Pandémie de Covid-19 en France

Pandémie de Covid-19 en France
Covid-19, France, nombre d'hospitalisations.png
Nombre d'hospitalisations pour Covid-19
par département au .
(Chiffres de l'Agence nationale de santé publique).
Covid-19, France, nombre de cas et prévalence.png
Nombre de cas confirmés[note 1]
et prévalence par région au à 14 h
(chiffres de l'Agence nationale de santé publique)[1].
Depuis le 25 mars 2020 les chiffres détaillés par région ne sont plus communiqués.
Maladie
Agent infectieux
Origine
Localisation
Premier cas
Date d'arrivée

(4 mois et 5 jours)
Site web
Santé publique France
dashboard.covid19.data.gouv.fr
Bilan
Cas confirmés
145 746 ()
Cas soignés
66 584 ()
Hospitalisations
15 680 ()
Morts
28 596 ()
Informations officielles
Outils de prévention (SPF)
Informations coronavirus (gouvernement.fr)
Bulletin épidémiologique (SPF)
Une question ? 0800 130 000

La pandémie de Covid-19 en France est une crise sanitaire majeure provoquée par une maladie infectieuse émergente apparue fin 2019 en Chine continentale, la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), dont l'agent pathogène est le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2). Ce virus est à l'origine d'une pandémie mondiale[note 2], déclarée le par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le , trois premiers cas sont recensés sur le territoire métropolitain. L'épidémie passe au stade 3 le et tous les lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays sont fermés. À partir du , afin de stopper la diffusion exponentielle du coronavirus et pour réduire le plus possible le nombre de personnes atteintes et donc de morts, la population est confinée à domicile.

Au , le bilan des seuls centres hospitaliers participant au système d’information pour le suivi des victimes (Si-vic) et signalements liés à la Covid-19 dans les établissements médico-sociaux publié quotidiennement par l'Agence nationale de santé publique, fait état d'un cumul de 28 662 morts pour 149 071 cas positifs confirmés par réaction de polymérisation en chaîne (polymerase chain reaction, PCR) et quelques millions de personnes infectées depuis le début de la pandémie en France[note 3].

Étymologie et genre

Le [3] conformément aux bonnes pratiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la dénomination des nouvelles maladies infectieuses humaines[4], en consultation et en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé animale et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, l'OMS nomme la maladie Covid-19, apocope du syntagme en langue anglaise (COronaVIrus Disease 2019)[5] signifiant littéralement en français maladie à coronavirus 2019 mais elle n’a pas précisé son genre, la question ne se posant pas en anglais.

À partir de la mi-mars, et malgré l’utilisation du féminin sur le site français de l’OMS, les journalistes de France ont spontanément pris l’habitude de l’employer avec des articles masculins car la règle en français veut que le genre de l’acronyme soit déterminé par le genre du premier mot[6]. Outre-Atlantique cependant, très tôt, une note a circulé encourageant l’usage du féminin[7], laquelle a été aussitôt suivie d’une notice de l’Office québécois de la langue française (OQLF). Début mai 2020[9], l'Académie française rappelle que les sigles et acronymes ont le genre du nom qui constitue le noyau du syntagme dont ils sont une abréviation. Si par métonymie on a donné à la maladie le genre de l’agent pathogène qui la provoque, on doit cependant dire la Covid-19, puisque le noyau est un équivalent du nom français féminin maladie[10],[11].

Historique

Nombre de cas déclarés (échelle de l'axe du nombre des cas : logarithmique [en rouge] et linéaire [en bleu]). L'échelle logarithmique permet de visualiser l'évolution du taux de croissance relative de l'épidémie : ce taux évolue comme la pente de la courbe rouge.

Premiers cas

En France, les trois premiers cas officiellement recensés le sont le . Il s'agit d'un Français d'origine chinoise et de deux touristes chinois ayant séjourné à Wuhan, foyer d'origine du virus en Chine centrale. Ces trois personnes sont également les premiers cas annoncés en Europe. Deux d'entre elles sont hospitalisées à Paris, la troisième à Bordeaux[12]. L'un d'eux meurt le . Âgé de 80 ans, ce touriste arrivé en France le décède dans le service de réanimation de l'hôpital Bichat, à Paris[13].

Toutefois, il se pourrait que, sur le territoire national, des Français aient été atteints[14] par le coronavirus bien avant et que leurs symptômes aient été alors confondus avec ceux de la grippe[15]. Le , le professeur Yves Cohen, chef de deux services de réanimation dans les hôpitaux Avicenne à Bobigny et Jean-Verdier à Bondy, déclarent qu'en effectuant a posteriori des tests PCR sur les échantillons prélevés chez les patients atteints de pneumonie en décembre et janvier, ses équipes ont découvert un cas positif à la Covid-19 le [14],[16], âgé de 43 ans et qui n'avait pas voyagé. Le , le Dr Michel Schmitt de l'hôpital Albert Schweitzer de Colmar rapporte un cas qui pourrait être attribué à la Covid 19 dès le [17]. Le , il est rapporté le cas d'une habitante de Saint-Quay-Portrieux dans les Côtes-d'Armor, 73 ans, qui aurait contracté la Covid-19 au contact de Chinois dans un hôtel de l'aéroport de Roissy, fin , alors qu'elle partait au Mexique avec son mari. Elle a présenté un syndrome grippal au Mexique, elle a été testée séropositive le . Son mari aurait été asymptomatique, il est séronégatif[18].

Chronologie des évènements dans le cadre du plan Orsan REB

Cas de Covid-19 recensés en France et confirmés par test PCR
(augmentation journalière en %)
    Décès à l'hôpital   Décès en ESMS   
    Hospitalisations   Sortis soignés(3)   Autres cas   

    Janvier Janvier Février Février Mars Mars Avril Avril Mai Mai

Date
Cas confirmés(1)
3
6 (+100 %)
11 (+83 %)
11 (+0 %)
11 (+0 %)
1
12 (+9 %)
1
13 (+8 %)
2
18 (+38 %)
2
38 (+111 %)
2
57 (+50 %)
2
100 (+75 %)
2
130 (+30 %)
3
191 (+47 %)
4
212 (+10 %)
4
285 (+34 %)
7
423 (+48 %)
9
613 (+45 %)
16
949 (+55 %)
19
1 126 (+19 %)
25
1 412 (+25 %)
33
1 784 (+26 %)
48
2 281 (+28 %)
61
2 876 (+26 %)
79
3 661 (+27 %)
91
4 500 (+23 %)
Dimanche à h : fermeture des lieux publics « non indispensables »
127
5 423 (+21 %)
148
6 633 (+22 %)
Mardi à 12 h : début du confinement
175
7 730 (+17 %)
264
9 134 (+18 %)
372
10 995 (+20 %)
450
12 612 (+15 %)
562
14 459 (+15 %)
674
16 689 (+15 %)
860
19 856 (+19 %)
1 100
22 302 (+12 %)
1 331
25 233 (+13 %)
1 696
29 155 (+16 %)
1 995
32 964 (+13 %)
2 314
37 575 (+14 %)
2 606
40 174 (+7 %)
3 024
44 550 (+11 %)
3 523
52 128 (+17 %)
4 403
56 989 (+9 %)
5 387
59 105 (+4 %)
6 507
64 338 (+9 %)
7 560
68 605 (+7 %)
8 078
70 478 (+3 %)
8 911
74 390 (+6 %)
10 328
78 167 (+5 %)
10 869
82 048 (+5 %)
12 210
86 334 (+5 %)
13 197
90 676 (+5 %)
13 832
93 790 (+3 %)
14 393
95 403 (+2 %)
14 967
98 076 (+3 %)
15 729
103 573 (+6 %)
17 167
106 206 (+3 %)
17 920
108 847 (+2 %)
18 681
109 252 (+0 %)
19 323
111 821 (+2 %)
19 718
112 606 (+1 %)
20 265
114 657 (+2 %)
20 796
117 324 (+2 %)
21 340
119 151 (+2 %)
21 856
120 804 (+1 %)
22 245
122 577 (+1 %)
22 614
124 114 (+1 %)
22 856
124 575 (+0 %)
23 293
128 339 (+3 %)
23 660
129 859 (+1 %)
24 087
128 442 (-1 %)
24 376
129 581 (+1 %)
24 594
130 185 (+0 %)
24 760
130 979 (+1 %)
24 895
131 287 (+0 %)
25 201
131 863 (+0 %)
25 531
132 967 (+1 %)
25 809
137 150 (+3 %)
25 987
137 779 (+0 %)
26 230
138 421 (+0 %)
26 310
138 854 (+0 %)
26 380
139 063 (+0 %)
Lundi à h : début du déconfinement (phase 1)
26 643
139 519 (+0 %)
26 991
140 227 (+1 %)
27 074
140 734 (+0 %)
27 425
141 356 (+0 %)
27 529
141 919 (+0 %)
27 625
142 291 (+0 %)
28 108
142 411 (+0 %)
28 239
142 903 (+0 %)
(2) 28 022
143 427 (+0 %)
28 132
143 845 (+0 %)
28 215
144 163 (+0 %)
28 289
144 566 (+0 %)
28 332
144 806 (+0 %)
28 367
144 921 (+0 %)
28 457
145 279 (+0 %)
28 530
145 555 (+0 %)
28 596
145 746 (+0 %)
28 662
149 071 (+2 %)

Nombre de décès, en milieu hospitalier seulement jusqu'au [19]. À partir du , le nombre de décès inclut les décès dans les établissements sociaux ou médico-sociaux (ESMS) ; le nombre de décès en ESMS est celui porté à la connaissance du gouvernement à la date considérée, mais les décès sont généralement antérieurs.

(1) Nombre total de cas confirmés par test PCR : morts, cas graves, malades et guéris ; augmentation journalière en pourcentage.
(2)  : révision à la baisse des données provenant des EHPAD[20].
(3) Les sortis soignés correspondent aux retours à domicile après hospitalisation (ce dernier terme étant utilisé par l'Agence nationale de santé publique, source des données relatives aux hospitalisations).

La France dispose d'un plan de réaction à la pandémie de coronavirus, qui repose sur le plan Orsan et plus précisément le volet Orsan REB, consacré aux risques épidémiques et biologiques. Il a été déclenché le par Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé[21]. Ce plan comporte quatre stades[22] :

  • le stade 1 est celui où le virus n'est pas en circulation générale dans la population ; il doit permettre de freiner l'introduction du virus en France ;
  • le stade 2 a pour objectif de freiner la propagation du virus sur le territoire ;
  • le stade 3 correspond à une circulation libre du virus sur le territoire, et vise l’atténuation des effets de la pandémie[23] ;
  • le stade 4 constate le retour à une situation normale[24].

Déclenchement du stade 1

Le 25 février, deux jours après le déclenchement du stade 1, le premier Français, un enseignant de Crépy-en-Valois et conseiller municipal de Vaumoise, succombe du SARS-CoV-2 dans le service de réanimation de la Pitié-Salpêtrière[25],[26],[27],[28]. Cinq nouvelles personnes atteintes de la maladie sont diagnostiquées les 25 et 26 février[29], vingt autres le 27[30]. Le nombre des personnes atteintes s'élève à 57 le dont dix-huit dans l'Oise. La Lombardie en Italie et l'Égypte sont les lieux de provenance des Français à l'origine des foyers de contamination respectifs de La Balme-de-Sillingy (six cas) et d'Annecy (six cas) en Haute-Savoie[31],[32].

La doctrine gouvernementale est le confinement des personnes atteintes ou susceptibles de l'être, ceci afin d'éviter le démarrage d'une épidémie. Ainsi, dans l'Oise, 200 membres du personnel hospitalier sont confinés chez eux dès le 26 février et pour une durée de 14 jours après le passage dans les hôpitaux de Compiègne et de Creil, de deux patients infectés[33]. À l'hôpital Tenon, à Paris, trois personnels de soins sont testés positifs, contaminés à la suite de l'admission le 21 février d'un patient de l'Oise reconnu comme atteint par la Covid-19 six jours plus tard. Une cinquantaine de leurs collègues sont placés en confinement à domicile[34].

Déclenchement du stade 2

Le stade 2 est déclenché le 29 février alors que 100 personnes sont atteintes du virus et que deux sont mortes. Le principal foyer de contamination se trouve dans l'Oise avec 36 cas. Les écoles des communes touchées sont fermées. La présence de l'infection en divers points du territoire ne justifie plus le confinement des personnes de retour des zones « à risque », notamment la Chine et l'Italie. L'objectif est dorénavant de freiner la propagation de la maladie sur le territoire français et, pour ce faire, de nouvelles mesures sont prises tant au niveau local que national. Dans l'Oise, les rassemblements sont interdits, les habitants invités à limiter leurs déplacements et les écoles des communes touchées fermées. Au niveau national, les manifestations de plus de 5 000 personnes en milieu fermé sont interdites[35].

Le lendemain, les premiers cas sont diagnostiqués outre-mer, dans les Petites Antilles, à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin[36].

Le 2 mars, le nombre total de cas confirmés s'élève à 191. Parmi eux, le tiers est lié au foyer épidémique de l'Oise. Les trois-quarts des cas français ont une origine identifiée. Un peu plus de la moitié au moins s'expliquent par une chaîne de transmission sur le sol français et au minimum 20 % des personnes proviennent de zones à risque à l'étranger[37]. Douze régions sont touchées et cinq d'entre elles ont plus de dix cas[38]. Dans le Morbihan, qui compte 19 malades, dix écoles primaires et sept établissements du secondaire des communes concernées sont fermés par arrêté préfectoral[39]. Le Premier ministre indique que l'objectif du gouvernement est de ralentir pour empêcher, ou au moins retarder, la libre circulation du virus sur le territoire qui marquerait l'arrivée dans la phase 3, c'est-à-dire l'épidémie proprement dite de coronavirus en France[37].

Le 5 mars, le rythme des décès commence à s'accélérer avec trois morts, portant à sept le nombre de personnes décédées[40]. L'ensemble des régions métropolitaines françaises et la Guyane sont touchées. Les principaux foyers de cas groupés sont l’Oise (99 cas), la commune de La Balme-de-Sillingy, en Haute-Savoie (30), et le Morbihan (20)[40]. Le 7 mars à Paris, le Président déclare qu'« il n’y a aucune raison, mis à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie »[41].

Début mars, les participants à un rassemblement évangélique de l'Église Porte ouverte chrétienne à Mulhouse, qui a réuni de 2 000 à 2 500 personnes du 17 au et au cours duquel plus d'un millier de fidèles selon des journalistes de Radio France, la presque totalité des personnes présentes selon des médecins, sont contaminées, jouent un rôle majeur dans la propagation du virus en France après le retour des fidèles à leur domicile[15],[42]. Mais la majorité des personnes malades s'ignorent, car peu symptomatiques[15],[43],[44],[45],[46],[47],[48]. Le 6 mars, 81 cas ayant été détectés en 24 heures à Mulhouse, le préfet déclare que les moyens ne sont plus suffisants pour dépister systématiquement tous les cas suspects. Seuls les patients dont l'état est le plus grave sont hospitalisés. Il parle de « stade 2 avancé ». Mulhouse devient officiellement un foyer important[49]. Dans l'ensemble du Haut-Rhin, des mesures restrictives sont prises pour limiter les rassemblements de personnes, ceci passant par la fermeture d'écoles et la limitation des rassemblements[50].

Un premier député, Jean-Luc Reitzer, est testé positif le 5 mars et hospitalisé à Mulhouse[51]. Franck Riester, ministre de la Culture, est testé positif au coronavirus le 8 mars[52]. Ce même jour, après l'Oise, le Val-d'Oise, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, Mulhouse et le Morbihan, Ajaccio fait partie des foyers d'épidémie où sont prises des mesures renforcées, la ville regroupant 23 cas. Les établissements scolaires et crèches sont fermés et les rassemblements de plus de 50 personnes prohibés[53],[54],[55].

Au niveau national, il est annoncé le 9 mars que les rassemblements de plus de 1 000 personnes sont maintenant impossibles. Le gouvernement maintient un stade 2, différencié selon les territoires selon qu'ils connaissent ou non une circulation active du virus. Il se veut proportionné pour garantir une vie sociale tout en limitant les risques. Dorénavant, seuls les cas graves seront hospitalisés et les médecins de ville doivent assurer un filtrage. Un décret met fin à l'obligation d'avoir eu une consultation physique avec son médecin dans l'année précédant une téléconsultation[56]. Le 11 mars, le ministre de la Santé annonce que dorénavant toutes les visites aux EHPAD sont interdites[57]. Un nouveau foyer de contamination se révèle dans les environs de Montpellier[57]. Des mesures restrictives visant à limiter les rassemblements de personnes sont prises dans l'Oise, la Corse et dans la région de Montpellier[58].

Les inquiétudes économiques occasionnent un krach boursier mondial la deuxième semaine de mars. La Bourse de Paris s'écroule et connaît ses pires séances, surpassant la crise des subprimes de 2008[59],[60].

