Paul Cézanne

Paul Cézanne
Paul cezanne 1861.jpg
Naissance
Décès
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Élève
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Conjoint
Hortense Fiquet (à partir de )
Enfant
Paul Cézanne ()
Œuvres réputées
La montagne Ste Victoire, Portrait de Madame Cézanne,
signature de Paul Cézanne

signature

Paul Cézanne, né le à Aix-en-Provence, mort le dans la même ville, est un peintre français, membre du mouvement impressionniste, considéré comme le précurseur du post-impressionnisme et du cubisme. Par sa volonté de faire "du Poussin sur nature", il apparait comme un continuateur de l'esprit classique français autant qu'un innovateur radical par l'utilisation de la géométrie dans les portraits, natures mortes et les nombreux paysages qu'il peint d'Ile-de-France et de Provence particulièrement de la campagne d'Aix-en-Provence. Il a notamment réalisé une série de toiles ayant pour motif la montagne Sainte-Victoire. Il est considéré comme le "Père de l'Art Moderne"[1].

Ami d'enfance de l'écrivain Émile Zola qu'il rencontra à Aix-en-Provence, ils restèrent en contact toutes leurs vies[2]contrairement à une légende littéraire qui les imaginent brouillés[3].

Biographie

La Résidence du Jas de Bouffan (1878), huile sur toile (52,5 × 56 cm), collection particulière

Enfance et origines de la famille Cézanne

"Portrait du Louis Cézanne lisant", le père du peintre en 1866", National Gallery of Art, Washington, D.C.


Paul Cézanne nait à Aix-en-Provence, le 19 janvier 1839. C'est un enfant né hors-mariage de Louis Auguste Cézanne[4], âgé de 40 ans qui le reconnaît et de Anne Élisabeth Honorine Aubert, ouvrière chapelière, 24 ans. Son père est chapelier, d'origine très pauvre et demeure 55, sur le Cours, aujourd'hui le Cours Mirabeau. où il travaille à la chapellerie Carbonel qu'il a fondé [5] et que tient une parente de Anne Aubert. L'enfant est baptisé le 20 février à l'église Sainte-Madeleine. Le 4 Juillet 1841 nait une soeur Marie. Le 29 janvier 1844, Louis Auguste Cézanne épouse Anne Aubert qui a pour dot ses économies d'ouvrières. Le 1er Juin 1848, Louis Auguste Cézanne ouvre la banque Cézanne et Cabassol, 24 rue des cordeliers de son nom et de celui de son associé[6]. La famille est relativement aisée[7]. » L'enfant Paul Cézanne, suit les cours de l'école communale, puis de l'école catholique St Joseph. Il s'y lie avec Henri Gasquet.

Débuts dans la carrière de peintre

Paul Cézanne fréquente le collège Bourbon (devenu le lycée Mignet aujourd'hui), où il se lie d'amitié avec Émile Zola, Jean-Baptiste Baille et Louis Marguery. Ils sont " Les Inséparables".Le 1er juin 1854, naît sa seconde sœur Rose dont Paul est le parrain. À partir de 1857 Il suit des cours à l'École de dessin d'Aix-en-Provence, d'après le modèle vivant et les plâtres et sculptures conservés au musée sous la direction de Joseph Gibert, le directeur et conservateur du Musée et ce jusqu'en 1861. Bon élève, en particulier en mathématiques, en 1858 il passe son baccalauréat avec succès et entreprend sans enthousiasme des études de droit à l'Université d'Aix à la demande de son père. La même année, Cézanne semble être tombé amoureux d'une inconnue qu'il croise quand il va au lycée[8]. Le 25 août 1859, Cézanne reçoit le second prix de peinture de l'école gratuite d'Aix-en-Provence pour "une étude de la tête d'après le modèle vivant à l'huile et de grandeur naturelle". En 1860 Cézanne abandonne ses études de droit pour monter à Paris. Il est exonéré de service militaire.

Un physique d'athlète mais ...

Cézanne mesure 1m75, il est d'un "tempérament doux comme un enfant", parle avec un fort accent provençal[9], nasillard et roulant les R et redoublant M [10] si violemment qu'il en fait "littéralement vibrer la vaisselle"[11]. " D'une timidité souffrante " selon le mot de Zola, pudique jusqu'au malaise, Cézanne pouvait être très narquois et ironique, mais aussi sujet à de brusques colères, de plus s'il était touché ou effleuré par inadvertance ses réactions pouvaient être violentes[12]. Cézanne a été diagnostiqué diabétique en 1890 (à l'âge de 51 ans) et il souffre (par crises) de rhumatismes, de céphalées et de prurit de la peau [13],qui avaient été soignés par le docteur Gachet dès 1872. Ces différents symptômes ont pu être ensuite attribué, par hypothèse rétrospective à sa première manière ,"couillarde"[14] de peindre (c'est à dire peindre avec les doigts au lieu du pinceau seul - mais il peignait au couteau) ce qui est une source d'intoxication (percutanée notamment) par les pigments à base d'oxydes de métaux lourds ou d'autres toxiques (métalloïdes) contenus dans les peintures à l'huile, gouaches et aquarelles [15]. Quand sa vue a baissé (rétinopathie conjointe au diabète), il a refusé une correction par des lunettes qu'il considérait comme des objets vulgaires[15] et une hypothèse est que comme pour d'autres peintres impressionnistes, la dégradation de sa vue ait pu contribué à son style de peinture[15],[16].

La montée à Paris

"Nature morte au pichet vert" (1865). Cézanne sous l'influence de Zurbaran et des maîtres espagnols.

En 1861, il s'installe à Paris, malgré l'avis défavorable de son professeur de dessin. Ayant échoué au concours d'entrée de l'École des beaux-arts en raison d'un tempérament coloriste jugé excessif[17], il revient à Aix travailler dans la banque paternelle. En 1862, il revient à Paris aidé par le peintre Chautard un Aixois, qui lui corrige ses études à l'Académie de Charles Suisse et soutenu dans sa vocation par Zola. Il habite chez la mère de Zola. En 1863, il est inscrit comme copiste au Louvre et copie la "Barque de Dante" de Delacroix qu'il est incapable d'achever.En 1864, il copie les "Bergers d'Arcadie" de Nicolas Poussin. Il travaille à l'Académie de Charles Suisse et y rencontre Camille Pissarro, Pierre-Auguste Renoir, Claude Monet, Alfred Sisley et un autre Aixois, Achille Emperaire, dont il fera plus tard un portrait, resté célèbre. En 1865, un article de Marius Roux mentionne Cézanne comme un des bons élèves de l'école aixoise admirateur de Ribera et Zurbaran.

"La mère de l'artiste cousant, sa sœur jouent l'ouverture de Tannhauser de Wagner." (1868) Musée Hermitage de St.Petersbourg

En 1866,"Le portrait d'homme" qu'il présente au Salon est refusé, bien que Daubigny l'ait défendu, à cette occasion il rencontre Manet. Par l'intermédiaire du Père Tanguy, Cézanne expose à Madrid en Espagne. Il entreprend des œuvres de 4 à 5 mètres dans le village de Bennecourt, non loin d'Auvers-sur-Oise. Il y travaille à un tableau "l'Ouverture de Tannhaüser" d'après Wagner. Puis redescend en Aix où "sa tenue et son physique font sensation sur le Cours", un poème lui est même dédié dans "L'écho des Bouches-du-Rhône". En 1867, un journal de Francfort se moque de l'envoi -refusé- de Cézanne au Salon, Zola prend sa défense dans le Figaro le 12 Avril. Cézanne travaille sur le motif dans la campagne aixoise.


La peinture de Cézanne se caractérise durant cette première époque, par une fougue, un volontarisme et des empâtements au couteau donnant à ses peintures un aspect sombre et lourd qui peut choquer par des maladresses de dessin.

La liaison cachée avec Hortense

"Portrait d'Hortense Fiquet" dit "Madame Cézanne dans un fauteuil rouge" ou "à la jupe rayée", Musée de Boston, USA

En 1869, Paul Cézanne rencontre Hortense Fiquet, modèle et ouvrière dont le surnom "Biquette" devient "La Boule", en étant sa compagne. Pendant la guerre de 1870, Cézanne s'installe à l'Estaque près de Marseille avec elle. Cézanne est dénoncé comme "réfractaire", la gendarmerie vient l'arrêter mais ne le trouve pas. Cézanne, seul, s'installe dans la bastide du Jas de Bouffan[18], résidence que son père a achetée en 1858. Le 4 janvier 1872, naissance de Paul, fils de Paul Cézanne et Hortense Fiquet à Paris. Le peintre prévient sa mère mais pas son père qui ignore tout de sa relation avec Hortense. En 1873, avec l'aide du Docteur Gachet, Cézanne installe sa famille à Auvers-sur-Oise, dans des conditions difficiles. Il y travaille avec Pissaro et Guillaumin. Il aide Daumier. que soigne le Docteur Gachet qui leur prête son atelier de gravure. Le 27 décembre 1873, Cézanne participe à la fondation de la société anonyme coopérative des artistes-peintres avec Degas, Monet, Renoir... Cézanne peindra 45 portraits de sa femme pendant sa vie. Si les relations entre la mère et la sœur de Cézanne sont difficiles avec Hortense, elles lui reconnaissent "cependant une égalité d'humeur et une patience à toute épreuve. Quand Cézanne ne dort pas, elle lui fait la lecture la nuit et cela dure des heures." [19]. Elle lui lit en particulier les poèmes et écrits sur l'art de Baudelaire. .

D'Auvers-sur-Oise à l'Estaque

Autoportrait (1875), huile sur toile (66 × 55 cm), collection particulière
Œuvre la maison du pendu Paul Cézanne
La Maison du pendu, Auvers-sur-Oise (1873), huile sur toile (55,5 × 66,3 cm), Musée d'Orsay, Paris
"Photo de groupe à Auvers-sur-Oise en 1873, à droite Pissarro, au centre assis sur le banc Cézanne, entouré de Guillaumin, Cordey et Vignon"

En 1874, les impressionnistes organisent leur première exposition collective dans l'atelier du photographe Nadar et le public réserve un accueil peu encourageant, voire scandalisé, aux toiles de Cézanne, qui en présente trois (Une moderne Olympia qui appartient au docteur Gachet, La Maison du pendu qui est acheté par le Comte Doria et Étude, paysage d'Auvers). En 1875, le père Tanguy vend trois tableaux à Victor Choquet, un collectionneur de Renoir. Il rencontre Forain un élève de Degas.

En 1876, Cézanne travaille dans le midi, en particulier à L'Estaque où il peint des tableaux pour Choquet. et s'Il n'a présenté aucun tableau à la seconde exposition impressionniste, il montre seize œuvres en 1877 à la troisième manifestation. A Paris Il peint un de ses chefs d'œuvres :"madame Cézanne à la robe bleue"avec une étonnante harmonie de tons bleus, verts et bleus-verts. Cézanne s'habille en ouvrier, cotte bleue et veste de toile blanche couverte de taches de peinture et participe aux soirées de Nina de Villard, là il rencontre Mallarmé, Manet, Verlaine... En 1878, le manque d'argent se fait sentir, son fils est malade et la pension que verse son père ne suffit pas, aussi Zola envoie de l'argent. Son père découvre en lisant le courrier de son fils l'existence d'Hortense et de son petit-fils, il augmente son aide suivant les conseils du Docteur Gachet dont il est l'ami depuis 1858. En 1880, Zola publie un article sur le Naturalisme où il cite Cézanne. Hortense, elle modèle, pose pour les peintres dont Armand Guillaumin, Camille Pissarro, Auguste Renoir dont elle est très proche. En 1881, Paul Cézanne, Hortense et Paul s'installent à Pontoise et travaille en compagnie de Pissaro avec lequel il découvre les différentes théories de la couleur dont celles de Chevreul et Ogden Rood[20]. Cézanne en septembre 1906, quelques jours avant sa mort enverra une toile pour une exposition hommage à Pissarro avec comme notice pour le catalogue " Cézanne, élève de Pissarro." [21]

Une méthode de travail

Cézanne développe et met au point sa méthode de travail, essentiellement sur le motif, dessiner par une succession de traits et de lignes disjointes qui décrivent géométriquement les objets ou le paysage en plans successifs suivant la perspective aérienne. La précision de la dégradation des couleurs par touches juxtaposées considérant l'ombre comme une couleur, généralement bleu, accentue le clair-obscur.

