Philippe Gildas

Philippe Gildas
Image illustrative de l’article Philippe Gildas
Philippe Gildas en 2010.

Nom de naissance Philippe Leprêtre
Naissance
Auray (Morbihan), France
Décès (à 82 ans)
Paris XVIIe, France
Nationalité Drapeau : France Française
Profession Journaliste
Spécialité Présentateur de journal, animateur de télévision et de radio, producteur
Autres activités Dirigeant de chaine (Vivolta), chef d'entreprise (Elipse)
Années d'activité 1962 - 2014
Distinctions honorifiques 7 d'or du Meilleur animateur de divertissements
Médias
Média principal Télévision et radio
Pays France
Presse écrite Combat
Télévision ORTF
Antenne 2
Canal+
Voyage
Paris Première
Vivolta
Comédie!
Radio RTL
France Inter
Europe 1
Fonction Présentateur de journal, rédacteur en chef, animateur de télévision et de radio, dirigeant de chaine

Philippe Gildas, pseudonyme de Philippe Leprêtre, né le à Auray (Morbihan) et mort le à Paris, est un journaliste, animateur, producteur de télévision et animateur de radio français.

Directeur de l’antenne de la station Europe 1 en 1983, il rejoint en 1984 la nouvelle et première chaîne privée à péage française Canal+, où il invente et produit la même année l'émission Top 50, la première mesure des ventes de disques en France. Il est connu pour avoir été, de 1987 à 1997, l’animateur vedette de l'émission Nulle part ailleurs sur Canal+ en compagnie d'Antoine de Caunes, l'émission devenant précurseur de l'infotainment en France. En parallèle, il crée la société de production télévisuelle Ellipse, qui produit notamment le jeu Pyramide et la série d’animation Les Aventures de Tintin.

En 1997, il cède sa place de présentateur de Nulle part ailleurs à Guillaume Durand et anime d’autres émissions sur Canal+. Il est également le fondateur de la chaîne de télévision à destination des seniors Vivolta.

Biographie

Enfance, formation et débuts

Petit-fils d'un gardien de phare[1], Philippe Leprêtre est le fils de Marcel Leprêtre, clerc de notaire, et de Simone Jamet[2], une mère qui voulait devenir bénédictine[1]. Il est l'aîné de sept frères[1].

Né à Auray, il vit quelques années à Rougé où son père a acheté une étude de notaire[3], puis passe une bonne partie de son enfance à Bourges[4].

Après des études catholiques (il est notamment cadre scout), il poursuit des études de Lettres et obtient une licence de grec et latin à la Sorbonne, où il milite à l’UNEF[1],[5].

En 1960, alors qu'il est veilleur de nuit dans un hôtel à Paris près des studios des Buttes-Chaumont[6], il rencontre Jean Gouyé (le futur Jean Yanne) à qui il raconte qu'il est en train de rater ses études pour devenir professeur de Lettres. Yanne lui conseille alors de s'inscrire, comme lui, au Centre de formation des journalistes (CFJ) à Paris[7], d'où il sort diplômé. Il commence sa carrière journalistique à la Nouvelle République du Centre-Ouest puis comme secrétaire de rédaction au journal Combat, jusqu'en 1963[2].

Carrière

Années 1960-1980

À partir de Noël 1962, Philippe Leprêtre travaille à la station RTL pour laquelle il devient directeur de l’information[2]. Jean Bardin, un animateur de Radio Luxembourg, lui demande son nom de radio : encore au service militaire, il lui faut un pseudonyme. Ayant déjà utilisé le prénom de son fils, Gildas[7], comme pseudonyme pour Combat, il devient Philippe Gildas le jour du nouvel an 1963 où il prend l’antenne de la radio pour remplacer le journaliste de permanence qui a forcé sur la bouteille[8],[1].

En 1969, il s’oriente vers la télévision et l’ORTF ; il accède, au bout de trois ans, au poste de rédacteur en chef. Il y présente, à compter de novembre, le journal télévisé intitulé Information Première sur la première chaîne de l'ORTF en alternance avec Étienne Mougeotte. Il collabore, après la disparition de l'ORTF, à TF1, puis Antenne 2.

