Philippe Poutou

Philippe Poutou
Philippe Poutou en 2011.
Philippe Poutou en 2011.
Biographie
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Villemomble (Seine, actuelle Seine-Saint-Denis)
Nationalité française
Parti politique LO (1995-1997)
VdT (1997-2000)
LCR (2000-2009)
NPA (depuis 2009)
Profession ouvrier d'usine

Philippe Poutou, né le à Villemomble (ex-département de la Seine, actuelle Seine-Saint-Denis), est un ouvrier, syndicaliste et homme politique d'extrême gauche français. Candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) à l'élection présidentielle de 2012, il recueille 1,15 % des voix. Il est à nouveau candidat au scrutin présidentiel de 2017, où il obtient 1,09 % des voix.

Biographie

Famille

Philippe Poutou est le fils d'un père postier et d'une mère femme au foyer.

Au moment de la campagne présidentielle de 2017, il déclare vivre en concubinage[1].

Situation professionnelle

Sans diplôme, après avoir échoué au bac mécanique, Philippe Poutou a d'abord enchaîné les emplois précaires, comme intérimaire ou surveillant de collège, avant d'être embauché en CDI chez Ford comme réparateur de machines-outils[2].

Il est ouvrier à l'usine Ford de Blanquefort en Gironde[3], usine qui fabrique principalement des boîtes automatiques[4] et dont il est l'un des responsables syndicaux de la CGT. Il s'est fait connaître pour son implication dans le mouvement contre la fermeture de l'usine de Blanquefort, qui a permis de maintenir 955 emplois[5]. Pendant la campagne présidentielle de 2017, il n'a pas d'activité professionnelle (la seule candidate à continuer à exercer une activité professionnelle pendant cette campagne est Nathalie Arthaud).

Dans sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique en 2017, il indique posséder une Peugeot 3008 de 2012 mais aucun bien immobilier[1].

Militantisme politique

Parcours militant

Philippe Poutou commence à militer au lycée en 1984, se disant à l'époque « anarchiste, anti-Pinochet, pour Mandela, contre l'apartheid, antinucléaire, baba-cool ». Plusieurs années plus tard, en 1995 (il a alors 27 ans), il entre avec plusieurs amis à Lutte ouvrière, où il sera militant jusqu'en 1997[6].

Avec d'autres militants, il est exclu de Lutte ouvrière à la suite d'une crise interne liée essentiellement au succès de la campagne d'Arlette Laguiller de 1995 et à l'abandon du projet de construction d'un large parti des travailleurs. Ceux-ci forment alors en 1997 la Voix des travailleurs, qui intègre en 2000 la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

Militant de la LCR devenue ensuite le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), il est candidat pour ce parti aux élections législatives de 2007 en Gironde[7], puis conduit la liste du NPA à l'élection régionale de 2010 en Aquitaine, qui recueille 2,52 % des suffrages exprimés[8].

Candidature à l'élection présidentielle de 2012

Logotype utilisé dans le cadre de sa campagne.
Philippe Poutou à Toulouse, le 17 avril 2012.

Il est désigné candidat du NPA à l'élection présidentielle de 2012 le 25 juin 2011[9] par les délégués à la conférence nationale[10], lançant la course aux 500 parrainages. Il en dépose finalement 572 au conseil constitutionnel le 16 mars 2012, officialisant ainsi sa candidature[11].

Le slogan de la campagne est « Aux capitalistes de payer leurs crises ». Remarqué durant la campagne pour son franc-parler et son naturel, il déclare ne pas souhaiter faire une carrière politique[12].

Totalisant 1,15 % des voix (411 160 voix) au premier tour[13], Philippe Poutou termine huitième (sur dix candidats) de cette élection présidentielle, derrière Nicolas Dupont-Aignan et devant Nathalie Arthaud, réalisant un score inférieur à ceux d'Olivier Besancenot pour la LCR en 2007 (4,08 %) et 2002 (4,25 %).

Après l'élection présidentielle de 2012, Philippe Poutou reste membre des instances dirigeantes du NPA. Il est candidat, comme en 2007, aux élections législatives dans la cinquième circonscription de la Gironde où il obtient 2,12 % des suffrages exprimés[14].

Il conduit la liste NPA à l'élection municipale de 2014 à Bordeaux, où il recueille 2,50 % des suffrages[15].

Le 8 octobre 2014, il annonce dans un mail aux adhérents qu'il quitte le comité exécutif du parti, selon lui trop « parisien »[16].