À partir de 1881, son père lui fait construire atelier au Jas de Bouffan. En 1882, Cézanne est admis au Salon, se déclarant élève de Antoine Guillemet. En 1885, Cézanne demande à Zola de transmettre à une jeune femme une lettre d'amour dont il ne reste que le brouillon au dos d'un aquarelle[22]. En 1886, Cézanne et sa famille vit à Gardanne, là, il commence son cycle de peintures sur la montagne Sainte-Victoire, qu'il représente dans près de quatre-vingts œuvres (pour moitié à l'aquarelle). Le 28 avril il épouse Hortense à Aix-en-Provence[23]. Le 23 octobre, son père décède. Cézanne et ses sœurs héritent, leur laissant un héritage confortable, de plusieurs millions de francs-or, qui les met à l'abri financièrement.

La reconnaissance : le précurseur d'un autre art

En 1888, une série d'articles le mentionnent et il est admis à l'exposition de l'Art Français pendant l'Exposition Universelle de Paris de 1889. Défendu par Durand-Ruel il expose à Bruxelles au salon des XX. En Novembre 1890, Paul Cézanne commence à souffrir de graves crises du à son diabète. Il installe Hortense et son fils dans un appartement à Aix, pour éviter les disputes avec sa mère et sa soeur au Jas de Bouffan. Vers 1891 Cézanne devient fervent catholique. L'oeuvre de Cézanne est reconnu par la critique, en particulier par Huysmans. On le considère comme "le précurseur d'un autre art" selon le mot de Gustave Geoffroy en 1895.

Portrait de Gustave Geoffroy (1895), Musée d'Orsay, Paris

En 1894, la collection Duret passe en salle des ventes, ses trois toiles font un prix honorable entre 600 et 800 francs. En juin 1894, à la vente de la collection Tanguy elles font entre 45 et 215 francs ! Pendant l'été Cézanne travaille à Barbizon et à l'automne séjourne à Giverny chez Monet où il dine avec Rodin et Clemenceau. En 1895, Ambroise Vollard devient le marchand de Cézanne. Cézanne devient de plus en plus irritable contre ses amis impressionnistes. Débute son amitié avec Joachim Gasquet, le fils de son ami d'enfance, qui devient son confident. Zola dans un article sur la salon parle de "son ami, son frère Paul Cézanne, dont on s'avise seulement de découvrir aujourd'hui les parties géniales de ce grand peintre avorté". Cézanne part en cure à Vichy pour tenter de soigner son diabète qui a été diagnostiqué en 1891[24]. Il vit à Paris l'hiver. L'été, Cézanne loue un cabanon aux Carrières de Bibémus, afin d'y entreposer son matériel de peinture et ses toiles et où il passe une bonne partie de son temps, voire de ses nuits, jusqu'en 1904[25],[26]. En 1897 la Galerie Nationale de Berlin achète un paysage de Cézanne.

L'impact de la science

En 1899 , Paul Signac publie "De Delacroix au néo-impressionnisme", texte dans lequel il analyse la technique de Cézanne dont se réclame les néo-impresionnistes, divisionnisme et théories de la couleur.

Cézanne s'agace des reventes de ses tableaux dont les prix montent et de leurs plus-values réalisées par Gauguin et quelques autres qui en profitent, autour de la galerie Vollard. En 1899, il participe à une vente caritative pour la veuve de Alfred Sisley, en offrant un tableau qui se vend pour 2300 francs. En 1899 Vollard achète tout l'atelier de Cézanne. En 1900, Maurice Denis peint son Hommage à Cézanne. La jeune génération des peintres se réclament de lui.

En 1900, l'hommage des jeunes peintres à Cézanne par Maurice Denis
Paul Cézanne dans son atelier des Lauves

Cézanne vend le Jas-de-Bouffan après le décès de sa mère en 1897, et pour se faire Hortense renonce à son hypothèque légale sur le Jas-de Bouffan[27]. Cézanne se fait construire en 1901-1902 un atelier dans la périphérie d'Aix, l'atelier des Lauves où il travaille tous les matins de 1902 à sa mort. Apprenant la mort de Zola le 29 septembre, le peintre éprouve un vif chagrin. La collection de Zola passe en vente, le critique Henri Rochefort se déchaîne contre l'artiste dans un article "L'amour du Laid"[28].

À partir de 1903, commence la correspondance avec le peintre Camoin à qui il recommande "de copier les maîtres au Louvre". Dans une lettre du 15 avril 1904, Cézanne conseille à Émile Bernard de "traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective, soit que chaque côté d'un objet d'un plan, se dirige vers un point central.", c'est à dire suivant les principes de la géométrie descriptive[29].

Mourir en peignant

Cézanne souffre de violentes migraines qui l'empêche de travailler à son aise, il se sait gravement malade et doute d'atteindre enfin son but artistique avant sa mort[30]. Une salle entière au Salon d'Automne dont il est un membre fondateur lui est consacré. Cézanne malgré le succès continue de travailler inlassablement, pensant cependant qu'il n'a pu, ni su, atteindre son rêve de peintre[31]. Il souffre à cause de son diabète et d'un traitement "atroce' alors que son fils s'occupe de vendre ses tableaux à Paris.

La Montagne sainte-Victoire sous l'orage

Le , alors qu'il peint sur le motif, dans le massif de la Sainte-Victoire, un violent orage s'abat. Cézanne a un malaise [16]. et reste de longues heures sous la pluie. Il est ramené dans la charrette d'un blanchisseur chez lui, 23 rue Boulegon, à Aix. Le lendemain il va à son atelier travailler, trop fatigué il s'installe le jour suivant pour peindre dans son appartement. Il y meurt, le 23, emporté par une pneumonie. Sa tombe se trouve au cimetière Saint-Pierre d'Aix-en-Provence.

L'admiration pour Émile Zola

C'est sur la base d'une lettre de Cézanne à Émile Zola, et à partir du travail de John Rewald publié en 1937 que de nombreux biographes pensaient qu'à partir de 1886 le peintre avait rompu tout contact avec le romancier qu'il connaissait depuis son enfance et ses années d'études au lycée d'Aix-en-Provence[32]. La cause de la brouille aurait été le roman L'Œuvre (racontant l'histoire d'un peintre maudit et pourchassé par le destin incapable d'achever sa « grande œuvre »), que le peintre aurait inspiré[33]. Cette hypothèse est aujourd'hui remise en cause et infirmée par la découverte d'une lettre postérieure à celle sur laquelle se base cette supposition[34] et par le travail de Henri Mitterand qui démontre en publiant les lettres croisées des deux artistes Cézanne et Zola en 2016 ; que Cézanne ne sait jamais senti visé par l'Œuvre et qu'il est resté au contraire un admirateur de Zola après 1887 « dans un dialogue ininterrompu d’artistes – le peintre et le conteur, unis par une même passion du réel et de sa représentation – sur leur raison d’être et sur les modes de leur faire »[35]). Pour Henri Mitterand l'origine de ce mythe (la brouille) est dans les Souvenirs d'Emile Bernard qui veut séparer Zola et Cézanne pour des raisons autant esthétiques, sociales et politiques [36] alors que Joachim Gasquet affirme et témoigne au contraire que Cézanne lui avait fait un vibrant hommage de l'Œuvre de Zola où il y lisait une "seule beauté vraie, éternelle et changeante » la vie[37]. Aussi Henri Mitterand rappelle qu'il convient de pratiquer « une analyse scrupuleuse et détaillée non seulement des textes mais aussi de leur contexte social et politique et des conduites qui les ont accompagnés » [38] avant de juger ou d'affirmer une quelconque brouille.

De plus la correspondance de Cézanne à ses amis est parcellaire, la majorité de sa correspondance à ses amis, parents, Hortense et son fils est perdue.

La réception après la mort de Cézanne

Autoportrait (1898-1900), huile sur toile (63,5 × 50,8 cm), Musée des beaux-arts de Boston, Boston

Après la mort de Cézanne, le salon d'automne consacre une rétrospective de 56 œuvres, cette exposition a une influence considérable sur les peintres du temps[39] et devient prépondérante pour le cubisme, cubisme analytique et le post-cubisme, qui voit dans les recherches du peintres, les sources des recherches de la géométrisation, mais aussi de l'impact des affects dans l'expressionnisme. En 1907, le jeune poète Rainer Maria Rilke est subjugué par" le portrait de Madame Cézanne la jupe rayée" dont il dit : "Pour atteindre à son plus grand pouvoir expressif, il est peint avec force autour du visage (...)tout n'est plus qu'une affaire de couleurs entre elles." Il ajoute: C'est comme si chaque point du tableau avait connaissance des autres."[40]

Pour Picasso, "En 1906, l'influence de Cézanne, ce Harpignies de génie, pénétra partout. L'art de la composition, de l'opposition des formes et du rythmes des couleurs se vulgarisa rapidement." [41] En 1920, Cézanne représente la France à la Biennale de Venise.

Paul Cézanne, le fils

Paul Cézanne, le fils né le 4 janvier 1872 et mort le 6 octobre 1947, est le grand ami de Jean Renoir de 22 ans son benjamin, et était considéré par Pierre-Auguste Renoir et sa femme Aline comme leur fils[42]. Figure des années 1920, il épouse Renée Rivière, la fille de Georges Rivière, il participe et aide à la production des films de Jean Renoir, avec lequel il partage un appartement 30, rue de Miromesnil dans le 8e arrondissement à Paris. Hortense Fiquet s'y éteint le 3 mai 1922.

Son œuvre

Parmi ceux des peintres du XIXe siècle rangés sous l’étiquette « impressionnistes », Cézanne, dont l’œuvre est au-delà de l'impressionnisme — et donc probablement la plus difficile, est celui qui fut, et reste encore aujourd'hui, le plus mal compris, voire le plus controversé. Ce sont ses amis peintres, notamment Pissarro, Renoir et Degas qui surent, les premiers, déceler ses intentions et reconnaître ses qualités. Pissarro écrivait :

« Pendant que j'étais à admirer le côté curieux, déconcertant de Cézanne que je ressens depuis nombre d'années, arrive Renoir. Mais mon enthousiasme n'est que de la Saint-Jean à côté de celui de Renoir, Degas lui-même qui subit le charme de cette nature de sauvage raffiné, Monet, tous… sommes-nous dans l'erreur ?… je ne le crois pas… Les seuls qui ne subissent pas le charme sont justement des artistes ou des amateurs qui par leurs erreurs nous montrent bien qu'un sens leur fait défaut. Du reste, ils évoquent tous logiquement des défauts que nous voyons, qui crèvent les yeux, mais le charme… ils ne le voient pas… Comme Renoir me le disait très justement, il y a un je ne sais quoi d'analogue aux choses de Pompéi si frustes et si admirables… »

— Lettre de Pissarro à son fils Lucien, du 21 novembre 1895

Cézanne a peint environ trois cents tableaux[43].

La période de 1862 à 1870 est ce que Cézanne appelait, dans sa verve méridionale et, avec un peu d'exagération, sa « période couillarde », et que les historiens nomment sa période romantique ou sa phase baroque, influencée par les baroques italiens ou espagnols (Ribera, Zurbaran), les caravagesques des églises aixoises ou les collections du musée Granet, ou encore par Eugène Delacroix, Courbet et Manet. Cézanne s’exprime alors généralement dans une pâte épaisse, avec une palette sombre et des fonds noirs : Pains et Œufs (1866), Portrait de Louis-Auguste Cézanne (1866), Tête de vieillard (1866), Antony Vallabrègue (1866), La Madeleine (1868-1869), Achille Emperaire (1868-1869), Une moderne Olympia (1869-1870), Nature morte à la bouilloire (1869), Nature morte à la pendule noire.

Vient ensuite la période « impressionniste », sous l’influence de Pissarro, auprès duquel il s’installe à Auvers-sur-Oise, vers 1872-1873. Il y fréquente Armand Guillaumin et le docteur Gachet. Dans ses œuvres d’alors, le ton, par touches toujours épaisses mais plus subtiles que dans la période romantique, se substitue au modelé classique : La Maison du pendu (1873), La Route du village à Auvers (1872-1873), La Maison du docteur Gachet (1873).

Déjà s’annoncent, dans cette période impressionniste, d’autres préoccupations qui l’éloigneront des recherches propres aux impressionnistes, sans qu’il renie jamais la leçon de fraîcheur, de vibrations colorées et lumineuses que celles-ci apportèrent à la peinture de leur époque. Chez lui, la modulation de la couleur recherche désormais davantage à exprimer les volumes que les effets atmosphériques et la luminosité. Renoir disait, en parlant du critique d’art Castagnary : « J’enrage à l’idée qu’il n’a pas compris qu’Une moderne Olympia de Cézanne (dans sa version de 1873) était un chef-d’œuvre classique plus près de Giorgione que d'Édouard Manet et qu’il avait devant les yeux l’exemple parfait d’un peintre déjà sorti de l’impressionnisme[44]. » C’est encore Renoir qui rapporte l’incompréhension d’Émile Zola quand Cézanne lui confiait sa préoccupation de « trouver les volumes » : Zola essayait de lui démontrer la vanité d’une telle recherche. « Tu es doué. Si tu voulais seulement soigner l’expression. Tes personnages n’expriment rien ! » Un jour, Cézanne se fâcha : « Et mes fesses, est-ce qu’elles expriment quelque chose[44] ? »

« Trouver les volumes », voilà quelle était la véritable obsession de Cézanne, « faire du Poussin sur nature », « quelque chose de solide comme l'art des musées[45] ».

Ce grand dessein, c’est avec une technique qui lui est personnelle que Cézanne veut le réaliser. Cette technique, écrit Léon Gard, peintre et écrivain d'art du XXe siècle, « veut résoudre le problème de la peinture sans recourir au moyen du dessin-ligne, ni à celui du clair-obscur. Comme il l’a dit lui-même, il a voulu, par les diaprures, conjuguer les problèmes du dessin et du modelé, rejoignant ainsi le vieux peintre du Chef-d'œuvre inconnu, de Balzac qui s’écriait : “Le dessin n’existe pas !”, voulant dire par là que dans une œuvre de peinture tout doit être exprimé, dessin et valeurs, par la seule modulation de la couleur[46]. »

La Montagne Sainte-Victoire vue de Bellevue (1882-1885), huile sur toile (65,5 × 81,7 cm), Metropolitan Museum of Art, New York

Jon Kear a d'ailleurs fait le rapprochement entre la représentation du nu chez Cézanne et la nouvelle de Balzac, en soulignant la ressemblance entre l'attitude de Cézanne et celle du vieux peintre Frenhofer, tandis que le jeune Poussin et Pourbus assistent à ses démêlés avec l'expression totale[47].

On voit s’affirmer cette tendance vers 1880. Citons Le Pont à Maincy (1879), L’Estaque, les autoportraits ou les natures mortes du musée d’Orsay, celles du musée de l'Ermitage ou de Philadelphie, La Montagne Sainte-Victoire vue de Bellevue (Metropolitan Museum), La Plaine au pied de la montagne Sainte-Victoire et Les Bords de la Marne (musée Pouchkine).

Cézanne s’engage toujours plus loin dans cette voie qui s'achève en 1906 sur « le motif », ne cessant de se recommander de la nature : « L’étude réelle et précieuse à entreprendre c’est la diversité du tableau de la nature » ; « j’en reviens toujours à ceci : le peintre doit se consacrer entièrement à l’étude de la nature, et tâcher de produire des tableaux qui soient un enseignement[48]. » Mais il avait conscience du défi qu’il s’imposait à lui-même et le doute l’étreignait souvent : « On n’est ni trop scrupuleux, ni trop sincère, ni trop soumis à la nature ; mais on est plus ou moins maître de son modèle et surtout de ses moyens d’expression[49]. »

De fait, il se plaint que « les sensations colorées qui donnent la lumière sont chez lui cause d’abstractions qui ne lui permettent pas de couvrir sa toile, ni de poursuivre la délimitation des objets quand les points de contacts sont ténus, délicats[50] ». Par discipline, Cézanne ne « fondait » jamais : d’où l’aspect d’incomplétude que présentent certaines études de la montagne Sainte-Victoire, ou le caractère abrupt, rébarbatif pour le profane de ses personnages, voire informe des Baigneurs ou des Baigneuses, pour lesquels s'ajoute le manque de modèles dans l'endroit voulu. « D’un autre côté, les plans tombent les uns sur les autres[50] », avoue-t-il. C’est que la formule cezannienne est d’une ambition démesurée.

« Pratiquement, dit Léon Gard, c’est presque une chimère que de vouloir appliquer à la lettre cette formule, car on se heurte toujours à l’imperfection et à la limite du matériau, avec lequel il faut toujours ruser. Néanmoins, s’il est scabreux de suivre cette grandiose théorie lorsqu’on n’a pas des dons exceptionnels, il est évident qu'un Cézanne, dont l’œil était capable de peser les tons, les valeurs comme au milligramme, peut créer des chefs-d’œuvre, et même aboutir à des échecs qui restent supérieurs aux réussites de la plupart des autres peintres[51]. »

Dans une interview donnée à Denise Glaser[52], Salvador Dalí dit de Cézanne : « Le peintre le plus mauvais de la France s'appelle Paul Cézanne, c'est le plus maladroit, le plus catastrophique, celui qui a plongé l'art moderne dans la m… qui est en train de nous engloutir… »

Natures mortes

Nature morte aux pommes et aux oranges (1895-1900), huile sur toile (73 × 92 cm), Musée d'Orsay, Paris

Parmi ses premières « obsessions picturales » qui participent à la quête de l'être[53], ce sont les natures mortes et notamment les pommes pour signifier sa nouvelle conquête picturale[54].Pour Cézanne, la nature morte est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur est à sa puissance, la forme est à sa plénitude », disait-il.

Incomprises en leur temps, elles sont ensuite devenues l'un des traits caractéristiques de son génie.

À la mort de Cézanne, certains peintres voulant créer de nouveaux mouvements se réclamèrent de lui. Le cas le plus notoire est celui des cubistes. Malgré tout ce qu’on a pu dire et écrire, il reste douteux que Cézanne eût reconnu cette paternité. Il n’est plus là pour répondre, mais sa correspondance conserve quelques phrases que l’on peut méditer ; par exemple, celle-ci : « Il faut se méfier de l’esprit littérateur qui fait si souvent le peintre s’écarter de sa vraie voie — l’étude concrète de la nature — pour se perdre trop longtemps dans des spéculations intangibles[55]. »

Au début de 1950, à quelques semaines de l'ouverture de l'exposition « Le Cubisme 1907-1914 », la revue Les Lettres françaises demande aux artistes de réagir à l'attaque portée contre Cézanne, qualifié de « père de l'abstraction ». Paul Aïzpiri, Paul Rebeyrolle, Michel Thompson et Pierre Garcia-Fons y affirment : « Nous le trouvons réaliste, nous[56] ! »

Quelques-unes de ses œuvres

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Articles détaillés : Liste des œuvres de Paul Cézanne et en:List of paintings by Paul Cézanne.

