Pavel Nedvěd

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Pavel Nedvěd
Image illustrative de l'article Pavel Nedvěd
Nedvěd en 2006 avec l’équipe nationale tchèque
Situation actuelle
Équipe Drapeau : République tchèque FK Skalná
Biographie
Nationalité Drapeau : République tchèque Tchèque
Naissance (45 ans)
Lieu Cheb (Tchécoslovaquie)
Taille 1,77 m (5 10)
Période pro. 19912009
Poste Milieu offensif
Pied fort les deux pieds
Parcours junior
Saisons Club
1978-1983 Drapeau : Tchécoslovaquie Sokol Skalná
1983-1985 Drapeau : Tchécoslovaquie RH Cheb
1985-1991 Drapeau : Tchécoslovaquie Škoda Plzeň
Parcours professionnel 1
Saisons Club 0M.0(B.)
1991-1992 Drapeau : Tchécoslovaquie Dukla Prague 019 0(3)
1992-1996 Drapeau : République tchèque Sparta Prague 116 (28)
1996-2001 Drapeau : Italie Lazio Rome 208 (51)
2001-2009 Drapeau : Italie Juventus 327 (65)
Sélections en équipe nationale 2
Années Équipe 0M.0(B.)
1994-2006 Drapeau : République tchèque République tchèque 091 (18)
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels.

Pavel Nedvěd, né le 30 août 1972 à Egra (appelée Cheb en tchèque), est un footballeur international tchèque reconverti dirigeant.

Il évolue au poste de meneur de jeu où, il joue et marque indifféremment des deux pieds. Surnommé la « Furia Ceca » en Italie (en français : « la furie tchèque »), il fait les beaux jours de la Lazio de Rome et de la Juventus de Turin[1].

En 2003, il est récompensé à 31 ans par le Ballon d'or récompensant le meilleur joueur évoluant en Europe, après avoir succédé avec brio à Zinédine Zidane à la Juventus. Peu après, Pelé et la FIFA l'incluent dans leur liste des 125 meilleurs joueurs de football vivants.

En octobre 2010, un an après la fin de sa carrière sportive, il entre au conseil d'administration de la Juventus. Il est nommé Vice-Président de la Juventus Turin le 23 octobre 2015 par le président du club, Andrea Agnelli, lors de l'assemblée générale des actionnaires.

En septembre 2017, Pavel Nedvěd reprend une licence de footballeur au sein du petit club tchèque du FK Skalna, où il avait débuté carrière et ou son fils, Pavel Nedved Jr, évolue également.[2]

Biographie

Enfance et formation

Pavel Nedvěd naît dans une famille modeste dont le père Vaclav est fermier et la mère reste au foyer. Enfant, Pavel est passionné de sport et pratique le hockey sur glace, le tennis et, surtout, le football. Son père est un bon joueur de D2 tchécoslovaque à Plzeň. Lorsque Pavel signe à son tour au Škoda Plzeň, il effectue sans ciller les quatre heures quotidiennes de train pour se rendre à l'entraînement. Cela ne l'empêche pas de briller sur le terrain, ni d'obtenir son diplôme de géomètre[3].

Révélation au Sparta Prague (1992-1996)

Il évolue par la suite sous les couleurs du AC Sparta Prague (1992-1996).

Confirmation à la Lazio Rome (1996-2001)

Après l'Euro 96 disputé en Angleterre, il rejoint la SS Lazio. Nedvěd joue son premier match pour la Lazio contre Bologne, le 7 septembre 1996. Nedvěd devient rapidement un élément majeur de la Lazio, en l'aidant à décrocher la Coupe d'Italie en 1998 et en 2000, ainsi que la Coupe d'Europe des vainqueurs de Coupes en 1999 (dernière édition de cette compétition internationale). Nedvěd joue un rôle essentiel pendant cette compétition, en réussissant notamment à marquer le dernier but du tournoi : au cours de la finale contre le RCD Mallorca, Nedvěd marque à la 81e minute, assurant la victoire 2-1 pour la Lazio. Après avoir remporté le championnat de Serie A en 2000, une Supercoupe de l'UEFA en 1999, une Supercoupe d'Italie en 1998 et 2000, il a également été finaliste de la Coupe UEFA 1998. Nedvěd aura joué en tout 204 matchs pour ce club, marquant à 54 reprises. Son palmarès, déjà impressionnant, révèle un talent qui attire les convoitises.

