Pierre-Cardin Lebret

Pierre-Cardin Le Bret, seigneur de Flacourt et de Pantin, né à Paris vers 1640 et décédé à Aix-en-Provence le (enseveli le lendemain à la Madeleine)[1], est un parlementaire aixois des XVIIe et XVIIIe siècles.

Biographie

Origine et famille

Il était le fils de Julien Le Bret[2] (mort en avril 1688), seigneur de Flacourt, conseiller au parlement de Paris et de Marie Sublet (décédée en juillet 1686), fille de Pierre Sublet d'Heudicourt, seigneur de Romilly, conseiller du roi en ses conseils d’État et privé, trésorier général de l'extraordinaire des guerres[3].

Les Le Bret étaient originaires de Normandie et furent anoblis à la fin du XVIe siècle grâce à l’obtention de la charge d’avocat général à la cour des aides. Le grand-père de Pierre-Cardin, Cardin Le Bret (1558-1655), avait déjà inscrit dans l'histoire familiale sa remarquable réussite parlementaire en étant Conseiller de Richelieu, avocat général en la Cour des aides et premier président au Parlement de Metz. Les Le Bret ont eu, au total, du XVIe au XVIIIe siècle, six magistrats en succession directe, dont Pierre-Cardin est le troisième[3]. Les Le Bret sont un bon exemple de l'interférence social entre la Haute Robe parisienne et les fonctions d'intendant.

Carrière

Pierre-Cardin fut successivement conseiller au grand conseil (1668), maître des requêtes (1676), intendant du Limousin (1681), du Dauphiné (1683), du Lyonnais (1686), et du Commerce du Levant 1687. Il fut reçu premier Président du Parlement d’Aix, le 8 octobre 1691[1]. Il exerça la première présidence jusqu'à sa mort, survenu en 1710.

Famille

Le il épouse Marie Veydeau de Grandmont (fille de François de Gramont-Saint-Lubin et de Marie Courtin de Tanqueux). De cette union naissent :

Portrait par Hyacinthe Rigaud

Pierre-Cardin Lebret et son fils Cardin par Hyacinthe Rigaud en 1697

Le portrait de Pierre Cardin Le Bret a été peint par Hyacinthe Rigaud[4] en 1697 contre 1800 livres[5]. Le montant exigé par l'artiste pour cette commande se justifie par le caractère exceptionnel de la composition : deux personnages sont représentés en pied, assis, au sein d’un environnement luxueux fait d’une lourde table, d’un rideau de fond qui habille des colonnes cannelées.

La toile (219 x 186 cm) est actuellement conservée en Australie, National Gallery of Victoria (Inv. n°1205-5 ; Signé et daté au dos : Hyacinthe Rigaud pinxit 1697). Provenant de la collection de Mme Paul Le Bret, née Miromesnil l'œuvre passa à la comtesse de Courthivon de Fels et fut conservée au château de Bretteville en Normandie jusqu’au début des années 1960. Elle fut alors donnée au musée par Everard Studley Miller en 1962.

L'effigie de Pierre Cardin Le Bret fut, par la suite, dissociée pour être transposée à l'estampe par Cœlemans[6] puis par Cundier[7].

Ursula Holf, du musée de Melbourne, a suggéré que Rigaud s’est sans doute inspiré pour le double portrait des Lebret, de la pose inventée par Van Dyck lorsque ce dernier figura, en 1632, le roi Charles Ier et la reine Henriette Marie, accompagnés de leurs deux enfants, le prince Charles et la princesse Mary (Buckingham Palace, collection royales). La copie de ce tableau, appartenant au Régent et conservée au Palais Royal de 1701 à 1798, était d’ailleurs connue de Rigaud (Londres, Goodwood House). On y retrouve le grand drapé de fond, le couple représenté en pied, assis dans de somptueux fauteuils et la présence d’une table à gauche, sur laquelle le monarque pose la main.

Notes et références

  1. a et b Chronologie des officiers des Cours souveraines de Provence, par Balthasar de Clapiers-Collongues (Édition de la Société d'Études Provençales, Aix-en-Provence 1909).
  2. "La descendance de Julien Le Bret vivant à Gisors au XVIe siècle" Jean Le Bret (2009)
  3. a et b La Provence des Lumières. Les parlementaires d'Aix au XVIIIe siècle de Monique Cubells (Maloine S.A. éditeur, Paris 1984).
  4. A. James-Sarazin, « Hyacinthe Rigaud et ces messieurs d’Aix-en-Provence », dans Bibliothèque de l'École des chartes, 2003, t. 161, p. 67-113.
  5. « Mr Le Bret et Mr son fils [ensemble] en pied ». J. Roman, Le livre de raison du peintre, Hyacinthe Rigaud, Paris, 1919, p. 59, 60, 61, 68.
  6. Le portrait de Pierre-Cardin fut gravé par Jacques Cœlemans en 1709. Buste dans un cadre ovale, en habit de magistrat, le corps de trois-quarts vers la gauche, la tête de face. Dans la bordure de l’ovale : PETRUS CARDINUS LE BRET GALLO-PROVINCIAE SENATUS PRINCEPS. Sur le pourtour extérieur de l’ovale, de part et d’autre d’une composition aux armes : H. Rigaud pinxit - I. Coelemans sculpsit. Sur le socle, de part et d’autre des armes : OFFEREBANT - CONVICTORES / COLLEGII BORBONII - AQUENSIS SOC. JESU / ALPH. LUD. DE CABRIS MASSIL. - HYACINT DE VILLENEUFVE AQUES / JOAN. BAP. D’ARNAUD MASSIL. - JOSEPH LUD. PAGY LAMBIS. / ANNO MDCCIX. Burin, H. 38,4 ; L. 30,5.
  7. Pour son recueil de 1724 consacré aux présidents du parlement de Provence, en contrepartie de l’estampe de Coelemans. Sur le pourtour extérieur de l’ovale : H. Rigaud pinxit - J. Cundier Sculpsit – 1724. Sur la tablette, de part et d’autre d’une composition aux armes : Pierre Cardin Le Bret Seigneur de - flacour Pantin & Autres Lieux Coner. / du Roy En Ses Conels. Me. Des Reqtes. - Intendent En Limosin En 1680. En / Auvergne En 1682 En Dauphiné En 1683 - En Lyonnois En 1686 & En Provence En 1687 / Commandant En Chef au dt. Paÿs Per. - Prest. En 1690 decedé a Aix au mois de / 19 février 1710. Burin, H. 25,7 ; L. 19,4.

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes