Parti de la nation occitane

Parti de la nation occitane
Présentation
Fondation 1959
Idéologie Indépendantisme occitan[1]
Site web www.p-n-o.org
Représentation
Conseil régional d'Occitanie
0 / 158
Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur
0 / 123
Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine
0 / 183
Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes
0 / 204

Le Parti de la nation occitane (PNO) (en occitan : Partit de la Nacion Occitana) est un parti politique, créé en 1959 à Nice, qui milite en faveur de l'indépendance de l'Occitanie.

Historique

Fondation

En 1959, il est fondé sous le nom de Parti nationaliste occitan (en occitan : Partit nacionalista occitan) par François Fontan, auteur entre autres d'Ethnisme ou de La Clef.

Parmi ses partisans, le plus connu d'entre eux est l'artiste Ben Vautier qui a consacré un site internet à l'Ethnisme[2].

En 1979, à la mort de François Fontan, Jaume (Jacques) Ressaire devient président du PNO. Jaume Ressaire, démissionnaire en 2009 pour raisons de santé, a été président honoraire jusqu'à sa mort en juin 2010. Philippe Bonnet a remplacé Jaume Ressaire mais a démissionné en 2011. Un système de coprésidence a alors été mis en place. Les trois coprésidents actuels sont Pierre Barral, Gèli Grande et Jean-Pierre Hilaire qui est également rédacteur en chef de sa revue Lo Lugarn/Lou Lugar.

Expansion du mouvement

Le PNO possédait une section dans les vallées occitanes du Piémont, le Mouvement autonomiste occitan (en occitan : Mouviment autounoumisto oucitan - MAO). François Fontan s'y est exilé en 1963 en raison de ses prises de position durant la guerre d'Algérie où il a publiquement soutenu le FLN et la répression policière française qui s'en est suivie.

La candidature de Guy Héraud à l'élection présidentielle de 1974 est un moment important dans la vie du parti. L'occitan avignonnais Guy Héraud, ami de François Fontan et co-théoricien de l'ethnisme, obtient les signatures pour se présenter au premier tour. Si sa candidature ne recueille qu'un faible écho, il est le seul candidat à avoir officiellement défendu la reconnaissance de plusieurs identités nationales en France. À la suite de cet échec, le PNO sort affaibli.

Le mouvement linguistique et culturel que fonde François Fontan à Frassino en val Varacho (valle Varaita) parvient à insuffler un peu d'identité occitane. C'est chose faite en 1978 quand la liste pour l'autonomie occitane dont il a été l'initiateur remporte les élections municipales à Fraisse. Aujourd'hui, l'occitan des vallées occitanes du Piémont est officiellement reconnu par l'article 6 de la constitution italienne[4], par l'adoption en 1999 de la loi italienne no 482 sur les normes en matière de tutelle des minorités linguistiques et par la présence symbolique du chant dont certains voudraient faire l'hymne des Pays d'Oc, le Se canta, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de 2006 à Turin.

Allié avec d'autres formations occitanistes et catalanistes, le Parti de la nation occitane a participé aux élections régionales en Languedoc-Roussillon en 2004 (liste Christian Lacour) et obtenu 1,27 % des voix. Le Parti n'a pas eu de candidat en 2010[5].

Il a présenté un candidat aux élections cantonales de 2011 dans le canton de Prayssas (Lot-et-Garonne).

Le Parti de la nation occitane a participé au mouvement Bastir!  pour les élections municipales de mars 2014 et a obtenu un élu d'opposition à Lucéram, dans les Alpes-Maritimes, et un élu de la majorité à Marignac, dans la Haute-Garonne.

Il a présenté des candidats aux élections départementales de 2015 dans 6 cantons du Gers sur 17, dans le cadre de l'alliance Libres et Indépendants.

Il présente une liste d'ouverture appelée « Occitanie, pour une Europe des peuples » aux élections européennes du , ainsi que des candidats sous les couleurs de la liste « Le Bien Commun »[7],[8] du député écologiste Christophe Cavard aux élections régionales du 5 décembre 2015.

La stratégie actuelle du parti est de se présenter systématiquement aux élections partout où il le peut. Lors des élections législatives de juin 2017, le PNO présente une seule candidature, celle de Jérôme Piques dans la 8e circonscription de la Haute-Garonne.

Idéologie

La devise inscrite sur le logo du PNO est « Pour une Occitanie fédérale et démocratique ». Ce parti regroupe depuis le départ des indépendantistes occitans. Le PNO est un parti modéré, démocratique et antifasciste[9]. Il se détache des principaux autres mouvements politiques occitans qui soutiennent plus ou moins ouvertement le Parti socialiste, les Verts voire l'extrême gauche française. Il est le seul à se référer à la dimension socio-affective de la lutte de libération nationale et à s'appuyer sur les travaux de Wilhelm Reich.

