Patronage Notre-Dame-de-la-Garde de Cholet

Patronage
Notre-Dame-de-la-Garde
de Cholet
Sport(s) représenté(s) Gymnastique masculine
Fanfare
Théâtre
Cinéma
Création 1854-1906
Président Francis Bouet
Siège 47 rue de l'Abattoir[N 1] (Cholet)
Affiliation Fédération gymnastique et sportive des patronages de France,

Le patronage Notre-Dame-de-la-Garde de Cholet est un ancien patronage paroissial fondé en 1854 à Cholet (Maine-et-Loire). En 1906, il laisse place à l’association sportive Jeune-France de Cholet lors de sa mise en conformité avec la loi de 1901 mais réapparait sous forme d’association culturelle vingt ans plus tard. Il est à l’origine de plusieurs associations choletaises apparues depuis.

Le patronage Notre-Dame-de-la-Garde

Église Notre-Dame de Cholet
Église Notre-Dame de Cholet.
L’église Saint-Pierre de Cholet
Église Saint-Pierre de Cholet en 2011.

En octobre 1854, l’abbé Coutant fonde[L 1] à Cholet le Patronage Notre-Dame-de-la-Garde, un patronage inter paroissial s’adressant aux jeunes garçons et adolescents des deux paroisses Notre-Dame et Saint-Pierre[C 1]. Les grandes promenades à pied en constituent alors la principale activité[C 1], souvent associées à des jeux au terme du déplacement : balle au chasseur, course, saut, jeu de drapeaux. À l’occasion, chaque enfant reçoit un petit pain et un quart de vin coupé de beaucoup d’eau. Des omnibus à chevaux sont occasionnellement loués, pour des déplacements plus importants[L 2], par exemple pour aller prier dans la chapelle Saint-Joseph-du-Chêne à Villedieu-la-Blouère avec retour par l’abbaye Notre-Dame de Bellefontaine[1] à Bégrolles-en-Mauges ; un voyage à Notre-Dame-des-Dunes à Poitiers est même organisé. Le , le curé Coutant fonde le Cercle catholique pour les plus de 16 ans. Après un séjour provisoire rue des Vieux-Greniers, il est installé, le , rue de Roussel. Les jeux de boules, de billard et la salle de réunions font la joie des jeunes ouvriers. De généreux donateurs permettent d’y édifier, en 1889, un théâtre qui connait un succès florissant jusqu’en 1963[L 3]. En 1931, afin de décorer cette salle le conseil paroissial de Notre-Dame passe une commande de plusieurs médaillons en marbre — représentant les curés successifs de Notre-Dame depuis 1883 — au sculpteur Charles Maillard. Les moulages en plâtre de ces médaillons sont à l'inventaire du musée d'art et histoire de Cholet.

La gymnastique et les débuts de la musique

concours de gymnastique en 1914
La Jeune-France de Cholet au concours de Vihiers en 1914.

C’est après la défaite française de 1870, que la gymnastique apparaît véritablement avec sa fanfare et ses défilés. Le le patronage commence à mettre en place des cours de gymnastique. La première barre fixe est installée en 1891 et les premières barres parallèles en 1893[L 4]. Ce projet murit progressivement ; il aboutit en octobre 1903 à la création d’une section masculine de gymnastique[2] et à la constitution provisoire de La Jeune-France[L 5] affiliée dès 1904 à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF)[L 6]. Elle participe le au concours de Nantes avec un effectif de 70 gymnastes. À cette époque le président, Francis Bouet, se plait à rappeler que « la Jeune-France a débuté avec 25 pupilles, deux clairons et trois tambours »[L 7]. Une clique est fondée en 1912[L 8].

Par mesure de prudence peut-être, le , en application de la loi de 1901 sur les associations, les statuts sont déposés à la sous-préfecture de Cholet[L 9] et, en janvier 1906, le patronage La Jeune France, né deux ans plus tôt du patronage Notre-Dame-de-la-Garde, laisse place à l’association Jeune-France de Cholet[3] devenue depuis le club omnisports homonyme.

L’éducation religieuse et l’action sociale

Pour les défilés, le patronage possède une très belle bannière blanche, utilisée également pour les processions du Saint-Sacrement. En 1905, à la séparation de l’Église et de l’État, en exécution de mesures anticléricales, le commissaire de police interdit le port de cette bannière mais, pour la procession de la paroisse Saint-Pierre, les jeunes gens insistent auprès de M. le curé Coutant pour que la bannière sorte quand même ce qui entraîne la fermeture du patronage durant cinq semaines ; pendant cette période, les réunions se tiennent chez un particulier[C 2].

Outre ses cercles religieux, le patronage poursuit alors des buts socio-éducatifs. Pour initier les enfants à la bonne gestion, une caisse d’épargne est créée ; chaque dimanche, ils y versent ce qu’ils peuvent, la plus modeste somme leur rapportant intérêt[L 2]. Leur assistance à la messe et aux vêpres est contrôlée par un système de tickets distribués pendant les offices puis repris au patronage[L 3] et ils reçoivent alors récompenses ou réprimandes. L’usage semble avoir perduré pendant près d’un siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, le système est remplacé par une carte de messe individuelle et nominative ; celle-ci est remise pendant la messe au frère-instituteur. Tamponnée et remise à son propriétaire le lundi à l’école, elle doit être présentée au moniteur pour avoir le droit de participer à l’entraînement de gymnastique[4] la semaine suivante[N 2].

