Petro Porochenko

Petro Porochenko
Петро Порошенко
Portrait officiel de Petro Porochenko.
Portrait officiel de Petro Porochenko.
Fonctions
Président d'Ukraine
En fonction depuis le
(3 ans, 5 mois et 11 jours)
Élection 25 mai 2014
Premier ministre Arseni Iatseniouk
Volodymyr Hroïsman
Prédécesseur Oleksandr Tourtchynov
(intérim)
Viktor Ianoukovytch
Ministre du Commerce
et du Développement économique

(9 mois et 1 jour)
Président Viktor Ianoukovytch
Premier ministre Mykola Azarov
Prédécesseur Andri Klyouyev
Successeur Ihor Prasolov
Ministre des Affaires étrangères

(5 mois et 2 jours)
Président Viktor Iouchtchenko
Viktor Ianoukovytch
Premier ministre Ioulia Tymochenko
Oleksandr Tourtchynov
(intérim)
Prédécesseur Volodymyr Khandohiy
Successeur Kostiantyn Hrychtchenko
Député de la Rada

(1 an, 5 mois et 22 jours)
Élection 28 octobre 2012
Président Volodymyr Rybak
Oleksandr Tourtchynov
Législature VIIe

(1 an et 21 jours)
Élection 26 mars 2006
Président Volodymyr Lytvyn
Oleksandr Moroz
Législature Ve

(7 ans, 3 mois et 27 jours)
Élection
Réélection 31 mars 2002
Président Oleksandr Tkachenko
Ivan Pliouchtch
Volodymyr Lytvyn
Législature IIIe et IVe
Biographie
Nom de naissance Petro Oleksiovytch
Porochenko
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Bolhrad (RSS d'Ukraine,
URSS)
Nationalité Ukrainienne
Parti politique Parti social-démocrate
(1990-2001)
Indépendant (2001-2002)
Notre Ukraine (2002-2012)
Indépendant (2012-2014)
Bloc Petro Porochenko « Solidarité »
(depuis 2014)
Conjoint Maryna Porochenko
Enfants Oleksi Porochenko
Ievhenya Porochenko
Oleksandra Porochenko
Mykhaylo Porochenko
Diplômé de Université Taras-
Chevtchenko de Kiev
Religion Église orthodoxe d'Ukraine
Résidence Palais Maryinsky (Kiev)

Signature de Petro PorochenkoПетро Порошенко

Petro Porochenko
Présidents d'Ukraine

Petro Oleksiovytch Porochenko (Петро Олексійович Порошенко en ukrainien), né le à Bolhrad, est un homme d'affaires et homme d'État ukrainien, président d'Ukraine depuis le .

Origines et études

Maryna Poroshenko.

Petro Porochenko naît en 1965, à Bolhrad, dans l'oblast d'Odessa[1] d'un père patron d'usine, dans une famille russophone[2].

En 1989, il obtient un diplôme d'économie à la faculté de relations internationales et de droit international de l'université nationale de Kiev[3]. Il se marie en 1984 avec une cardiologue, Maryna Perevedentseva (née en 1962)[4], avec laquelle il a eu quatre enfants : Oleksi, Ievhenya, Oleksandra et Mykhaylo[5].

Carrières dans les affaires

Après son diplôme, Porochenko crée une société de commerce de fèves de cacao en 1993. Lors de la vague de privatisations entre 1996 et 1998, il rachète plusieurs entreprises d'État de confiserie, qu'il fusionnera dans le groupe Roshen[6], devenant ainsi le plus grand producteur de confiseries d'Ukraine. Il construit sa fortune en profitant de la pénurie de cacao en ex-URSS[7].

Ses succès dans l'industrie du chocolat lui vaudront le surnom de « Roi du chocolat »[8].

Porochenko s'est diversifié dans d'autres secteurs d'activité, puisqu'il détient notamment plusieurs sites de production d'automobiles et d'autobus, le chantier naval Leninska Kuznya [9], la chaîne de télévision 5 Kanal[10] et le magazine Korrespondent[11].

Selon le magazine Forbes, sa fortune serait estimée à 1,6 milliard de dollars[12].

Parcours politique

Soutien de Koutchma

Petro Porochenko devient député à la Rada en 1998. Il est d'abord membre du Parti social-démocrate d'Ukraine (unifié) (SDPU(O)), à l'époque parti le plus fidèle au président Leonid Koutchma. En 2000, il quitte le SDPU(O) pour créer un mouvement indépendant de centre-gauche, Solidarité. En 2001, il participe à la fondation du Parti des régions, également fidèle à Koutchma (le parti Solidarité ne rejoint cependant pas le Parti des régions)[13].