Top niveau à la Juventus (2001-2009)

Nedved remplace Zidane à la Juve (ici ensemble lors d'un match de charité)

En juillet 2001, Marcello Lippi doit gérer le départ de Zidane de la Juventus. Il choisit le Laziale Pavel Nedvěd, moins technique mais plus féroce. Lippi recentre Nedvěd dans l'axe, qui devient un rouage indispensable de la Juve[3]. Il termine la saison 2001-2002 en boulet de canon pour permettre à son club de s'octroyer son 26e titre national au détriment de l'Inter, qui avait longtemps fait la course en tête. Il inscrira notamment à Piacenza un but qui s'avèrera crucial dans le sprint final.

En 2002-03, son palmarès s'étoffe avec un nouveau scudetto. Nedvěd va qui plus est acquérir une nouvelle dimension en Ligue des Champions, compétition dans laquelle son équipe atteint la finale. Lors de ce parcours éprouvant[4], le Tchèque inscrit des buts essentiels contre le FC Barcelone en quarts, puis face au Real Madrid (tenant du titre et favori) en demi-finales quand sa reprise de volée foudroie Iker Casillas, permettant à la Juventus de mener 3-0 après avoir perdu le match aller 2-1 à Madrid. Cependant, l'équipe perd en finale aux tirs aux buts face au Milan AC, sans lui. En effet, lors de la demi-finale face au Real Madrid, Nedvěd reçoit un carton jaune qui le prive de finale[3]. Sans son maître à jouer la Juve ne parviendra pas à déjouer le Milan d'Ancelotti.

Malgré cette défaite en finale la grande saison de Nedvěd est récompensée. Il remporte le Ballon d'or (devant Thierry Henry en 2e place et Paolo Maldini 3e), plus haute distinction individuelle pour un footballeur professionnel. Il dédie sa récompense à son entraineur Marcello Lippi, qui a eu la clairvoyance de le replacer dans un rôle axial dans lequel Nedvěd brille en étant au cœur du jeu turinois.

Entre 2004 et 2006, Fabio Capello est l'entraineur de la Juventus. Il repositionne Nedvěd dans un rôle d'ailier destiné à alimenter en centres David Trezeguet et Ibrahimović, les deux attaquants préférés du technicien. Ayant déjà occupé ce poste durant ses années biancocelesti, le l'international tchèque se montre efficace. Il effectue deux saisons dans la lignée des précédentes, mais sans pour autant retrouver la même influence que celle qu'il avait pu afficher en 2002-2003.

Nedvěd avec la Juventus en juillet 2007.

En 2006, la Juve est reléguée en Série B, pour la première fois de son histoire, pour fraude sportive à la suite de l'affaire fort controversée du Calciopoli, mais Nedvěd lui reste fidèle, tout comme Buffon, Del Piero, Camoranesi et Trezeguet, geste qui ne fera que renforcer l'amour que portent les supporters à la Furia Ceca. La Juventus terminera championne de Série B avec Didier Deschamps comme entraîneur, et ce, dès la première année. La Juve reviendra en Série A l'année suivante (2007-2008) y affronter ses plus grands rivaux, elle terminera 3e cette année-là, derrière l'AS Rome et l'Inter Milan. Quant à Nedvěd, il arrêtera sa carrière professionnelle un an plus tard à la fin de la saison 2008-2009

Il est le joueur non-italien ayant joué le plus de matchs pour les bianconeri (327 rencontres au total)[5].

En équipe nationale (1994-2006)

Nedvěd lors de la Coupe du monde 2006.

Il a commencé à se faire un véritable nom dans l'arène internationale lors du Championnat d'Europe des Nations 1996 en Angleterre quand la sélection tchèque atteint la finale de l'épreuve contre l'Allemagne après avoir éliminé la France en demi-finale, le Portugal en quarts et l'Italie, alors vice championne du monde, dès le premier tour. Quatre ans plus tard, les Tchèques se qualifient pour l'Euro 2000 mais sont éliminés au premier tour par les deux grandissimes favoris de la compétition : les hôtes néerlandais et les champions du monde en titre français.

Critiqué après la défaite en barrage de qualification pour le Mondial 2002 face à la Belgique (0-1, 0-1), Nedvěd fait son mea culpa et décide de se comporter en patron. Sous l'impulsion de son capitaine, l'équipe nationale tchèque est invaincue de ce second match contre les Belges en novembre 2001 à avril 2004. Durant cette période, elle survole le groupe 3 des éliminatoires de l'Euro 2004 et termine devant les Pays-Bas[3].

En 2004, il décide de mettre un terme à sa carrière internationale, après que son équipe ait atteint les demi-finale de l'euro contre la Grèce (Nedved se blessera durant ce match précipitant la défaite de son équipe) mais quelques mois plus tard, alors que la République tchèque est en passe de se qualifier pour la Coupe du monde 2006 en Allemagne, il décide de revenir en sélection à la demande de son sélectionneur et de toute une nation. Il aide ainsi son pays à décrocher la première participation à une phase finale de son histoire, après les échecs de 1998 et de 2002.

Pour sa seule et unique coupe du monde, Nedvěd, qui est capitaine, est éliminé dès le premier tour. À l'issue de ce tournoi, l'ancien Ballon d'or prend cette fois définitivement sa retraite internationale. Avec sa sélection, ses principaux faits d'armes resteront la finale 1996 et la demi-finale 2004 du championnat d'Europe des nations.

Reconversion

Nedvěd lors d'un match contre la pauvreté en 2014.

Le 30 mai 2009, Nedvěd communique sa décision d'arrêter sa carrière professionnelle même si quelques clubs lui font des propositions. Outre ses nombreuses qualités physiques et techniques, une de ses forces est incontestablement son impressionnante capacité de travail, admirée par tous ses coéquipiers, et qui lui permit de décrocher le ballon d'or en 2003.

En octobre 2010, il rentre au conseil d'administration de la Juventus. Le 23 octobre 2015, il est choisi par le conseil d'administration pour devenir vice-président de la Juventus[6].

En mars 2016, Nedvěd déclare avoir été désigné ambassadeur du championnat chinois[7].

En septembre 2017, il décide de rechausser les crampons en s'engageant au FK Skalna (division amateur en République tchèque) à l'âge de 45 ans.

Style de jeu : stakhanoviste

Surnommé le « mouvement perpétuel » par la presse italienne, Nedvěd est un marathonien du football. Méticuleux dans sa préparation, toutes ses semaines sont centrées sur la récupération et la compétition. Le Tchèque court même pendant ses vacances et dispute toutes ses séances d'entraînement avec engagement et concentration. À la Lazio Rome, il effectue systématiquement une série de cent pompes supplémentaires à la fin de chaque entraînement[3].

En 2004, Pavel Nedvěd déclare : « je ne suis pas beau à voir jouer. Je cours, je me bats, mais je ne suis pas élégant comme peuvent l'être Raùl, Zidane, Figo ou Beckham ». Agressif et technique, infatigable et opportuniste, il est considéré comme essentiel au milieu de terrain dans chacune des équipes pour lesquelles il joue[3].

Statistiques

Générales par saison

Ce tableau présente les statistiques de Pavel Nedvěd durant sa carrière sportive[8] :