De 1973 à 1974, il est rédacteur en chef à France-Inter puis est engagé sur Europe 1 où il devient, de 1975 à 1981, rédacteur en chef puis directeur adjoint de l'information, et de 1981 à 1986 le directeur d'antenne et parallèlement animateur du journal de 8 h, de 1984 à 1987[2].

Le , Antenne 2 relance l'émission La Tête et les Jambes (anciennement présenté par Pierre Bellemare) ; Philippe Gildas et Thierry Roland (partie sportive) y reprennent l'animation jusqu'au , jour d'arrêt de l'émission. En mars 1981, Philippe Gildas coanime sur la même chaîne le jeu d'aventures La Chasse au trésor avec notamment Philippe de Dieuleveult « sur le terrain »[2]. Cependant, son emploi du temps chargé oblige l'animateur à renoncer à cette présentation dès 1982, au profit de Jean Lanzi puis de Didier Lecat.

Canal+ et l'aventure Nulle part ailleurs

Article détaillé : Nulle part ailleurs.
Philippe Gildas (au fond à droite) avec l'humoriste Jean-Yves Lafesse dans un studio de la station de radio Europe 1 en 1993.

En 1984, dès son lancement[9], Philippe Gildas rejoint la première chaîne à péage française Canal+, où il crée et produit le Top 50, présenté par Marc Toesca[10],[8]. L'année suivante, il présente l'émission en plateau Direct Gildas, programmée à la mi-journée à compter du .

Il quitte Direct Gildas le lorsqu'il se voit proposer par le directeur des programmes de Canal+, Alain de Greef, de présenter, à compter de septembre, une nouvelle émission, Nulle part ailleurs. Dans ce talk-show mélangeant information sérieuse, interviews de personnalités de l'actualité, musique et humour, Philippe Gildas accompagne les invités au travers des sketches et des délires humoristiques d'une joyeuse troupe, ce qu'on appelle précisément l'infotainment[11].

Les membres les plus éminents de ce programme sont Les Nuls, puis celui qui devient son partenaire à l'antenne et le véritable numéro deux de l'émission, Antoine de Caunes[12], qui officiera dans de nombreux sketches avec son comparse José Garcia. En complément de son rôle d’intervieweur et d'animateur dans l'émission, Gildas joue le rôle de « tête de Turc » d'Antoine de Caunes, notamment dans la séquence de fin d'émission où de Caunes interprète des personnages loufoques (avec des textes de Laurent Chalumeau et Albert Algoud). L'émission obtient le 7 d'or de la meilleure émission de divertissement et d'humour en 1994, puis en 1997 (incluant Les Guignols de l'info).

En parallèle, il crée en 1987, sa propre société de production, Ellipse, qui produit la série des Aventures de Tintin en dessin animé pour la télévision (FR3 et M6 pour la France). La série reçoit le 7 d'or de la meilleure émission pour la jeunesse en 1993. Lors de la même cérémonie, Philippe Gildas est récompensé par le 7 d'or du meilleur animateur (de divertissements). Il produit également le jeu Pyramide diffusé sur Antenne 2 devenue France 2 (deux fois 7 d'or du meilleur jeu télévisé).

En 1996, on lui signifie[évasif] qu'« il peut prendre sa retraite », mais il refuse, estimant que « la vie est plus longue aujourd'hui », et surtout, qu'« il a encore des choses à dire »[réf. souhaitée]. En juin 1997, il quitte Nulle part ailleurs après dix années passées à la présentation, mais reste employé par le groupe Canal+. La même année à la suite du départ de Michel Field pour TF1, il anime Le Grand Forum[13], une émission hebdomadaire de débats sur l'actualité et la politique diffusée le samedi midi. À la rentrée de , il anime la tranche de midi avec l'émission Un autre journal. La quotidienne a droit à deux saisons, avec Anne Depetrini[14]. Elle est renommée Nulle part ailleurs midi (NPA midi) pour la saison 2000-2001[15].

À compter du , il anime entre 12 h 40 et 13 h 45, en compagnie de la psychiatre Fabienne Kraemer, l'émission intitulée Gildas et Vous, une émission de témoignages[16]. Peu regardée, l'émission est supprimée, trois mois plus tard, en décembre[17], ce qui marque la fin de la présence de Philippe Gildas sur l'antenne de Canal+.

De Canal+ à Vivolta

Article détaillé : Vivolta.

En , dans un contexte social et financier complexe, Canal+ nomme Philippe Gildas président de la chaîne d'information I-Télévision[18], fonction qu'il occupe jusqu'à l'arrivée de Xavier Couture à la tête du groupe audiovisuel, un an plus tard[19].

Par la suite, il se consacre à la production et la présentation d'émissions sur certaines chaînes éditées par Canalsat, telles que Chacun son monde sur la chaîne Voyage, puis, à partir de 2004, Vous prendrez bien un peu de recul sur Paris Première et, à partir de 2005, Vive la télé, toujours sur Paris Première, consacrée aux archives marquantes de la télévision française.

Le , il lance la chaîne de télévision Vivolta qui s'adresse prioritairement aux « seniors » (génération du baby-boom), c'est-à-dire les personnes de 45-65 ans. Il présente la quotidienne, Gildas & Co, en compagnie de Jérôme Bonaldi, Laure Michel, Annette Burgdorf et de Vincent Ferniot jusqu'en janvier 2009. Jusqu'en mai 2009, il présente avec Sarah Doraghi une émission de débat hebdomadaire, intitulée Ne nous fâchons pas. Il présente ensuite, toujours avec Sarah Doraghi et en compagnie de Jérôme Bonaldi et de Peggy Olmi, une émission hebdomadaire intitulée, Alors… heureux ?

À l'origine, la chaîne devait s'appeler « Vista », Philippe Gildas étant dépositaire de cette marque commerciale depuis l'automne 2003. [Quand ?] Il dépose plainte contre l'entreprise Microsoft lorsque celle-ci lance son système d'exploitation Windows Vista pour violation du droit des marques et afin d'obtenir des dommages et intérêts contre le préjudice subi[20]. La plainte n'est pas conduite à son terme, en raison d'un accord à l'amiable avec la société américaine[réf. souhaitée].

Années 2010

Le , Philippe Gildas publie son autobiographie, Comment réussir à la télévision quand on est petit, breton, avec de grandes oreilles ?, aux éditions Flammarion, coécrit avec Gilles Verlant, biographe de Serge Gainsbourg qui a longuement collaboré avec Philippe Gildas sur Canal+ et préfacé par Antoine de Caunes[réf. souhaitée].

À partir de la fin 2010, il participe à l'émission de Laurent Ruquier On n'demande qu'à en rire sur France 2 en tant que juré, d'abord régulièrement, puis occasionnellement.

Du à 2012, il anime La Fausse Émission[21] sur Comédie !, un talk-show (première diffusion à 20 h 40) dans lequel, comme son nom l'indique, tout est faux mais les invités (victimes) n'en savent rien. L'émission, censée être en direct, est émaillée d'interventions de chroniqueurs bidon, d'artistes improbables, d'incidents et Philippe Gildas avec sa coanimatrice Lilou Fogli posent aux invités des questions plus absurdes les unes que les autres. Après le générique de fin, les invités prennent place dans un « confessionnal » (à la manière de Secret Story). Les premiers invités ont été Vanessa Demouy, Philippe Lellouche, Philippe Geluck et Guy Carlier.

Phlippe Gildas fait l'une de ses dernières apparitions à la télévision, en 2018, en témoignant dans le documentaire La Télé des années 80 : les Dix Ans qui ont tout changé réalisé par Pascal Drapier pour France Télévisions.

