Patrick Balkany

Patrick Balkany
Illustration.
Patrick Balkany en 2012.
Fonctions
Maire de Levallois-Perret

(18 ans, 11 mois et 15 jours)
Élection
Réélection
mars 2008
mars 2014
Prédécesseur Olivier de Chazeaux
Successeur Jean-Yves Cavallini (intérim)

(12 ans, 3 mois et 4 jours)
Élection mars 1983
Réélection mars 1989
Prédécesseur Parfait Jans
Successeur Olivier de Chazeaux
Député

(15 ans et 1 jour)
Élection 16 juin 2002
Réélection 17 juin 2012
Circonscription 5e des Hauts-de-Seine
Législature XIIe, XIIIe et XIVe (Cinquième République)
Groupe politique UMP puis LR
Prédécesseur Olivier de Chazeaux
Successeur Céline Calvez

(8 ans, 9 mois et 29 jours)
Élection 12 juin 1988
Réélection 28 mars 1993
Circonscription 5e des Hauts-de-Seine
Législature IXe et Xe (Cinquième République)
Groupe politique RPR
Prédécesseur Scrutin proportionnel
Successeur Olivier de Chazeaux
Conseiller général des Hauts-de-Seine

(6 ans, 6 mois et 10 jours)
Élection 21 mars 1982
Circonscription Canton de Levallois-Perret-Sud
Prédécesseur Parfait Jans
Successeur Isabelle Balkany
Biographie
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (France)
Nationalité Française
Parti politique RPR (1976-2002)
UMP (2002-2014)
LR (depuis 2015)
Conjoint Isabelle Balkany
Profession Directeur de société

Patrick Balkany, né le à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique français.

Cofondateur du Rassemblement pour la République (RPR), il est ensuite membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) puis du parti Les Républicains (LR). Il est plusieurs fois maire de Levallois-Perret entre 1983 et 2020, et député de la 5e circonscription des Hauts-de-Seine entre 1988 et 2017.

Impliqué dans plusieurs affaires politico-financières. Il est condamné en 1997 à deux ans d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts. À partir 2013, il est poursuivi avec son épouse et première adjointe, Isabelle, pour une affaire de déclarations mensongères de patrimoine et de blanchiment de fraudes fiscales. Condamné en première instance, il est emprisonné de à , se voyant libéré pour raisons de santé ; en appel, il est condamné à quatre ans de prison, dont un avec sursis, mais n'est pas incarcéré en raison de son état de santé. Frappé par dix ans d’inéligibilité, il est démis de son mandat de maire juste avant les élections municipales.

Jeunesse et vie privée

Patrick Balkany est le fils de Gyula Balkány[1],[note 1] et de Gisèle Frucht[2]. Son père est un immigré juif hongrois[2] qui a fui la Hongrie en 1937 pour la Belgique où, dès l'occupation de son pays, il entre en résistance étant spécialisé dans les faux-papiers[3]. Gyula Balkány est arrêté en 1941 à Paris, interné à Drancy[3], puis déporté, en 1942, dans plusieurs camps, dont Auschwitz[4]. Il en sort vivant et revient à Neuilly après la guerre. Il récupère et revend le matériel américain trop lourd à rapatrier[5] et investit ses gains dans une ligne de vêtements féminins et une chaîne de magasins de prêt-à-porter de luxe, les magasins Réty[6], dont la boutique principale est située 54, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Sa mère est la fille d'une famille de tailleurs juifs lettons et ukrainiens[3].

En 1976, Patrick Balkany épouse Isabelle Smadja. Ils ont deux enfants, Alexandre (en 1976) et Vanessa (en 1980), tous deux gérants de diverses sociétés[7],[8].

À plusieurs reprises Patrick Balkany fait l'objet d'accusations de harcèlement sexuel : en 1996 par son ex-compagne (avec dépôt de plainte)[9], puis en 2011 avec le témoignage de Marie-Claire Restoux, ancienne championne de judo et ex-suppléante de Balkany à l'Assemblée nationale[10].

Son fils Alexandre Balkany est mis en examen en 2017 pour blanchiment de fraude fiscale[11]. En , celui-ci est également placé en garde à vue à la suite de violences conjugales[12], dont l'affaire est classée sans suite[13].

Le , deux militants de la Ligue de défense noire africaine (LDNA) agressent Patrick Balkany et une gardienne à Levallois-Perret[14],[15]. Ils sont interpellés et poursuivis pour « menace et acte d'intimidation » envers l'élu et « menace de mort » envers la gardienne d'immeuble qui s'était interposée[16]. Le , le porte parole de la LDNA, et le deuxième militant sont condamnés à six mois de prison ferme[17],[18].

Parcours professionnel

Formation et débuts

Non-bachelier[19], après des études dans une école internationale suisse, Patrick Balkany reprend l'entreprise familiale de prêt-à-porter Réty, créée par son père[20] jusqu'en 1975[4]. Il est le trésorier d'une association de cinéastes amateurs, l'Équipe de cinéma indépendant, fondée par Jean-François Davy[21]. Il s'essaie au métier d'acteur entre 1965 et 1967, tenant plusieurs rôles secondaires au cinéma et à la télévision. On le voit ainsi dans Soleil noir de Denys de la Patellière[3] et J'ai tué Raspoutine de Robert Hossein[4]. Entre 2001 et 2010, il joue son propre rôle dans des séries télévisées, faisant notamment une apparition dans Commissaire Moulin.

En 1970, il a 22 ans et effectue son service militaire au palais de l'Élysée (juste à côté de la boutique familiale[23]) au cabinet de Georges Pompidou, où il se lie avec le secrétaire général Michel Jobert, qui sera son témoin de mariage[4].

Proche de Michel Jobert, Patrick Balkany est membre fondateur du comité central du RPR en [20]. Lors des élections législatives de 1978, il brigue un siège de député dans la première circonscription de l'Yonne, où il avait été envoyé par Jacques Chirac, et obtient 10 % des voix, contraignant le secrétaire général de l’UDF, Jean-Pierre Soisson, à un ballotage.

Implantation à Levallois-Perret

À la suite de son échec à Auxerre, Patrick Balkany s'implante à Levallois-Perret, où il ouvre une permanence[19]. En 1981, après la dissolution de l'Assemblée nationale par François Mitterrand, il se présente aux élections législatives où il est battu en obtenant 46 % des voix contre le député-maire communiste de Clichy, Parfait Jans[20]. Un an plus tard, en 1982, lors des élections cantonales, il emporte le siège de conseiller général du canton de Levallois-Perret-Sud et devient vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine. En 1983, sa liste emporte la majorité dès le premier tour aux élections municipales à Levallois-Perret avec 51,1 % des voix. Durant ses deux premiers mandats, il contribue à la profonde mutation de Levallois-Perret, en transformant les zones industrielles déliquescentes ou en friche (occupant près d'un quart de la superficie de la ville) en quartiers résidentiels et de bureaux.

Lors de la campagne présidentielle de 1995, il soutient la candidature d'Édouard Balladur, qui est battu par Jacques Chirac. Lors des élections municipales qui suivent, il perd contre le chiraquien Olivier de Chazeaux.

Après sa condamnation en 1997 à deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d'intérêts, Patrick Balkany s'installe à Saint-Martin pour diriger la radio RCI 2 et Régie Caraïbe Production, gérant la publicité de la radio. Selon ses propos, il cherche « la paix » et à se « faire oublier »[24],[25].

Retour en politique

Patrick Balkany effectue son retour sur la scène politique de Levallois-Perret à l'occasion des élections municipales de 2001. Sans étiquette, il remporte le scrutin face au maire sortant soutenu par le RPR et l'UDF, la liste de la gauche plurielle, ainsi qu'une liste divers droite. Le préfet des Hauts-de-Seine saisit alors le tribunal administratif de Paris pour contester son élection au conseil municipal de Levallois-Perret, ce dernier étant selon lui inéligible[note 2].

En , lors des élections législatives, il retrouve son siège de député de la 5e circonscription des Hauts-de-Seine, en s'imposant de justesse dans une triangulaire, face au candidat socialiste et au sortant Olivier de Chazeaux[26]. Il siège dès lors au groupe UMP, qui succède au RPR.