Proche de Iouchtchenko

En décembre 2001, Porochenko se désolidarise des soutiens de Koutchma pour devenir le chef de campagne de Viktor Iouchtchenko, au sein de la coalition d'opposition Notre Ukraine. À l'issue des élections législatives de 2002, Notre Ukraine remporte le plus de suffrages, et Porochenko obtient un siège au Parlement. Il présidera la commission parlementaire du budget.

Il est un proche conseiller d'Iouchtchenko, ce dernier étant le parrain des filles jumelles de Porochenko[6],[14].

Il est l'une des principales personnalités finançant Notre Ukraine et la Révolution orange. À la suite de l'élection de Viktor Iouchtchenko à la présidence, Porochenko est nommé secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense d'Ukraine. En septembre 2005, il est accusé de corruption pour avoir voulu défendre les intérêts du milliardaire Viktor Pintchouk, qui souhaitait bénéficier de la privatisation de la société d’État Nikopol Ferralloy en l'achetant à 80 millions de dollars seulement alors qu'elle était estimée à 1 milliard de dollars par des experts indépendants[15]. À la suite de la crise de confiance consécutive aux soupçons de corruption dans le milieu politique ukrainien, ce poste lui est retiré par le président Iouchtchenko[6]. Le gouvernement d'Ioulia Tymochenko, rivale de Porochenko, doit également démissionner[16].

Petro Porochenko au Conseil de l’Europe à Strasbourg le 26 juin 2014.

En mars 2006, Petro Porochenko est réélu au parlement au sein de la coalition Notre Ukraine. Il préside la Commission des finances et des banques. Il ne se présente pas aux élections législatives de 2007.

Il préside le Conseil de la Banque nationale d'Ukraine à partir de février 2007[17],[18].

Le , il est proposé au poste de ministre des Affaires étrangères par le président Iouchtchenko[19], et est officiellement nommé par le Parlement deux jours plus tard[20]. Le , le président le réintègre dans le Conseil national de sécurité et de défense[21]. Porochenko soutient la candidature de l'Ukraine à l'OTAN[22].

Sous la présidence Ianoukovytch

Bien que son portefeuille de ministre lui soit retiré par le président Viktor Ianoukovytch le , ce dernier déclare vouloir coopérer avec Porochenko à l'avenir[10]. Il est ainsi nommé ministre du Commerce et du Développement économique, portefeuille qu'il détient de mars à novembre 2012[23].

Ses entreprises, Roshen en tête, subissent de plein fouet les pressions commerciales russes visant à faire échouer les négociations de libre-échange entre l’Ukraine et l’Union européenne, dont l’échec provoque les manifestations de Maïdan et la destitution de Viktor Ianoukovytch[24].

Élection présidentielle de 2014

Avant même qu'il n'ait déclaré sa candidature, il apparaît dans les sondages comme favori pour l'élection présidentielle anticipée du [25].

Avant l'élection, il est invité au palais de l'Élysée par le président de la République française François Hollande, en compagnie de Vitali Klitschko et de Bernard-Henri Lévy[26]. C'est ce dernier qui convainc le président français d’inviter Petro Porochenko aux côtés de Vladimir Poutine sur les plages de Normandie pour la célébration du Débarquement, le 6 juin 2014. De cette réunion naît le Format Normandie[27],[28].

Petro Porochenko est élu président de l'Ukraine avec 54 % des suffrages[29],[30]. L'élection n'a pas pu se dérouler dans une partie de l'Est de l'Ukraine, entre peur de la population d'aller voter, commissions électorales locales sous le contrôle des séparatistes ou absence d'urnes et de bulletins[31].

Son élection est très vite reconnue par la Russie[32], la France[33], et les États-Unis[34]. Le 7 juin suivant, il prête serment et devient le 5e président de l'Ukraine[35].

Président d'Ukraine

Débuts

Il indique rapidement son souhait de voir rester Arseni Iatseniouk à la tête du gouvernement[36] ; il demande ainsi au Parlement, le , de ne pas entériner, par un vote, la démission du Premier ministre, Arseni Iatseniouk, et de son gouvernement[37].

