Parti démocratique populaire d'Afghanistan

Parti démocratique populaire d'Afghanistan
حزب دموکراتيک خلق افغانستان
د افغانستان د خلق دموکراټیک ګوند
image illustrative de l’article Parti démocratique populaire d'Afghanistan
Logotype officiel.
Présentation
Fondation
Disparition
Fusionné dans Parti Watan d'Afghanistan 
Siège Kaboul, Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan
Journaux Khalq (1966)
Parcham (1969)
Organisation de jeunesse Organisation de la jeunesse démocratique d'Afghanistan 
Positionnement Extrême gauche
Idéologie Communisme
Marxisme-léninisme[1]
Adhérents 160 000 (fin des années 1980)[2]
Couleurs Rouge et jaune

Le Parti démocratique populaire d'Afghanistan (en Persan : حزب دموکراتيک خلق افغانستان, Hezb-e dimūkrātĩk-e khalq-e Afghānistān, en pachto : د افغانستان د خلق دموکراټیک ګوند, Da Afghanistān da khalq dimukrātīk gund) était un parti communiste inspiré du marxisme-léninisme fondé le 1er janvier 1965[3]. En avril 1978, avec l'aide de l'Armée nationale afghane, le parti prendra le pouvoir lors de la « révolution de Saur » et proclamera la République démocratique d'Afghanistan qui durera jusqu'en 1992, date à laquelle les moudjahidines renversent le gouvernement communiste.

Historique

Drapeau du Parti démocratique populaire d'Afghanistan.

Formation

Quand l'URSS est née, des suites de la révolution russe de 1917, les idées communistes arrivent par les républiques d'Asie centrale constituantes de l'URSS : Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan et Kazakhstan. Certaines de ces contrées sont directement frontalières de l'Afghanistan. Les habitants de l'Afghanistan avaient l'habitude de discuter en groupes, ou collectivement. Ainsi, par exemple, il y avait les Loya Jirga, sortes de réunions publiques, qui avaient souvent les chefs de tribus à leurs têtes. Les idées communistes vont arriver par le biais de ces rencontres, mais elles vont surtout toucher les jeunes générations de l'élite urbaine aisée, surtout à partir de la fin des années 1940. Le mouvement va ensuite contribuer à la naissance d'un mouvement syndical ouvrier, et toucher des paysans sans terres, et remettre en cause l'aristocratie du pays, tout comme les institutions du Royaume d'Afghanistan. Le parti démocratique Populaire d'Afghanistan est ainsi créé le 1er janvier 1965. Il est au départ ouvert à des jeunes des classes aisées, ouverts aux idées occidentales, et qui ont voyagé. Certains sont diplômés de prestigieuses universités, comme Cambridge, en Grande-Bretagne. Le reste de la population, très pauvre, est soit réticent, ou ne connait pas les idées communistes. Il n'y avait pas de pédagogie pour informer la population. Le roi Zaher Shah se disait ouvert aux idées occidentales, de gauche, comme de droite, la notion Gauche/Droite étant inconnue en Afghanistan.

L'avènement de la révolution communiste en Afghanistan est généralement attribué à l'assassinat de Mir Akbar Khyber , le 17 avril 1978. Mir Akbar Khyber était un membre éminent du Parti démocratique du peuple de l'Afghanistan (PDPA) et, prétendument, fut assassiné par le gouvernement du président Mohammed Daoud Khan. Le gouvernement nia toute implication, mais les dirigeants du PDPA craignirent que Daoud ne planifiât de les exterminer tous. Beaucoup furent arrêtés après les funérailles de Khyber, dont Nour Mohammad Taraki et Babrak Karmal. Hafizullah Amin et un certain nombre d'officiers de l'aile militaire du PDPA avaient réussi à rester en liberté et étaient organisés.

Le 27 avril 1978, le Parti démocratique populaire d'Afghanistan, dirigé par Nur Mohammad Taraki, Babrak Karmal et Hafizullah Amin renversa le régime de Mohammad Daoud. Dans la matinée du 28 avril 1978, Mohammed Daoud et sa famille furent exécutés. Le soulèvement est connu comme la "Grande Révolution Saur" ("Saur", se référant au mois «d'avril» dans le calendrier persan). Le 1er mai, Taraki devint président, Premier ministre et secrétaire général du PDPA. Le pays fut alors rebaptisé République démocratique d'Afghanistan.

Dissolution

Il comprenait plus de 160 000 membres à son apogée dans les années 1980 et sera dissous en mars 1992 à la suite de la guerre civile afghane. Le mouvement communiste Afghan avait deux tendances : celle de Mohammad Daoud Khan était plutôt proche des Maoïstes Chinois, car Daoud Khan craignait une mainmise des Russes sur l' Afghanistan, ce qui était néanmoins une crainte historique et culturelle, car depuis longtemps les Afghans craignaient d'être colonisés par les Britanniques, ou les Russes. de plus, depuis le rapport Khroutchev en URSS, qui dénonçait les crimes de Staline, les Chinois avaient finis par rompre avec l' URSS, et les Russes, et l'Afghanistan étant en Asie, les Chinois estimaient que ce pays devait être dans leur influence.

L' autre tendance, incarnée par Babrak Karmal, ou Nur Mohammad Taraki était beaucoup plus proche de l' URSS, qu'ils jugeaient plus moderniste, et certains membres de cette tendance avaient accomplis leurs études en Europe, ou étaient diplomates en des pays Européens, dont ceux d'Europe de l'Est. Ils furent donc les témoins de programmes de régimes communistes en places, ce que constatera par exemple Babrak Karmal en Tchécoslovaquie. De plus, alors que la révolution Communiste Chinoise était plutôt rurale et agraire, celle des Russes (ou Soviétiques) s'attachait avant tout à industrialiser les villes et les campagnes, et à promouvoir en infrastructures ce qui manquait pour le développement du pays, et justement, l'Afghanistan devait être développé, en accroissant un prolétariat urbain, et surtout, le pays avait bel et bien besoin d'infrastructures, pour développer ses échanges, et son économie.

Mais l'invasion des Soviétiques, en Décembre 1979, sera vue progressivement comme une sorte de colonisation du pays, et accentuera le nationalisme, dont le fondamentalisme religieux, d'autant plus que surviendra entre 1979 et 1980 une révolution islamique en Iran, qui portera au pouvoir des religieux.

Depuis 2010, cependant, de nombreux communistes Afghans tentent de faire renaître le parti communiste en Afghanistan. Depuis 1992, ce parti à conservé l'image qu'il intégrait sans discriminations toutes les ethnies du pays. De plus, la grande violence, liée à l'Islamisme radical, pousse de nombreux Afghans à revenir à des idées Laïques, et les partis politiques Laïcs manquent dans le paysage politique Afghan actuel.

Journaux officiels

Le parti disposait de deux journaux officiels : The Khalq et Parcham, publiés en pashto et en Persan.

Notes et références

  1. (en) J Bruce Amstutz, Afghanistan: The First Five Years of Soviet Occupation, University Press of the Pacific, (ISBN 978-0898755282, lire en ligne), p. 34
  2. (en) « Internal Refugees: Flight to the Cities », sur Library of Congress (consulté le 18 octobre 2017)
  3. Jean-Christophe Notin, La Guerre de l'ombre des Français en Afghanistan : 1979-2011, Fayard, (lire en ligne), p. 23

Articles connexes

Liens externes