Dans une déclaration télévisée, le 12 mars, alors que l'Organisation mondiale de la santé considère depuis la veille l'épidémie de coronavirus comme une pandémie[61], le président de la République Emmanuel Macron décrète la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités. Toutes les entreprises pourront reporter sans justification, sans formalités, sans pénalités le paiement des cotisations et impôts dus en mars. Un mécanisme « exceptionnel et massif » de chômage partiel est envisagé[60]. Les salariés sont encouragés à pratiquer le télétravail[62]. Le ministère de la Santé demande la déprogrammation des interventions chirurgicales non urgentes[60]. Le lendemain, les rassemblements de plus 100 personnes sont prohibés[63].

Déclenchement du stade 3 et instauration du confinement

Le , le bilan est de 4 500 cas confirmés, chiffre qui a doublé en 72 heures, et 91 décès en contexte hospitalier[64]. Le stade 3 est déclenché, l'objectif n'étant alors plus de casser les chaînes de transmission mais d'atténuer les conséquences de l'épidémie en permettant aux services de réanimation de prendre en charge la totalité des patients, et le Premier ministre Édouard Philippe annonce à compter du 14 mars à minuit et jusqu'à nouvel ordre, la fermeture de tous les lieux publics non-indispensables, les premières mesures prises de limitation des rassemblements [étant] imparfaitement appliquées. Les exceptions sont les pharmacies, les banques, les magasins alimentaires, les stations-service, les bureaux de tabac et les bureaux de presse. Les Français sont invités à limiter leurs déplacements[64],[65]. Le premier tour des élections municipales est maintenu le en dépit des critiques[64].

Ces mesures sont renforcées à la suite d'une allocution du président de la République, Emmanuel Macron, le à 20 heures, retransmise en direct par les chaînes de télévision et les stations radio nationales. Insistant à plusieurs reprises sur le fait que la « France est en guerre » contre la Covid-19, il annonce la mise en place de nouvelles dispositions entrant en vigueur le lendemain à midi pour une durée minimale de quinze jours[66]. Tous les déplacements doivent être réduits au strict nécessaire, les entreprises doivent s'organiser pour faciliter le travail à distance, les réunions familiales ou amicales ne sont plus permises, et les infractions à cette nouvelle règle sont appelées à être sanctionnées[67]. Ceci a pour conséquence immédiate le lendemain matin un flux de population à partir des gares parisiennes en direction des résidences secondaires[68]. En outre, en concertation avec les autres dirigeants européens, les frontières de l'espace Schengen sont fermées et les voyages entre pays non européens et l'Union européenne sont suspendus. Les ressortissants français peuvent tout de même rentrer en France[66]. Dans les jours qui suivent le confinement, la continuité pédagogique est organisée dans les établissements du primaire, du secondaire et les universités, au moyen de cours en ligne[69],[70].

Le président annonce également qu'une nouvelle politique d'attribution des masques est instaurée. Ceux-ci sont désormais réservés en priorité aux hôpitaux et professionnels de santé[66]. Un service minimum de garde pour les enfants des soignants est mis en place et les taxis et les hôtels sont mobilisés pour le personnel des hôpitaux[66]. Plusieurs mesures sont prises à destination des entreprises pour éviter leur faillite, le report des charges et des impôts, la garantie d’État et un dispositif de chômage partiel[71]. Enfin, le second tour des élections municipales et les réformes en cours sont reportés[67],[72].

À la suite du déclenchement du stade 3, la surveillance Sentinelles des infections respiratoires a évolué pour s’adapter aux caractéristiques cliniques de cette maladie. Les médecins Sentinelles suivent désormais le nombre de cas d’infection respiratoire aiguë (IRA)[73].

Avenue Charles-de-Gaulle à Neuilly-sur-Seine, une des voies les plus chargées d’Europe, le deuxième jour du confinement (18 mars 2020 vers 16 h 30).

À partir du à 12 h, afin de réduire à leur plus strict minimum les contacts et les déplacements, la population est confinée à domicile sauf pour des motifs autorisés, afin de stopper la diffusion exponentielle[74],[75],[76] du coronavirus et, ce faisant, réduire le plus possible le nombre de personnes atteintes et donc de morts[77],[78].

Le 18 mars, les côtes françaises sont interdites d'accès par les préfets concernés[79] et à partir du 20 mars plusieurs communes métropolitaines et d'outre-mer instaurent un couvre-feu pour la nuit[80]. Le préfet des Alpes-Maritimes décrète un couvre-feu nocturne pour une grande partie du département le surlendemain[81].

Le couvre-feu est décrété sur la totalité du territoire de Mayotte le 24 mars[80], puis sur la Guyane, la Polynésie française, la Guadeloupe et la Martinique[82].

Dans la deuxième quinzaine de mars, plusieurs grands groupes français s'engagent à donner, à fabriquer ou à aider à fournir du matériel médical (masques, gels hydroalcooliques, respirateurs) et des financements aux hôpitaux[83],[84]. Des respirateurs de fortune commencent à être fabriqués en adaptant un masque de plongée vendu par une grande enseigne de sport[85].

Le 23 mars, un premier soignant décède des suites de la maladie[86]. Le soir même, le Premier ministre Édouard Philippe annonce la fermeture des marchés de plein air, sauf dérogations accordées par les préfets[87]. Les sorties sportives ou pour promener ses enfants sont dorénavant limitées à un rayon de 1 km et à une heure maximum par jour. Les sorties médicales ne sont plus autorisées que sur convocation d’un médecin ou pour des urgences[87].

Le nombre des 1 000 morts en contexte hospitalier est dépassé le 24 mars. Les régions les plus touchées sont l'Ile-de-France, le Grand-Est, Auvergne Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, les Hauts-de-France, la Bourgogne Franche-Comté, l'Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine[88].

Le 27 mars, le Premier ministre Édouard Philippe prolonge le confinement national au moins jusqu'au 15 avril[89]. Le 30 mars, la barre des 3 000 morts à l'hôpital est dépassée[90]. Le même jour, 8,5 millions de masques arrivent en France par avion. Ils font partie d'une commande de 1,5 milliard de masques par le gouvernement, la production nationale de 8 millions d'unités ne pouvant suffire pour couvrir les besoins hebdomadaires évalués à 40 millions de pièces[91],[92].

Au 2 avril, il est décompté 4 503 morts en contexte hospitalier. Pour la première fois, un chiffre encore partiel car recensant 7 400 établissements sur 10 600 et faisant état de 884 personnes âgées décédées en Ehpad, est communiqué[93].

Le , la préfecture et la mairie de Paris, afin de renforcer les mesures sanitaires ainsi que les règles du confinement, prennent la décision d'interdire les activités sportives individuelles pratiquées dans la capitale entre 10 heures et 19 heures[94]. Cette mesure, appliquée sur arrêté préfectoral dès le , est suivie le jour même par cinq autres départements d'Île-de-France : la Seine-et-Marne, les Yvelines, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et le Val-d'Oise[95].

Le 14 avril, le bilan officiel dressé par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon est de 103 573 cas confirmés et 15 529 décès en France. Ce sont au total 541 personnes qui sont décédées à l'hôpital ces vingt-quatre dernières heures.

Le 13 avril, le président Emmanuel Macron annonce que le confinement pourrait être levé le 11 mai, au moins partiellement. Les modalités précises seraient annoncées ultérieurement en surveillant les indicateurs épidémiologiques[96]. Il demande au gouvernement de lui préparer, dans un délai de 15 jours, les mesures du déconfinement[97].

Le , le Premier ministre Édouard Philippe, tient une conférence de presse à l'Hôtel de Matignon accompagné du ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran et du directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Cette conférence explique le bilan du confinement en France ainsi que les grands principes du déconfinement, sans toutefois entrer dans les détails[98].

Le 28 avril, le Premier ministre présente à l'Assemblée nationale les conditions de déconfinement, notamment la rentrée scolaire échelonnée, la non reprise des cours en présentiel dans l'enseignement supérieur, le maintien de la fermeture des bars, cafés et restaurants et l'interdiction des rassemblements. Objectif : que le nombre de reproduction de base , ou taux de contagion, se maintienne en dessous de 1. La sortie de confinement se fera de façon différenciée par départements en fonction du niveau d'infection atteint par chacun d'eux.

Le 8 mai, après les huit foyers de contagions découverts en France qui sont l'Oise, la Haute-Savoie, l'Alsace, le Val-d'Oise, le Morbihan, la Corse et le Hérault, un neuvième foyer de contagion est découvert en Dordogne, après des obsèques qui se sont déroulées à Église-Neuve-de-Vergt[99]. À la même période, un autre foyer est constaté dans le collège Gérard-Philippe de Chauvigny dans la Vienne : à l'occasion d'une réunion préparatoire à la rentrée initialement prévue le 18 mai, quatre membres de l'équipe ont été testés positifs ainsi que neuf personnes contacts ont été placés en quatorzaine[100]. Le 10 mai, un nouveau foyer épidémique est déclaré dans un foyer de jeunes travailleurs à Clamart. La découverte d'un cas symptomatique parmi les salariés entraîne des tests dans tout le foyer, permettant de découvrir au moins sept cas, tous non symptomatiques[101]. Un quatrième foyer est signalé ce même week-end en Vendée, dans un abattoir de volailles à Essarts en Bocage où quatre salariés auraient été testés positifs[102]. Le 12 mai il est rapporté un foyer au centre hospitalier de Lannion à partir du service de gériatrie ; 46 personnes auraient été contaminées[103].

Maintien de restrictions après la fin du confinement

Panneau apposé à l'entrée d'une station du métro parisien, indiquant l'obligation du port du masque, le , juste avant le début du déconfinement.

Les mesures emblématiques du déconfinement, effectif le , sont la suppression de l'autorisation de sortie, l'obligation du port du masque dans les transports, la reprise du travail dans les commerces, à l'exception des restaurants, la rentrée très progressive des écoles et la limitation des déplacements à plus de 100 kilomètres de son domicile. Le déconfinement fait l'objet d'un protocole sanitaire de 63 pages concernant les écoles[104] communiqué par le gouvernement aux préfets et aux maires. Il fait aussi l'objet d'un protocole national de déconfinement adressé aux entreprises[105].

Le 12 mai, deux foyers épidémiques sont découverts en Bretagne, le premier à l’hôpital de Lannion, le second au centre de rééducation de Trestel, après que 46 cas de coronavirus sont détectés, la plupart étant des soignants[106].

Le 14 mai, un nouveau foyer de contagion est découvert au centre hospitalier de Saumur dans le Maine-et-Loire après que 18 personnes ont été testées positives[107]. Le même jour, un foyer de six cas est découvert à l'abattoir industriel Kermené à Saint-Jacut-du-Mené dans les Côtes-d'Armor après qu'un prestataire extérieur a été testé positif le 9 mai. 220 tests sont en cours d'analyse[108].

Le 16 mai, un foyer de 34 cas est découvert à l’abattoir Tradival de Fleury-les-Aubrais dans le Loiret[109].

Le 17 mai, le ministre de la Santé Olivier Véran annonce l’identification de 25 foyers de contaminations, parmi eux, celui de Carmaux dans le Tarn après que quatre personnes ont été testées positives[110].

Analyse de la contagion

À la date du , les autorités françaises identifient trente foyers épidémiques de coronavirus, dont l'Oise, la Haute-Savoie, le Morbihan, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, le Val-d'Oise, Ajaccio[111], les Côtes-d’Armor[112], la Dordogne[113], la Vienne[114], à Clamart[101], le Maine-et-Loire[107], le Loiret[109] , la Loire-Atlantique[115] la Vendée[115], le Tarn[116], la Seine-et-Marne[117], l'Essonne[117]. Le , Santé publique France (SpF) fait état de 46 foyers (regroupant au moins trois cas) dont un premier en Savoie[118], dans des foyers d'hébergement, et dans deux cités universitaires[119]. Parmi les foyers de contagion de la maladie à coronavirus 2019 en France, au début, ceux de l'Oise et du Haut-Rhin jouent un rôle majeur dans la propagation du virus[120].

Foyer de contagion du Haut-Rhin

Un rassemblement évangélique de l'Église Porte ouverte chrétienne a lieu du 17 au à Mulhouse dans le Haut-Rhin. Il réunit, durant cinq jours, de 2 000 à 5 000 personnes, essentiellement françaises, mais aussi des Belges, des Allemands et des Suisses. Considéré comme l'un des foyers épidémiques majeurs de propagation du virus en France, plus d'un millier de fidèles y ont été contaminés[121],[122],[123], la presque totalité des personnes présentes selon deux médecins. Les fidèles, en retournant chez eux, la plupart peu symptomatiques, ont participé à l'essaimage du virus, par exemple à Ajaccio, Agen, Belfort, Besançon, Briançon, Dijon, Mâcon, Orléans, Paris, Saint-Lô, Strasbourg[15],[124],[42]. Les premiers symptômes seraient apparus parmi les participants dès le 20 février[15]. Le 1er mars, alertée par une femme et ses fils testés positifs, l’Église contacte à son tour les autorités[15]. L'Agence régionale de santé Grand-Est ne prend la mesure des évènements que le [15]. À compter du 3 mars, le nombre de cas diagnostiqués augmente de façon importante[15],[124]. Le 5 mars, le médecin généraliste mulhousien Patrick Vogt, en contact avec de nombreux malades et médecin de garde au SAMU deux jours auparavant, dénonce le déni total de la part des autorités et affirme que la situation est à Mulhouse une diffusion massive du virus correspondant au stade 3 du plan Orsan REB, au-delà des chiffres officiels[125],[15]. Le 6 mars, 81 cas ayant été détectés en 24 heures à Mulhouse, le préfet déclare que les moyens ne sont plus suffisants pour dépister systématiquement tous les cas suspects. Seuls les patients dont l'état est le plus grave sont hospitalisés. Il parle de « stade 2 avancé »[49]. Dans l'ensemble du Haut-Rhin, des mesures restrictives sont prises pour limiter les rassemblements de personnes, ceci passant par la fermeture d'écoles et la limitation des rassemblements[50].

Foyer de contagion de l'Oise

La presse souligne dès le 3 mars que l'Oise constitue un foyer majeur de propagation du virus en France[126], vers Paris, sa banlieue nord et la Seine-et-Marne à 5 kilomètres de Crépy-en-Valois, tout premier foyer de France selon Le Parisien avec le 31 mars 24 décès[127] sur les 370 des Hauts-de-France[128].

C'est dans cette ville qu'enseignait le premier mort français du coronavirus, Dominique Varoteaux[129], 60 ans, sans contact récent avec l'étranger, en arrêt de travail depuis le 12 février, tandis que Jean-Pierre Gossart, 55 ans, chauffeur civil à la base militaire aérienne de Creil toute proche, lutte contre la mort depuis le 22 février au CHU d’Amiens[130] après des premiers symptômes le 13 février et des difficultés à respirer le 16 février[130]. Dans l’après-midi du décès, un « Plan blanc », avec lits supplémentaires et toutes les opérations non urgentes annulées, est annoncé le 26 février pour les hôpitaux de Compiègne et Creil, où les deux hommes ont d'abord séjourné, Le Courrier picard révélant au soir du 26 que le service de réanimation du second vient de fermer. Le préfet de l'Oise confirme le 28 février six cas à la base militaire aérienne de Creil[131], l'un hospitalisé à Lille et trois autres à Saint-Mandé (Val-de-Marne)[131],[132].

« L'investigation des deux cas initiaux dans l'Oise », malades « assez précocement début février » a permis de détecter un réseau de 36 cas par « contacts professionnels et familiaux » annonce le 29 février, le directeur de la Santé, mais le « patient zéro » reste selon lui à définir[133], même si l'une des personnes contaminées a des « contacts réguliers avec une amie qui travaille » sur la base de Creil, où l'on compte « 10 personnels contaminés, civils et militaires »[133], sur 2 300 à 2 500 salariés[134].

Le lundi, un autre salarié de la base aérienne 110 Creil est hospitalisé à Lille, et l'Oise compte déjà 47 cas[132]. Des consultations médicales d'évaluation du risque démarrent[135] pour 28 000 élèves et 2 300 adultes[135] des écoles, collèges et lycées de 9 communes de l'Oise[135], fermées jusqu'au 14 mars[135]. Le foyer de contagion s'étend au Val-d'Oise avec neuf cas à Méry-sur-Oise entre le 3 et le 5 mars, dans un périmètre restreint[136] ce qui amène à y interdire les rassemblements « de toute nature en milieu clos ».

La fermeture des écoles réduit la fréquentation par les parents des trains vers Paris et facilite l'accès des soignants aux gares. Lille et Amiens ont envoyé des équipes de réanimation pour soulager celles de Creil, Senlis, Beauvais et Compiègne dont une dizaine de patients sont hospitalisés à Lille dès le 3 mars[126], sans « aucun cas de transmission » en Nord-Pas-de-Calais[126].