Cézanne dans les musées[59]

  • Paris : Musée d’Orsay; Musée du Petit Palais
  • Bale : Kunstmuseum
  • Berlin : Nationalgalerié
  • Berne : Kunstrnuséum
  • Boston : Muséum of Fine Arts
  • Cambridge : Fogg Art Muséum
  • Chicago : The Art Institute of Chicago
  • Cleveland : Muséum of Art
  • Copenhague :Ny Carlsbérg Glyptotek
  • Essen : Muséum Folkwang
  • Glasgow : Art Gallery and Muséum
  • La Haye : Gémeèntemuseum
  • Leningrad : Musée de l’Ermitage
  • Londres : British Muséum; Home House Trustees; National Gallery; Tate Gallery
  • Manheilm : Kunsthallé
  • Milan : Galerie Municipale d’Art Moderne
  • Moscou : Musée d’Art Moderne Occidental; Musée Pouchkine
  • Munich : Neue Pinakothek; Neue Staatsgalerie
  • New York : The Metropolitan Museum of Art; The Museum of Modem Art; Solomon R. Guggenheim Museum
  • Oslo : Nasjonalgalleriet
  • Ottawa : National Gallery of Canada
  • Philadelphie : Barnes Foundation; Philadelphia Museum of Art
  • Prague : Narodni Galerie
  • San Francisco : California Palace of the Legion of Honor
  • Sao Paulo : Museu de Arte
  • Stockholm : Nationalmuseum
  • Washington : National Gallery of Art; The Phillips Collection
  • Winterthur : Coll. Oskar Reinhart am Rômerholz
  • Worcester :Worcester Art Museum
  • Zurich : Kunsthaus

Œuvre volée à lʼAshmolean Museum d'Oxford

Paysage d'Auvers-sur-Oise, huile sur toile, Ashmolean Museum, Oxford

Le 31 décembre 1999, pendant le feu d'artifice qui a accompagné la célébration du millénaire, des voleurs ont utilisé l'échafaudage se trouvant devant un bâtiment attenant, pour monter sur le toit de lʼAshmolean Museum afin de dérober un tableau de Cézanne : Paysage d'Auvers-sur-Oise. Estimée à 3 millions de livres sterling, la peinture a été décrite comme un travail important, illustrant la transition vers la maturité de la peinture de Cézanne. Comme les voleurs ont ignoré d'autres œuvres importantes dans la même salle d'exposition et que, depuis, le tableau n'a pas été mis en vente, le musée estime que vol a été organisé pour honorer une commande[60],[61].

La Maison du pendu

La Maison du pendu est une œuvre qui a été présentée par Paul Cézanne, parmi trois autres de ces œuvres, à la première exposition impressionniste d'avril, boulevard des Capucines, dans un appartement prêté par le photographe Nadar. Le titre ne fait pas référence à un suicide mais au nom breton d'un ancien propriétaire[62].

Sa cote

  • Rideau, Cruchon et Compotier a été vendu en 1999 pour la somme de 56,41 millions d'euros, ce qui constitua la quatrième enchère la plus forte, jamais atteinte pour un tableau.
  • Bouilloire et Fruits a été vendu en décembre 1999 pour la somme de 44,67 millions d'euros.
  • Nature morte au melon vert, aquarelle vendue 25,5 M $ en 2007.
  • Début 2012, la fille de l'émir du Qatar a déboursé 190 millions d'euros pour l'une des cinq versions (1890-1895) des Joueurs de cartes, désormais le tableau le plus cher au monde. Cette œuvre appartenait à la famille de l'armateur grec Embiricos.

Hommages

  • Le dernier billet de 100 francs (1997-2001) lui a rendu hommage.
  • un timbre postal, d'une valeur de 0,85 franc représentant Les Joueurs de cartes, a été émis le 10 novembre 1961.
  • Depuis 2005, l'université Aix-Marseille 3 est dénommée Université Paul Cézanne Aix Marseille 3.
  • La chanson Cézanne peint (1984), de France Gall, est également un hommage au peintre français.
  • Dans Sur l'écriture, Ernest Hemingway fait de Cézanne le maître de son personnage autobiographique, Nick : « Lui, Nick, avait envie d'écrire comme Cézanne peignait. Cézanne avait commencé avec tous les trucs. Puis il avait tout foutu en l'air et il avait construit un vrai machin. C'était affreusement difficile à faire. Cézanne était le plus grand de tous. Le plus grand pour toujours. Ce n'était pas un culte. Lui, Nick, voulait écrire sur la campagne de telle façon qu'elle soit aussi présente que celle de Cézanne dans ses tableaux. Pour y arriver, il fallait se la tirer du dedans de soi-même. Il n'existait aucun truc pour ça. […] Cézanne savait peindre les gens aussi. Mais ça c'était plus facile ; il se servait de ce qu'il tirait des paysages pour faire les gens. […] Il savait exactement comment Cézanne peindrait ce bout de rivière. Ah, s'il était là pour le faire ! Mais ces types-là mouraient et c'était bien le malheur[64]. »
  • Nintendo a avoué s'être inspiré des peintures de Paul Cézanne pour réaliser les graphismes du jeu The Legend of Zelda: Skyward Sword, sorti en 2011.