À la suite du recours préfectoral, le , le Conseil d'État confirmant un jugement du tribunal administratif de Paris du , considère que Patrick Balkany était inéligible au moment du scrutin et annule son élection à la mairie de Levallois-Perret. Le , de nouveau éligible lors de l'élection municipale partielle qui suit, il est réélu maire de Levallois-Perret au premier tour avec 53,78 % des voix, améliorant ainsi son score de 2001[27].

Patrick Balkany en 2007.

Lors du premier tour des élections législatives de juin 2007, Patrick Balkany arrive en tête en réunissant 42,11 % dans sa circonscription. Il est élu au second avec 55,25 % des voix face à son adversaire socialiste Gilles Catoire[28], en obtenant plus de 66 % à Levallois-Perret. L'année suivante, il est réélu maire de sa ville, la liste qu'il conduisait l'ayant emporté au premier tour des municipales[29].

Un article du journal Le Monde, daté du , se fait l'écho d'un rapport de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France du dressant un bilan sévère de la gestion de Levallois-Perret. Le document évoque une hausse de la dette, une explosion des dépenses festives et des « anomalies » dans le contrôle des frais et dans la gestion du parc de voitures de fonction[30]. En réaction, Isabelle Balkany conteste le bien-fondé de ces accusations, et s'étonne que seul le dernier mandat de son mari ait fait l'objet d'investigations de la part des magistrats financiers[31].

D' à , Patrick Balkany n’a assisté à aucune des 33 réunions du mercredi de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale[32], et écope d'une sanction financière (retenue sur les indemnités)[33].

À l'occasion des élections législatives de 2012, il est réélu député au second tour, avec 51,4 % des suffrages exprimés, avec comme suppléant Rémi Muzeau.

Lors de la XIVe législature, il est un des députés qui sifflent, avec Lucien Degauchy, la ministre du Logement Cécile Duflot le à l'Assemblée nationale parce qu'elle porte une robe à fleurs[34]. Cet incident sera décrit comme emblématique du sexisme dans le milieu politique français[35],[36].

En 2012, il est le maire de la commune la plus endettée de France avec une dette de 11 484 € par habitant, ce qui constitue une augmentation de 306 % par rapport à l’année 2000.

À l'issue des élections municipales de 2014, il est réélu maire de Levallois-Perret pour un cinquième mandat, la liste qu'il conduisait l’ayant emporté au premier tour, avec 51,6 % des suffrages exprimés[38].

Il soutient Nicolas Sarkozy pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016[39].

En , Patrick Balkany est condamné pour avoir diffamé son adversaire politique Arnaud de Courson[40]

En , en dépit de ses multiples mises en examen le concernant, il est proposé[41] à l'investiture (de manière automatique, comme tous les députés sortants) par la commission nationale d’investiture des Républicains pour les élections législatives de 2017[42], ce qui provoque quelques remous dans son camp[43],[41]. Après plusieurs jours de polémique, il renonce finalement à l'investiture, invoquant la mise en conformité avec la loi sur le cumul des mandats en 2017 et son souhait de rester maire de Levallois-Perret[44]. Cependant, la personne qu'il désigne pour lui succéder à la députation, Agnès Pottier-Dumas, conseillère municipale de Levallois-Perret, serait inéligible car membre de cabinet d’une présidence de région[45], ce qu'elle confirme quelques jours plus tard, renonçant à l'investiture[46]. Patrick Balkany soutient alors la candidature de son adjoint François-Xavier Bieuville, mais c'est Arnaud de Courson qui est finalement désigné en par la commission d'investiture du parti[47]. En réaction, il fait retirer les affiches de François Fillon de la commune[47].

