machiavel, Hobbes, Rousseau. Payot, 1997, rééd., Gallimard, 2007.
  • Tocqueville et la nature de la démocratie. Gallimard, 1982. rééd. Gallimard, "TEL", 2006. 196 pages.
  • Les Libéraux. 1986, rééd. Gallimard, 2001.
  • Histoire intellectuelle du libéralisme : dix leçons (1987, réed. 1997)
  • La Cité de l'homme. Flammarion, 1994, rééd. Flammarion, 2010. 295 pages. EAN 9782081279339.
  • Modern Liberty and Its Discontent, 1998. Textes édités et traduits par Daniel J. Mahoney et Paul Seaton. Lanham, MD : Rowman and Littlefield, 1998.
  • Cours familier de philosophie politique. Paris, Fayard, coll. L’Esprit de la cité, 2001 ; rééd., Paris, Gallimard, coll. Tel, 2004. 350 pages. prix Victor-Delbos, 2002.
  • L'Amour et l'amitié d'Allan Bloom (traduction) (Livre de Poche, 2003)
  • Une éducation sans autorité ni sanction ? (avec Alain Renaut et Albert Jacquard, Grasset, 2004)
  • La Raison des nations : Réflexions sur la démocratie en Europe. Gallimard, collection "l'esprit de la cité", 2006. 112 pages, (ISBN 2070777340).
  • Ce que peut la littérature (collectif avec Alain Finkielkraut, Mona Ozouf et Suzanne Julliard, Stock, coll. « Les Essais », 2006, 295 p., (ISBN 2-234-05914-3))
  • Enquête sur la démocratie : Études de philosophie politique. Gallimard, 2007. 295 pages. Recueil de nombreux articles.
  • Le regard politique. Entretiens avec Bénédicte Delorme-Montini. Flammarion, 2010. 268 pages.
  • Les métamorphoses de la cité. Flammarion, 2010, 427 pages. (ISBN 2081237504).
  • Montaigne : la vie sans loi. Flammarion, 2014. 328 pages. (ISBN 9782081270428).
  • Situation de la France, Desclée de Brouwer, , 176 p. (ISBN 978-2220077116)

Articles

  • « Les théoriciens de la monarchie : Bodin et Montesquieu », in Les Monarchies, ouvrage édité sous la direction d’Emmanuel Leroy Ladurie, p. 91 à 99, PUF 1986.

Bibliographie

  • Giulio De Ligio, Jean-Vincent Holeindre, Daniel J. Mahoney (dir.), La politique et l'âme. Autour de Pierre Manent, CNRS éditions, Paris 2014
  • Emmanuel Fournier, « Pierre Manent découvre l'Occident », L'histoire, no 360, p. 18-19, janvier 2011 (lien)
  • Compte-rendu par Blaise Bachofen de l'ouvrage Les Métamorphoses de la Cité, sur le site de La Vie des Idées.
  • Compte rendu par Tanguy Wuillème, « Pierre Manent, Les métamorphoses de la cité. Essai sur la dynamique de l’Occident », dans la revue Questions de Communication, 19 - 2011
  • Essai général sur les Métamorphoses de la Cité par Jean-Pierre Delange, sur le site Phronesis.

Articles connexes

Notes et références

  1. a et b Interview de Pierre Manent, page Idées, Le Point, no 1984, 23 septembre 2010
  2. Pierre Manent : «Il faut faciliter l'engagement des musulmans dans l'aventure française», entretien, liberation.fr, 23 octobre 2015
  3. Situation de la France, compte-rendu par MARTIN LEGROS, philomag.com,
  4. « La géopolitique de la guerre civile », entretien avec Gilles Kepel, Conflits, no9, avril - mai - juin 2016
  5. [Daniel Lindeberg, Le rappel à l'ordre (enquête sur les nouveaux réactionnaires), La république des idées/Le Seuil, 2002)
  6. Pierre Manent, Le sentiment national en déshérence, Le Figaro, 23 mai 2002
  7. « Académie française », sur academie-française.fr, (consulté le 24 juin 2016)

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque royale des Pays-Bas • WorldCat
  • (fr) « Nous manquons d'ambitions intellectuelles »
  • (fr) Pierre Manent et la question de l'homme
  • (fr) Sur le Contrat première embauche
  • (fr) Contre la religion de l’humanité
  • (fr) Article sur la pensée politique de Pierre Manent sur le site Phronesis.