Galerie

Notes et références

  1. L'expression serait de Matisse et ou de Picasso, elle est amplement reprise pendant tout le XXe siècle par exemple in Ulrike Becks-Malorny, Cézanne, Le père de l'art moderne, Taschen 2001
  2. in Henri Mitterand, Paul Cézanne, Emile Zola Lettres croisées, Gallimard 2016
  3. Marcelin Pleynet, Cézanne, Paris, Gallimard, 2010
  4. originaire de Saint-Zacharie (Var), propriétaire à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)
  5. D'origine très pauvre, il travailla d'abord comme modeste employé dans une fabrique de laine à Aix, ensuite dans une chapellerie. Il vint à Paris comme apprenti; puis il fut ouvrier et enfin commis chez un fabricant de chapeaux. Vers 1825, il revint à Aix, où il fonda une maison de vente et d'exportation qui devint très prospère. Il racheta la seule banque de la ville et, le 1er juin 1848, ouvrit avec un associé, Cabassol. Il laissa à sa mort une fortune considérable (un million deux cent mille francs or). Elisabeth Aubert sa femme est la fille d'un tourneur de chaises.in Essai de Généalogie par Alain Garric, voir http://gw.geneanet.org/garric?lang=fr&p=louis+auguste&n=cezanne
  6. L'origine de la famille Cézanne étant la paroisse Saint-Sauveur, à côté d'Embrun, dans les Hautes-Alpes actuelles (acte de mariage de la ville d'Aix-en-Provence, précisant le mariage d'Honoré Cézanne avec Madeleine Boyer, le 22 novembre 1654). Cet acte précise que le père d'Honoré Cézanne est Claude Cézanne, marié à Antoinette Blain, originaire de Saint-Sauveur, diocèse d'Embrun. Un des enfants de cette famille est venu s'installer en 1654 en Provence et est à l'origine de la branche dont est issu Paul Cézanne. Les Cézanne existent toujours à la commune de Saint-Sauveur.
  7. Au 24, rue des Cordeliers, établissement qu'il transfère en 1856 13, rue Boulegon. Cf. Atelier Cézanne.
  8. Lettre à Zola du 2 septembre 1858
  9. "terrible accent provençal" in Georges Rivières, le peintre solitaire, Imp française de l'édition, Paris 1933, p72. Et aussi in Paul Cézanne, La Peinture couillarde, lettres et propos choisis par Jean-Paul Morel, Paris, Mille et une nuits, 2006. Et Ambroise Vollard note également qu'il jure et prononce "ottres" pour autres ou prononce "temmperamment", par exemple. Émile Bernard dans ses Souvenirs (p16) note la difficulté à le comprendre, tant son accent "faisant sauter bizarrement les syllabes" et le rend risible
  10. suivant le témoignage de Jean Renoir
  11. in coll,cat Cézanne, RMN Paris 1996, p551
  12. in Joachim Gasquet, Cézanne, Éditions Bernheim 1921, paris réel encre marine 2002 p39 et 40
  13. in Joachim Gasquet, Cézanne, Éditions Bernheim 1921, paris réel encre marine 2002 p39 et 40
  14. selon le mot de Cézanne lui-même
  15. a, b et c Ivanišević, P., & Ivanišević, M. (2015). The Influence of Retinal Eye Diseases on Painting. Collegium antropologicum, 39(1), 243-246
  16. a et b
    Après un refroidissement lors de sa dernière peinture en plein air de la montagne Sainte Victoire, il serait tombé dans un coma diabétique et est mot six jours après, de pneumonieMarmor MF & Ravin JG (2009). The artist’s eye vision and the history of art ; Abrams, New York
  17. selon Mottez, président du jury cité par Ambroise Vollard in Cézanne
  18. Au total, trente-six tableaux à l'huile et dix-sept aquarelles ont été réalisés entre 1859 et 1899 dans cette propriété
  19. in Cat Cézanne, RMN Paris 1996 p346
  20. http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2012/01/21/un-theoricien-de-la-couleur-tres-influent-ogden-nicholas-roo.html
  21. in Coll, Cat Cézanne et Pissarro, 1865-1885, Musée d'Orsay, Paris, 2006."
  22. Brouillon de lettre de Cezanne à une dame, [printemps 1885] ; au verso d’un dessin de Cezanne, appartenant à l’Albertina de Vienne. Rewald John, Paul Cezanne, correspondance, Paris, Bernard Grasset éditeur, 1978, p. 216-217. Rewald John, Paul Cezanne, correspondance, Paris, Grasset, 1978, p. 199-200, reproduit figure 28. Lettre de Cezanne à Zola, 14 mai 1885 ; Rewald John, Paul Cezanne, correspondance, Paris, Grasset, 1978, 346 pages, p. 217.
  23. Relevé de son mariage.
  24. http://www.medicographia.com/2010/01/famous-french-diabetics/. Son diabète peut expliquer ses crises de rhumatismes, de douleurs articulaires, migraines....
  25. Rouge, le chemin de Bibémus, Atelier Cézanne.
  26. Chemin de Bibémus, Cézanne en Provence.
  27. http://www.societe-cezanne.fr/2014/12/06/exposition-madame-cezanne-au-metropolitan-museum-de-new-york/
  28. in Henri Rochefort, L'amour du laid in l'Intransigeant, 9 mars 1903
  29. voir A. Javary Traité de géométrie descriptive, Tome II, Cônes et cylindres, sphères et surfaces du second degré, Delagrave, Paris 1885-1886
  30. "Je veux mourir en peignant... mourir en peignant" paroles de Cézanne rapportées par Joachim Gasquet, in Cézanne, Ce qu'il m'a dit, p374
  31. lettre de Cézanne à Roger-Marx du 23 janvier 1905
  32. Cézanne et Zola à Aix, La République des Lettres, http://www.republique-des-lettres.com/cezanne-9782824901640.php
  33. M. Pleynet, Cézanne, Gallimard, coll. « Folio essais », chapitre II « Cézanne, Zola et les siens ».
  34. Société Paul Cézanne. Une lettre de Cézanne à Zola en 1887
  35. in Henri Mitterand, Paul Cézanne, Emile Zola Lettres croisées, Gallimard 2016 p16
  36. in Henri Mitterand p 428-429
  37. in Henri Mitterand p 431
  38. in Henri Mitterand p 431
  39. Cat Cézanne, les dernières années (1895-1906) RMN 1978 p 58
  40. Letrre de Rilke à sa femme, 22 octobre 1907, Rilke, p71-72
  41. Picasso, propos sur l'art, Lettre sur l'art, 1926, Gallimard, Paris 1998 p22
  42. in Pascal Mérigeau, Jean Renoir , Flammarion, Paris 2012, p661
  43. M. Pleynet, Cézanne, Gallimard, coll. « Folio essais », chapitre IX « Les Peintures ».
  44. a et b Pierre-Auguste Renoir, mon père, par Jean Renoir.
  45. Correspondance de Cézanne.
  46. « À propos de Pétunias peint par Cézanne, article de Léon Gard paru dans le journal Apollo, en 1948.
  47. (en) Jon Kear, Frenhofer, c'est moi : Cézanne's Nudes and Balzac's Le Chef-d'œuvre inconnu, The Cambridge Quarterly, volume 35, 2006, p.  345-360 (ISSN 0008-199X)
  48. Lettres de Cézanne à Émile Bernard du 12 et 26 mai 1904.
  49. Lettre de Cézanne à Émile Bernard du 26 mai 1904.
  50. a et b Lettre de Cézanne à Émile Bernard du 24 octobre 1905.
  51. « À propos de Pétunias, peint par Cézanne », article de Léon Gard paru dans le journal Apollo, en 1948.
  52. "Interview de Salvador Dali"
  53. « Cézanne et sa quête de l’être (série 1 : l’art pommesque », Le Nouveau Cénacle, 10 novembre 2015.
  54. « Cézanne et l'art pommesque », sur Espace Trévisse (consulté le 13 octobre 2014).
  55. Lettre de Cézanne à Émile Bernard du 12 mai 1904.
  56. Anonyme, « Non ! Cézanne n'est pas le précurseur des abstraits, nous disent les jeunes peintres. », Les Lettres Françaises, Paris,‎
  57. « Le ruisseau de Cézanne », sur Espace Trévisse (consulté le 16 octobre 2014)
  58. « L'Embrayeur chez Cézanne, Duchamp et Beckett », sur Le Nouveau Cénacle (consulté le 16 octobre 2014)
  59. « cezanne-etait-il-un-impressionniste », sur botablo.fr
  60. Au vol ! Les plus grands vols d’œuvres d’art de tous les temps, sur le site bridgemanart.com, consulté le 1er mai 2014
  61. (en)Theft of Cezanne’s View of Auvers-sur-Oise, sur le site fbi.gov, consulté le 2 mai 2014.
  62. http://museeduluxembourg.fr/objet/la-maison-du-pendu
  63. Ernest Hemingway, Sur l'écriture, in Œuvres romanesques, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1966, t. 1, p. 1558-1559.
  64. http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/catalogue-des-oeuvres/notice.html?no_cache=1&nnumid=010891&cHash=713d02a000

