Pessimisme

Dans la question « Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ? », l'approche pessimiste serait de choisir à moitié vide, alors que l'approche optimiste serait à moitié plein.

Le pessimisme (du mot latin pessimus superlatif de malus signifiant « mauvais ») désigne un état d'esprit dans lequel un individu perçoit négativement la vie.

En philosophie, le terme a une portée plus profonde que dans le langage courant, notamment depuis qu'il a été théorisé par Schopenhauer. Selon Christophe Bouriau :

« Par pessimisme radical, il faut entendre non pas une simple disposition à voir les choses en noir ou sous leur mauvais côté, mais une vision négative du monde ontologiquement fondée, interprétant le mal (la souffrance et l'injustice) comme la suite nécessaire de l'essence et de la racine du monde (le vouloir) [1] ».

Psychologie

L'étude du pessimisme possède une connexion avec la dépression. Les psychologues lient les attitudes pessimistes à la souffrance émotionnelle ou même biologique. Aaron Beck explique que la dépression est consécutive à des perceptions négatives parfois surréalistes du monde. Beck tente d'engager une conversation avec ses patients concernant leurs pensées négatives.

Philosophie

Philosophes pessimistes notables

Dans son essai, La Barbarie à visage humain, Bernard-Henri Lévy réhabilite le pessimisme, entendu au sens de vigilance face au schéma totalitaire que l'optimisme inscrirait dans la pensée.

D'autre part, Friedrich Nietzsche a souvent été taxé à tort de pessimisme, bien qu'il se défendît lui-même de cette appellation. Sa conception du Surhomme et de la Volonté de puissance représentaient deux des fondements d'une doctrine optimiste — à proprement parler : rien à voir avec l'optimisme d'un Leibniz ! Friedrich Nietzsche dresse un constat pessimiste de l'état actuel de l'Humanité en général ; mais, en dépassant ce pessimisme de départ par des solutions « optimistes », on ne peut guère le comparer à Arthur Schopenhauer, par exemple.

Littérature

Paul Bourget a analysé dans ses Essais de psychologie contemporaine le pessimisme latent dans la génération de romanciers et de poètes européens de cette fin de XIXe siècle. À travers des études littéraires sur le style et la conception du monde de certains grands auteurs tels Flaubert ou Tourguéniev, il pense la décadence du style en France et l'idée de perte de repères en Occident.

Léon Gistucci a analysé le pessimisme dans l'œuvre de Guy de Maupassant[3].

En 1895, Antoine Albalat analyse le pessimisme de Pierre Loti dans un chapitre de son livre Le mal d'écrire et le roman contemporain[4]. Charles Fuster avait fait de même dans ses Essais critiques en 1886[5].

Bibliographie

Notes et références

Annexe

« Il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté » — citation d'Antonio Gramsci (1891-1937), qui se serait inspiré de celle de Romain Rolland : « Pessimisme de l'intelligence, mais optimisme de la volonté. »

Liens externes

Articles connexes