Le , il fait rebaptiser son parti en Bloc Petro Porochenko, en vue des législatives à venir. Le 25 août 2014, Petro Porochenko dissout le Parlement ukrainien et annonce des élections législatives pour le 26 octobre de la même année alors qu'elles étaient prévues pour 2017. Il justifie sa décision par l'inexistence de coalition parlementaire depuis au moins un mois à la suite de l'éclatement de la précédente coalition.

Au terme des élections législatives anticipées, le Bloc Petro Porochenko arrive en deuxième position, avec 21,8 % des suffrages exprimés, derrière le Front populaire, parti du Premier ministre Iatseniouk (22,1 % des suffrages). Le système électoral permet au Bloc Petro Porochenko et au Front populaire d'obtenir 48 % des sièges à la Rada, ce qui, avec le soutien d'autres formations pro-européennes, permet à Petro Porochenko de détenir une confortable majorité parlementaire.

Politique économique

Affichant son souhait d'améliorer le climat des affaires et d'attirer les investissements étrangers, il promulgue, le 30 décembre 2016, une loi réduisant les pouvoirs de l'administration fiscale. Le texte interdit notamment aux services fiscaux de conduire des contrôles inopinés de sociétés[38].

Tensions avec l'opposition

Petro Porochenko en 2017.

Il doit faire face, en 2016, à la fin du soutien au gouvernement du parti d'Ioulia Tymochenko et du parti nationaliste Autodéfense[39].

En juillet 2017, il déchoit Mikheïl Saakachvili de sa nationalité ukrainienne, invoquant un dossier incomplet lors de sa demande de naturalisation[40]. Ce faisant, il ouvre la voie à l'extradition de celui-ci en Géorgie, où Mikheil Saakachvili est poursuivi pour abus de pouvoir. Petro Porochenko est alors accusé d'avoir délibérément cherché à écarter un possible rival dans l'optique de l'élection présidentielle de 2019, alors que Saakachvili avait fondé son propre parti quelques mois plus tôt[41]. Devenu apatride, Mikheïl Saakachvili est contraint à l'exil et déclare que cette décision résulte également de pressions d'oligarques n'ayant pas supporté ses critiques à leur encontre[42].

Dans les mois qui suivent, des manifestations se tiennent dans le pays alors que se multiplient les pressions judiciaires contre des personnalités d'opposition et des ONG[43].

Scandales financiers

Dès 2015, son action est abondamment contestée et sa cote de popularité chute au-dessous de 20 %[44]. Il est accusé, y compris par certains de ses anciens partisans et des parlementaires faisant partie de la coalition gouvernementale, de ne pas lutter contre la corruption[45]. Dans le même temps, Petro Porochenko est le seul, parmi les dix Ukrainiens les plus riches, à avoir vu sa fortune augmenter, de 20 %, à 979 millions de dollars[45]. Plusieurs de ses partisans sont également visés par des affaires de corruption.

En avril 2016, les Panama Papers révèlent que ses avocats ont bâti, avec l'aide d'une société panaméenne, une société offshore, Prime Asset Partners Limited, afin d'abriter ses différentes affaires aux îles Vierges britanniques. Cette société, enregistrée le 21 août 2014, au plus forte de la guerre civile, a pour seul actionnaire le président Porochenko[46]. Ce scandale conduit des députés ukrainiens à demander la création au Parlement d'une commission « chargée d'enquêter sur l'existence de sociétés et de comptes offshore secrets du président Petro Porochenko »[47].

L'année suivante, en novembre 2017, il est cité dans le scandale des Paradise Papers : alors qu'il avait promis de vendre l'ensemble de ses actifs financiers en cas d'élection à la présidence, les documents publiés par des journalistes indiquent qu'il a eu recours à des montages opaques[46].

Politique internationale

Petro Porochenko avec Donald Trump, en juin 2017.

