Peine de mort à Taïwan

La peine de mort à Taiwan (officiellement nommé la République de Chine) constitue le châtiment suprême dans ce pays, elle s'exécute par balle. Bien que la loi prévoie la possibilité d'employer l'injection létale, elle n'a encore jamais été appliquée.

Procédure et historique

La loi prévoit la peine de mort pour un grand nombre d'infractions, y compris le trafic de drogue et l'enlèvement. En pratique la peine de mort s'applique pour les cas les plus graves comme le meurtre.

Les condamnations à mort doivent être approuvées par la Cour suprême avant d'être transmises au ministre de la Justice afin qu'il décide de signer l'ordre d'exécution. Le droit de grâce appartient au président de la République.

Les condamnés sont avertis peu de temps avant leur exécution qui est annoncée ensuite aux médias. Souvent des photographes, perchés sur des immeubles près de l'une des prisons où ont lieu les exécutions, parviennent à prendre des photos des condamnés à mort alors qu'on les escorte là où ils vont être exécutés par une balle unique.

Taïwan a pratiqué très largement la peine de mort jusqu'à la fin des années 1990, avec plusieurs dizaines d'exécutions annuelles. Par la suite, le nombre d'exécutions a progressivement diminué[1].

Actualité récente et exécutions

Alors que les dernières exécutions dans ce pays dataient de décembre 2005, un scandale a éclaté en mars 2010 lorsque la ministre de la justice de l'époque, Wang Ching-feng, avait annoncé qu'elle était abolitionniste et ne signerait aucun ordre d'exécution[2]. À la suite du tollé provoqué par ces déclarations face à une opinion publique largement favorable à la peine de mort (74 % y sont favorables, 12 % y sont opposés), la ministre a été contrainte à démissionner et a été remplacée par Tseng Yung-fu. Ce dernier, comme l'actuel président de Taiwan Ma Ying-jeou, estime que si l'île a vocation à abolir la peine de mort un jour suivant la « tendance internationale », cette abolition ne peut avoir lieu que graduellement, à la suite d'un consensus national et sans que cela n'affecte l'exécution des condamnés ayant épuisé le processus judiciaire.

Après sa nomination, Tseng Yung-fu a participé à une série de débats publics organisés par l'État sur le thème de la peine de mort[3] puis le 30 avril 2010, il a annoncé avoir fait procédé à l'exécution de quatre condamnés. Ces exécutions ont mis fin a moratoire de facto de quatre ans et demi.

Cinq nouvelles exécutions ont eu lieu le 4 mars 2011. 3 des condamnés avaient choisis de faire don de leurs organes. Ces exécutions interviennent après la révélation qu'un militaire exécuté dans les années 1990 était en fait innocent. Le ministère a également annoncé son intention de supprimer certains crimes passibles de la peine de mort tombés en désuétude, comme l'enlèvement[4]. Environ 40 condamnés se trouvent dans les couloirs de la mort taïwanais en 2011[5].

Les six exécutions supplémentaires de 2012 ont fait suite à la colère publique provoquée par le meurtre d'un enfant commis par un jeune chômeur croyant qu'il échapperait à la peine de mort et « aurait des repas gratuits en prison »[6]. Les exécutions ont été applaudies par le président du Controle Yuan, partisan de la peine de mort selon lequel le gouvernement doit passer outre les pressions internationales contre la peine de mort[7].

Exécutions depuis 2006[8]

Date Résumé
30 avril 2010 Chang Wen-wei - Meurtre et viol d'une adolescente de 16 ans.
Ko Shih-ming - Meurtre de deux personnes.
Chang Wei-long - Meurtre d'une fillette de 7 ans lors d'une prise d'otage.
Hong Chen-yao - Meurtre de trois personnes.
4 mars 2011 Kuan Chung-yan - Meurtre de sept personnes.
Chung Teh-chu - Meurtre de trois personnes.
Wang Chih-huang - Meurtre de deux personnes.
Wang Kuo-hua - Meurtre d'une jeune femme lors d'une agression sexuelle.
Chuang Tien-chu - Meurtre de quatre personnes.
21 décembre 2012 Chen Chin-huo - Meurtre et nécrophagie sur une jeune femme.
Kwang Teh-chiang - Coaccusé avec le précédent.
Tseng Si-ru - Meurtre d'une jeune femme dans un cambriolage.
Huang Hsien-cheng - Meurtre de son beau-frère et de ses trois enfants, par incendie.
Tai Te-ying - Meurtre par 26 coups de couteau du père de sa petite amie, et blessures sur celle-ci.
Huang Hsien-cheng - Meurtre de deux hommes, cinq jours après sa libération pour meurtre.
19 avril 2013 Chen Tung-Jung
Chen Jui-Chin
Lin Chin-Te
Chang Pao-Hui
Li Chia Hsuan
Chi Chun-I
29 avril 2014[9] Tai Wen-ching - Meurtre d'un chauffeur de taxi en 2002.
Teng Kuo-liang - A noyé en 2009 une femme et son fils pour éviter de rendre de l'argent à la jeune femme.
Liu Yen-kuo - A tué un policier lors d'un cambriolage en 1997.
Tu Ming-hsiung - A tué 2 taïwanais et 3 chinois dans la province du Guangdong en Chine en 2001
Tu Ming-liang - coaccusé.
2015 6 exécutions

Voir aussi

Références

Liens externes

  • (fr) Peine de mort - Taiwan
  • (fr) Taïwan exécute quatre condamnés après 4 ans de suspension de la peine de mort
  • (en) Le code de procédure pénale taiwanais (bouton "Article Content", articles 460 à 465)
  • (en) La loi sur les prisons (bouton "Article Content", articles 90 à 92)
  • (en) Le code de procédure martiale (bouton "Article Content", articles 230 à 233)
  • (en) Time not ripe for death penalty referendum: minister