Pierre Girard-Hautbout

Pierre Girard-Hautbout est homme d'affaires français né le 5 août 1943. Il développa des activités de lobbying auprès du régime de Saddam Hussein dans les années 1990 et 2000 et fut impliqué en 2004 dans une affaire de contre-espionnage.

Biographie

Girard-Hautbout est cité comme un proche du général Jeannou Lacaze dans les années 1990 lorsque l'ancien chef d'état-major des armées accède à la députation européenne de 1989 à 1994[1] ; ce dernier apparaît comme le fer de lance du lobby pro-Saddam et tente d'organiser les relations commerciales franco-irakienne[1]. Girard-Hautbout intervient notamment en 1997 comme chargé de mission du Conseil du commerce et de l'industrie franco-irakien (CCIFI), une officine privée créée par le général opérant en dépit de l'embargo économique décidé par l'ONU à l'encontre de l'Irak[2]. Le CCIFI n'est cependant crédité d'aucune réalisation, tant et si bien que le général, connu pour ses amitiés israélienne, est soupçonné par les services de renseignements irakiens de couvrir les activités du Mossad[3]. Girard-Hautbout fonde alors l'association Présence Française avec William Le Bras[3]. Il fait ensuite la rencontre de Philippe Brett, laquelle aboutira en l'an 2000 à la formation de l'Office français pour le développement de l'industrie et de la culture (OFDIC)[1].

Office français pour le développement de l'industrie et de la culture

Il organise en septembre 2000, soit six mois après sa formation, le voyage à Bagdad d'une soixantaine de personnes, dans le cadre d'une mission qualifiée, en plein embargo, d'humanitaire, et officiellement composée de médecins, dentistes ou sportifs amateurs; le gouvernement français récuse alors toute connexion avec l'officine[4].

Il diligente en septembre 2002, avec l'aval de l'Élysée et du Quai d'Orsay, via l'OFDIC[5], les discussions engagées avec le général Amer Hamoudi Hassan Al-Saadi [6], principal conseiller scientifique de Saddam Hussein[note 1].

Affaire Julia

Il est ensuite impliqué en 2004 dans l'affaire Julia[6],[7],[note 2].

Épilogue politique

Son mentor, Philippe Brett, fut par la suite poursuivi par le juge Bruguière pour intelligence avec une puissance étrangère. Parachuté par l'UMP dans la 3e circonscription du Lot-et-Garonne (Villeneuve-sur-Lot) pour les élections législatives françaises de 2007, ce dernier dut démissionner suite à la plainte déposée en son encontre par Philippe Brett et Pierre Girard-Hautbout[9], lequel se présenta dans la même circonscription, avec Philippe Brett comme suppléant, dans ce qui apparaît comme l'épilogue de l'affaire Julia[10],[note 3].

Notes et références

Références

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Didier Julia et Philippe Brett : Les deux font la paire., 11 octobre 2004
  2. Jeannou Lacaze, lobbyiste en Irak . Le général s'est reconverti en intermédiaire,coûteux, pour businessmen français., 13 février 1997
  3. 3,0 et 3,1 Gilles Munier, « Libération des otages : le handicap israélien de l'équipe Julia », sur Bulletin des Amitiés franco - irakiennes, (consulté le 1er août 2012).
  4. (en) John Lichfield, French aid mission defies Iraq embargo, 23 septembre 2000.
  5. Ollivier Navizet, « Un changement de régime en Irak coûtera cher à la France », sur archives.lists.indymedia.org, La Tribune, (consulté le 1er août 2012)
  6. 6,0 et 6,1 « Pierre Girard-Hautbout de passage à La Baule : « L'Irak reste le plus grand chantier du monde. »[le lien externe a été retiré] », la baule +, no 23,‎ , p. 13
  7. Christophe Boltanski et Éric Aeschimann, Chirac d'Arabie, Grasset, (ISBN 9782246691297).
  8. Quand la folle équipée se raconte, 6 octobre 2004
  9. René Guitton, En quête de vérité - Le martyre des moines de Tibhirine, Calmann-Lévy, (ISBN 9782702149928), p. 11.
  10. Villeneuve-sur-Lot. Un candidat UMP dissident sur fond de barbouzes, 12 mars 2007

Notes

  1. c'est probablement à l'issue de cette discussion organisée quelques mois avant le début de la guerre en Irak que la France a la conviction que l'Irak ne possède pas d'armes de destruction massive.
  2. Il participe à la rencontre du 4 septembre, mais reste à Paris[8], probablement en qualité d'agent de liaison. et d'où il confirme ensuite que Brett a bien rencontré les otages en Irak malgré sa présence à Damas. Jean-Pierre Raffarin convoquera les responsables de tous les groupes parlementaires en pleine tourmente afin de visionner un enregistrement des otages dans lequel ces derniers révèlent le prénom de leurs parents comme preuve de leur identité ; il est probable que cet enregistrement lui fut transmis par Girard-Hautbout.
  3. Bruguière et Girard-Hautbout furent tous deux battus par le candidat PS Jérôme Cahuzac, alors maire de Villeneuve, puis ministre 5 ans plus tard.

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