Lors des élections législatives de 2017, après avoir soutenu François-Xavier Bieuville, qui est éliminé au premier tour, Patrick Balkany soutient Céline Calvez, la candidate du parti En marche contre Arnaud de Courson, investi par son parti Les Républicains dans sa circonscription. À ce sujet, il indique sur l'antenne de BFM Paris : « J'étais ravi de lui dire que je préfère la voir elle à l'Assemblée que voir mon opposant depuis 25 ans, qui s'oppose à tout ce qu'on fait à Levallois, élu. Monsieur de Courson, je crois que politiquement, il est mort depuis longtemps »[48]. Céline Calvez est élue au second tour. En , il fait voter par son conseil municipal de Levallois-Perret une hausse de 56 % de son indemnité de maire, qui passe à 4 257 euros mensuels, ce qui reste dans les plafonds autorisés concernant sa commune, mais à son niveau le plus haut[49].

Le , à la suite de sa condamnation à de la prison ferme, c'est son épouse, Isabelle, qui assure l'intérim comme maire de Levallois-Perret[50]. Alors que Patrick Balkany entend toujours briguer un septième mandat aux élections municipales de 2020, le député LR Éric Woerth l'appelle à renoncer, tandis que le couple reçoit le soutien d'une partie de ses administrés lors d'un rassemblement[51],[52]. Il est hospitalisé à partir du à l'hôpital Cochin[53].

Malgré son incarcération et la division de son équipe municipale, un sondage réalisé en place Patrick Balkany nettement en tête du premier tour ; sa femme est également donnée première si elle venait à se présenter à sa place[54]. Le couple renonce finalement à briguer un nouveau mandat municipal et apporte son soutien à la liste conduite par Agnès Pottier-Dumas et David-Xavier Weiss[55],[56]. Le , après sa condamnation en appel à dix ans d'inéligibilité et à quelques jours des élections, le couple est démis d’office de ses mandats municipaux par un arrêté du préfet des Hauts-de-Seine[57].

Activités en Afrique

Dans les années 1990, Patrick Balkany intervient en Afrique dans le « sillage de Charles Pasqua »[58].

Après l'élection présidentielle de 2007 et jusqu'au , Patrick Balkany est titulaire d'un passeport diplomatique[59], alors qu'il n'a pas de fonctions officielles dans ce domaine[60].

Patrick Balkany aurait été partie prenante dans le dossier d'UraMin. En 2007, la société Areva rachète pour 1,8 milliard d'euros des mines d'uranium. L'homme d'affaires George Forrest et Patrick Balkany auraient joué les médiateurs dans un différend entre Areva et le président centrafricain François Bozizé[61].

En , la commune de Levallois signe avec la République du Tchad un contrat de 5,7 millions d’euros pour héberger dans des locaux communaux les membres de l'ambassade du Tchad, le temps de réhabiliter les locaux de celle-ci[62].

En 2009, Patrick Balkany rencontre le général Mohamed Ould Abdel Aziz, auteur en 2008 d'un coup d'État en Mauritanie qui renverse le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et le Premier ministre Yahya Ould Ahmed El Waghef. Quelques jours après cette rencontre, Ould Abdel Aziz s'autoproclame président du Haut Conseil d'État[62].

Affaires judiciaires

Synthèse

Selon plusieurs journalistes, Patrick Balkany est un symbole du clientélisme régnant dans les Hauts-de-Seine et plus particulièrement le clientélisme balkanyen, ce qui explique que, malgré les nombreuses affaires judiciaires qui le touchent, il soit réélu à la mairie de Levallois-Perret, l'édile se réjouissant que les électeurs soient « indifférents aux affaires judiciaires qui n'intéressent que la presse »[63],[64].

Chronologie des « affaires » visant Patrick Balkany
Années Description Issue/notes
2000-2005 Affaire des HLM des Hauts-de-Seine Mise en examen pour complicité de trafic d'influence, puis relaxe
2013 Usage personnel d'employés municipaux
2013 Affaire Balkany de blanchiment de fraude fiscale Mise en examen
2014 Affaire Bygmalion
2014 Affaire Balkany de blanchiment de fraude fiscale Nouvelle mise en examen
2015 Corruption d'agent public étranger Mise en examen
2015 La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique transmet deux dossiers au parquet national financier
2015 Fraude fiscale Mise en examen
2016 Déclarations mensongères de patrimoine (mise en examen) et remise en cause de la gestion de la ville de Levallois-Perret dans un rapport de la Chambre régionale des comptes
2016 Affaire Panama Papers, blanchiment de corruption et de fraude fiscale aggravée Nouvelle mise en examen [65]
2016 Soupçons d'abus de faiblesse Une enquête préliminaire est ouverte par le parquet de Nanterre au sujet d'un mariage célébré en 2014 par le maire de Levallois-Perret qui aurait pu aider à libérer une opération immobilière au bénéfice d'un proche de Patrick Balkany[66].