Mort

Après une hospitalisation de plusieurs semaines à Paris, Philippe Gildas meurt des suites d'un cancer le à quelques jours de ses 83 ans[22]. Ses obsèques ont lieu le au cimetière du Père-Lachaise, en présence de nombreuses personnalités du paysage audiovisuel français[23].

Vie privée

Philippe Gildas aux côtés de sa femme Maryse en 2010.

Philippe Gildas est marié en secondes noces le à Maryse Matuchet (Maryse Gildas, animatrice de radio sur Europe 1). Il a trois enfants de son premier mariage, Gildas, Hervé, Christophe[2].

Émissions

Journaliste / animateur à la télévision

Animateur radio

Participant

Filmographie

Cinéma

Télévision

Publication

  • Philippe Gildas et Gilles Verlant (préf. Antoine de Caunes), Comment réussir à la télévision quand on est petit, breton, avec de grandes oreilles ?, Paris, Éditions Flammarion, , 298 p. (ISBN 978-2700302035)

Récompense

Notes et références

  1. a b c d et e Marc Fourny, « Philippe Gildas, le Monsieur Loyal du petit écran, est mort », sur lepoint.fr, .
  2. a b c d e et f Qui est qui en France, J. Lafitte, , p. 998.
  3. « Quand Philippe Gildas évoquait son enfance près de Châteaubriant... », sur actu.fr, .
  4. « Disparition - Philippe Gildas, une jeunesse berruyère », sur Le Berry Républicain.fr, .
  5. Martine Delahaye, « Le journaliste et animateur Philippe Gildas est mort », sur Le Monde.fr, .
  6. Morgane Guillou, « Philippe Gildas est devenu journaliste grâce à Jean Yanne alors qu'il était veilleur de nuit », sur HuffingtonPost.fr, .
  7. a et b Florence Pitard, « Philippe Gildas, homme à tout faire de la télé », sur Ouest France.fr, .
  8. a et b « Philippe Gildas, animateur de "Nulle part ailleurs", est mort », Le Figaro.fr, 28 octobre 2018.
  9. « Un homme formidable », sur myCANAL (consulté le 27 novembre 2018)
  10. « Le journaliste Philippe Gildas, figure de l'esprit Canal, est décédé », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  11. « Comment Philippe Gildas a créé "l'infotainment" en France », Nawal Bonnefoy avec AFP, sur BFM TV.com, 28 octobre 2018.
  12. À l'origine, formant le groupe « PAKG », lancé sur la station RFM et composé de Peter Stuart, Karl Zéro et Gilles Verlant.
  13. « Philippe Gildas animera "le Grand Forum" sur Canal+ » (consulté le 17 août 2016).
  14. « Un autre journal - L'Encyclopédie des émissions TV », sur toutelatele.com (consulté le 9 janvier 2013).
  15. « Le "NPA" nouveau est arrivé. » (consulté le 17 août 2016).
  16. « "Gildas et vous" : bien faite » (consulté le 17 août 2016).
  17. « Gildas laisse sa place. » (consulté le 17 août 2016).
  18. « Canal+ se serre la ceinture : 217 postes supprimés et disparition de NPA », Télé Satellite.com, 14 juin 2001.
  19. « CANAL + Xavier Couture, de TF1 à Canal Plus », L'Humanité, 18 avril 2002.
  20. « Windows Vista attaqué par l'animateur Philippe Gildas », ZDnet.fr, 4 juin 2007.
  21. « "La Fausse Émission" : Philippe Gildas trompe les stars ce soir sur Comédie! », Première.fr, 2 décembre 2010.
  22. « Philippe Gildas est mort à 82 ans », sur Europe 1.fr, .
  23. « Dernier adieu à Philippe Gildas au Père-Lachaise à Paris », sur HuffingtonPost.fr, .
  24. Ce film X a été réalisé pour fêter le vingtième anniversaire de Canal + ; Philippe Gildas y fait une apparition comme d'autres animateurs de la chaîne, mais ne participe pas aux scènes pornographiques.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes