Pandémie de Covid-19 aux États-Unis

(Redirigé depuis Pandémie de maladie à coronavirus de 2020 aux États-Unis)
Pandémie de Covid-19 aux États-Unis
COVID-19 Outbreak Cases in the United States (Density).svg
Carte des États des États-Unis touchées par le virus.
Cas confirmés :
  • < 1 000 cas
  • 1 000 à 4 999 cas
  • 5 000 à 9 999 cas
  • 10 000 à 14 999 cas
  • 15 000 à 100 000 cas
  • > 100 000 cas
Maladie
Agent infectieux
Localisation
Coordonnées
40° N, 100° O
Date d'arrivée
Depuis le (2 mois et 17 jours)
Site web
Bilan
Cas confirmés
367 004 ()[1]
Cas soignés
19 810 ()[1]
Morts
10 871 ()[1]

La pandémie de Covid-19 aux États-Unis commence lorsque le premier cas confirmé de COVID-19 est annoncé le . Le , il y a au moins 236 cas confirmés et présumés de COVID-19 aux États-Unis, dont 14 décès[2][source insuffisante] (148 cas confirmés dont 10 décès selon les données de l'OMS[3]).

Le , 164 cas positifs dont 11 morts (ce décompte ne concerne pas les cas importés lors des rapatriements de citoyens américains) sont remontés aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC)[4].

Au , le nombre de personnes infectées passe à 1 010 cas dont 30 décès[5]. Environ une semaine plus tard, il passe à 13 816 cas testés positifs et 207 morts[6].

Les États-Unis sont le pays où la pandémie progresse le plus rapidement. Le , ils dépassent la Chine, d'où l'épidémie est partie en décembre, et l'Italie, épicentre en Europe, pour devenir le pays le plus touché par le coronavirus. Au , 368 000 malades et 10 000 décès sont recensés dans le pays.

Chronologie et statistiques

Nombre de cas (bleu) et nombre de morts (rouge) en échelle logarithmique.
Nombre de cas déclarés au 29 mars 2020 (échelle de l'axe du nombre des cas : logarithmique [en rouge] et linéaire [en bleu]). L'échelle logarithmique permet de visualiser l'évolution du taux de croissance relative de l'épidémie : ce taux évolue comme la pente de la courbe rouge.
Le métro de New York est désinfecté.
États, territoires et comtés ayant ordonné un confinement. Légende:
  • avec effet avant le 22 mars
  • avec effet avant le 29 mars
  • avec effet avant le 5 avril
  • avec effet avant le 12 avril
  • Carte complète incluant les municipalités

    Le , le gouvernement américain a exigé que les Américains rentrant de la Chine après avoir voyagé dans la province du Hubei soient mis en quarantaine pendant 14 jours. Les États-Unis refusent l'entrée aux non-Américains ayant voyagé en Chine pendant les deux dernières semaines. Le gouvernement américain a évacué ses employés ainsi que ses citoyens non-employés du Hubei et du navire de croisière Diamond Princess, en quarantaine dans le port de Yokohama.

    Les autorités sanitaires américaines, y compris les CDC, exhortent les gouvernements locaux, les entreprises et les écoles à élaborer des plans tels que l'annulation des rassemblements de masse ou le passage au télétravail afin d'être prêt en cas de besoin[7],[8].

    Pour empêcher la propagation du coronavirus, les CDC recommandent de se laver les mains souvent avec du savon et de l'eau pendant au moins 20 secondes (ou d'utiliser un désinfectant pour les mains à base d'alcool avec au moins 60 % d'alcool à défaut de savon ou d'eau), d'éviter de toucher les yeux, le nez et la bouche, de couvrir la toux et les éternuements, de rester à la maison quand on est malade, d'éviter le contact avec les personnes malades, et de nettoyer et désinfecter les objets et les surfaces fréquemment touchés en utilisant un aérosol ou une lingette de nettoyage[9].

    Le , Donald Trump annonce interdire l'entrée des Européens provenant de l'espace Schengen sur le sol des États-Unis (le Royaume-Uni et l'Irlande n'étaient initialement pas concernés et le sont le )[10] « pour protéger la santé et le bien-être de tous les Américains »[11]. Le lendemain, vendredi , il déclare l'état d'urgence sanitaire nationale, après que plusieurs États eurent aussi déclaré l'état d'urgence au niveau local. 50 milliards de dollars seront débloqués[12]. Le nombre officiel de cas, sachant que peu de dépistages sont effectués, est au de 1 755 cas et 41 morts[12].