Statistiques de Pavel Nedvěd au 8 janvier 2015[9]
Saison Club Championnat Coupe(s) nationale(s) Supercoupe Compétition(s)
continentale(s)
Supercoupe UEFA Drapeau : République tchèque République tchèque Total
Division M B Pd M B Pd M B Pd C M B Pd M B Pd M B Pd M B Pd
1991-1992 Drapeau de la Tchécoslovaquie Dukla Prague 1 19 3 - - - - - - - - - - - - - - - - - 19 3 0
Sous-total 19 3 - - - - - - - - - - - - - - - - - 19 3 0
1992-1993 Drapeau de la Tchécoslovaquie Sparta Prague 1 17 0 - - - - - - - C2 5 0 - - - - - - - 22 0 0
1993-1994 Drapeau de la République tchèque Sparta Prague 1 23 3 - - - - - - - C1 4 0 - - - - 1 0 - 28 3 0
1994-1995 Drapeau de la République tchèque Sparta Prague 1 27 6 - - - - - - - C1 2 0 - - - - - - - 29 6 0
1995-1996 Drapeau de la République tchèque Sparta Prague 1 30 14 - - - - - - - C3 8 5 - - - - 13 1 - 51 20 0
Sous-total 97 23 - - - - - - - - 19 5 - - - - 14 1 - 130 29 0
1996-1997 Drapeau de l'Italie Lazio Rome Serie A 32 7 6 3 1 - - - - C3 3 2 - - - - 6 1 - 44 11 6
1997-1998 Drapeau de l'Italie Lazio Rome Serie A 26 11 4 6 2 - - - - C3 11 2 - - - - 7 2 - 50 17 4
1998-1999 Drapeau de l'Italie Lazio Rome Serie A 21 1 3 4 0 1 1 1 - C2 8 4 - - - - 8 1 - 42 7 4
1999-2000 Drapeau de l'Italie Lazio Rome Serie A 28 5 3 6 1 1 - - - C1 13 1 4 1 0 - 11 4 1 59 11 9
2000-2001 Drapeau de l'Italie Lazio Rome Serie A 31 9 8 3 1 - 1 0 - C1 10 3 4 - - - 9 3 0 54 16 12
Sous-total 138 33 24 22 5 2 2 1 - - 45 12 8 1 0 - 41 11 1 249 62 35
2001-2002 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 32 4 10 4 0 2 - - - C1 7 0 3 - - - 7 3 0 50 7 15
2002-2003 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 29 9 12 1 0 - 1 0 - C1 15 5 2 - - - 8 1 1 54 15 15
2003-2004 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 30 6 9 4 0 - 1 0 - C1 6 2 2 - - - 13 1 3 54 9 14
2004-2005 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 27 7 6 1 0 - - - - C1 10 3 1 - - - - - - 38 10 7
2005-2006 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 33 5 11 4 0 - 1 0 - C1 8 2 4 - - - 7 1 1 53 8 16
2006-2007 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie B 33 11 - 3 1 - - - - - - - - - - - 1 0 0 37 12 0
2007-2008 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 31 2 8 2 1 - - - - - - - - - - - - - - 33 3 8
2008-2009 Drapeau de l'Italie Juventus FC Serie A 32 7 7 3 0 - - - - C1 9 0 1 - - - - - - 44 7 8
Sous-total 247 51 63 22 2 2 3 0 - - 55 12 13 - - - 36 6 5 363 71 83
Total sur la carrière 501 110 87 44 7 4 5 1 - - 119 29 21 1 0 - 91 18 6 761 165 118

Buts en sélection

Palmarès

En club

En sélection

Distinctions personnelles

Empreinte de ses pieds sur "La Promenade des Champions" à Monaco après son titre au Golden Foot

Annexes

Notes et références

  1. (it) I SOPRANNOMI DEI GIOCATORI — Juworld.it
  2. lequipe.fr/Pavel-nedved-reprend-une-licence
  3. a, b, c, d, e et f Marc Ambrosiano & Alain Gadoffre, « Pavel Nedved », Onze Mondial, no 181,‎ , p. 26 à 29 (ISSN 0995-6921)
  4. La Juventus ne se qualifie pour les quarts que grâce à la différence de buts particulière
  5. (it) Presenze Giocatori con Tornei Minori — Myjuve.it
  6. « Italie : Pavel Nedved nommé vice-président de la Juventus Turin », sur lequipe.fr, L'Équipe,
  7. « Pavel Nedved nommé ambassadeur du foot chinois », sur lequipe.fr, L'Équipe,
  8. « Archives », sur soccer-europe.com (consulté le 20 février 2016)
  9. « Statistiques de Pavel Nedvěd », sur footballdatabase.eu

Liens externes