Voir aussi

Bibliographie

Autoportrait au turban blanc, vers 1880. Neue Pinakothek, Munich

.

  • Émile Bernard, Sur Paul Cézanne, Paris, R.-G. Michel, 1925.
  • Émile Bernard, Conversations avec Cézanne, P. Michael Doran (dir.), Paris, Macula, 1986, 237 p. (ISBN 978-2865890002).
  • M. R. Bourges, conservateur de l’atelier, Itinéraires de Cézanne, Paris, Ville d’Aix-en-Provence, , 46 p.
    Imprimerie Moderne du Lion
  • M. R. Bourges, conservateur de l’atelier, Cézanne en son atelier, Paris, Ville d’Aix-en-Provence, , 51 p.
    Imprimerie Moderne du Lion
  • M. R. Bourges, conservateur de l’atelier, Le Jardin de Cézanne. L’époque des Lauves, Paris, Ville d’Aix-en-Provence, , 44 p.
    Introduction d'Adrien Chappuis. Imprimerie Moderne du Lion
  • Marcel Brion, Paul Cézanne, Paris, Bordas, 1988.
  • Paul Cézanne, La Peinture couillarde, lettres et propos choisis par Jean-Paul Morel, Paris, Mille et une nuits, 2006.
  • Cézanne, catalogue d'exposition, Paris, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux, 1995.
  • Denis Coutagne, Cézanne et Paris, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes », 2011 ; catalogue de l'exposition au musée du Luxembourg.
  • Dictionnaire, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 3, éditions Gründ, , 13440 p. (ISBN 2-7000-3013-3), p. 422-428
  • Bernard Dorival, Cézanne, Paris, Tisné, 1948.
  • Joachim Gasquet, Cézanne, Paris, Bernheim jeune, 1921 ; réédition Paris, Encre Marine, 2002.
  • Michel Hoog, Cézanne, « puissant et solitaire », Paris, Gallimard, coll. « Découvertes », 2011.
  • Jean-Claude Lebensztejn, Les couilles de Cézanne, Nouvelles éditions Séguier, (ISBN 2-84049-051-X)
  • Jean-Claude Lebensztejn, Études cézanniennes, Paris, Flammarion, (ISBN 978-2080116048)
  • Henri Mitterand, "Paul Cézanne, Emile Zola, Lettres croisées - 1858-1887", Édition établie, présentée et annotée par Henri Mitterand, NRF - Gallimard, Paris, 2016, 460 p.. (ISBN 9782070178506).
  • Henri Perruchot, La Vie de Cézanne, Paris, Hachette, 1956.
  • Marcelin Pleynet, Cézanne marginal, Les Mauvais Jours, 2007.
  • Marcelin Pleynet, Cézanne, Paris, Gallimard, 2010.
  • John Rewald, Cézanne, Paris, Albin Michel, 1939 ; rééd. Paris, Flammarion, 1986.
  • Correspondance, recueillie, annotée et préfacée par John Rewald, Paris, Grasset, 1937 ; nouvelle édition complète et définitive, Paris, Grasset, 1978.
  • Rainer Maria Rilke, Lettres sur Cézanne, Paris, Corrêa, 1944.
  • Jacques Rivière, Cézanne, 1910 ; réimprimé in Études, Paris, NRF, 1911.
  • André Salmon, Cézanne, Paris, Stock, 1923.
  • Philippe Sollers, Le Paradis de Cézanne, Paris, Gallimard, 1995 (repris dans Éloge de l'infini, Paris, Gallimard, 2001, coll. « Folio »).
  • Antoine Terrasse, De Cézanne à Matisse, Famot, 1986.
  • Antoine Terrasse, Les Aquarelles de Cézanne, Paris, Flammarion, 1997.
  • Lionello Venturi, Cézanne, son art, son œuvre, Paris, Rosenberg, 1936.
  • Ambroise Vollard, Cézanne, Paris, Vollard, 1914.
  • Ambroise Vollard, En écoutant Cézanne, Degas, Renoir, Paris, Grasset, 1938 ; réédition, Paris, Grasset, 1994.

Articles connexes

Liens externes