Condamnations dans les années 1990-2000

En , Patrick Balkany est condamné (décision confirmée en appel le ) par la 9e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre, à quinze mois de prison avec sursis, 200 000 francs d'amende et deux ans d'inéligibilité, pour « prise illégale d'intérêts »[67] Il avait rémunéré aux frais du contribuable levalloisien entre 1985 et 1995 trois personnes désignées comme des employés municipaux, mais qui ne s'occupaient que de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence secondaire près de Giverny[68]. Son épouse Isabelle, vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine et conseillère municipale à Levallois-Perret, est condamnée à la même peine pour « prise illégale d'intérêts »[67].

Le , la chambre régionale des comptes (CRC) d'Île-de-France condamne Patrick Balkany à rembourser à la ville de Levallois-Perret le montant des salaires des employés municipaux liés à sa condamnation, soit 523 897,96 €[69]. Ayant interjeté l'appel devant le Conseil d'État, qui ne casse pas le jugement de la chambre le , Patrick Balkany étale le remboursement des salaires à la ville de 2000 à 2006. Il est aussi redevable à la municipalité de Levallois-Perret des intérêts que les juges ont fait courir à compter du , date du licenciement par le maire des agents communaux, soit un montant de 230 865,57 €. En , le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Thierry Breton, est saisi par Patrick Balkany d'une demande de remise gracieuse de cette dette. Le , le conseil municipal de Levallois-Perret (à majorité UMP) donne son accord préalable à sa requête[70]. En , François Baroin rejette cette requête. Patrick Balkany règle alors 63 684,43 € et obtient du Trésor un échéancier pour l'apurement du solde de 123 000 €[71].

En 2003, il est condamné en première instance par le tribunal correctionnel de Nanterre à 1 500 € d'amende pour « images vexatoires et empreintes de mépris visant à abaisser et ridiculiser […] de façon publique » l'élue communiste Annie Mandois qu'il avait accusée, lors d'un conseil municipal, d'avoir utilisé des fonds publics dans l'intérêt d'un parti politique ou pour son intérêt personnel. Ses accusations d'avoir endoctriné des enfants lorsqu'elle était enseignante ne sont pas retenues en première instance[72]. Ce jugement est confirmé par la cour d'appel de Versailles le [73].

Relaxe dans l’affaire des HLM des Hauts-de-Seine

La justice soupçonne un système de commissions occultes au sein de l'office HLM des Hauts-de-Seine, présidé par Patrick Balkany et dirigé par Didier Schuller. Patrick Balkany est relaxé en 2005.

Affaire de blanchiment de fraude fiscale et corruption

Trouvant son origine dans des sommes d'argent non déclarées détenues en Suisse dans les années 1980-1990 (délit de fraude fiscale aujourd’hui prescrit), cette affaire émerge à partir de 2013 en raison de soupçons de blanchiment de cette fraude fiscale par le biais de l’achat de biens immobiliers luxueux, et d'une autre fraude fiscale pour la non déclaration au fisc de ces propriétés, délit qui aurait permis au couple Balkany de ne pas s'acquitter de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). La justice s'intéresse également à l'acquisition par le couple de sa propriété de Giverny et à un compte ouvert auprès de la filiale suisse de la banque néerlandaise ABN AMRO en [74],[75].

Le juge Renaud Van Ruymbeke est chargé par le pôle financier du tribunal de Paris d'instruire l'affaire. Le procès s'ouvre le et le premier volet se conclut en appel le par une peine de quatre ans de prison dont un avec sursis pour Patrick Balkany et trois ans de prison ferme pour Isabelle Balkany, sans mandat de dépôt, assortis pour tous les deux de dix ans d'inéligibilité[76]. Patrick Balkany est en revanche relaxé des soupçons de corruption. Il est emprisonné à la prison de la Santé entre et .

Corruption d'agent public étranger

En , le parquet de Paris ouvre une enquête pour « corruption d'agent public étranger »[77]. Patrick Balkany est soupçonné d'avoir touché 8 millions de dollars, en tant qu'intermédiaire aux côtés de l'industriel belge George Forrest, dans l'achat de la société canadienne d'exploitation de mines d'uranium UraMin, par le leader mondial du nucléaire Areva, négocié à 1,8 milliard d'euros. Achat qui s'est révélé être une escroquerie, les mines ne s'avérant absolument pas rentables. Patrick Balkany aurait donc reçu, parmi d'autres personnalités, une commission occulte en échange de la facilitation de l'accord entre la France et le président de la République centrafricaine, François Bozizé, qui exigeait un droit d'entrée sur l'exploitation de la mine de Bakouma, située sur son sol[78],[79].

Affaire Bygmalion

Après les révélations de l'affaire Bygmalion concernant les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2012, l’Association des contribuables de Levallois-Perret découvre un contrat passé avec la ville de Levallois de 192 000 €. Le contrat a pour objet de « refondre le site internet de la ville et en faire sa publicité sur les réseaux sociaux » et la création d'un compte twitter ; or il s'avère que le site internet n'a pas été retouché et que le compte Twitter de Levallois avait été créé un an avant la signature du contrat.

En , la presse se fait l'écho d'un rapport de la chambre régionale des comptes qui laisserait entendre que la commune de Levallois-Perret pourrait être impliquée dans le scandale Bygmalion[80]. Selon Le Figaro du  : « En janvier de cette année en effet [2012], la mairie a lancé un appel d'offres pour un marché « d'accompagnement et de conseil en communication ». Problème : non seulement l'entreprise Bygmalion a été choisie alors qu'elle était nettement plus chère que ses concurrents (note finale pour la commune : 218 029 € selon le rapport), mais les prestations réelles (officiellement une « mise à disposition de consultants ») sont jugées « incertaines » par le CRC qui soupçonne qu'elles n'ont jamais été effectuées. »[80].

Gestion controversée de la ville

En , la Chambre régionale des comptes d'Île-de-France rend public un rapport[81],[82] que les comptes de la ville de Levallois-Perret sur la période de 2007 à 2013, n'étaient « ni sincères ni réguliers », en raison d'« anomalies significatives »[82] dans la tenue des comptes, dans lesquels les magistrats ont effectué des « corrections » d'un montant de 117 millions d'euros[80]. La chambre s'étonnerait également des choix de subventions que la mairie accorde à ses administrés[80],[82].

Les comptes publiés par la mairie ne donneraient pas « une image fidèle de la situation financière de la ville »[80]. Le Figaro, dans son édition du , indique : « trois exercices (2007, 2011 et 2012) sont annoncés comme bénéficiaires alors qu'ils seraient en réalité déficitaires. Celui de 2007 affiche même un écart de 28,7% avec la correction effectuée par la Chambre régionale des comptes. »[80].

Toujours, selon Le Figaro : « Les juges de la CRC s'étonnent également des conditions de rémunération des cadres municipaux, largement supérieures aux usages pour une ville de la taille de Levallois-Perret (65 000 habitants) : salaires élevés, primes et heures supplémentaires représentant des suppléments de revenus mensuels à quatre chiffres, et trois chauffeurs permanents employés par la municipalité »[80].

Le Point, à la même date, indique que « le rapport, d'environ 200 pages, étrille un système d’"associations satellites de la collectivité", qualifiées par la commune elle-même de "paramunicipales", et "pour le compte de laquelle elles agissent comme des prestataires de services", selon la CRC. »[82] et « disposent de moyens "insuffisamment formalisés", "voire en contradiction totale avec les règles légales" »[82].

La commune de Levallois-Perret, dans son mémoire en réponse à la Chambre régionale des comptes (consulté par l'AFP)[82], indique que « si elle a pris connaissance des observations et recommandations de la chambre, qu'elle s'est efforcée de mettre en œuvre - ou engagée à le faire -, n'en conteste pas moins la méthode, le parti pris et les nombreuses inexactitudes dudit rapport, qui remettent en cause la fiabilité de ce document »[82].

En , selon l'AFP, la Cour des comptes pointe des défauts dans la gestion de Levallois-Perret. La Cour dénonce des associations et des sociétés « imbriquées » avec la commune ainsi qu’un système « opaque ». De plus, elle invite l’État à surveiller davantage la gestion de la commune dirigée par Patrick Balkany[83].

Mise en cause dans les Panama Papers

En , les Panama Papers, conduits par de nombreux médias à travers le monde grâce aux documents du cabinet d'avocats Mossack Fonseca, indiquent que Patrick Balkany aurait possédé une société offshore au Panama[84].

Soupçons d'abus de faiblesse

En , une enquête préliminaire est ouverte par le parquet de Nanterre au sujet d'un mariage célébré en 2014 par le maire de Levallois-Perret qui aurait pu aider à libérer une opération immobilière au bénéfice d'un proche de Patrick Balkany[66],[85]. Patrick Balkany nie toute manœuvre et indique également que « la préparation de ce mariage a été rigoureusement conforme à la législation en vigueur »[86].

Détail des mandats et fonctions

À l’Assemblée nationale

Patrick Balkany a été député de la cinquième circonscription des Hauts-de-Seine (Levallois-Perret-Clichy) :

  • du au  ;
  • du au (mandat écourté à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale) ;
  • du au  ;
  • du au  ;
  • du au .

Au niveau local

Département des Hauts-de-Seine

  • au  : vice-président du conseil général
  • de 1985 à 1998 : président de l'Office public départemental d'HLM des Hauts-de-Seine

Commune de Levallois-Perret

  • au  : maire
  • au  : maire
  • au (mandat écourté à la suite de sa démission) : conseiller municipal
  • au  : maire
  • au  : maire
  • du au (démis d’office à la suite de sa condamnation en appel) : maire

Au sein de partis

  • 1976 : membre du conseil national du RPR
  • 1990 : membre du bureau politique du RPR
  • 2012 : secrétaire national de l'UMP, délégué à l'attractivité de la France

Publication

  • Patrick Balkany, Une autre vérité, la mienne, Paris, Éditions Michel Lafon, , 264 p. (ISBN 978-2-7499-1003-1)

Distinctions

Voir aussi

Références à Patrick Balkany

Investigations

Bibliographie

  • Julien Martin, Les Balkany, Éditions du Moment, 2014 [présentation en ligne].
  • Gérard Davet et Fabrice Lhomme, French Corruption, Stock, 2013 (ISBN 978-2234075405) (témoignage de Didier Schuller)
  • Laurent Valdiguié, L'enquête Balkany, Robert Laffont, 2017.

Chanson satirique

  • Le , un « hommage satirique » à la carrière de Patrick Balkany est rendu par Grand Corps Malade dans une chanson intitulée Patrick, qui « ironise sur les nombreuses casseroles judiciaires que traîne ce proche de Nicolas Sarkozy et moque le « clientélisme » qui sévit dans sa commune des Hauts-de-Seine, ville la plus endettée de France. »[91],[92].

Liens externes

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Notes et références

Notes

  1. Balkány est également le nom d'une ville de Hongrie.
  2. Dans un communiqué, la préfecture relève que la « Cour des comptes a en effet jugé M. Balkany “comptable de fait des deniers de la commune”. En application de l'article L-231, alinéa 2 du Code électoral : “ne peuvent être élus conseillers municipaux […] les comptables des deniers communaux. Les comptables, de fait, sont assimilés à des comptables des deniers publics et à ce titre ils sont inéligibles, selon la jurisprudence du Conseil d'État” ». Patrick Balkany avait été déclaré comptable de fait par un arrêt de la Cour des comptes du 26 octobre 2000, consécutif à sa condamnation de 1996.

Références

  1. « Comptes offshore : les surprenantes confessions de Patrick Balkany », sur Marianne, (consulté le 17 septembre 2019)
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