La sénatrice socialiste de l'Oise Laurence Rossignol demande le 4 mars que Creil et sa petite couronne (Nogent-sur-Oise, Villers-Saint-Paul et Montataire) soient exclus du semi-confinement car le foyer de contagion « est à la base de Creil, pas à Creil », avec « plus de 10 cas »[129] chez les aviateurs, chiffre porté à 16 le 11 mars, dont 2 hospitalisés[137]. C'est de cette base que venait l'Airbus A-340 de l’Escadron 3/60 Estérel, qui avait rapatrié le 31 janvier les 193 premiers Français de Wuhan[130], tous « asymptomatiques » après contrôle médical[138] et confinés à Carry-le-Rouet, avant 2 autres rapatriements de Français les 2 et 9 février, par des vols et du personnel civil. Les 16 aviateurs de Creil ayant participé au premier[132], équipés de masque FFP2[138], n'ont pas posé pied en Chine[138] puis passé 14 jours à domicile, pour un « protocole de surveillance »[138] mais l'épouse du chauffeur en réanimation, sorti de l'hôpital fin mars, a confirmé ses contacts avec le mari d'une hôtesse de l'équipage.

Foyer de contagion du Morbihan

Le 1er mars, l'ARS Bretagne signale 7 cas testés positifs dans les communes voisines de Crac'h, Auray et Carnac[139]. Le préfet du Morbihan prend aussitôt, dans la nuit du 1er au 2 mars, des mesures d'application immédiate comportant sur ces 3 communes la fermeture des écoles et l'interdiction des rassemblements[140]. Grâce à ces premiers gestes rapides, au confinement des cas et de leurs contacts, l'épidémie a pu être contrôlée. Le Morbihan ne compte en effet au 5 mai que 23 décès à l'hôpital sur 222 décès hospitaliers en Bretagne[141] qui est restée une région très peu touchée. L'enquête épidémiologique s'oriente aujourd'hui vers un patient zéro, joueur de cartes et aimant voyager[142].

Foyer de contagion de l'Assemblée nationale

Un foyer de contagion s'est manifesté à l'Assemblée nationale, selon une analyse du quotidien Le Monde[143], avec 26 personnes la fréquentant déclarées contaminées le 16 mars, dont 18 députés[143], soit 3,5 % d'entre eux. Le premier d'entre eux est Jean-Luc Reitzer, député Les Républicains de la 3e circonscription du Haut-Rhin[144],[143], l’un des premiers foyers français de l’épidémie. Présent à l'Assemblée jusqu'au 25 février[145], il est hospitalisé en réanimation le 5 mars[143]. Il avait aussi récemment pris part à un voyage parlementaire à l’étranger[146]. Dans le même temps, un serveur de la buvette est testé positif, de même qu'au moins six membres de la commission des affaires culturelles, qui accueille nuit et jour 40 à 60 députés, leurs collaborateurs et des journalistes[143].

Contagions lors de manifestations sportives

Les maires de Décines et de Meyzieu, voisins du stade, écrivent au préfet pour demander le « principe de précaution » contre l'arrivée de 3 000 supporteurs turinois pour assister au match de Ligue des champions qui voit l'Olympique lyonnais accueillir le la Juventus de Turin. Le préfet autorise toutefois la tenue du match, ne considérant comme « à risque » que les habitants de Milan, en Lombardie, plus touchée par l'épidémie[147]. Le docteur Marcel Garrigou-Grandchamp, juriste de la Fédération des Médecins de France, écrit, sans succès non plus, au ministre de la Santé pour demander le report du match car le club de Turin draine en réalité des supporters de toute l'Italie, y compris en Lombardie[148].

Selon lui, une « explosion » des cas de Covid-19 a touché le Rhône, deux semaines après la rencontre, bien plus forte qu'en Isère et Haute-Savoie[149]. Il déclare : La France n'a pas su tirer les leçons de l'exemple italien. prenant en exemple le match entre les italiens de Bergame et les espagnols de Valence joué le à Milan[148].

L'Agence régionale de santé a écarté toute corrélation entre la rencontre OL-Juventus et l'évolution de la pandémie dans le Rhône[149].

Contamination en EHPAD

Les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) constituent des foyers de contamination et de gravité de la Covid-19. Dès , des représentants des Ehpad craignent qu’il y ait 100 000 morts dans leurs établissements[150].

Au , le bilan cumulatif publié par l'Agence nationale de santé publique fait état d'au moins 884 morts recensés dans les EHPAD (Le chiffre n'inclut pas le bilan des décès en milieu hospitalier)[151],[152]. Le , 2 417 décès ont été annoncés par le gouvernement ; en raison du grand nombre de déclarations de décès réalisées par voie papier, ce nombre serait sous-estimé[153].

En , 29 résidents de l'Ehpad privé « La Riviera », géré par le groupe Korian à Mougins, sont décédés de la Covid-19[154]. Le , une nouvelle plainte contre X pour homicide involontaire, non-assistance à personne en danger et mise en danger d'autrui a été déposée en raison de la mort de quatre résidents dans l'Ehpad de Mougins du groupe Korian[155]. Dans cet établissement, depuis le début de la pandémie jusqu'au , le virus a tué 37[156] des 109 résidents[155]. Et, au total, 356 morts liées au coronavirus ont été enregistrées dans les quelques 300 établissements du groupe Korian accueillant 23 000 retraités en France[155].

Seine-Saint-Denis

Selon un article paru dans le Le Monde, la Seine-Saint-Denis aurait été d'avantage touchée que les autres départements d'Ile-de-France. Les raisons seraient une surexposition au diabète et aux affections longues durée, une surreprésentation de certaines professions (comme personnel soignant, caissier, vendeur et livreur), un grand nombre de personnes travaillant dans différents départements tiers, et habitant dans un espace moindre (18 m2 en moyenne par personnes, contre 25 m2 à Paris)[157].

Pour la répartition des départements d'Ile-de-France en ce qui concerne le pourcentage de morts par habitants voir la section dédiée : « Statistiques par département ».

Diffusion dans d'autres pays depuis la France

Le , le deuxième cas avéré d'infection à la maladie en Belgique revenait d'une région touchée en France, a déclaré Vinciane Charlier, porte-parole du SPF Santé publique. Le patient est testé la veille au soir à Anvers[158]. Le même jour, un premier cas est enregistré en République dominicaine chez un ressortissant français de cinquante-six ans[159]. Le même jour, deux cas sont relevés à Blida en Algérie, chez une mère et sa fille qui ont hébergé entre le 14 et le 21 février deux personnes venues de France, puis déclarées en France porteuses du virus[160].

Le , un Français résidant au Sénégal est déclaré positif au virus après être revenu de France le 26 février, les passagers de l'avion sont recherchés pour être mis en quarantaine. Cet homme avait effectué un séjour à Nîmes et en Auvergne-Rhône-Alpes[161].

Le , le Cameroun confirme son premier cas chez un ressortissant français rentré à Yaoundé le 24 février[162].

Le , le Maroc confirme un troisième cas chez un touriste français arrivé à Marrakech le 7 mars[163]. La Mongolie enregistre son premier cas chez un Français travaillant dans le pays[164]. La République démocratique du Congo annonce son premier cas chez un ressortissant congolais résidant en France[165].

Le 13 mars, le Gabon fait état de son premier cas chez un Gabonais revenu de France[166].

Le 14 mars, la République du Congo confirme son premier cas chez un Franco-Congolais arrivé de France le [167].

Le 15 mars, l'Ouzbékistan déclare son premier cas chez une ressortissante ouzbèke arrivée récemment de France[168].

Le , Madagascar déclare ses trois premiers cas sur des patientes malgaches, dont deux d'entre elles revenaient d'un voyage en France[169],[170].

Bilan humain

Cas déclarés positifs

L'Institut Pasteur a évalué le qu'une moyenne d'environ 5,7 % des Français (fourchette : 3,5 % à 10 % soit 2,3 à 6,7 millions de personnes, moyenne 3,7 millions) auront été infectés au (début du déconfinement)[171],[172], précisant que pour que l'immunité collective soit suffisante pour éviter une deuxième vague, il faudrait 70 % de personnes immunisées. On est très en dessous[173].

L'Institut Pasteur a ensuite corrigé, dans un article paru le dans Science, le résultat préliminaire du , estimant la population infectée entre 1,8 et 4,7 millions d'individus (moyenne 2,8 millions, 4,4 % avec une fourchette de 2,8 à 7,2 %) au , début du déconfinement[174].

Le paramètre qui permet d'indiquer le degré de contagion du coronavirus est le (R zéro) — c'est-à-dire du taux de reproduction de la maladie. Le confinement a fait baisser le , qui était à 3,3[175] (ce qui veut dire que 10 personnes en contaminent 33 autres) à 0,5[176] au (deux personnes en contaminent une autre), soit une réduction de 84 %[171],[172],[177].

Le Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) d'Atlanta, considérant à partir d'une cohorte chinoise, un intervalle sériel (intervalle entre le début des symptômes chez le contaminant et le début des symptômes chez le contaminé), de 7 à 8 jours, en déduit un R0 à 5.7. Cet intervalle sériel serait en Europe, voisin de 6 jours pour l'Imperial College London, d'autres études l'estiment à 4.5 jours.[réf. nécessaire][178],[179] .

Sur l'immunité collective, des travaux récents[180],[181],[182], en introduisant la notion d'immunité croisée, acquise antérieurement, nuancent l'hypothèse des 70 % de la population nécessaires et suggèrent que l'immunité collective serait acquise dès que 10 à 20 % de la population aurait été touchée par le virus. Le Dr Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à Santé Publique France, rappelle cependant que ceci n'est qu'une hypothèse qui doit être confortée[183].

Une étude épidémiologique, effectuée entre le et le au sein d'un épicentre de l'épidémie dans l'Oise et publiée le , a montré que seulement 26 % des sujets ont développé des anticorps alors que 41 % ont été infectés[184],[185]. Cette étude permet de se rendre compte de la faible proportion de cas confirmés (130 185 au ) par rapport au nombre réel de personnes infectées depuis le début de l'épidémie (20 à 40 fois plus). Cela explique la différence entre le taux de mortalité (nombre de morts rapportés à la population totale), le taux apparent de létalité, soit 18,9 % des cas confirmés au , et le taux de létalité réel (nombre de morts rapportés au nombre de personnes réellement infectées) qui semble rester stable autour de 0,8 % (0,5 % si l'on ne comptabilise pas les décès en EHPAD)[175] depuis le , cette valeur étant confirmée par l'étude de l'Institut Pasteur[171]. Le faible nombre de cas confirmés est dû à la stratégie française du stade 3 qui n'a plus testé que les cas graves, sous-estimant donc le nombre total de cas, avant de mettre en place un dépistage plus massif à partir du déconfinement du , afin de surveiller une résurgence.

Ratio nombre de personnes infectées en France comparé à celui d'autres pays

Les données sur les cas réels sont lacunaires, notamment parce que tous les pays n'ont pas la même approche[réf. nécessaire] en matière de dépistage, pour des raisons de moyens financiers alloués ou de moyens techniques disponibles. S'y ajoute la qualité du système de veille sanitaire et de remontée de l'information. Le dépistage peut être clinique (Grèce, Portugal, France pour la grippe saisonnière) ou biologique. Ce dépistage virologique peut viser à être systématique (par exemple en Corée du Sud), être ciblé uniquement sur des porteurs du virus présentant des symptômes, ou ne viser que les cas les plus graves (par exemple à un certain moment en France). Il est à noter que la stratégie de tests en France a beaucoup varié depuis le début de l'épidémie, d'abord des tests dans les foyers épidémiques, puis des tests des cas sérieux ou graves, puis des tests dans les EHPAD puis désormais des tests en population générale, ce qui rend difficile toute interprétation de la courbe du taux de prévalence.

Ce dépistage, quand il existe, ne s'effectuant pas au même rythme dans tous les pays, il existe un décalage croissant entre cas confirmés biologiquement et cas réels. Selon de nombreux chercheurs, le nombre de cas réels serait bien supérieur aux cas déclarés[186], ainsi, début avril, une étude anglaise estimait le nombre de Français infectés entre 730 000 à 4,9 millions[187], l'essai controversé du Pr Raoult faisait état de son côté de 38 617 patients venus spontanément se faire dépister à l'IHU sur lesquels 3 165 patients ont été testés positifs (soit 8 % de prévalence chez une population qui se pensait potentiellement atteinte)[188]. Si ces chiffres de prévalence s'avéraient exacts (ce qui ne pourra être vérifié qu'à la fin de l'épidémie) le taux de létalité (taux de décès parmi les personnes touchées) de la maladie serait alors situé entre 0,5 % et 0,6 %, le taux de cas graves hospitalisés entre 1 et 3 %, et le taux de guérison spontanée (c'est-à-dire sans aucun traitement autre que symptomatique) entre 96 et 98 %. Les données sur la létalité, l'incidence, la prévalence et le taux de mortalité peuvent être, selon les pays, peu fiables, rendant ainsi les comparaisons non significatives[189].

Santé publique France lance en mai 2020 en collaboration avec le Centre national de référence et des laboratoires réalisant des tests sérologiques, une étude de séroprévalence par sondages successifs en région[190].

Décès

Avec plus de 22 000 décès en France le , sans compter les décès à domicile estimés selon les médecins de ville à environ 10 000, la pandémie de covid-19 se place déjà parmi les catastrophes sanitaires les plus meurtrières depuis 50 ans[191].

Au , le taux de mortalité moyen (total des décès rapporté à l’ensemble de la population) serait ainsi d'environ 450 par million d’habitants[192] sachant que certains territoires (Grand Est, Nord, Région Parisienne) ont été très touchés et d'autres beaucoup moins.

Communication sur la mortalité en France par l'Insee

Par souci de transparence lors de la pandémie de maladie à coronavirus de 2020 en France, l'Insee met à disposition en ligne, temporairement et à un rythme hebdomadaire, le nombre de décès enregistrés par jour et pour chaque département[193],[194].

Anecdote : concernant le département des Bouches-du-Rhône[195],[196], une attaque informatique de la commune de Marseille qui compte la moitié des décès du département a conduit à estimer les données provisoires entre mi-mars et fin-mars, les données réelles ayant eu un retard.

Ces données sont provisoires et sont révisées à chaque nouvelle publication hebdomadaire[193]. Ce chiffre de la mortalité toutes causes confondues est à comparer à la mortalité attendue à la même période[réf. souhaitée][197],[198]. Le nombre de décès attribuables à la Covid-19 ne sera connu objectivement qu'après analyse des certificats de décès.

Selon l'Insee : Le nombre de décès, qui était en moyenne de 1 790 par jour sur la première quinzaine de , augmente nettement à 2 260 au cours de la deuxième quinzaine. Il atteint un pic le avec 2 790 décès enregistrés ce jour-là et diminue depuis (2 540 décès par jour en moyenne entre le et le , 1 860 du au et 1 660 du au ). Depuis le , le nombre de décès total par jour en 2020 est proche de celui ayant eu lieu à la même période en 2019[199].

Nombre de décès par jour du au

Selon l'Insee, parmi les décès survenus entre le et le , 66 400 ont eu lieu dans un hôpital ou une clinique (soit 50 % des décès), 32 400 ont eu lieu à domicile (24 %), 20 100 dans un établissement pour personnes âgées (15 %) et enfin 14 800 dans un autre lieu (11 %). Les décès survenus en établissement pour personnes âgées au cours de cette période augmentent très fortement entre 2019 et 2020, bien davantage que les décès survenus ailleurs : +49 % du au par rapport aux mêmes dates en 2019, contre +26 % à domicile et +15 % en hôpital ou clinique[199].

Surmortalité selon l'Insee

L'Insee publie sur son blog un graphique montrant le nombre de décès quotidiens survenus chaque jour depuis le jusqu’au ainsi que quelques épisodes marquants comme la grippe de Hong Kong de 1969-1970 et la canicule d'août 2003[200]. Depuis le et jusqu’au , le surplus de décès par rapport à 2019 se chiffre provisoirement à 24 100 et à 23 600 par rapport à la moyenne des cinq dernières années[201]. Les auteurs font remarquer que dans le cas de l'épisode de la pandémie de Covid-19, on observe un nombre de morts dans un contexte de confinement. Dans [les autres cas de grippe], une mortalité due directement ou indirectement à des grippes saisonnières, dans un contexte de liberté de déplacement des personnes, dont une bonne part sont immunisées ou vaccinées[201]. Une mise à jour indique que du au , le surplus de décès par rapport à 2019 se chiffre provisoirement à 26 048[199].

Taux de létalité

Il est important tout d'abord de distinguer conceptuellement le taux de mortalité (nombre de morts rapportés à une population générale) du taux de létalité (nombre de morts rapportés au nombre de personnes infectées)[202]. Le taux de mortalité, rapport des décès sur la population, dépend donc de la méthodologie du recueil des décès liés à la maladie. Le taux de létalité dépend de l’identification des décès parmi les personnes infectées, réelles ou déclarées, pour une région ou un pays donné. En ce sens, le taux de mortalité apporte une image différente de l'impact de la maladie que ne le fait le taux de létalité. Le taux de létalité ne peut être calculé qu'en estimant le nombre total de personnes infectées, ce qui est différent du nombre de personnes testées positives (sauf à tester l’ensemble de la région ou du pays concerné).