Notes et références

  1. « Petro Porochenko, le « roi du chocolat », favori des élections présidentielles en Ukraine », Marina Torre, La Tribune, 24/05/2014.
  2. [1].
  3. « Petro Porochenko, le « roi du chocolat », serait élu président de l'Ukraine », Pierre Magnan, 25/05/2014, France Télévision.
  4. « Poroshenko, President of Ukraine ».
  5. « Poroshenko family ».
  6. a, b et c (ru) « Порошенко Петр », Korrespondent (consulté le 2 décembre 2011).
  7. « Petro Porochenko, le « roi du chocolat », favori des élections présidentielles en Ukraine ».
  8. (en) « Bribes and bureaucrats: Doing business in Ukraine », BBC, .
  9. (en) « Development of shipbuilding industry », Leninska Kuznya Plant Joint Stock Co. (consulté le 6 décembre 2011).
  10. a et b (en) « Poroshenko is not going to sell Channel 5 TV », Kyiv Post, .
  11. (en) « Poroshenko: Will not run in 2015 race », Kyiv Post, .
  12. « Ukraine : le milliardaire pro-européen Porochenko candidat à la présidentielle », Le Soir,‎ (lire en ligne).
  13. (en) « New «region» formed in Ukrainian Parliament », Policy Department Center, .
  14. SPIEGEL ONLINE, Hamburg, Germany, « Ukraine Election: The Chocolate King Rises - SPIEGEL ONLINE », sur SPIEGEL ONLINE, (consulté le 14 mai 2016).
  15. « In Ukraine, old whiff of scandal in new regime », Alex Rodriguez, 25 septembre 2005, Chicago Tribune.
  16. (en) « Ukrainian Experts on Tymoshenko's Dismissal », University of Ottawa - Ukrainian Studies, .
  17. (en) « Regions Party not to vote for Poroshenko’s appointment Ukraine’s foreign minister », Kyiv Post, .
  18. (en) « Petro POROSHENKO: The factors of foreign threats and domestic crisis will help to reveal and unite the responsible politicians », sur www.day.kiev.ua (consulté le 2 décembre 2011).
  19. (en) « Ukrainian president proposes Petro Poroshenko for foreign minister », Interfax-Ukraine, .
  20. (en) « Rada appoints Poroshenko Ukraine's foreign minister », Interfax-Ukraine, .
  21. (en) « Poroshenko put on Ukraine's NSCD », Kyiv Post, .
  22. (en) « Poroshenko: Ukraine could join NATO in 1-2 years, with political, public will », Kyiv Post, .
  23. [2].
  24. « Petro Porochenko, le roi du chocolat élu à la présidence ukrainienne ».
  25. « L'oligarque Porochenko favori de la présidentielle ukrainienne » La Presse, 26 mars 2014.
  26. « Ukraine : qui est Petro Porochenko, reçu avec Vitali Klitschko par François Hollande, et favori des sondages à l'élection présidentielle », sur Le Huffington Post, .
  27. « Un 6 juin en Normandie avec Porochenko », sur La Règle du Jeu, .
  28. « Le « format Normandie », un quatuor pour sortir de la crise ukrainienne », sur Le Figaro, .
  29. « Porochenko officiellement élu président de l'Ukraine, La Presse et Agence France-Presse, publié le 26 mai 2014 à 12h55 | Mis à jour le 26 mai 2014 à 13h11.
  30. « Petro Porochenko élu dès le premier tour à la tête d'une Ukraine instable », Les Échos, 26 mai 2014.
  31. « Les premiers pas du nouveau président ukrainien Petro Porochenko ».
  32. « Ukraine/présidentielle: Moscou respecte le choix du peuple (Douma) », Agence RIA Novosti, 26 mai 2014.
  33. [3].
  34. [4].
  35. « Petro Porochenko investi président d'Ukraine », 7sur7.be, 7 juin 2014.
  36. « La Tribune ».
  37. « Le Figaro ».
  38. [5].
  39. Pierre Avril, « Deux ans après Maïdan, le chaos politique règne à Kiev », Le Figaro, samedi 2 / dimanche 3 avril 2016, page 5.
  40. http://www.lepoint.fr/monde/l-ex-president-georgien-mikheil-saakachvili-devient-apatride-28-07-2017-2146597_24.php
  41. « Ukraine: l'opposant Mikheïl Saakachvili déchu de sa nationalité », RFI,‎ (lire en ligne)
  42. http://www.france24.com/fr/20170727-ukraine-ancien-president-georgie-mikheil-saakachvili-dechu-nationalite-porochenko
  43. https://www.ouest-france.fr/europe/ukraine/en-ukraine-l-opposition-s-active-contre-petro-porochenko-5318818
  44. http://www.gallup.com/poll/187931/ukrainians-disillusioned-leadership.aspx.
  45. a et b [6].
  46. a et b http://www.lemonde.fr/paradise-papers/article/2017/11/09/petro-porochenko-president-de-l-ukraine-refoule-par-le-cabinet-appleby_5212721_5209585.html#VFBK5sdtW0MiMMut.99
  47. [7].

Source

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Petro Poroshenko » (voir la liste des auteurs).