Candidature à l'élection présidentielle de 2017

Le 20 mars 2016, en vue de l'élection présidentielle de 2017, il est à nouveau investi candidat par le NPA[17] pour cause d'obtention des parrainages. Son site de campagne est en ligne à partir de novembre 2016[18] .

Capitalisant sur la mobilisation contre la loi Travail, du slogan « contre la loi travail et son monde » et des expériences de Nuit debout, le NPA propose une candidature anticapitaliste et en rupture totale avec « la politique professionnelle »[19].

Le slogan de la campagne de Philippe Poutou et du NPA est : « Nos vies, pas leurs profits »[20] reprenant alors le slogan de la campagne d'Olivier Besancenot qui était alors : « Nos vies valent plus que leurs profits »[21].

En décembre 2016, il annonce avoir obtenu 160 promesses de parrainage sur les 500 nécessaires pour pouvoir se présenter[22]. Fin janvier 2017, il participe à une vidéo parodique pour alerter sur la difficulté de réunir les 500 signatures, alors que le NPA aurait rassemblé 250 promesses, à un mois et demi de la clôture[23],[24]. Le 20 février 2017, alors qu'il déplore le report de deux jours pour l'ouverture du dépôt des parrainages, il annonce en avoir réuni près de 300[25] mais au 10 mars 2017, après la quatrième publication des parrainages par le Conseil constitutionnel, il n'a encore que 245 signatures de grands élus[26],[27]. Le 14 mars 2017, il affirme avoir 400 parrainages[28] et malgré les difficultés pour obtenir ses 500 signatures, Philippe Poutou ne souhaite pas recourir à l'aide que lui propose le Front national[29].

La liste des candidats participant à l'élection présidentielle est dévoilée le 18 mars et Philippe Poutou fait partie des 11 candidats qualifiés, en ayant réussi à obtenir 573 parrainages.

Durant le débat télévisé du 4 avril qui rassemble pour la première fois les onze candidats, Philippe Poutou se montre assez offensif, estimant notamment dans une réponse à François Fillon que les résultats du référendum local sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ont été « truqués », et attaquant le candidat de la droite et la candidate Marine Le Pen sur les affaires judiciaires dont les deux font l'objet. Il interpelle la candidate du Front national par cette phrase choc : « Nous quand on est convoqué par la police, on n'a pas d'immunité ouvrière, désolé, on y va[30] » (en référence à la décision de Marine Le Pen de ne pas se rendre à une convocation des juges en invoquant son immunité parlementaire[31]). Il a également refusé d'apparaître avant le débat sur la photo rassemblant l'ensemble des candidats[32]. Plusieurs observateurs estiment qu'il est le candidat qui s'est le plus démarqué lors de cette émission[33],[34],[35]. Sa prestation est également commentée dans plusieurs titres de la presse étrangère[36],[37], le New York Times affirmant que Philippe Poutou « fait éclater la bulle de l'élite politique française » et avait, au cours du débat, « exprimé en toute franchise ce que pensaient de nombreux Français et Françaises »[38].

Inversement, ses propos après l'assassinat d'un policier sur les Champs-Élysées le 20 avril au moment de l'émission politique 15 Minutes pour convaincre, où il appelle à « désarmer les policiers car ils agressent dans les manifs, les jeunes et les quartiers populaires » lui vaut d'abondantes et vives critiques[39].

À l'issue du premier tour, il recueille 1,09 % des voix, soit un score en léger repli par rapport à 2012[40]. Il refuse le « front républicain » entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, considérant que ce dernier a récupéré « tous les tocards de la politique »[41].

Publication

  • Un ouvrier, c'est là pour fermer sa gueule !, éditions Textuel, 2012 (ISBN 978-2-8459-7441-8), 47 p.

Notes et références

  1. a et b « Pour la première fois, la Haute Autorité rend publiques les déclarations de patrimoine des candidats à l’élection présidentielle « Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », sur www.hatvp.fr (consulté le 22 mars 2017)
  2. « Philippe Poutou, l’ouvrier qui voulait devenir président », Ava Djamshidi, Le Parisien, 17 juillet 2011.
  3. Raphaëlle Besse Desmoulières, « Philippe Poutou (NPA) candidat à la présidentielle : « Le plus simple, c’est que ce soit moi qui y retourne » », sur lemonde.fr, (consulté le 20 février 2017).
  4. « Inquiétudes pour l'usine Ford de Blanquefort », lefigaro.fr,‎ (lire en ligne).
  5. « Philippe Poutou, facteur remplaçant », Le Progrès, .
  6. « Philippe Poutou, candidat du NPA à l’élection présidentielle 2012 », Tout est à nous, juillet-août 2011.
  7. Résultats des élections législatives de 2007 dans la cinquième circonscription de Gironde, ministère de l'Intérieur.
  8. Résultats des élections régionales 2010, ministère de l'Intérieur.
  9. 2012 : le NPA mise sur l’ouvrier Philippe Poutou - Le Parisien, 25 juin 2011
  10. « Le NPA se choisit un candidat pour 2012 mais ne s’épargne pas les doutes », Le Monde, 26 juin 2011.
  11. Philippe Poutou dépose 572 parrainages - Libération, 16 mars 2012
  12. Et Philippe Poutou creva soudain l'écran… - Raphaëlle Bacqué, Le Monde, 12 avril 2012
  13. Décision déclaration premier tour élection présidentielle 2012 du 25 avril 2012, consultée le 26/04/2012
  14. Ministère de l'Intérieur, « Résultats des élections législatives 2012 », sur http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Legislatives/elecresult__LG2012 (consulté le 9 mai 2017)
  15. Résultats des élections municipales 2014, ministère de l'Intérieur.
  16. « NPA: Philippe Poutou annonce sa démission », sur Le Figaro,
  17. Sébastien Tronche, « Philippe Poutou sera de nouveau le candidat du NPA à la présidentielle de 2017 », Le Lab, 20 mars 2016.
  18. « Accueil | Poutou 2017 », sur poutou2017.org (consulté le 16 décembre 2016)
  19. « Pour Philippe Poutou : « Mélenchon, c'est "moi, je"» », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne).
  20. « 1ère affiche de campagne | Poutou 2017 », sur poutou2017.org (consulté le 16 décembre 2016)
  21. Ce slogan a ensuite été détourné par l'ancien Premier ministre en campagne Manuel Valls déclarant le lundi 5 décembre 2016 : « Nos vies valent mieux que les pronostics ». Voir : « Quand Valls détourne un slogan d'Olivier Besancenot », sur Le Huffington Post (consulté le 16 décembre 2016).
  22. « Poutou, le candidat anticapitaliste », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne)
  23. Voir sur francetvinfo.fr.
  24. Voir sur lesinrocks.com.
  25. « Philippe Poutou mécontent du report de l'ouverture de la période de parrainage », sur lemonde.fr, (consulté le 20 février 2017).
  26. Voir sur bfmtv.com.
  27. Voir sur lanouvellerepublique.fr.
  28. « Parrainages : Philippe Poutou refuse l'aide du FN », sur lepoint.fr, (consulté le 14 mars 2017).
  29. Alexandre Boudet, « Le FN appelle à parrainer Poutou qui refuse cette aide », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 14 mars 2017).
  30. « "On n'a pas d'immunité ouvrière" : la tirade de Philippe Poutou qui a marqué le "Grand Débat" présidentiel BFMTV CNews », sur Le Huffington Post (consulté le 4 avril 2017)
  31. « Marine Le Pen refuse la convocation des juges », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  32. « VIDÉO. Le Grand débat: Philippe Poutou refuse de poser sur la photo de classe », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  33. Thibault Le Menec, « Débat des onze candidats : comment Poutou a marqué les esprits », sur europe1.fr, (consulté le 5 avril 2017).
  34. Charlie Vandekerkhove, « Comment Poutou s'est démarqué en attaquant frontalement Fillon », sur bfmtv.com, (consulté le 5 avril 2017).
  35. « Vu d’Italie. Philippe Poutou, ce héros », sur courrierinternational.com, (consulté le 6 avril 2017).
  36. « "New York Times", "Guardian" : Philippe Poutou séduit la presse étrangère », sur L'Obs (consulté le 8 avril 2017)
  37. « Présidentielle. La presse étrangère contaminée par la “Poutoumania” », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  38. Adam Nossiter, « Disrespect Intended: Mechanic-Candidate Bursts French Political Elite’s Bubble », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  39. Marc de Boni, « Philippe Poutou suscite un tollé en réclamant le désarmement des policiers », lefigaro.fr, (consulté le 21 avril 2017)
  40. Présidentielle 2017 : Résultats au premier tour dans la France entière, interieur.gouv.fr, 24 avril 2017.
  41. « Présidentielle : Poutou tacle Estrosi le «réactionnaire» et les «tocards» macronistes », leparisien.fr, 24 avril 2017.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • Articles de Philippe Poutou sur La Brèche numérique
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