Les interactions entre le patronage, l’école paroissiale et l’association sportive

À Cholet, territoire où la tradition catholique est fortement ancrée[C 3], les relations entre le patronage, l’école paroissiale et l’association sportive ont toujours été étroitement imbriquées :

  • en 1878, alors que l’école Saint-Joseph, mitoyenne du patronage, est dirigée par les Frères de la doctrine chrétienne— remplacés en 1883 par les Frères de Saint-Gabriel[C 4] —, le frère Cassius prend la direction du patronage[L 3] ;
  • la chapelle, érigée en 1892[C 5] au premier étage des classes, est utilisée par les élèves de l’école comme par les membres du patronage et ensuite de l’association sportive ;
  • en juin 1940, les classes de l’école Saint-Joseph et les installations de la Jeune-France sont réquisitionnées comme casernements allemands[5] ce qui oblige les gymnastes à s’entrainer dans les locaux d’un industriel choletais[L 10] tandis que les classes de l’école sont dispersées sur quatre lieux différents dans la ville[C 6].

L’association Notre-Dame-de-la-Garde et la culture

Le , après un long sommeil, l’association Notre-Dame-de-la-Garde trouve une existence officielle : la Jeune-France la déclare en préfecture pour faciliter le fonctionnement de ses activités culturelles. Le président est celui de la Jeune-France et le conseil d’administration s’y retrouve avec des titres différents[L 11] ce qui ne facilite pas l’analyse historique.

Le théâtre

Les activités culturelles ont toujours eu une place importante parmi les pratiques du patronage ; une salle de spectacle est construite en 1888 pour le théâtre et les projections fixes qui sont partie intégrante de la vie des patronages depuis 1872[6]. L’architecte a prévu une légère pente pour permettre aux spectateurs de voir parfaitement la scène profonde que ferme un grand mur ; une baie à arc de couche est prévue pour faciliter, si besoin, l’agrandissement de la salle. Sept cents personnes y tiennent assises sur des chaises et des bancs. L’inauguration a lieu le premier dimanche de janvier 1889 par une pastorale de Noël avec chants et orchestre[C 7]. En 1903, la scène accueille une partie des premiers entrainements de la section de gymnastique qui vient d’être créée à la Jeune France[L 12].

Le cinéma

Dans l’entre-deux-guerres, avec l’avènement parfois contesté du cinéma[7], la salle devient salle de projection, prenant naturellement le nom de cinéma Notre-Dame. Dès 1931 les modifications nécessaires pour les projections imposent de nouveaux travaux[L 13]. Ceux-ci sont complétés en 1934 par l’acquisition d’un nouvel écran et la pose d’un rideau de scène[L 13]. Pendant l’Occupation le cinéma fonctionne sous surveillance allemande[L 14] et dès 1941 l’exploitation de cette activité doit être confiée à une société civile, la Société choletaise d’exploitation cinématographique dont le gérant n’est autre que le secrétaire général du patronage[L 14]. Après la guerre, l’apparition de salles privées concurrentes amène le déclin de l’activité et le cinéma est transformé en salle de gymnastique en 1957.

En octobre 1995, la commission de sécurité prononce l’interdiction d’utiliser cette salle en raison de la vétusté de la charpente[L 15]. La salle est détruite en 1997 et le terrain libéré par sa démolition est attribué à l’école Saint-Joseph qui y aménage de nouvelles classes.

Notes et références

Notes

  1. Cette rue est devenue depuis la rue Alphonse-Darmaillacq
  2. Souvenir personnel vécu par le créateur de cette page, ancien élève de l’école Saint-Joseph et ancien moniteur de gymnastique de la Jeune-France de Cholet

Références

  • Autres références
  1. http://www.bellefontaine-abbaye.com
  2. « Cholet : La toujours Jeune France », sur gallica.bnf.fr, Les Jeunes, n°2399, Paris, Fédération sportive et culturelle de France, (consulté le 16 juin 2017), p. 4
  3. Jean-Marie Jouaret 2012, p. 36
  4. Jean-Marie Jouaret, 1999, tome 1, p. 261
  5. Scarlett Martin 2010, p. 42
  6. Michel Lagrée 1999, p. 272
  7. Michel Lagrée 1999, p. 276

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Élie Chamard, L’école Saint-Joseph, la vieille école choletaise, Cholet, à compte d’auteur, imp. Farré & Freulon, , 32 p. , Dépôt légal : II-1946 n° 50.
  • Michel Lagrée, « Les patronages catholiques et le cinéma », dans Yann Tranvouez, Sport, culture et religion, les patronages catholiques (1898-1998), Brest, Centre de recherche bretonne et celtique-Université de Bretagne occidentale, (ISBN 2-901737-39-0, notice BnF no FRBNF37084091), p. 271–284. .
  • Jean-Marie Jouaret, Petite histoire partielle et partiale de la Fédération sportive et culturelle de France (1948-1998), t. 1, Paris, FSCF (à compte d’auteur, imp. Déja-Glmc), (ISBN 2-9528-3870-4, notice BnF no FRBNF41363915). .
  • Jean-Marie Jouaret, La fédération des sections sportives des patronages catholiques de France (1898-1998), Paris, L’Harmattan, (ISBN 978-2-296-55969-1, notice BnF no FRBNF42598758). .
  • Léon Ligneau, La Jeune France à Cholet, histoire d’un centenaire, Maulévrier, Hérault, , 262 p. (ISBN 978-2-7407-0194-2, notice BnF no FRBNF39055857). .
  • Scarlett Martin, 1939-1945 : le Choletais une région dans la guerre, Angers Beaucouzé, à compte d’auteur, AFMD 49, , 362 p. , Dépôt légal – Angers novembre 2010.