    Le , l'État de New York ferme tous ses établissements scolaires et universitaires[13], ses bars et ses restaurants, puis ses cinémas et ses salles de spectacle, le tout au moins jusqu'au . De nombreux autres districts scolaires, y compris ceux de Los Angeles, Seattle ou Washington, ont déjà pris cette mesure.

    Le , la Virginie-Occidentale enregistre son premier cas, et devient le dernier des 50 États de l'Union à être touché par la pandémie[14].

    Le , l'État de New York dénombre plus de 2 000 cas. Pour fournir une aide complémentaire aux hôpitaux civils, Donald Trump envoie un navire-hôpital de l'armée dans le port de New York, le USNS Comfort, avec mille chambres et salles d'opération[15].

    Le (jour qui coïncide avec le premier décès lié au covid-19 au Mexique), après des achats de panique ayant épuisé les supermarchés de Californie, des Américains traversent la frontière pour effectuer d'autres achats de panique au Mexique, ce qui provoque des pénuries dans plusieurs supermarchés de Tijuana[16]. Le même jour, Donald Trump annonce avoir approuvé le recours à l'hydroxychloroquine pour lutter contre le Covid-19. Le groupe israélien spécialisé dans les médicaments génériques Teva Pharmaceutical déclare qu'il allait offrir aux hôpitaux américains dix millions de doses de ce médicament[17].

    Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, décide le confinement de l'État à partir du [18]. Le 20, les États-Unis et le Mexique se mettent d'accord pour fermer leur frontière à tous les voyages non essentiels[19].

    La Russie envoie le 1er avril un avion chargé d'aide humanitaire aux États-Unis. Cette aide a été évoquée lors d'un entretien téléphonique quelques jours auparavant entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump. Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov : « Aujourd’hui, quand cette situation touche tout le monde sans exception et devient globale, il n’y a pas d’alternative aux actions dans l’esprit du partenariat et de l’assistance mutuelle »[20].

    Les quartiers pauvres sont plus exposés à l’épidémie que les riches. Au 4 avril, les chiffres officiels faisaient état de plus de 1 100 cas de contamination repérés dans le seul quartier d’University Heights (situé dans le Bronx). En revanche, moins de 200 cas étaient recensés dans les centres de villégiature aisés comme Park Slope à Brooklyn, ou SoHo à Manhattan. Beaucoup d’habitants des quartiers pauvres exercent des professions ouvrières et, ne pouvant « télétravailler », sont contraints de continuer à se rendre sur leur lieu de travail. L’absence de couverture santé des plus démunis favorise également la propagation du virus[21].

    Graphiques

    Courbes de prévalence

    Voici les courbes de prévalence, pour les États les plus impactés par l'épidémie. Ce ne sont pas les États comportant le plus de cas de COVID-19, mais ceux qui ont un taux (nombre de cas rapportés à la population) le plus élevé. Aux courbes pour ces États, sont jointes :

    • La courbe pour la ville de New York, qui possède le plus fort taux d'infection ;
    • La courbe pour les États-Unis au complet.
    Légende :
    Entité géographique[tab- 1] Population[tab- 2] Nombre de
    cas actifs
    (au )
    Taux de
    prévalence
    (au )
           New York City (NYC) 8 700 000 hab. 42 187 cas 485 pour 100 000 hab.
           New York (état) 19 600 000 hab. 74 283 cas 379 pour 100 000 hab.
           New Jersey 9 000 000 hab. 18 429 cas 205 pour 100 000 hab.
           Louisiane 5 000 000 hab. 4 998 cas 100 pour 100 000 hab.
           Massachusetts 6 600 000 hab. 6 531 cas 99 pour 100 000 hab.
           Washington (état) 7 600 000 hab. 5 207 cas 69 pour 100 000 hab.
           Michigan 10 000 000 hab. 7 356 cas 74 pour 100 000 hab.
           Californie 40 000 000 hab. 8 037 cas 20 pour 100 000 hab.
           États-Unis 330 000 000 hab. 177 275 cas 54 pour 100 000 hab.