Ainsi, les différents pays européens affichent de fortes disparités du taux de létalité apparente parmi les personnes testées positives (3,7 % en Allemagne contre 18,4 % en France et 11,2 % en Espagne au ). Il faut cependant noter que ce taux est un indicateur peu fiable concernant le risque de décès dû à la Covid-19 de par le faible nombre de tests en regard de l’ensemble de la population concernée et aussi de part le caractère évolutif de la pandémie.

Dans d'un même pays, l'évaluation du taux de létalité peut également connaître des disparités : le taux de létalité apparente en France est de 18,4 % des cas confirmés ; le taux de létalité réelle est estimé à 0,7 % de l'ensemble des 2,8 millions de la population infectée selon une modélisation de l'Institut Pasteur au [174].

Plusieurs explications concernant les disparités ont été avancées :

  • une explication statistique : les pays qui ont organisé des campagnes massives de dépistage de la maladie comme l'Allemagne la Corée du Sud, ou l'Islande découvrent davantage de cas d'infections symptomatiques ou non, que les pays comme la France qui ne se sont pas donné ces moyens. D'autres pays se sont contentés d'un repérage clinique pour faire les diagnostics avec des résultats très positifs comme le Portugal[203] ou la Grèce[204] qui ont ainsi contrôlé leur épidémie. Arithmétiquement, la proportion du nombre de morts est moindre face à un grand nombre de malades détectés, et inversement, dans les pays où seules les personnes symptomatiques ou nécessitant une hospitalisation sont testées, le taux de létalité apparente est immédiatement plus important, les personnes asymptomatiques ou avec peu de symptômes n'étant pas testées[205] ;
  • une forte disparité en matière de test : l'Allemagne a réalisé un grand nombre de tests de manière précoce. Selon la Fédération allemande des médecins conventionnés, 35 000 personnes ont été testées dans la semaine du , alors qu’aucun mort n’avait encore été répertorié dans le pays, et 100 000 la semaine suivante, au cours de laquelle ont été enregistrés les premiers décès[206]. En Allemagne, au , la capacité de tests était de 12 000 par jour, et la politique consiste à faire des tests précoces. En France, à la même date, elle est de 2 500 tests par jour[207]. Au , l'Allemagne effectue 500 000 tests par semaine[208]. La France qui, selon un twitter du gouvernement, a choisi de limiter les tests aux cas les plus graves dans le but d'assurer « une meilleure prise en charge des patients », n'est capable de tester que 4 000 personnes par jour au [209] ;
  • une avance en matière de diagnostic et de soins : le fait de réaliser un grand nombre de tests permet également de détecter précocement les porteurs asymptomatiques de la maladie et de les isoler. La prise en charge peut débuter alors que la maladie n'a pas atteint son plein développement, sans parler de sa phase sévère. Ainsi, contrairement aux hôpitaux italiens, espagnols ou alsaciens[210], les hôpitaux allemands n'ont pas été surchargés par des patients dans un état critique et n'ont pas eu à discuter les indications d'admission en réanimation[211] ;
  • une différence en matière d'équipements. La France dispose seulement de 7 000 lits de réanimation contre 25 000 pour l'Allemagne[207]. Un nombre insuffisant de respirateurs : le Dr Jean Sengler, président de la Communauté médicale d'établissement du Groupe hospitalier Mulhouse Sud Alsace, affirme avoir demandé le vingt respirateurs et ne pas les avoir encore reçus le [212]. Ces chiffres sont fortement nuancés par d'autres analyses qui montrent que l'Allemagne a eu une capacité réelle agrégée de réanimation et soins continus et intensifs de 18 000 lits opérationnels, tandis que la France réussissait à mettre à disposition environ 16 000 lits répertoriés selon les mêmes critères[213] ;
  • pour Jean-Louis Thiériot, député Les Républicains, la différence du taux de mortalité montre avant tout la différence de l'efficacité des politiques sanitaires. Alors que la France a des dépenses de santé légèrement supérieures à celles de l'Allemagne, la capacité de cette dernière en termes de lits en soins intensifs, de masques, de tests de dépistage est bien supérieure. La gestion du système de santé au niveau des Länder où se prennent les décisions concrètes d'investissement et d'allocation des moyens et non pas comme en France par les Agences régionales de santé qui sont des organes déconcentrés de l'État permettrait, selon lui, un circuit décisionnel court qui réduirait le poids de la technostructure. Ainsi, il n'y a en Allemagne que 24,3 % du personnel hospitalier à effectuer des missions administratives pour 35,2 % en France. Cette différence représenterait pour un pays comme la France 100 000 soignants en plus. La réforme des 35 heures mise en place par le gouvernement Lionel Jospin aurait dû s'accompagner, selon Thiériot, de la création de 47 000 postes. Faute de moyens suffisants, 10 000 d'entre eux n'ont jamais été pourvus. Cette même réforme fait que les services de santé croulent sous les congés obtenus dans le cadre de la réduction du temps de travail (RTT) ce qui désorganise les services, le personnel hospitalier allemand travaille lui 40 heures par semaine avec des revenus plus élevés[214] ;
  • en France, une étude d'un syndicat de médecins généralistes estime début avril à au moins 1,6 million la population contaminée, symptomatique ou non[215],[216]. Il apparaît à travers différentes études que le taux de létalité associé à la maladie Covid-19 est assez constant au niveau international, estimé entre 0,5 et 1 % de la population[171],[175],[217],[218]. Une modélisation de l'Institut Pasteur estime en France au à 2,8 millions d'habitants la population contaminée avec un taux d'hospitalisation à 3,6 % de l'ensemble de la population infectée, et 0,7 % le taux de létalité, avec une grande variabilité régionale du taux d'infection en population générale, par exemple Île-de-France 10 %, Grand-Est 9 %, Bretagne 1.3 %[174]. À titre de comparaison, une étude de séro-prévalence trouve à New York City fin avril, 21 % de contaminations [219].

Statistiques

Ces statistiques données chaque jour par les autorités sont imparfaites et incomplètes, notamment parce qu’elles ne prennent pas en compte les décès à domicile, mais aussi parce que la vague épidémique n’est pas terminée[2].

Statistiques pour l'ensemble de la France

Les graphiques qui suivent sont établis à partir des données de l'Agence nationale de santé publique[1] en lien avec le Gouvernement de la République française. Le Gouvernement publie également des jeux de données[220]. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies compile ces données pour les placer dans un contexte mondial[221].

Cas recensés positifs au SARS-CoV-2
Cas confirmés de personnes atteintes de Covid-19

Lecture : entre le début du recensement et le , on dénombre 130 979 personnes atteintes de Covid-19 recensées. Sont prises en compte dans ce tableau les personnes atteintes de Covid-19 positivement testées recensées en établissements sociaux et médico-sociaux. Les cas possibles ne sont pas pris en compte.

Note pour le 29 avril : Anomalie dans le comptage des cas du Covid-19 présente sur le site du Gouvernement.

Note pour le 6 mai : « L'écart supplémentaire de 3 244 cas par rapport aux données [de la veille] s'explique par l'ajout d'un nouveau laboratoire transmettant des données quotidiennes depuis le 4 mai 2020 et rétrospectives depuis le 16 mars 2020 […]. Le nombre de cas supplémentaires dans les 24 heures [précédentes] tient compte des données actualisées avec ce nouveau laboratoire. Sur les 24 dernières heures, le nombre de nouveaux cas est de 939 »[222].

Note pour le 28 mai : Depuis le 13 mai 2020, le système SI-DEP (système d’information de dépistage) permet une estimation des nombres de cas confirmés en France à visée exhaustive. Les cas confirmés grâce au système SI-DEP sont pris en compte pour la première fois dans le total du nombre de cas. L'excès de cas de +3 325 par rapport aux données de la veille (27/05) est lié à une meilleure exhaustivité de la surveillance et non pas à une évolution de la situation épidémiologique du COVID-19 en France.

Nouveaux cas quotidiens de Covid-19 déclarés

Lecture : le , 7 578 personnes supplémentaires atteintes de Covid-19, confirmé par un test positif, ont été recensées.

Note pour le 29 avril : Anomalie dans le comptage des cas du Covid-19 présente sur le site du Gouvernement.


Situation hebdomadaire

Lecture : dans la semaine du au , 29 826 personnes supplémentaires atteintes de Covid-19 ont été recensées.

Hospitalisations
Nombre d'hospitalisations de personnes atteintes de Covid-19
Variation quotidienne du nombre d'hospitalisations de personnes atteintes de Covid-19


Nombre quotidien de personnes nouvellement hospitalisées pour Covid-19
Réanimations
Nombre de personnes en réanimation ou soins intensifs pour la Covid-19

Lecture : le , 7 148 personnes sont en réanimation ou en soins intensifs dans les hôpitaux d'une cause attribuée à la Covid-19.

Variation journalière du nombre de personnes en réanimation ou en soins intensifs pour la Covid-19

Lecture : le , 548 personnes de plus que la veille sont en réanimation ou en soins intensifs attribués à la Covid-19. À ne pas confondre avec le nombre de nouvelles personnes admises qui est donné ci-dessous.


Nombre quotidien de nouvelles admissions en réanimation dans les hôpitaux

Lecture : le , 771 personnes supplémentaires sont entrées en réanimation à l'hôpital.

Retours à domicile après hospitalisation
Nombre cumulé de patients ayant été hospitalisés pour cause de Covid-19 et de retour à domicile en raison de l'amélioration de leur état de santé[223].

Lecture : entre le début du recensement et le , 56 217 patients ont quitté l'hôpital et sont retournés à leur domicile en raison de l'amélioration de leur état de santé et donc ont été guéris.

Décès en hôpital et établissements sociaux ou médico-sociaux
Nombre total de décès attribués à la Covid-19 (cumul décès à l'hôpital, en EHPAD et EMS)

Lecture : entre le début du recensement et le , un total de 24 895 personnes (cumul décès à l'hôpital, en EHPAD et EMS) sont décédées d'une cause attribuée à la Covid-19. Ce total ne prend pas en compte les personnes décédées à domicile d'une cause attribuée à la Covid-19.

Les éventuels chiffres négatifs ou baisses du nombre total de décès sont dus à des rattrapages par Santé publique France d’erreurs de comptage sur les jours précédents[224].

Les données de mortalités publiées par Santé publique France entre le et le concernent uniquement les décès en milieu hospitalier et ne prend pas en compte les données en Ehpad. Les données seront actualisées le lundi , annonce la Direction générale de la Santé.

Variation journalière de décès attribués par jour à la Covid-19 (hôpital, EHPAD et EMS)

Lecture : le , 427 personnes sont déclarées décédées d'une cause attribuée à la Covid-19 (Hôpitaux, EHPAD et EMS).

Les éventuels chiffres négatifs ou baisses du nombre total de décès sont dus à des rattrapages par Santé publique France d’erreurs de comptage sur les jours précédents[224].

Décès en hôpital
Décès à l'hôpital attribués à la Covid-19

Lecture : entre le début du recensement et le , 15 583 personnes sont décédées en hôpital d'une cause attribuée à la Covid-19.

Les éventuels chiffres négatifs ou baisses du nombre total de décès sont dus à des rattrapages par Santé publique France d’erreurs de comptage sur les jours précédents[224].

Variation journalière de décès à l’hôpital attribués à la Covid-19

Lecture : le , 605 personnes sont décédées à l’hôpital d'une cause attribuée à la Covid-19.

Les éventuels chiffres négatifs ou baisses du nombre total de décès sont dus à des rattrapages par Santé publique France d’erreurs de comptage sur les jours précédents[224].

Situation hebdomadaire (hôpitaux)

Lecture : dans la semaine du au , dans les hôpitaux, 3 568 personnes supplémentaires sont décédées d'une cause attribuée à la Covid-19.

Les éventuels chiffres négatifs ou baisses du nombre total de décès sont dus à des rattrapages par Santé publique France d’erreurs de comptage sur les jours précédents[224].

Décès en établissements sociaux ou médico-sociaux (EHPAD ou EMS)
Décès en établissements sociaux ou médico-sociaux (EHPAD ou ESMS) attribués à la Covid-19

Remarque : la remontée des données a été effectuée progressivement par les EHPAD et EMS en avril. Pour ce mois, le tableau indique donc la progression de la mise à jour en complément d’une éventuelle augmentation quotidienne du nombre de décès (surtout les premiers jours).

Lecture : entre le début du recensement et le , 9 312 personnes sont décédées en ESMS d'une cause attribuée à la Covid-19.

Les éventuels chiffres négatifs ou baisses du nombre total de décès sont dus à des rattrapages par Santé publique France d’erreurs de comptage sur les jours précédents[224].

Variation quotidienne de décès en établissements sociaux ou médico-sociaux (EHPAD ou ESMS) attribués à la Covid-19

Remarques :

  • la remontée des données a été effectuée progressivement par les EHPAD et EMS en avril. Pour ce mois, le tableau indique donc la progression de la mise à jour en complément d’une éventuelle augmentation quotidienne du nombre de décès (surtout les premiers jours) ;
  • les chiffres négatifs sont dus à des rattrapages par Santé publique France d’erreurs de comptage sur les jours précédents. L’important étant la tendance de l'évolution globale de ces chiffres plutôt que le détail journalier[224].

Statistiques par région

Statistiques par département

Remarque : les données par région ou département sont collectées quotidiennement par Santé publique France et mises à disposition sur le site GEODES. Il arrive que ces données détaillées ne soient pas en cohérence avec les valeurs globales ou pas communiquées par les ARS pour les nombres de cas positifs à la Covid-19.

Région/Territoire Département Nombre
Habitants (2017) Cas positifs au
14 mai 2020

