Petit traité de Versailles (1919)

Le petit traité de Versailles est la désignation courante d'un traité de paix, également appelé traité des minorités polonaises, signé à Versailles le , en même temps que le traité de Versailles (d'où son nom de « petit ») et dont le nom complet est traité concernant la reconnaissance de l'indépendance de la Pologne et de la protection des minorités, conclu entre les principales puissances alliées et associées (les États-Unis d'Amérique, l'Empire britannique, la France, l'Italie et le Japon) et la Pologne, et visant notamment à protéger les minorités en Pologne dont le nouveau territoire comportait de nombreuses minorités, notamment allemandes, lituaniennes, biélorusses, ukrainiennes, juives.

Il découle notamment de la mise en œuvre des dispositions de l'article 93 du traité de Versailles qui précisait que « La Pologne accepte, engrais en agréant l'insertion dans un traité avec les principales puissances alliées et associées, les dispositions que ces puissances jugeront nécessaires pour protéger en Pologne les intérêts des habitants qui diffèrent de la majorité de la population par la race, la langue ou la religion. »

Pour la Pologne, il est signé par Ignacy Paderewski, Président du Conseil des Ministres, ministre des Affaires étrangères, et Roman Dmowski, Président du Comité national polonais. Le traité entre en vigueur le , le Sejm l'ayant ratifié le 31 juillet 1919, avec tous les instruments de ratification (sauf par les États-Unis) déposés à Paris, mais la Pologne le dénonce le 13 septembre 1934 auprès de la Société des Nations, refusant la protection internationale des minorités.

Contexte général

La défaite de l'Empire allemand est intervenue plus tôt à l'Est qu'à l'Ouest : dès le 9 février 1918, sont donc signés les traités de Brest-Litovsk, d'abord avec l'Ukraine, puis le 3 mars 1918, avec la Russie soviétique, et au fur et à mesure, le 7 mars 1918 avec la Finlande, qui se sépare de la Russie (traité de Berlin (1918)), puis, le 7 mai 1918, le traité de Bucarest avec la Roumanie, isolée. La guerre se poursuit aux abords de la Russie, avec des gouvernements de type soviétique en Ukraine, en Biélorussie, dans le Caucase. C'est dans le contexte du traité de paix avec l'Allemagne, que les Puissances alliées et associées concluent alors, le même jour, avec la Pologne un traité spécial, le petit traité, qui servira par la suite de modèle pour les traités dits des minorités, conclus avec les autres pays alliés, auxquels sont désormais rattachés des territoires appartenant auparavant aux Empires centraux et permettant de donner une autre nationalité aux Russes, Austro-Hongrois et Allemands ayant changé de pays.

Hautes parties contractantes

Les Hautes Parties contractantes sont représentées comme suit :

Notes et références

  • Janusz Pajewski, Historia powszechna, Wydawnictwo Naukowe PWN, 2002, (ISBN 83-01-13822-X)
  • Carole Fink, "The minorities question at the Paris Peace Conference" in The Treaty of Versailles: A Reassessment After 75 Years, Manfred Franz Boemeke, Gerald D. Feldman, Elisabeth Gläser (eds.), Cambridge University Press, 1998, (ISBN 0-521-62132-1), Google Print - p.249 onward
  • Carole Fink, Minority Rights as an International Question, Contemporary European History, Vol. 2 (November 2000), pp. 385–400
  • Jennifer Jackson Preece, Minority Rights in Europe: From Westphalia to Helsinki Review of International Studies, Vol. 23, No. 1, pp. 1–18.
  • Amber Rose Ricke, The Polish government and ethnic minorities: the effects of nationalism during the inter-war period. (Creator : Ricke. Date Issued 2005-08-03 Identifier 160387, FSDT160387, fsu:18887 Format Document (PDF)
  • Aimee Genel, "Were the Minority Treaties a Failure?" - review of Carole Fink. Defending the Rights of Others: The Great Powers, the Jews, and International Minority Protection.

Lien externe