    Notes du tableau :

    1. Ville et États, avec la plus forte proportion de cas par rapport à la population.
    2. Selon les chiffres de « États des États-Unis par population », arrondis en excès.

    Source de données : données consolidées[22] de l'université Johns-Hopkins (complétées, pour NYC du au , par les données[23] du site officiel de la ville de New York).

    Nombre de cas recensés

    Cas de COVID-19 recensés aux USA
    (augmentation journalière en %)
      morts   autres cas   

      Janv Janv Fév Fév Mars Mars Avr Avr

    Date Nombre de cas
    2 (+100%)
    3 (+50%)
    5 (+67%)
    6 (+9.8%)
    7 (+17%)
    8 (+14%)
    11 (+38%)
    12 (+9%)
    14 (+17%)
    15 (+7%)
    15 (=)
    19 (+27%)
    1
    24 (+26%)
    2
    42 (+75%)
    6
    57 (+36%)
    9
    85 (+49%)
    12
    111 (+31%)
    13
    175 (+58%)
    17
    252 (+44%)
    19
    352 (+40%)
    22
    495 (+41%)
    26
    643 (+29%)
    31
    932 (+44%)
    32
    1 203 (+29%)
    42
    1 598 (+33%)
    49
    2 163 (+35%)
    56
    2 825 (+31%)
    62
    3 497 (+24%)
    75
    4 372 (+25%)
    96
    5 656 (+29%)
    122
    8 074 (+43%)
    172
    12 018 (+49%)
    229
    17 438 (+45%)
    268
    23 623 (+35%)
    414
    32 876 (+39%)
    548
    43 518 (+32%)
    702
    53 571 (+23%)
    1 050
    69 194 (+29%)
    1 300
    85 996 (+24%)
    1 706
    104 661 (+22%)
    2 192
    124 686 (+19%)
    2 514
    143 025 (+15%)
    2 953
    160 020 (+12%)
    3 861
    187 899 (+17%)
    4 745
    212 747 (+14%)
    5 888
    242 942 (+14%)
    7 159
    278 458 (+15%)
    8 501
    312 237 (+12%)
    9 647
    337 638 (+8%)
    10 989
    368 376 (+9%)

  • Sources : Coronavirus map https://coronavirus.app/map

  • * Nombre total de cas : morts, guéris et malades ; augmentation journalière en pourcentage.
    Nombre de morts.

    Limites

    D'après le directeur de la National Institute of Allergy and Infectious Diseases : « le système [...] n'est pas vraiment adapté à ce dont nous avons besoin maintenant... C'est un échec, admettons-le »[n 1]. Ainsi au début de la crise, quelques critiques considèrent que le « public health system » n'est public qu’en tant que somme des intérêts privés, mais sans apporter de dimensions relatives au bien commun[24].

    Face à l'épidémie, même « les partisans les plus convaincus d’un système de santé individualisé et privé » constatent les risques que cause le modèle américain à l'ensemble des citoyens, écrit la journaliste Stéphanie Le Bars. En effet, « les personnes non (ou mal) assurées potentiellement touchées par le virus ont deux options : retarder leur prise en charge en espérant que la maladie recule ou, si leur état se dégrade, se rendre aux urgences d’un hôpital, sans connaître le montant de la facture qui leur sera ensuite adressée. Même assurés, nombre d’Américains sont traditionnellement enclins à reporter les soins faute d’assurance ad hoc[25]. »

    Selon un rapport de la base de données sur les coûts des soins de santé FAIR Health, les Américains non assurés atteints par le Covid-19 paieraient en moyenne 73 300 dollars pour un séjour à l'hôpital de six jours. En outre, certaines personnes finalement testées négatives et n’ayant pas été hospitalisées ont tout de même dû payer près de 3 000 dollars. Cette situation est aggravée par le creusement des inégalités sociales. Le système de santé américain était moins préparé à faire face à une crise que la plupart des systèmes de santé des pays développés[26].

    Pour l’universitaire Johanna Fernandez, concernant l’origine du « New York mess » (merdier new-yorkais) : « On s’attarde sur l’irresponsabilité de la gestion de Trump. Mais c’est bien plus profond. C’est toute une organisation de la société qui est en cause. » Elle ajoute, à l’absence de couverture maladie et au chômage, la submersion d’un système de santé dominé par le privé et son principe de « maximisation des profits ». Lequel a conduit les hôpitaux à fonctionner en flux tendus, donc à manquer aujourd’hui de personnel soignant comme de matériels « aussi essentiels que les respirateurs »[21].

    Polémiques

    En Californie, où des mesures de confinement ont été adoptées par les autorités, des PDG d’entreprises des nouvelles technologies ont provoqué une polémique en affirmant que le confinement était inutile, voire que la panique autour du Covid-19 était injustifiée, et en forçant leurs salariés à venir au bureau plutôt que de télétravailler. Elon Musk a ainsi écrit à ses salariés pour leur affirmer qu’ils avaient « plus de chances de mourir dans un accident de la route que du coronavirus », après avoir publié un message sur les réseaux sociaux affirmant que « cette panique autour du coronavirus est débile ». Le bureau du shérif du comté d'Alameda est finalement intervenu pour demander aux usines Tesla de respecter les mesures de confinement, alors qu'elles demandaient à leurs salariés de continuer à venir sur place[27]. Michael Saylor, le PDG de Microstrategy a envoyé un message à tous ses employés afin de leur dire qu’il était nécessaire de « continuer à travailler depuis nos bureaux pour maintenir notre productivité[27]. »

    De très nombreux internautes se sont indignés de l’attitude jugée désinvolte des autorités et de certains millionnaires. Le journal Le Monde relève qu'« une vidéo de l’acteur et ancien gouverneur républicain de Californie Arnold Schwarzenegger, appelant, cigare à la main et depuis son jacuzzi, les étudiants à rester chez eux, a accumulé des centaines de réponses sarcastiques ou injurieuses[27]. »

    L'usage, par le président américain Donald Trump, de l'expression « virus chinois », pour nommer le SARS-CoV-2, ne fait pas qu'ajouter de la tension aux relations diplomatiques entre les États-Unis et la Chine ; il renvoie aux stéréotypes du « péril jaune », ancrés dans la mémoire historique de l'Amérique. Il suscite l'inquiétude au sein de la communauté des Américains asiatiques dont des membres sont pris à partie et molestés[28],[29],[27]. L'expression « virus chinois » apparaît dans les interventions présidentielles publiques lorsque, après avoir minimisé la dangerosité du coronavirus et affirmé que tout est sous contrôle, Trump est contraint à une volte-face par la réalité de la gravité de la pandémie qui se répand sur le territoire national. Selon une stratégie de communication bien éprouvée, il recourt alors à un vocabulaire martial et à la mise en avant d'un bouc émissaire[30]. Fin mars, l'hôte de la Maison-Blanche renonce publiquement à employer l'expression décriée, tandis que, sur la scène internationale, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, persiste à utiliser le terme « virus de Wuhan »[29],[30].

    Plusieurs sénateurs américains, dont des soutiens de Donald Trump, ont vendu des actions, parfois pour plusieurs millions de dollars, des semaines avant que le gouvernement n'admette la gravité de la crise du coronavirus et que la bourse ne s'effondre[31].

    Le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis souligne que des réseaux de militants néo-nazis et suprémacistes blancs américains incitent à propager le virus, notamment contre les minorités et les forces de l'ordre[32].

    Plusieurs personnalités conservatrices ont émis l'idée de « sacrifier » les personnes âgées afin de « sauver l’économie ». L'avocat Scott McMillan a ainsi publié un message vivement commenté sur les réseaux sociaux : « La vraie question est la suivante : allons-nous couler toute l’économie pour sauver 2,5 % de la population qui, en règle générale, 1/ coûtent cher à la société et 2/ ne sont pas productifs ? ». Le 23 mars, le lieutenant gouverneur du Texas Dan Patrick a suggéré sur la chaîne Fox News que « les grands-parents, dont lui-même, seraient heureux de sacrifier leur vie pour préserver le bien-être financier de leurs enfants et petits-enfants ». Le lendemain, c’est l’animateur radio Glenn Beck qui évoquait « la possibilité de sacrifier des vies pendant l’épidémie de coronavirus pour sauver les États-Unis et leur économie »[33].

    Une partie de la droite religieuse a refusé de respecter les mesures de confinement ou de distanciation sociale dans certains États, y voyant une atteinte à la liberté religieuse et un complot contre Donald Trump[34]. Les organisations de lutte contre l'avortement ont également maintenu certains de leurs rassemblement. L'Alliance Defending Freedom (ADF), un groupe religieux conservateur, a porté plainte, estimant que les manifestations anti-IVG devaient être considérées comme «essentielles» et donc autorisées malgré les ordres de confinement[35].

    Désinformation

    La pandémie fait surgir de nombreuses théories concernant des produits miracles, qui sont vendus parfois en ligne ou promus par des célébrités.

    Le président américain Donald Trump et son principal conseiller économique Lawrence Kudlow ont été accusés de désinformer à propos du coronavirus, notamment concernant la création prochaine d'un vaccin[36], la réalité du taux de mortalité [37], le fait d'avoir côtoyé des personnes infectées[38], l'efficacité de la chloroquine (affirmation faite sans test clinique)[39] ou la fabrication de respirateurs par Ford et General Motors[40].

    La réaction de la Maison Blanche a été d'une part d'accuser les médias de tenter de déstabiliser le gouvernement, d'autre part de prendre le risque de provoquer une panique, dangereuse en soi[41]. Pour le chroniqueur politique conservateur Rush Limbaugh, le Coronavirus est une tentative de la Chine de déstabiliser le gouvernement des États-Unis[42].

    Début mars 2020 est publié un sondage montrant que 38 % des buveurs de bière américains ont refusé de boire de la bière de marque Corona[43]. La marque a cependant bénéficié d'un effet de mode et ses ventes ont augmenté[43].

    Plusieurs journalistes et invités de la chaîne conservatrice Fox News ont propagé des théories du complot selon lesquelles la gravité de l'épidémie serait exagérée pour nuire à Donald Trump. Le journal Slate estime que l'émission Fox & Friends, étant regardée par plus de 1,4 million de téléspectateurs chaque matin, « représente un réel danger de santé publique », une journaliste y affirmant notamment que c'était « le moment le plus sûr pour prendre l'avion »[44]. L’animatrice de la chaîne Fox Business Trish Regan a défendu avec virulence l'idée d'un complot démocrate dirigé contre Donald Trump, au point de contraindre sa direction à la retirer de l’antenne, puis à la licencier[34].

    Conséquences économiques

    Au cours de la semaine du 15 au 21 mars 2020, le nombre de personnes ayant fait une première demande d'allocations-chômage atteint 3,3 millions, soit le niveau le plus élevé jamais vu aux États-Unis, le précédent record datant d'octobre 1982 avec 695 000 nouvelles demandes[45]. Lors de la semaine du 22 au 28 mars, le nombre de personnes ayant fait une première demande d'allocations-chômage atteint 6,6 millions[46],[47]. Début avril, le nombre de salarié ayant perdu leur emploi approche les 10 millions. Le Code du travail américain, considéré comme probusiness, permet au patronat de se séparer facilement de ses personnels pour éponger immédiatement une partie de ses pertes[21].

    Selon le cabinet Amherst, 26 % des familles vivant en location auront besoin d’une aide temporaire pour payer leur loyer. Andrew Cuomo, le gouverneur de New York, ordonne la suspension des remboursements de crédits immobiliers pour les propriétaires. La députée Alexandria Ocasio-Cortez, élue du Bronx et du Queens, a pour sa part dénoncé : « En offrant un traitement préférentiel aux propriétaires et à des gars qui sont déjà bien riches, sans rien donner aux locataires, nous sommes en train de créer une question de classe ! »[48].

    Deux millions d'armes ont été vendu au mois de mars, soit le double du mois précédent. Cette frénésie est alimentée par la crainte que la pandémie aboutisse à des pénuries et des débordements. Le gouvernement américain a décrété que les marchands d’armes sont des commerces « essentiels » pouvant bénéficier d’une dérogation au confinement[49].

    Notes et références

    Notes

    1. « The system does not, is not really geared to what we need right now … It is a failing, let’s admit it[24]. ».

    Références

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    Voir aussi

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