[225]
Décès dans les hôpitaux au

[226]
‰ habitants Hospitalisés au

[226]
‰ habitants Patients en réanimation au

[226]
Auvergne-Rhône-Alpes (article) Ain 643 350 34 432 95 0,15 104 0,16 3
Allier 337 988 37 0,11 16 0,05 0
Ardèche 325 712 104 0,32 70 0,21 6
Cantal 145 143 9 0,06 16 0,11 2
Drôme 511 553 128 0,25 55 0,11 3
Isère 1 258 722 143 0,11 95 0,08 12
Loire 762 941 237 0,31 213 0,28 28
Haute-Loire 227 283 15 0,07 15 0,07 1
Puy-de-Dôme 653 742 41 0,06 29 0,04 5
Rhône (Métropole de Lyon inclus) 1 843 319 617 0,33 566 0,31 50
Savoie 431 174 66 0,15 37 0,09 1
Haute-Savoie 807 360 160 0,20 118 0,15 6
Bourgogne-Franche-Comté (article) Côte-d'Or 533 819 ??? 241 0,45 53 0,10 9
Doubs 539 067 147 0,27 43 0,08 13
Jura 260 188 60 0,23 21 0,08 0
Nièvre 207 182 27 0,13 18 0,09 1
Haute-Saône 236 659 77 0,33 49 0,21 0
Saône-et-Loire 553 595 193 0,35 142 0,26 9
Yonne 338 291 84 0,25 80 0,24 9
Territoire de Belfort 142 622 172 1,21 61 0,43 7
Région Bretagne[227] (article) Côtes-d'Armor 598 953 5 170 32 0,05 44 0,07 3
Finistère 909 028 43 0,05 29 0,03 2
Ille-et-Vilaine 1 051 779 84 0,08 81 0,08 5
Morbihan 750 863 89 0,12 60 0,08 10
Centre-Val de Loire (article) Cher 304 256 5 075 74 0,24 60 0,20 0
Eure-et-Loir 433 233 117 0,27 169 0,39 9
Indre 222 232 76 0,34 92 0,41 4
Indre-et-Loire 606 511 79 0,13 94 0,15 9
Loir-et-Cher 331 915 63 0,19 113 0,34 4
Loiret 678 105 93 0,14 131 0,19 16
Corse (article) Corse-du-Sud 157 249 ??? 48 0,31 24 0,15 3
Haute-Corse 177 689 10 0,05 6 0,03 2
Grand Est (article) Ardennes 273 579 24 444 53 0,19 64 0,23 3
Aube 310 020 131 0,42 65 0,21 2
Marne 568 895 253 0,44 149 0,26 10
Haute-Marne 175 640 77 0,44 69 0,39 14
Meurthe-et-Moselle 733 481 341 0,46 159 0,22 17
Meuse 187 187 93 0,50 99 0,53 5
Moselle 1 043 522 793 0,76 486 0,47 46
Bas-Rhin 1 125 559 623 0,55 544 0,48 40
Haut-Rhin 764 030 773 1,01 583 0,76 38
Vosges 367 673 252 0,69 68 0,18 4
Hauts-de-France (article) Aisne 534 490 12 551 259 0,48 162 0,30 17
Nord 2 604 361 564 0,22 621 0,24 56
Oise 824 503 387 0,47 326 0,40 14
Pas-de-Calais 1 468 018 281 0,19 267 0,18 35
Somme 572 443 213 0,37 137 0,24 9
Île-de-France (article) Paris 2 187 526 66 082 1680 0,77 1034 0,47 170
Seine-et-Marne 1 397 665 629 0,45 444 0,32 57
Yvelines 1 431 808 489 0,34 592 0,41 38
Essonne 1 378 151 491 0,36 691 0,50 60
Hauts-de-Seine 1 609 306 1011 0,63 1136 0,71 103
Seine-Saint-Denis 1 630 133 945 0,58 1012 0,62 92
Val-de-Marne 1 397 035 1096 0,78 1195 0,86 65
Val-d'Oise 1 221 923 673 0,55 559 0,46 29
Normandie (article) Calvados 694 002 7 013 81 0,12 79 0,11 1
Eure 601 843 78 0,13 80 0,13 2
Manche 496 883 47 0,09 46 0,09 3
Orne 285 308 37 0,13 47 0,16 4
Seine-Maritime 1 255 700 175 0,14 125 0,10 10
Nouvelle-Aquitaine (article) Charente 352 335 4 707 12 0,03 7 0,02 1
Charente-Maritime 644 303 48 0,07 29 0,05 1
Corrèze 241 464 34 0,14 49 0,19 4
Creuse 118 638 10 0,08 20 0,15 7
Dordogne 413 606 12 0,03 17 0,04 1
Gironde 1 583 384 144 0,09 137 0,09 17
Landes 407 444 12 0,03 11 0,03 2
Lot-et-Garonne 332 842 9 0,03 20 0,06 2
Pyrénées-Atlantiques 677 309 27 0,04 8 0,01 2
Deux-Sèvres 374 351 20 0,05 11 0,03 2
Vienne 436 876 37 0,08 22 0,05 2
Haute-Vienne 374 426 25 0,07 16 0,04 1
Occitanie (article) Ariège 153 153 7 459 2 0,01 2 0,01 1
Aude 370 260 55 0,15 18 0,05 3
Aveyron 279 206 23 0,08 13 0,05 0
Gard 744 178 92 0,12 72 0,10 10
Haute-Garonne 1 362 672 66 0,05 68 0,05 15
Gers 191 091 23 0,12 6 0,03 1
Hérault 1 144 892 118 0,10 40 0,03 11
Lot 173 828 22 0,13 9 0,05 1
Lozère 76 601 1 0,01 2 0,03 0
Hautes-Pyrénées 228 530 25 0,11 18 0,08 3
Pyrénées-Orientales 474 452 34 0,07 2 0,00 0
Tarn 387 890 22 0,06 13 0,03 2
Tarn-et-Garonne 258 349 5 0,02 7 0,03 3
Pays de la Loire (article) Loire-Atlantique 1 394 909 6 470 144 0,10 128 0,09 8
Maine-et-Loire 813 493 133 0,16 110 0,14 8
Mayenne 307 445 42 0,14 32 0,10 0
Sarthe 566 506 78 0,14 90 0,16 2
Vendée 675 247 37 0,05 57 0,08 4
Provence-Alpes-Côte d'Azur (article) Alpes-de-Haute-Provence 163 915 19 523 12 0,07 14 0,09 0
Hautes-Alpes 141 284 17 0,12 26 0,18 2
Alpes-Maritimes 1 083 310 178 0,16 119 0,11 9
Bouches-du-Rhône 2 024 162 521 0,26 604 0,30 66
Var 1 058 740 127 0,12 142 0,13 8
Vaucluse 559 479 35 0,06 29 0,05 1
Total France métropolitaine 64 712 777 199 682 18 254 0,282 15 602 0,24 1376
Guadeloupe (article)[228] 390 253 153 17 0,04 13 0,03 1
Guyane (article)[229] 268 700 144 1 0,00 20 0,07 2
Martinique (article)[230] 372 594 192 14 0,04 17 0,05 2
Mayotte (article)[231] 256 518 872 19 0,07 45 0,18 12
La Réunion (article)[232] 853 659 431 1 0,00 21 0,02 2
Total Départements et Régions d'Outre-Mer (DROM) 2 141 724 1 792 52 0,02 116 0,05 19
Saint-Barthélemy 9 793 (2016) 6 0 0,00 0 0,00
Saint-Martin 35 746 (2016) 38 4 0,06 6 0,17
Polynésie française 283 007 58 0 0,00 1 0,00
Nouvelle-Calédonie 271 407 (2019) 18 0 0,00 1 0,00
Saint-Pierre-et-Miquelon 6 274 1 0 0,00 0 0,00
Wallis-et-Futuna[233] 11 558 (2018) 0 0 0,00 0 0,00
Total Collectivités d'Outre-Mer (COM) 617 785 121 4 0,01 8 0,01
Total France d'Outre-mer 2 759 509 1 913 56 0,020 124 0,042
Total décès survenus en ESMS 10 335 0,155
Autres décès (lieu non précisé) 19 0,00
TOTAL (métropole + DROM) 66 854 501 201 474 28 660 0,429 15 718 0,235

Répartition d'hospitalisations par classe d'âge

Nombre de personnes hospitalisées et en service de réanimation le et nombre de retours à domicile et de décès lors d’une hospitalisation depuis le par tranches d’âge[234].
Tranche d'âge Nombre cumulé de
Hospitalisations au 18 mai % du sous-total Dont Réanimations au 18 mai % du sous-total Retours à domicile depuis le 1er mars % du sous-total Décès depuis le 1er mars % du sous-total
0–14 ans 72 0,38 % 14 0,70 % 726 1,18 % 3 0,02 %
15–44 ans 840 4,45 % 134 6,743 % 9 085 14,82 % 174 0,99 %
45–64 ans 3 545 18,77 % 755 38 % 19 378 31,62 % 1 787 10,22 %
65–74 ans 3 897 20,63 % 702 35,33 % 11 755 19,18 % 3 108 17,77 %
75 ans et + 10 536 55,78 % 382 19,22 % 20 338 33,19 % 12 416 71 %
Sous-total 18 890 1 987 61 282 17 488
Indéterminé 125 11 446 101
Total 19 015 1 998 61 728 17 589

Lutte contre la propagation

Pour lutter contre la propagation du virus, deux stratégies sont possibles : « endiguer » l'épidémie en attendant de découvrir un traitement efficace ou un vaccin, ou bien[réf. nécessaire] construire une immunité collective en laissant se propager l’épidémie tout en la contrôlant[235].

Politique de dépistage

La France, qui dépistait tous les cas suspects au début de l'épidémie et procédait à des enquêtes approfondies pour identifier les contacts susceptibles d'être infectés, a rapidement changé de politique, malgré les conseils de l'Organisation mondiale de la santé préconisant le test systématique des cas suspects[236], avant de revenir à un dépistage plus massif depuis le déconfinement du 11 mai, dans le but de surveiller une éventuelle résurgence de l'épidémie.

De nombreuses personnes porteuses du virus ne sont pas comptées comme contaminées confirmées, car ne présentant pas de symptômes, ou présentant des symptômes légers (petite toux, fièvre) sans détresse respiratoire, elles n'ont pas été testées. En effet, les laboratoires de biologie sollicités[237] ayant un matériel médical limité (capacité initiale de traiter 2 000 tests par jour portée progressivement[236] à 4 000 tests par jour[238]), la priorité a été donnée à trois catégories de population, outre les personnes hospitalisées : les personnes présentant des symptômes d'un niveau de gravité élevée, ainsi que les personnes à risque et du personnel médical présentant des symptômes. Dans les établissements collectifs, les tests sont systématiques pour les trois premières personnes présentant des symptômes. Pour les autres, les consignes sont de rester en confinement[236],[239],[238].

Cette politique contraste avec celle menée en Corée du Sud, où plus de 10 000 tests par jour sont pratiqués (avec une capacité qui serait de 60 000 tests par jour[238]), ce qui permet, outre une prise en charge ou un isolement plus précoce, d'anticiper sur les besoins en soins, et de mieux connaître la cinétique de propagation du virus. Un dépistage systématique effectué en Italie sur une population de 3 000 personnes a montré la présence de 50 % à 75 % de porteurs du virus asymptomatiques[236],[239]. Dans les départements français les moins atteints par le virus, les critères sont un peu plus souples, permettant de mieux détecter la progression de l'épidémie[239].

La France n'a pas procédé pendant plusieurs semaines à un dépistage massif, malgré les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, parce qu'elle manquait de réactifs et de capacités de test[240]. Jusqu'à la fin mars 2020, les pouvoirs publics français ont limité les tests aux laboratoires publics hospitaliers de référence et n'ont pas utilisé les capacités des laboratoires privés, des centres de génomiques publics ou privés et les laboratoires départementaux[241].

Mesures locales

Oise

Fin février, les rassemblements sont interdits dans l'Oise et les communes de Creil, Crépy-en-Valois, Vaumoise, Lamorlaye et Lagny-le-Sec doivent limiter les déplacements et fermer les établissements scolaires[242].

À partir du , les crèches et tous les établissements scolaires sont fermés. Les rassemblements de plus de 50 personnes sont interdits en milieu fermé[243].

Morbihan

Deux communiqués de la préfecture du Morbihan sont rendus publics le 2 mars :

  • le premier est un arrêté pris le 1er mars par le préfet du Morbihan interdisant les rassemblements collectifs, de quelle que [sic] nature que ce soit dans l'ensemble du département jusqu'au 14 mars[244] ;
  • le second, publié vers 21 h 45, allège en partie les mesures de restriction. À la suite de cette révision, le préfet du Morbihan réfute avoir reçu des pressions[245].

L'arrêté du 1er mars est abrogé et remplacé le 4 mars par deux autres, limitant l'interdiction aux rassemblements « impliquant une promiscuité prolongée des personnes favorisant la transmission du virus » (écoles, marchés, piscines, etc.), dans les foyers épidémiques[246] et en dehors[247]. Ce second arrêté est abrogé le 5 mars, les rassemblements inférieurs à 5 000 personnes sont alors de nouveau autorisés dans les communes hors foyers épidémiques[248], avant de passer à 1 000 personnes, comme dans toute la France, le 8 mars.

Haut-Rhin

Le , après la découverte de neuf nouveaux cas de patients porteurs du coronavirus dans le Haut-Rhin, trois écoles de Bernwiller, Bourtzwiller et Saint-Louis sont fermées[249]. La préfecture annonce également l'interdiction des rassemblements publics à Bernwiller et à Hésingue[250].

Le , de nouvelles mesures ont été prises dans le Haut-Rhin :

  • interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes dans un milieu clos (excepté pour les entreprises, commerces, bars et restaurants)[251] ;
  • la fermeture des crèches, établissements scolaires, écoles, collèges et lycées de tout le département du Haut-Rhin, pendant 15 jours[252] ;
  • interdiction pour les mineurs de se rendre dans les établissements pour personnes âgées (EHPAD) ou handicapées (FAM) jusqu'au [253] ;
  • obligation pour les manifestations sportives de se dérouler à huis clos[249].

Corse

Le , les préfets de Corse et de Corse-du-Sud annoncent un ensemble de mesures[254] : fermeture des établissements scolaires d'Ajaccio du au et interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes.

Le , il est annoncé que tous les établissements scolaires ferment jusqu'au 29 mars. L'île compte 51 cas dont 7 nouveaux cas à Bastia. Tous les rassemblements de plus de 50 personnes sont interdits. Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, demande que les liaisons aériennes et maritimes entre la Corse et l'Italie soient suspendues[255].

Hérault

Le 11 mars, le préfet de l'Hérault a décidé la fermeture de tous les établissements scolaires, toutes les crèches et toutes les structures accueillant des enfants de moins de 15 ans, sur le territoire de 16 communes au nord et à l'est de Montpellier[256].

Nouvelle-Calédonie

Le , 15 personnes sont placées en quarantaine en Nouvelle-Calédonie à la suite de la découverte d'un cas suspect. Le cas est celui d'une résidente néo-calédonienne rentrant de Chine, qui est placée en observation au Médipôle de Koutio, les 14 autres personnes, susceptibles d'avoir été en contact avec elle, étant mises en quarantaine à domicile[257]. Les résultats des tests sont déclarés négatifs le 10 février, et les quarantaines sont levées[258]. Suite aux deux tests positifs d'un couple en voyage de noces en provenance de Sydney, le 18 mars un communiqué de presse a été émis par le gouvernement annonçant la fermeture des établissements scolaires pour le jeudi 19 mars au soir et des internats le vendredi.

Le 20 avril, la Nouvelle-Calédonie sort du confinement et rouvre les écoles[259].

Wallis-et-Futuna

Wallis-et-Futuna, qui ne signale toujours aucun cas le , décide de n'assurer qu'une seule rotation aérienne tous les dix jours avec Nouméa, à partir du . Pour les avions en provenance de Nouvelle-Calédonie, la priorité est donnée au fret[260]. Wallis-et-Futuna devient le dernier territoire français épargné par la pandémie, même si les mesures d'isolement causent des problèmes logistiques, notamment pour l'approvisionnement en médicament et les évacuations sanitaires des patients[261]. Fin avril 2020, il est décidé de rapatrier 300 Wallisiens et Futuniens bloqués en Nouvelle-Calédonie par un paquebot de croisière, en isolant les passagers pendant 14 jours[262]. Les grandes fêtes paroissiales annuelles sont annulées pour 2020[263] mais la rentrée scolaire a lieu le lundi 20 avril, après des vacances de printemps rallongées d'une semaine[264].

Martinique

  • Premiers cas de Covid-19 recensés le 5 mars 2020. Deux personnes confirmées positives séjournant dans un hôtel des Trois-Ilets[265]. Une de ces deux personnes, une femme médecin suisse, était venue pour participer à un séminaire de cancérologie[266].
  • Le 16 mars 2020, à la suite des déclarations du président de la République, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées, les universités et les stades sont fermés jusqu'à nouvel ordre[267].
  • Le 21 mars 2020, un arrêté préfectoral interdit les vols entre la métropole et la Martinique et soumet à dérogation les déplacements ayant un motif légitime et sérieux[268].
  • Le 1er avril 2020, le couvre-feu est instauré en Martinique jusqu'à nouvel ordre. Il est interdit de quitter son domicile entre 20 heures et 5 heures du matin[269].
  • À partir du 20 avril 2020, toute personne arrivant en Martinique est placée dans un des trois centres de confinement pour quinze jours[270].
  • À partir du 11 mai 2020, toute personne entrant en Martinique est placée en quarantaine pour quatorze jours soit à domicile, soit dans un lieu d'hébergement collectif. La personne placée en quarantaine est dans l'obligation à son arrivée d'effectuer un test de dépistage virologique[271].
  • Le couvre feu reste maintenu après le 11 mai 2020 jusqu'au 2 juin 2020 avec de nouveaux horaires: de 21 heures à 4 heures du matin. L'accès aux plages quant à lui, reste interdit[272].
  • Le 15 mai 2020, l'arrêté prefectoral prévoyant le couvre feu jusqu'au 2 juin 2020 a été suspendu sur décision du tribunal administratif[273].
  • Les plages de dix communes (Basse Pointe, Le Carbet, Case Pilote, Le Diamant, Fort de France, Le François, Le Lorrain, Saint-Pierre, Sainte-Marie, Les trois-Ilets) sont ré-ouvertes du 21 mai au 1er juin 2020, ainsi que plusieurs plages des communes de Schœlcher et de La Trinité du 23 au 31 mai, dans le respect des règles suivantes: ouverture des plages du lever du soleil jusqu'à 11 heures et de 16 heures à 18h30. Sont autorisés l'exercice physique et les pratiques sportives nautiques individuelles au départ de la plage. Interdiction de présence statique, de la pratique de sports collectifs et de contact, de l'organisation de repas et des regroupements de plus de 10 personnes. La distanciation physique doit respecter au moins un mètre entre deux personnes. Les maires des communes concernées s'assuront des respects des règles en procédant à des contrôles réguliers[274].

Mesures nationales

Nombre de cas (bleu) et nombre de morts (rouge) en échelle logarithmique. Après l'explosion initiale fin février, l'épidémie est progressivement maîtrisée fin mai.

Avis scientifiques

À la demande du président de la République française, le conseil scientifique a été institué le 11 mars 2020 par Olivier Véran, ministre français des Solidarités et de la Santé, « pour éclairer la décision publique dans la gestion de la situation sanitaire liée au coronavirus ». Présidé par le professeur Jean-François Delfraissy, ce comité compte dix autres experts qui viennent de champs disciplinaires complémentaires[275],[276],[277]. Le conseil, dont certains des avis sont rendus publics[278], s’appuie sur des modélisations réalisées par l’épidémiologiste Neil Ferguson , de l’Imperial College London[77],[78],[279].

La loi du 23 mars 2020 donne une existence législative au comité scientifique, il est réuni en cas de déclaration de l'état d'urgence sanitaire[280].

Le Comité analyse recherche et expertise est créé le . Présidé par Françoise Barré-Sinoussi, il est chargé d’éclairer les pouvoirs publics « sur les suites à donner aux propositions d’approche innovantes scientifiques, technologiques et thérapeutiques »[281]. Enfin un groupe mis en place autour de Jean Castex travaille sur les modalités de sortie du confinement[282].

L'Académie de médecine a émis plusieurs avis, d’abord pour relativiser l’importance de l’épidémie (12 février)[283], puis pour recommander de réserver les masques de protection aux professionnels de santé (22 mars)[284]. Par la suite plusieurs recommandations ont été faites à propos des tests sériologiques[285], sur le maintien de l'activité physique[286]. Selon l’avis du 2 avril, sur la sortie du confinement, « le port généralisé d’un masque par la population constituerait une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur »[287].