Le PNO effectue deux réunions par an appelées Comités nationaux et organise régulièrement des conférences téléphoniques thématiques. Il se réunit dans chaque grande ville occitane, à Marseille, Nice, Montpellier, Toulouse, Agen, Bordeaux, à proximité de Vielha en Val d'Aran ou à Bagnols-sur-Cèze où se trouve le siège fédéral du parti et une bibliothèque, le Centre François-Fontan. Il est très actif, ses positions sur l'Europe ou le monde sont visibles à travers des communiqués de presse. Le Parti de la nation occitane édite la revue trimestrielle Lo Lugarn / Lou Lugar. Son influence est loin d'être négligeable au sein du mouvement occitaniste -dont beaucoup ne lui ménagent pas leurs critiques. Néanmoins les partis et mouvements occitans, souvent marqués à gauche, se définissent souvent par opposition au Parti de la Nation Occitane qu'ils diabolisent parfois en le présentant comme un parti fasciste d'extrême droite, ce qui ne correspond pas à la doctrine progressiste professée.

La principale théorie défendue est l'ethnisme. Selon cette vision ethnique toutes les nations du monde sont constituées sur des bases linguistiques. C’est la langue qui détermine l’existence et les limites de la nation. Cette théorie se trouve dans sa forme originelle concentrée dans les écrits de François Fontan comme le plus connu Ethnisme. Pour un nationalisme humaniste en 1961 ou La Clef en 1998. Elle s'est modernisée à travers les écrits de la revue de Lo Lugarn / Lou Lugar. À noter que l'ouvrage de François Fontan paru en 1961 Ethnisme, vers un nationalisme humaniste a été traduit en italien et en anglais et vient d'être traduit et publié en occitan par les éditions des Régionalismes.

Le PNO a un temps milité en faveur d'une orthographe occitane unifiée indépendante des deux grandes normes occitanes. Actuellement, il publie dans sa revue des textes en français et en occitan dans les deux graphies, classique et mistralienne. Le parti reste attaché à l'idée d'une langue de communication nationale fondée sur les différents dialectes occitans et non pas une langue unique imposée sur le territoire occitan[10].

Objectif politique : l'indépendance de l'Occitanie

Son objectif primordial est la réalisation de l'indépendance politique, économique et culturelle de l'Occitanie, dans ses limites ethniques (fondées sur l'usage de l'occitan) de Bayonne à Menton, de Chiomonte, Chaumont (en langue d'Oc du Piémont) à Libourne et de Montluçon et Romans à Vielha et Leucate.

Le PNO se déclare favorable à une organisation fédérale des Pays d'Oc en République fédérale et démocratique occitane qui permette aux collectivités régionales de s’exprimer dans un cadre légal. À l’extérieur, il demande que la nation occitane soit membre à part entière de la fédération européenne en construction.

Le PNO est un des trois partis occitans[Lesquels ?] qui soutient le Gouvernement Provisoire Occitan[11]. Cristòu Daurore a été élu avec son soutien. Ce gouvernement est un collectif qui a pour but de faire prendre conscience de la situation difficile des Occitans. Il a récemment interpellé les élus niçois lors des célébrations de l'anniversaire du plébiscite en faveur de la France, en leur rappelant que ce plébiscite avait été truqué et en demandant symboliquement l'indépendance de Nice[12]. Il est présent tous les ans à l'Estivada de Rodez où il tient un stand de sa revue Lo Lugarn Il a participé à toutes les manifestations pour la langue occitane, dont celle du 24 octobre 2015 à Montpellier. Par ailleurs, il intervient régulièrement sur les marchés fermiers occitans où il distribue des tracts bilingues. Il s'exprime aussi dans les médias occitanophones qui lui donnent la parole comme La Setmana, jornalet, le magazine occitan de FR3 et Radio Pais pour n'en citer que quelques-uns. Le Parti de la nation occitane est actuellement en train de réviser son programme dit de Sète qui datait de 2009.

Notes et références

  1. Laurent de Boissieu, « Parti de la Nation Occitane / Partit de la Nacion Occitana (PNO) », sur france-politique.fr, .
  2. Ben Vautier, « Ethnisme International - To change the world ! », sur ben-vautier.com.
  3. « article 6 de la constitution », sur univ-perp.fr.
  4. « Pas de liste Lacour », sur over-blog.org.
  5. « Bien Commun 82 », sur biencommun82.wix.com.
  6. « Valence : le PNO sur le marché », sur ladepeche.fr, .
  7. Statuts du PNO, article 8 : Conformément aux traditions démocratiques du peuple occitan, le parti recourt aux seuls moyens de lutte légaux, notamment aux élections, ainsi qu'à une propagande intensive. article 9 : Le parti défend la justice sociale. Il combat toutes les formes d'intolérance et de racisme.
  8. Statuts du PNO, article 4 : Le parti se prononce pour l'élaboration progressive d'une forme unifiée de la langue, tant parlée qu'écrite. Il propose que cette forme commune de la langue soit basée sur une synthèse équilibrée et harmonieuse des différents dialectes. Ces derniers verront leur usage préservé et encouragé.
  9. Lo lugarn no 99/2009, page 23
  10. Nice matin : « Un appel à l'ONU... pour rire ? »

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes