Pierre Conty

Pierre Conty
Information
Naissance
Grenoble
Surnom Pierrot
Condamnation 1980
Sentence Condamnation à mort
Victimes 3 morts
Période -
Ville Villefort

Pierre Conty, né en à Grenoble, est un militant anarchiste français, auteur d'un triple meurtre en 1977 pour lequel il est condamné à mort par contumace en 1980. Il est au cœur de ce qui est resté dans les annales criminelles comme l’affaire des « Tueurs fous de l'Ardèche ».

Biographie

Pierre Conty, né en décembre 1946[1], a grandi à Grenoble et est issu d'un milieu ouvrier, son père est un militant communiste. Enfant de mai 1968, il veut prouver aux paysans qu'un ouvrier pouvait revenir à la terre[2]. Anarchiste, il met un terme à son travail à Grenoble de fraiseur-ajusteur à vingt ans à Neyrpic et s'installe avec sa femme Véronique à la fin des années 1960 en Ardèche, d'abord à Antraigues puis à Rochebesse (Chanéac). Néorural, il se met d'abord à son compte en étant cantonnier puis éleveur de chèvres, se bagarre avec les voisins, paysans, propriétaires, chasseurs et agriculteurs du coin au point d'être expulsé pour occupation illégale des sols et non paiement des baux de location des terres par le tribunal des baux de Tournon car Conty considérait que la terre appartient à celui qui la cultive. Il reconnaît s'être imposé avec violence mais soutient que c'est la société qui la lui impose. Il rejoint ensuite des « hippies » constitués de fils de bourgeois parisiens qui montent une communauté dont il prend la tête. Il y règne une liberté sexuelle et sa femme tout comme lui s'y adonnent. Un jour, cette vie ne convient plus à sa femme qui le quitte avec les enfants. Pierre Conty se met alors en couple avec une femme prénommée Maïté. En difficulté et devenu dépressif, il montre alors une facette violente avec bagarres, cambriolages, vols et « droit de cuissage » sur les filles de la communauté.

Le , il prend la décision de braquer une agence bancaire Crédit agricole à Villefort (Lozère) raflant 40 000 francs français (22 000  en 2017)[3] avec deux complices Stéphane Viaux-Peccate et Jean-Philippe Mouillot issus quant à eux de la bourgeoisie parisienne mais appartenant à la même mouvance que Pierre Conty. Leur équipée est surnommée « Les tueurs fous de l'Ardèche ». Dans sa fuite en voiture, Pierre Conty tue de sang froid trois personnes qui se sont trouvées sur son chemin, d'abord le gendarme Dany Luczac (21 ans) croisé dans une estafette puis une famille de Pont-de-Labeaume en tuant Cyprien Malosse (21 ans) et son père Roland (54 ans) pour voler leur voiture[2],[4].

Aidé dans sa fuite par le milieu anarchiste et hippie[5], il se réfugie un temps dans une ferme de la Drôme appartenant à Noëlle Sarrola, fille de bourgeois parisiens, et son mari[6]. Il rallie ensuite sous de faux papiers l'Italie et aurait refait sa vie en Europe du Nord[7]. Il se signale le dans une lettre à l'attention du juge d'instruction qu'il n'est ni un tueur ni un otage. Ses complices sont quant à eux livrés à la justice. Le Stéphane Viaux-Peccate est arrêté à Groningue aux Pays-Bas dans une vaste opération menée contre la bande à Baader[8]. Jean-Philippe Mouillot se rend le [9].

En mai 1980 à Privas, Pierre Conty est condamné à mort par contumace, Stéphane Viaux-Peccate écope de dix-huit ans de réclusion criminelle et Jean-Michel Mouillot à cinq ans de prison.

Le mardi 23 septembre 1980, des policiers, qui enquêtent sur les activités du groupe Action directe, ont saisi près de la ferme de Rochebesse à Chaneac où habitait Pierre Conty , un important stock d'explosifs (1 250 kilos) ainsi que huit armes de guerre et un millier de cartouches. Cette opération permet aux enquêteurs d'établir un lien entre le groupe terroriste et Pierre Conty[10].

En 1982, la justice ordonne la cessation des recherches. Le 22 mai 2000, la peine capitale prononcée à l'encontre de Pierre Conty est prescrite. Christian Bonnet, ministre de l'intérieur en 1977, a énigmatiquement déclaré à son sujet dans une conférence de presse "Il ne nuira plus", suggérant qu'il a été abattu par des anciens camarades ou par les services de renseignement français[11].

Bibliographie et sources

  • Noëlle Sarrola, Une Version des Faits, Publibook, 2017, (ISBN 978-2342150957).

L’affaire des “tueurs fous de l’Ardèche” rebondit après 40 ans avec ce livre publié sur internet qui raconte les derniers jours en France de Pierre Conty , comment il a pu quitter le territoire national avec l’aide de l'auteur, Noëlle Sarrola, qui élevait alors des chèvres sur les hauteurs de la Drôme[12].

  • Henri KLINZ. Mars 2018 Gendarme qui a miraculeusement échappé aux balles de Pierre CONTY " Mon témoignage sur l'affaire Pierre CONTY le tueur fou de l'Ardèche " aux Editions DE MAREUIL (ISBN 9782372540773)
  • Yannick BLANC Les Esperados : histoire vraie, Laffont, 1984, réédition en 2011 aux éditions L'Échappée sous le titre : Les Esperados : une histoire des années 1970, (ISBN 978-2915830613).
  • Pierre Fayolle, « Pierre Conty : l’incroyable récit de sa disparition », Le Dauphiné,‎ (lire en ligne).
  • Nathalie Courtial, « Noëlle Sarrola raconte comment elle a aidé à l’époque le « Tueur fou de l’Ardèche » à quitter la France », La Montagne,‎ (lire en ligne).
  • Dominique Richard, « 40 ans après, le tueur fou de l’Ardèche est toujours introuvable », SudOuest,‎ (lire en ligne).
  • Louisette Gouverne, Henri Klinz, survivant des « tueurs de l'Ardèche », témoigne, Le Parisien, 23 octobre 2017, [lire en ligne].

Vidéo

  • Daniel Pajonk, « Ardèche : l'affaire Conty refait surface », France 3 Auvergne-Rhône-Alpes,‎ (lire en ligne).
  • Le 22 novembre 2017, le 20H de TF1 a malencontreusement utilisé des images de Pierre Conty pour illustrer un sujet sur la reconversion professionnelle[13].
  • L'affaire Conty, magazine de Patrice Morel, France 3, 2007) : https://www.youtube.com/edit?ar=1&o=U&video_id=e38g3M6bW0g et https://www.youtube.com/edit?ar=1&o=U&video_id=e38g3M6bW0g

Notes et références

  1. « De la marginalité au crime », sur lemonde.fr, .
  2. a et b Le "hippy" introuvable, lemonde.fr, le 22 mai 1980.
  3. Dominique Richard, « 40 ans après, le tueur fou de l’Ardèche est toujours introuvable », sur sudouest.fr, .
  4. Georges Bourquard, « Le fantôme de Pierre Conty », sur ledauphine.com, .
  5. « Hondelatte Raconte : Pierre Conty, le tueur de l'Ardèche (Récit intégral) », sur youtube.com, (consulté le 9 juillet 2018)
  6. Incroyable rebondissement dans l'affaire des "tueurs de l'Ardèche" hippy" introuvable, ledauphine.com, le 15 mars 2017.
  7. lamontagne.fr/noelle-sarrola-raconte-comment-elle-a-aide-a-lepoque-le-tueur-fou-de-lardeche-a-quitter-la-france_12394344.html#
  8. midilibre.fr/2017/04/02/braquage-mortel-a-l-ete-1977-
  9. Pierre Conty et les tueurs fous de l’Ardèche, rtl.fr, le 8 janvier 2014.
  10. lemonde.fr/archives/article/1980/09/25/un-important-stock-d-explosifs-est-decouvert-pres-de-la-ferme-ou-habitait-pierre-conty_
  11. Jean Durand, De Mandrin à Conty : deux siècles de criminalité, La Mirandole, , p. 223-229.
  12. ledauphine.com/france-monde/pierre-conty-l-incroyable-recit-de-sa-disparition
  13. huffingtonpost.fr/au-20h-de-tf1-un-sujet-sur-la-reconverstion

Voir aussi