Interdiction des rassemblements et des déplacements

Les premières mesures ont été des interdictions de rassemblements, avec des seuils qui ont progressivement diminué le long du mois de mars.

Entre les 15 et 17 mars, les écoles et les établissements recevant du public sont fermés, et tous les déplacements sont interdits. Ces mesures, d’abord annoncées pour deux semaines, sont prolongées à plusieurs reprises.

Le cadre juridique a varié : au début de la crise, les mesures ont été prises par arrêtés du ministre chargé de la Santé, en application de l'article L3131-1 du code de la santé publique, créé par la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Le décret du 16 mars sur la limitation des déplacements a été pris « vu les circonstances exceptionnelles ». Enfin à partir du 23 mars 2020, les mesures sont prises sous le régime de l'état d'urgence sanitaire, créé et déclaré par la loi du même jour, et modifié par la loi du 11 mai 2020[288],[289],[290].

Mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus SARS-CoV-2
Mesures Dates d'application
4 au 14 mars : premières interdictions de rassemblements
Interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes en milieu clos 5 au 9 mars[291]
Interdiction des rassemblements de plus de 1 000 personnes 10 au 13 mars[292]
Interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes 14 mars au 10 mai[293],[294]
17 mars au 10 mai : confinement
Fermeture de certains établissements recevant du public. Seuls « les commerces essentiels (magasins alimentaires, pharmacies, banques, bureaux de tabac, stations-service…) et tous les services publics essentiels » sont autorisés à rester ouverts[295] 15 mars au 10 mai[296],[294]
Fermeture des établissements scolaires et d’enseignement supérieur 16 mars au 10 mai[296],[294]
Interdiction de déplacements hors activité professionnelle, achats de première nécessité, motif de santé ou familial, déplacements brefs liés à l'activité physique individuelle. 17 mars 12 h[77],[78] au 23 mars[297]
Interdiction de déplacements hors activité professionnelle, achats de première nécessité, motif de santé ou familial, déplacements brefs, dans la limite d'une heure quotidienne et dans un rayon maximal d'un kilomètre autour du domicile, liés à l'activité physique individuelle… 24 mars au 10 mai[294]
depuis le 11 mai : levée progressive du confinement
Tout rassemblement sur la voie publique ou dans un lieu public, mettant en présence de manière simultanée plus de dix personnes, est interdit sur l'ensemble du territoire de la République. Plus généralement, rassemblements, réunions, activités, accueils et déplacements ainsi que l'usage des moyens de transports doivent se faire avec distanciation sociale. Le port du masque est obligatoire dans les transports. L'accès du public aux parcs, jardins et autres espaces verts aménagés dans les zones urbaines est interdit dans les territoires classés en « zone rouge ». 11 mai[298]
Interdiction de déplacements conduisant à la fois à sortir d'un périmètre défini par un rayon de 100 kilomètres de son lieu de résidence et à sortir du département, à l’exception de certains motifs. Tout rassemblement sur la voie publique ou dans un lieu public, mettant en présence de manière simultanée plus de dix personnes, est interdit sur l'ensemble du territoire de la République. Plus généralement, rassemblements, réunions, activités, accueils et déplacements ainsi que l'usage des moyens de transports doivent se faire avec distanciation sociale. Le port du masque est obligatoire dans les transports. L'accès du public aux parcs, jardins et autres espaces verts aménagés dans les zones urbaines est interdit dans les territoires classés en « zone rouge ». 12 au 29 mai[299]
Interdiction de déplacements conduisant à la fois à sortir d'un périmètre défini par un rayon de 100 kilomètres de son lieu de résidence et à sortir du département, à l’exception de certains motifs. Tout rassemblement sur la voie publique ou dans un lieu public, mettant en présence de manière simultanée plus de dix personnes, est interdit sur l'ensemble du territoire de la République. Plus généralement, rassemblements, réunions, activités, accueils et déplacements ainsi que l'usage des moyens de transports doivent se faire avec distanciation sociale. Le port du masque est obligatoire dans les transports à partir du 30 mai[299],[300]
Confinement
Place du Capitole à Toulouse, le , vers 10 h.

Entre le et le [301], la population est confinée à domicile.

Pour les scientifiques compétents dans le domaine de la modélisation des épidémies[279], le but du confinement est de stopper la diffusion exponentielle du virus[75],[74],[76] en agissant sur le nombre de reproduction de base () afin de réduire le plus possible le nombre de personnes atteintes et donc de morts[77],[78],[76].

Ce confinement est aussi présenté par certaines sources comme permettant que le nombre de personnes infectées ne provoque l’effondrement du système de santé[74],[76]. Pour le ministère des Solidarités et de la Santé : limiter les contacts permet de sauver des vies[302].

Fermeture des établissements scolaires

La fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités est annoncée par le président de la République, Emmanuel Macron, le 12 mars, cela représente plus de 62 000 établissements. Environ douze millions d'élèves, 1,6 million d'étudiants et plus d'un million d'agents de l'Éducation nationale seront concernés par ces fermetures[303].

Les écoles primaires sont à nouveau ouvertes à partir du 11 mai, et les collèges en « zone verte » à partir du 18 mai[299].

Contrôle aux frontières

Le 13 mars, l'OMS, déclare que l'Europe est devenue l'épicentre de la pandémie, mais ne recommande pas la fermeture des frontières. En effet, une telle mesure ne pourrait avoir un impact [sur le plan sanitaire] que si c'était une mesure parfaitement étanche, or c'est impossible et donc forcément inefficace[304].

Le vendredi 13 mars, la France a proposé à l'Union européenne de coordonner des contrôles renforcés des frontières externes et internes de l’espace Schengen ou fermer certaines zones à risques, dans le but d'éviter des mesures non coordonnées[305].

Au 13 mars, la France n'effectue depuis le début de la propagation de la maladie au nouveau coronavirus aucun contrôle dans ses aéroports ou à ses frontières, ni même sanitaire[réf. nécessaire].

La France conseille aux personnes qui reviennent de pays étrangers comme la Belgique d'adopter pendant 14 jours des bonnes pratiques d’hygiène, de réduire les activités non indispensables, et de surveiller leur température deux fois par jour. En cas de fièvre, toux, difficultés à respirer, elle recommande aussi de composer le 15 sans passer ni chez le médecin, ni aux urgences de l’hôpital[306].

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie prend fin janvier des mesures destinées à empêcher le débarquement des passagers des navires de croisière si des cas suspects sont à bord. Les 1er et , sous la pression des habitants de l'île et après discussion avec les autorités coutumières kanakes, la société chargée de l'accueil touristique à Maré, une des îles Loyauté, refuse l'escale de deux navires de croisière[307].

Le premier mars à La Réunion, un paquebot en provenance d'Afrique du Sud n'a pas pu accoster en raison d'une manifestation suscitée par la crainte de l'infection[308].

En Martinique, un avion de la compagnie Alitalia, devant transporter des croisiéristes venant d’Italie le 29 février, est annulé[309]. Le 7 mars, afin d’éviter les débordements et dégradations par des activistes lors des transferts entre les avions et les bateaux de croisière, les touristes étrangers sont confinés et véhiculés en convois escortés par les forces de l’ordre[310].

Recours administratifs contre les mesures

Le Conseil d'État est saisi de plusieurs référés contestant la politique gouvernementale[311],[312],[313]. En particulier, le , il se prononce contre la demande de confinement total, mais estime trop large la dérogation pour les « déplacements brefs »[314]. Le gouvernement encadrera mieux cette dérogation dès le lendemain. Le , il ordonne au Gouvernement de lever l’interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte et d’édicter à sa place des mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires et appropriées[315]. Le même jour il ordonne à l’État de cesser immédiatement la surveillance par drone[316].

Systèmes d'information

La loi du crée un système d'information composé de plusieurs fichiers :

Le Parlement approuve le l'application StopCovid[319].

Autres

Tout rassemblement dans des établissements de culte est interdit à l'exception des cérémonies funéraires dans la limite de 20 personnes, à compter du 16 mars[296],[294],[298].

Il est interdit à tout navire de faire escale ou de mouiller dans les eaux intérieures et les eaux territoriales, à compter du 14 mars[293],[296],[294],[298].

La thanatopraxie est interdite à partir du 2 avril. Les défunts atteints ou probablement atteints de la Covid-19 au moment de leur décès font l'objet d'une mise en bière immédiate[294].

Adaptation de l'action sanitaire et médico-sociale

Organisation du système de santé

L’information officielle des professionnels de santé est assurée par le canal de la liste de diffusion DGS-urgent, alimentée par la direction générale de la Santé (DGS)[320]. La liste diffuse en particulier des lignes directrices pour la prise en charge des patients Covid-19. Elle est régulièrement mise à jour[321].

Le , la DGS actualise ses recommandations et publie le guide méthodologique de préparation à la phase épidémique de Covid-19 à destination de tous les acteurs impliqués dans la gestion de la crise[322].

Néanmoins des professionnels de santé se plaignent d’une information ressentie comme insuffisante, de l'absence de stratégie de dépistage et du manque de matériels[323],[324],[325].

Autres mesures :

  • Simplification des modalités d'arrêt maladie et de télésanté[326]
  • La dispensation par les pharmacies d'officine de spécialités composées exclusivement de paracétamol est, en l'absence d'ordonnance, limitée à deux boîtes pour les patients déclarant présenter des symptômes de type fièvre ou douleurs et une boîte dans les autres cas[296],[327]
  • La dispensation par les pharmacies d'officine de spécialités contenant de la nicotine et utilisées dans le traitement de la dépendance tabagique est limitée au nombre de boîtes nécessaire pour un traitement d'une durée de 1 mois[327]

Hôpitaux et EHPAD

Intervention du SAMU accompagné d'une ambulance privée pour transporter un patient Covid-19 à Strasbourg.

Risque de saturation des hôpitaux, aide internationale et questions éthiques face aux pénuries

Les capacités d'accueil en services de réanimation sont de 5 000, extensibles à 10 000 via des réaménagements et des mesures d'annulation d'interventions jugées non indispensables ou urgentes. Les mesures de confinement visent à diminuer le risque de saturation des hôpitaux, en étalant les vagues d'arrivées[328]. Certains hôpitaux sont arrivés à saturation, dont ceux de Mulhouse et d'Ajaccio[329]. Plusieurs praticiens réclament à mi-mars des mesures plus draconiennes, craignant de se retrouver rapidement dans la situation de l'Italie, et font valoir que le premier facteur restreignant les possibilités d'accueil serait la pénurie de personnel[328]. À ce sujet, l’OCDE, propose un document sur la résilience du système de santé, en France, avant la pandémie[330].

Le personnel médical se prépare à devoir affronter des choix éthiques en termes de tris des malades, compte-tenu des capacités limitées et de l'afflux de malades graves. Il faut rappeler que l'orientation vers une réanimation de patients a priori très fragilisés est un choix éthique souvent difficile en toutes circonstances. Le , l'Autorité régionale de Santé d'Île-de-France propose aux médecins « un document visant à apporter un soutien conceptuel à la décision d'admission des patients en unités de réanimation ou de soins critiques », en fonction de différents critères devant être clairement communiqués à l'entourage du malade. Elle encourage les structures hospitalières à ouvrir des unités de soins palliatifs en même temps que des lits de soins critiques, en affirmant que « le droit à une analgésie proportionnée, à une sédation proportionnée ou profonde et continue maintenue jusqu'au décès doit être garantie »[331]. D'autres initiatives de soutien sont mentionnées par les médias, qui précisent que ces choix sont déjà nécessaires en Alsace[332].

La question des EHPAD et la prescription de traitements palliatifs

Les directions d'EHPAD sont reçues par le ministère des Solidarités et de la Santé le [333].

Le plan Bleu est déclenché le 10 mars 2020[334]: les visites sont interdites[335]. À partir du 20 avril, les visites sont à nouveau possibles, mais sans contact physique[336].

Le décret no 2020-360 du [337] autorise la prescription, hors AMM, d'une benzodiazépine, le clonazepam,(Rivotril (c)) jusqu'au 15 avril 2020, de patients atteints ou susceptibles d'être atteints par le virus SARS-CoV-2. Ce décret a été soupçonné d'officialiser et de pérenniser l'état de manque de respirateurs, de lits de réanimation et de matériel, en autorisant par simple ordonnance d'un médecin, l'injection intraveineuse de Rivotril, pour prendre en charge les patients atteints par le coronavirus, de façon palliative, pour un état asphyxique[153].ll a été accusé par l'association Corsu di A Salute de promouvoir un « tri barbare et arbitraire de patients par des médecins à qui on aurait refusé en amont les moyens du diagnostic et du traitement », pour des patients ne pouvant être admis en réanimation, dans le cadre d'un moment où les possibilités de prescription pour d'autres médicaments, sont bloquées. Pour le Dr Eric Simoni, ce traitement ne rentre pas dans le cadre normal des soins palliatifs, qui visent à améliorer le confort de vie des patients atteints d'une maladie évolutive mettant en jeu le pronostic vital[338].

L'assistance aux personnes dépendantes à domicile

La question des matériels de protection fournis aux aides à domiciles, susceptibles d'être contaminé(e)s et de contaminer à leur tour est cruciale, alors qu'il s'agit d'une population fortement exposée ; elle est traitée avec beaucoup de retard. Jusqu'au 16 mars, elles ou ils sont exclus des personnes prioritaires dans la gestion de la pénurie de masques[339], faisant dire à un employeur qu'on les traite comme de la chair à canon[340]. Après le décret du 16 mars, la distribution à venir d'un contingent de 19 masques pour 15 jours par salarié dont les interventions sont jugées indispensables est annoncée dans les médias. Toutefois le plan de gestion de crise de l'ARS d'Île-de-France prévoit une distribution uniquement pour les interventions auprès de personnes vulnérables présentant des symptômes (cas suspects ou confirmés)[341].

Risques sur la santé des professionnels

Des controverses sur la pénurie de masques chez les médecins libéraux éclatent le 18 février, lorsque l’État français fournit 17 tonnes de matériel médical à la Chine et indique « continuer à apporter une assistance logistique dans les prochaines semaines »[342],[343]. Ce matériel contient une quantité importante de masques qui auraient pu servir deux semaines plus tard quand la pandémie a touché la France.

Le , des médecins et infirmières libérales de Vannes mobilisés pour faire face au début d'un foyer épidémique et pratiquant des visites à domicile s'offusquent de leur difficulté à trouver des masques FFP2, et critiquent le fait de ne pas être associés aux recherches des cas contacts malgré leur connaissance du terrain[344]. En effet, certains d'entre eux sont suspectés d'avoir été contaminés, elles doivent observer un confinement d'une dizaine de jours, et fermer leur cabinet. Cette fermeture impose des frais importants à beaucoup, car la durée de l'arrêt de travail est trop faible pour qu'ils reçoivent des indemnités.

Certains médecins français critiquent publiquement une certaine impréparation dans la gestion publique de la crise qui aurait pu être mieux anticipée et le sentiment de devoir "bricoler" au jour le jour pour faire face au début de la pandémie[345]. Le , un médecin généraliste de Chalon-sur-Saône qui n'avait pu se procurer de masque rapporte qu'un cas suspect aurait été arbitrairement écarté et non testé sur le motif que le patient concerné était revenu de Milan le , soit très peu de temps avant le début officiel de la pandémie lombarde. Ce médecin se dit déçu de la faiblesse des moyens déployés par la sixième puissance mondiale, dénonçant un manque de prévoyance totale et estimant qu'il serait stupide de comparer la Covid-19 à la grippe, les systèmes immunitaires de la population étant vierges face à ce nouveau virus[346]. Le , les quatre médecins de La Balme-de-Sillingy se plaignent d'un retard de livraison des masques promis par l'ARS, s'en étant procuré 25 en attendant auprès du centre hospitalier Annecy Genevois[347].

Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français, demande à l'État de faire preuve d'anticipation afin d'agir avant d'entrer dans la phase épidémique. Selon lui, l'État ne dispose pas de stocks stratégiques de masques FFP2 et l'on gère cette crise de manière trop légère[348]. En , tous les généralistes avaient reçu un masque FFP2 contre le virus H1N1 — la réserve stratégique était alors de 537 millions de masques en , sans compter les 110 millions en cours de livraison[349] — or, dans son bilan du , Jérôme Salomon évoque une réserve de seulement plusieurs dizaines de millions de masques FFP2. Entre 2011 et , l'État a fait le choix d'une gestion différenciée des stocks entre stocks stratégiques et tactiques[349],[350]. Les médecins généralistes en font les frais[351]. La pandémie provoque une hausse importante de la demande en masques qui est multipliée par soixante. Une grande partie des masques étant fabriquée en Chine, les fabricants français augmentent fortement leur production pour faire face à la pénurie. Début mars, l'État envisage de prélever quinze millions de masques dans ses stocks stratégiques pour répondre aux besoins[352]. Cependant, certains acteurs industriels ont dénoncé publiquement le retard du gouvernement dont les commandes auraient été trop tardives, tout en évoquant les difficultés à augmenter rapidement les capacités de production[353].

Le 5 mars, le docteur Benoît Blaes soutient sur le blogue officiel du syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) que la question de la gestion des masques de protection « confine à l’improvisation »[354]. Le 7 mars, un article sur le site français du Journal international de médecine constate que les autorités sanitaires ont adapté leurs recommandations sanitaires à l’état des stocks de masques disponibles et non à la réalité du risque de contamination[355].

Le , un million de masques médicaux et du matériel médical destinés à la France sont acheminés par avion en Belgique. Il s’agit de dons de deux organisations caritatives chinoises. Le plus important site chinois de commerce électronique au niveau mondial, Alibaba.com, a pour sa part annoncé l’atterrissage à Liège d’un avion-cargo transportant des masques pour plusieurs pays européens dont la France[356].

Le 20 mars, des patients atteints de la Covid-19 de l'hôpital d'Ajaccio sont évacués par hélicoptère vers les établissements hospitaliers de Provence-Côte d'Azur[357].

Médecins, infirmiers, aide-soignants, personnels hospitaliers, les soignants sont en première ligne dans cette épidémie. Le 21 mars 2020, un premier médecin, Jean-Jacques Razafindranazy, décède de la maladie[358], victime du premier foyer épidémique dans l'Oise[359]. Au , dix-sept médecins sont décédés de la maladie[360].Ce sont pour la plupart des médecins de ville ayant travaillé sans protection au début de l'épidémie[361],[362].

Risques pour les patients suivis pour d'autres pathologies

Au début de la crise sanitaire de la Covid-19 débutait en France, les responsables des programmes de transplantation d’organes ont fait part de leurs préoccupations concernant la poursuite de l’activité de greffe d’organes durant l’épidémie. Notamment pour protéger les personnes considérées comme vulnérables à cause les risques accrus d'infections au moment et suite à une greffe. Les recommandations ont été de ne maintenir que les transplantations vitales et urgentes, notamment les greffes de cœur et de foie[363]. Cependant, on observe une chute de plus de 90 % du nombre de prélèvements et de transplantations d’organes au cours de l'épidémie en France en mars et [364]. Ces transplantations non réalisées constituent une perte de potentiels greffons issus de donneurs décédés. Ces greffons ne sont pas récupérables après la crise sanitaire.

Transport sanitaire et implication des forces armées

Évacuation de patients dans un hélicoptère de l'armée de terre vers des hôpitaux allemands à partir de l'aéroport de Strasbourg.

Le 24 mars, Olivier Véran annonce que trente patients de Strasbourg et de Mulhouse seront évacués le lendemain par TGV médicalisé dans d'autres hôpitaux, une première en Europe[365]. D'autres transferts sont annoncés ensuite, vers l'Allemagne ou vers l'Ouest de la France. Le Luxembourg et la Suisse offrent leur aide aussi[366] et plusieurs patients sont accueillis par ces pays. Le 31 mars, des patients sont transférés à l'hôpital de l'Université de Salzburg, en Autriche[367].

Lancée le , l’opération « Résilience » constitue la contribution des armées à l’engagement interministériel contre la propagation du Covid-19. Elle est centrée sur l’aide et le soutien aux populations ainsi que sur l’appui aux services publics pour faire face à cette épidémie, en métropole et outre-mer, dans les domaines de la santé, de la logistique et de la protection[368]. Les moyens des armées peuvent être utilisés pour transporter tout patient entre le 18 mars et le 15 avril[296],[327].

Le Service de Santé des Armées déploie un Élément mobile de réanimation (EMR) à proximité de l'hôpital civil de Mulhouse entre le 21 mars et le 12 mai[369],[370].

Stocks et pénurie de masques

Les masques de protection respiratoire de type FFP2 sont réquisitionnés à partir du 3 mars[371],[372],[294].

Le gouvernement décide de limiter la vente de masques à la prescription médicale, face au risque de pénurie.

À l'issue de l'épidémie de grippe H1N1 de 2009, une réserve stratégique d'un milliard de masques chirurgicaux et de 700 millions de masques de protection FFP2 avait été constituée[373],[350], mais les coupes dans le budget de la santé ont eu raison de ces mesures préventives. En décembre 2019, au début de la pandémie de Covid-19, les réserves de masque sont au plus bas : 117 millions de masques chirurgicaux et aucun masque FFP2[374],[350]. Au pic de l'épidémie en mars 2020, les réserves sont de 86 millions de masques. Contrairement à ce qu'affirme l'exécutif depuis le début de la crise, la doctrine visant à détenir un stock stratégique d'un milliard de masques était inchangée depuis dix ans. En 2018, l'Agence nationale de santé publique alerte Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, sur le niveau du stock de masques[374]. En juin 2019, elle demande la reconstitution des stocks au ministère de la Santé, qui ignore la requête[374].

La pénurie de matériels de protection qui affecte notamment les soignants en ville, voire ponctuellement le personnel hospitalier très exposé, suscite une vive polémique sur la gestion des masques. Le gouvernement communique début mars sur des vols de masques dans les hôpitaux et annonce la « mise à l'abri des stocks renforcée et des consignes repassées dans tous les sites » des hôpitaux de Paris, ajoutant que « des plaintes seront déposées systématiquement »[375]. À cette date, on recense le vol d'environ 10 000 masques soit une infime proportion (moins de 0,01 %) du stock. La consommation hebdomadaire française est alors de 24 millions de masques.

Le , 150 tonnes de matériels de lutte contre la pandémie de Covid-19 dont huit millions de masques FFP2 arrivent de Chine à bord d'un Antonov An-225 Mriya à l'aéroport Châlons-Vatry[376].

Le 18 mai, le président Macron affirme que la France n'a « jamais été en rupture » de masques, alors que de nombreux manques sont constatés par du personnel soignant et auprès de pharmacies[377],[378],[379].

Gels hydroalcooliques

Selon Que choisir, entre le et le , l’épidémie de Covid-19 a fait exploser la demande en gels hydroalcooliques et augmenter les tarifs (+30 % pour un flacon de 75 ml et +32 % pour un flacon de 250 ml en moyenne)[380].

Un décret est publié au Journal officiel le [381] : Le décret encadrant les prix de vente des gels hydroalcooliques entre en vigueur aujourd’hui pour éviter toute spéculation. Il plafonne le prix des flacons de 50 ml à 2 , ceux de 100 ml à 3 , ceux de 300 ml à 5  et le litre à 15 . De plus, le Gouvernement autorise, à compter du , la préparation par les pharmacies des solutions hydroalcooliques destinées à l'hygiène humaine peuvent être préparées, en cas de rupture de leur approvisionnement[382],[383],[384]. Les gels hydroalcooliques et antibactériens sont durablement en rupture de stock en grandes surfaces, parapharmacies et pharmacies[385]. Toutefois, certaines pharmacies affirment avoir dû annuler des commandes de gels, vendus trop cher par les fournisseurs par rapport aux prix de revente fixés par le décret du gouvernement[385].

Un décret publié le [386] au Journal officiel, réduit de nouveau le prix des gels à 1,76  pour 50 ml, 2,64  pour 100 ml, 4,40  pour 300 ml et 13,19  le litre. Ce décret est applicable jusqu’au .

Les entreprises productrices de gels hydroalcooliques ont dû s’adapter à cette forte demande conjuguée à un prix des produits finis plafonné. Ainsi toutes les entreprises ont dû transformer leur production pour éviter qu’il n’y ait de pénurie. Les producteurs ont pu, pour cela, augmenter les cadences de production ou encore affecter de nouvelles chaînes de production aux gels antibactériens[387],[388]. De plus, ce choc d’offre s’explique aussi par la mise en place d’une « économie de guerre »[389].

Certaines usines se sont reconverties pour pallier le manque, tels que LVMH[390] ou « L’Occitane » à Manosque[391].

Rapatriement de Français

Arrivée de rapatriés à Carry-le-Rouet.

Le , environ 220 Français rapatriés de Chine atterrissent à la base aérienne d'Istres, à bord d'un Airbus A340 de l'escadron de transport 3/60 Esterel stationné à la base aérienne 110 de Creil[392]. Ces personnes sont placées en quarantaine dans un centre de vacances de Carry-le-Rouet[393],[394],[395].

Le , un second rapatriement de ressortissants français atterrit à la base aérienne d'Istres. Ce vol, effectué par un Airbus A380-800 de la compagnie Hi Fly, transporte 65 Français à son bord[396].

Le , un troisième rapatriement de 38 Français est organisé par les autorités britanniques[397].

Le , une trentaine de Français restés à Wuhan sont rapatriés à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle et placés en quarantaine à Branville, dans le Calvados[398],[399].

Le , 120 élèves de l'École de gendarmerie de Tulle (Corrèze) en stage en Espagne, ainsi que leurs 20 accompagnants ont été rapatriés[400]. Ils étaient confinés depuis le à la suite du test positif passé sur deux de leurs collègues espagnols[401].

Le , les quelque 200 soldats français participant à l'opération Chammal visant à lutter contre Daech sont temporairement rapatriées[402],[403]. Ce rapatriement intervient notamment en raison de la pandémie de coronavirus[402],[403]. Antoine Brochon, Julien Dittmar, Alexandre Goodarzy, et l’Irakien Tariq Mattoka, tous employés de l’ONG SOS Chrétiens d’Orient enlevés le 20 janvier à Bagdad en Irak, sont libérés[404],[405] le jour suivant[406].[pertinence contestée]

Conséquences économique et sociales

Inquiétudes

L'inquiétude des Français se traduit par des ruptures de stock ponctuelles dans de nombreuses grandes surfaces alimentaires : les consommateurs achètent des quantités inhabituelles de denrées alimentaires non périssables (pâtes, conserves... etc.), de papier toilette.

Économie

PIB et activité des entreprises

La crise se caractérise à la fois par un choc d'offre massif (baisse de la production, mise à l'arrêt d'usines, réduction de la fourniture de services) et un choc de demande massif (baisse de la demande extérieure : tourisme, luxe... et baisse de la demande domestique dans les services : transports, hôtellerie-restauration, etc.)[407].

Les impacts du confinement affectent le PIB et l’activité économique des entreprises Si de grandes entreprises sont touchées par cette crise, les PME risquent pour certaines de disparaître et des mesures de grande ampleur sont nécessaires pour les protéger[408].

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, annonce une décroissance de 6 % de l'économie française au 1er trimestre 2020, et estime le coût de la crise à 1,5 point de croissance annuelle par quinzaine de confinement[409],[410]. L'économie française perd alors environ un tiers de son activité par rapport à la normale[411]. L'impact sur le PIB annuel est évalué à -8 %[412],[413]. En France, les conséquences économiques de ce confinement se produisent dans de nombreux secteurs, tels que « la fabrication de matériel de transport, le commerce de gros et de détail, le transport aérien, l’hôtellerie, la restauration et les services immobiliers ». L’OCDE souligne que les activités de l’hôtellerie, de la restauration, et du transport aérien sont très impactés, avec une baisse du PIB évalué à -2% . La baisse du PIB des activités « de commerce de détails et de commerce de gros» est, elle, évaluée à -9%[414].

Les baisses de fréquentation entraînées par les mesures de prévention contre le coronavirus et par les craintes de contagion ont poussé les fédérations de commerce[415], l'industrie de l’événementiel[416] et les autocaristes[417] à alerter du risque de faillites et de pertes d'emploi, et à demander le soutien financier de l’État. L’OCDE s’est penchée sur des mesures de soutien aux entreprises, et préconise des recommandations[418]

Marchés financiers

La bourse de Paris commence à chuter, comme les autres bourses occidentales, le 24 février. À fin février, elle est en recul de 11,9 %[419]. La chute se poursuit et le , le CAC 40 connaît la plus forte baisse de son histoire, -12,28 % en une seule séance[420]. Milan, Francfort et Londres connaissent aussi une chute exceptionnelle, jamais vue depuis la fin des années 1980 pour ces deux dernières[420]. L’OCDE souligne les différences entre cette crise financière, provoquée par la pandémie de la Covid-19 avec la crise de 2008. Cette différence éludée, l’étude propose des solutions pour répondre efficacement et rapidement aux marchés financiers actuels[421]

La bourse de Paris touche son point le plus bas le 18 mars, à 3 754 points, contre un plus haut historique à 6 111 le 19 février, soit une chute de 38 % en moins d'un mois.

Le 21 avril 2020, à la clôture de la bourse de New York, le prix du baril de pétrole américain WTI (West Texas Intermediate) a coté à -37,63 $. Du jamais vu. Les acheteurs d'or noir ont payé pour s'en débarrasser. Ceci à cause des capacités de stockage saturées du fait de l'absence de consommation[422].

Mesures de soutien à l'économie

Durant son allocution du , Emmanuel Macron prévoit « un mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel » afin de faire face à la baisse d'activité causée par la pandémie. Les impôts et les cotisations sont également suspendus en mars 2020 pour les entreprises, afin d'éviter des faillites en cascade dans les secteurs les plus affectés. Avec ces mesures, le gouvernement espère éviter la propagation d'une crise économique et financière[423].

La crise de la Covid-19 aura des répercussions sur la vie quotidienne d’un grand nombre de personnes à l’échelle mondiale. Elle pose des défis sans équivalent aux administrations fiscales, qui doivent gérer les nombreux paramètres liés à la continuité des activités essentielles, et, à la sécurité des agents et des usagers pendant la durée de la pandémie. C’est pourquoi, l’OCDE propose un document qui donne un aperçu des mesures de continuité de l'activité, que les administrations fiscales peuvent être amenées à prendre face à la pandémie actuelle[424].

Tandis que le gouvernement français annonce un plan de soutien et une garantie de l’État de trois cents milliards d'euros pour les prêts bancaires des entreprises, le ministre de l'Économie propose aux entreprises de verser une prime de mille euros aux salariés mobilisés malgré la crise afin de pallier le manque d'activité[425]. Dans les grandes enseignes, seules certaines catégories de travailleurs devraient bénéficier de la prime[426].

À ces mesures, constituant un "bouclier de trésorerie" fourni par le Gouvernement et la Banque de France pour protéger les entreprises de la faillite et préserver les emplois, et aider les ménages, s'ajoute la création d'un fonds de solidarité pour les petites entreprises[407]. Protéger les plus vulnérables est un enjeu majeur, et, un grand défi pour les gouvernements. L’OCDE, dans un document, élabore des réponses de politiques fiscales, visant à protéger les plus faibles, face à la crise[427].

La médiation du crédit, qui fait l'objet de demandes environ trente fois plus nombreuses qu'en 2019[428], met en place une procédure accélérée pour aider les entreprises en difficulté dans leurs relations avec les établissements financiers[429].

Un comité de crise réunissant le Ministère de l'Économie et des Finances et la Banque de France est créé pour faire respecter les délais de paiement des entreprises[430].

L'ensemble de ces mesures, auxquelles s'ajoutent celles de l'Eurosystème (fourniture de 3 000 milliards de liquidités aux banques[431] et achats supplémentaires de titres de dette à hauteur de 750 milliards d'euros[432], pour atteindre 1 000 milliards en 2020), ont pour effet de maintenir des taux d'intérêt bas, une inflation basse, d'avoir des liquidités abondantes et de créer un endettement public massif. Nombreuses pistes sont également étudiées par l’OCDE, pour que les pays parviennent à soutenir leurs économies face à la crise. Des préconisations pour la France y sont proposées http://www.oecd.org/coronavirus/fr/

En avril 2020, le déficit effectif de l’ensemble des administrations publiques est estimé à 7,6 % du PIB[433]. La pandémie de COVID-19 pose des défis importants aux bureaux de gestion de la dette publique. Certains de ces défis comprennent une augmentation soudaine et importante des besoins d'emprunt, des conditions de marché volatiles, des risques pour la santé et de la sécurité sur les lieux de travail, ou encore des décalages temporaires des flux de trésorerie budgétaires. Pour aider à la préparation à la gestion de la dette, l’OCDE propose un document qui envisage des mesures appropriées pour préparer et renforcer la capacité des opérations de gestion de la dette[434]

Transports

Condamnation des portes à proximité des postes de conduite : une des mesures prises sur de nombreux réseaux de transport.

Avant le confinement national

Pour ne pas être vecteur du virus de la Covid-19 (le SARS-CoV-2) ou par appréhension de ne plus disposer de moyens de transport pour pouvoir revenir, et sur les conseils sanitaires des autorités, certaines personnes annulent leurs déplacements[réf. nécessaire].

Par ailleurs, la fermeture des établissements scolaires affecte également l'activité des autocaristes[435],[436].

Dans l'aviation, les réservations de vols sont en chute libre et les pertes du secteur seront colossales. Selon l'Association internationale du transport aérien, le secteur pourrait être en perte de 113 milliards de dollars (près de 100 milliards d'euros) si la pandémie n'est pas contenue. Pourtant, en raison de la réglementation européenne (la règle des 80/20), les compagnies aériennes européennes devaient maintenir leurs vols pour conserver leurs créneaux d’atterrissage. Il s'agit de l'article 10 du règlement CEE 95/93 du Conseil du 18 janvier 1993[437] qui oblige les compagnies à utiliser au moins 80 % de leurs créneaux horaires de décollage et d'atterrissage dans les aéroports européens sous peine de les perdre au profit d'un concurrent l'année suivante. C’est la loi du use it or lose it. Pour ne pas prendre ce risque, les compagnies faisaient donc décoller des « avions fantômes » avec très peu de passagers et brûlaient ainsi du kérosène pour rien en gaspillant des milliers de litres de ce carburant. Le 10 mars, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen met fin à cette pratique, annonçant une mesure d'urgence attendue par le secteur aérien : la suspension à titre temporaire de la règle des 80/20. La législation européenne va être adaptée pour permettre aux compagnies aériennes de conserver leurs créneaux horaires même si, en raison du coronavirus, leurs vols sont annulés[438].

Dans le transport ferroviaire, à la fin de la semaine précédant le confinement national entrant en vigueur le 17 mars, la SNCF avait réduit la circulation des trains de 50 %[439].

Pendant le confinement national

Vue de la station de métro Denfert-Rochereau déserte à une heure de pointe habituelle (mardi à 18 h 40) lors du confinement.

Le 17 mars, au premier jour de confinement, la fréquentation de la RATP a baissé de 80 %, la régie ayant anticipé l'absence de voyageurs en ne faisant rouler que 60 % des RER A[440] et 70 % des bus et des métros[439]. À la SNCF, seulement 50 % des trains fonctionnent, dont 35 % à 40 % des TER[439] avant de tomber très rapidement à 7 % du trafic TGV et environ 10 % du trafic TER le week-end du 28 mars. Ce taux de circulation restera globalement le même au niveau national jusqu’au 11 mai. Le 18 mars, le réseau ferré de la RATP a subi une baisse de fréquentation supérieure à 90 %[441].

Le , le secrétaire d'État Jean-Baptiste Djebbari déclare que la SNCF subirait « des pertes considérables » et que cela « oblige » à revoir le calendrier, la priorisation et le phasage des travaux d'infrastructures, excepté ceux liés à la sécurité[442].

Déplacements

Déplacements nationaux

En France afin de limiter la circulation du virus, les déplacements routiers ont été restreints, ce qui a conduit à une baisse des accidents, ainsi que du nombre de blessés et de tués sur les routes françaises[443].

La mortalité routière a baissé de deux tiers chez les usagers vulnérables : piétons, cyclistes et deux-roues motorisés[443], et d’un peu moins de la moitié chez les automobilistes[443]. En métropole, cette baisse est de 75 % pour les accidents, victimes et blessés ; elle est de 55 % en moins pour les tués, sur le mois d'avril 2020 comparé à avril 2019[443]. En outre-mer la baisse est d'environ 68 % pour les quatre catégories confondues[443].

Déplacements internationaux

Blocs de béton installés à la frontière entre Mouscron, Belgique, et Tourcoing, France. Vendredi .
Encombrement de véhicules sur le pont de l'Europe (Strasbourg) au passage de la frontière franco-allemande fermée pour cause de pandémie de Covid-19 en France. Mars 2020.

Avant l'application en France le 17 mars de la fermeture des frontières Schengen[444], plusieurs pays imposent une quarantaine voire ferment leurs frontières aux personnes non résidentes provenant de pays touchés par le coronavirus. Certaines restrictions concernent spécifiquement la France :

  • Le , Israël impose la quarantaine obligatoire aux voyageurs de nationalité israélienne arrivant de France, d'Allemagne, d'Espagne, de Suisse et d'Autriche (l'Italie ayant été mise sur la liste dès fin février) et l'interdiction totale de l'arrivée sur le territoire aux citoyens de ces pays[445].
  • Début mars, un certain nombre de pays imposent une quarantaine obligatoire aux voyageurs venant de France, considérée comme pays à risque (il s'agit surtout de pays africains ou d'Amérique latine au nombre desquels l'Argentine, la Colombie, le Pérou, ainsi que de Taïwan et Hong Kong), ou même une interdiction d'entrée sur le territoire (Arabie saoudite, Salvador, Kazakhstan, Liban, Jordanie). De nombreux autres pays se contentent d'un certificat médical et d'un contrôle sanitaire à l'arrivée avec quarantaine éventuelle ; c'est le cas de la Tchéquie pour les personnes venant de France, ou bien de la Roumanie (qui ne fait pas partie de l'espace Schengen).
  • Le 12 mars à 17 heures, les contrôles aux frontières terrestres sont rétablis entre l'Allemagne et la France du côté allemand avec un contrôle sanitaire systématique des voyageurs[446].
  • Le 13 mars
    • À partir de minuit, l'entrée sur le territoire des États-Unis est interdite pendant un mois à toute personne étrangère ayant été, dans les quatorze jours précédents, présente dans l'espace Schengen, espace dont la France fait partie[447].
    • La Slovaquie ferme ses aéroports internationaux et ses frontières. La Tchéquie interdit au moins pendant un mois l'entrée sur son territoire aux ressortissants de pays à risque, dont la France à partir du 12 mars[448]. Le lendemain, la Tchéquie ferme totalement ses frontières tant aux Tchèques qu'aux étrangers dont les Français[449].
  • Le 14 mars, le Maroc cesse ses liaisons aériennes et maritimes avec la France, l'Espagne et l'Algérie[450].
  • Le 15 mars
  • Le 16 mars, dans le cadre de la « situation extraordinaire », la Suisse décide d'établir dès minuit, des contrôles aux frontières et d'interdire partiellement l'entrée sur le sol suisse. Pour les citoyens français notamment, l'entrée sur le territoire n'est plus possible que pour ceux ayant un permis de séjour, des raisons professionnelles ou des raisons impérieuses[454].
  • Le 17 mars à 12 h, l'espace Schengen et l'Union européenne ferment toutes leurs frontières pendant minimum 30 jours[455].
  • Le 20 mars, le Brésil ferme ses frontières, dont celle avec la Guyane, à l'exception de celle de l'Uruguay[456].

Loisirs

Sports

Le , la Fédération française de football annonce la suspension de l'ensemble des activités et compétitions gérées par la Fédération, ses ligues et ses districts, sur l'ensemble du territoire avec l'interruption de tous les Championnats amateurs féminins et masculins, de toutes les catégories d'âges, les divers tournois et rassemblements, les entraînements et l'activité des écoles de football[457]. Le lendemain, la Ligue de football professionnel suspend à partir de la 29e journée, les matchs de Ligue 1 et Ligue 2[458] et reporte la finale de la Coupe de la Ligue entre le Paris Saint-Germain et l'Olympique lyonnais[459]. Finalement, la LFP décide le 30 avril 2020, l'arrêt définitif des championnats de Ligue 1 et Ligue 2 pour la saison 2019-2020[460].

À partir du , des mesures similaires sont prises par les fédérations françaises d'athlétisme[461], de basket-ball[462], de handball[463], de hockey sur glace[464], de judo[465], de natation[466], de pétanque[467], de rink hockey[468], de rugby[469], de ski[470], de tennis[471], de tennis de table[472], de tir à l'arc[473], de tir sportif[474], de triathlon[475] et de volley[476].

Sont annulés le semi-marathon de Paris, qui devait se dérouler le 1er mars, et le championnat de France de cross-country prévu à Montauban les 6 et [477],[478].

La 119e édition des Internationaux de France de tennis (Roland-Garros), initialement prévue du 24 mai au 7 juin, est décalée du 20 septembre au 4 octobre, annonce le 17 mars la Fédération française de tennis[479].

Les manifestations hippiques, qui se déroulaient en hippodrome clos depuis les mesures de restrictions de regroupement du public, sont annulées à partir du 17 mars[480].

Le 15 avril 2020, Christian Prudhomme annonce que la 107e édition du Tour de France cycliste, initialement prévue du 27 juin au 19 juillet 2020, est décalée du 29 août au 20 septembre 2020[481].

Institutions et manifestations culturelles

Le 14 mars, en raison de la pandémie, de nombreuses institutions annoncent leur fermeture. Il s'agit majoritairement d'institutions parisiennes ou de région parisienne, telles que le Louvre, le centre Georges Pompidou, la tour Eiffel ou le musée d'Orsay[482], le château de Versailles, mais aussi d'institutions de province telles que le Château de Montsoreau - musée d'Art contemporain[483], le CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux[484], le MUCEM à Marseille[485], ou le Théâtre National Populaire de Villeurbanne.

Tous les musées, bibliothèques et institutions culturelles ferment à partir du 16 mars.

Le , la direction du festival de Cannes annonce que la 73e édition est reportée à une date inconnue ; elle aurait dû avoir lieu du au .

Le 14 avril, l'organisation des Francofolies de La Rochelle et celle du Main Square Festival d'Arras, annoncent l'annulation de leurs festivals de musique, reportés à 2021[487].

Selon l’OCDE, Les musées et les organisateurs de manifestations culturelles se préparent à des pertes financières colossales suite à la fermeture des établissements.[488]

Politique

Élections municipales

Dans ses avis du 12 mars[489], du 14 mars[490] et du 16 mars[491], le conseil scientifique Covid-19 s'exprime à trois reprises concernant le maintien des élections municipales françaises de 2020. Celui-ci n'ayant « pas vocation à se substituer aux avis et décisions des institutions publiques compétentes en matière de libertés fondamentales », le comité « n’identifiait pas d’argument scientifique permettant d’associer une annulation du premier tour des élections à la réduction de la progression prévisible de l’épidémie ». Il a pris en compte la réduction du risque infectieux associé à cette annulation d'une part mais aussi « les conséquences sanitaires délétères de possibles débordements, imprévisibles après une annulation impromptue du processus électoral », d'autre part pour préconiser que, si le pouvoir exécutif décidaient de maintenir le premier tour des élections municipales, elles devaient être organisées dans des conditions d’hygiène renforcées. Le même jour, dans son allocution télévisée, Emmanuel Macron annonce le maintien du premier tour[492].

Afin de limiter la propagation du virus lors du premier tour le 15 mars, il est alors recommandé d'amener son stylo noir ou bleu. L'isoloir reste obligatoire, les isoloirs peuvent rester rideau ouvert. Il est recommandé de ne pas toucher le rideau avec les mains[493],[494]. Certains présidents de régions et maires demandent le report des élections afin que tous les citoyens puissent aller voter[495]. Opposé à la tenue du premier tour, le président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris, Rémi Salomon, n’a de cesse d’expliquer aux Français l’importance du confinement et exhorte les citoyens à ne pas aller voter après le discours d’Emmanuel Macron déclarant : « Quelles que soient les mesures gouvernementales, restez chez vous ! »[496].

Le taux d’abstention est de 55,36 %[497]. Selon un sondage, 39 % des abstentionnistes ne souhaitaient pas se rendre dans un bureau de vote à cause du coronavirus[498].

La loi du 23 mars prolonge le mandat en cours des conseillers municipaux. Ceux élus au premier tour le 15 mars prennent leur fonction « aussitôt que la situation sanitaire le permet au regard de l'analyse du comité de scientifiques » selon la loi du 23 mars 2020[499], c’est-à-dire le [500].

Dans les communes où il est nécessaire, le second tour est reporté le [501],[502],[503]. Cette date a été décrétée après l'avis très circonstancié du conseil scientifique[504] et celui des responsables politiques.

Élections consulaires

Le renouvellement général des conseillers des Français de l'étranger et des délégués consulaires, initialement prévu en , est reporté au mois de juin. Les mandats en cours sont prolongés[505].

Opinion publique

Dans une étude Ifop réalisée par internet les 27 et 28 février, 61 % des sondés se disent inquiets face à la pandémie[506].

Selon une enquête de l'institut Elabe parue le 25 mars, les cotes de popularité d'Emmanuel Macron et d'Édouard Philippe progressent, mais 73 % des Français estiment que le gouvernement n'est pas à la hauteur.

Le 25 mars, 56 % des Français interrogés évoquent une mauvaise gestion de la crise de la Covid-19 par le gouvernement[507],[508].

Selon un sondage Ifop-Fiducial réalisé le 26 et , 26 % des personnes questionnées estiment que le gouvernement « a agi rapidement », 34 % qu'il « donne tous les moyens aux infrastructures et professionnels de santé pour lutter contre ce virus » et 72 % qu'il « a caché certaines informations »[509].

Le 29 mars, une mobilisation semble naître sur les réseaux sociaux avec des hashtags comme #OnNoublieraPas. Ces réactions expriment pour le sociologue Pascal Froissart « un mouvement de défiance contre les institutions »[510].

Justice

Le confinement touche la justice. La cour d'appel de Paris tourne à 10 % de son activité, qui est limitée au terrorisme, au crime organisé et aux affaires familiales[511]. Les délais de détention provisoire sont prolongés[512]. Le nombre de personnes détenues dans les prisons a baissé de 6 266 entre le et le , grâce à des libérations de détenus en fin de peine[513],[514]. Au 8 avril, près de 8 000 détenus ont été libérés en un mois. Beaucoup moins de personnes entrent en détention : de l’ordre de 60 à 70 par jour contre 250 à 300 précédemment[515].

Média

La pandémie de coronavirus entraîne une médiatisation d'une ampleur rarement constatée en France qui est proche de la saturation[516],[517].

Le groupe audiovisuel Mediawan lance le 6 avril, une nouvelle chaîne éphémère « #ALaMaison » qui propose durant le confinement, des programmes éducatifs et familiaux et contribue au soutien des soignants[518]. Elle est diffusée par quatre principaux fournisseurs d’accès, ainsi que par Canal+, Fransat et MolotovTV.

En matière de radio, on assiste aux adaptations suivantes :

Activité physique et personnes âgées

En cette période particulière, l'une des raisons de sortir est l'activité physique. Cette question est importante, car l'impact d'un mode de vie sédentaire peut être moindre pour les enfants et les jeunes adultes, mais il est beaucoup plus grave pour les personnes âgées. Bien que les personnes âgées doivent rester à la maison parce qu'elles présentent un risque plus élevé de maladie à coronavirus (COVID-19), elles doivent éviter un mode de vie sédentaire. L'activité physique est importante pour les personnes âgées, en particulier pour maintenir leur niveau d'indépendance, de santé mentale et de bien-être[528],[529],[530],[531].

Une étude française [532] suggère que l'épidémie de COVID-19 a affecté, avant les mesures de quarantaine, le nombre de personnes âgées participant à des programmes d'activité physique de groupe dans les deux territoires étudiés. En outre, malgré la baisse de leur participation à des activités physiques de groupe avant la quarantaine, les personnes âgées ont exprimé le besoin de pratiquer une activité physique à domicile. Il est nécessaire d'aider les personnes âgées à intégrer des moyens simples et sûrs de rester actives physiquement dans un espace limité. Une politique nationale visant à soutenir les personnes âgées dans la pratique d'une activité physique à domicile apparaît essentielle dans ce contexte [532].

La France et le monde

D'après l'OMS, l'Europe est le principal foyer de la pandémie de Covid-19 depuis le .

Le lundi 2 mars 2020, l'Union européenne (UE) a quitté le niveau d'alerte « modéré » pour entrer dans le niveau « élevé »[533].

Au , tous les pays membres de l'UE et de l'Espace économique européen (EEE) et le Royaume-Uni sont touchés par la pandémie, avec plus de 17 413 individus porteurs du virus et plus de sept cent onze personnes tuées par ce même virus. Les croissances de cas dans l'UE, l'EEE et le Royaume-Uni en mars suivent les tendances de la Chine en janvier-février et les tendances italiennes de février-mars selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC)[534].

Au , 1 191 morts ont été comptés dans les pays membres de l'UE et de l'EEE et le Royaume-Uni.

En , l'ECDC a estimé que le risque que les systèmes de santé des pays membres de l'UE, de l'EEE ou du Royaume-Uni soient dépassés en quelques semaines est élevé[535].

Une vingtaine de députés français de tout bord réclament au premier ministre Édouard Philippe « l'aide médicale » cubaine pour faire face à la crise du coronavirus en France. « Effectivement, Cuba a développé une expertise rare dans la gestion des crises d’épidémies sanitaires sur tous les continents. Cuba dispose de moyens humains experts prêts à partir », souligne François-Michel Lambert, député ex-LREM. Le gouvernement cubain se déclare prêt à envoyer une brigade médicale[536].

Des missions médicales cubaines sont déployées dans plusieurs départements d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon) considérés comme des déserts médicaux à partir du 31 mars[537].

Interaction avec l'Union européenne

Recommandations de l'ECDC

À des fins préventives, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a recommandé [Quand ?] à l'Union européenne, aux États et aux organisations, de promouvoir la distanciation sociale, en évitant les poignées de mains et les baisers, en évitant les transports bondés, ainsi que les réunions et rassemblements non nécessaires.

D'autres mesures envisageables sont les fermetures d'école, les journées de congés maladie, ou les fermetures des lieux de travail. Des pays comme la Chine ou l'Italie ont également développé des restrictions de voyages également connues sous la dénomination de cordon sanitaire à de vastes bassins de populations. La Chine estime que ce genre de mesure pourrait réduire la mortalité de 66 % à 95 %[534].

La France a décidé de suivre certaines de ces mesures préconisées par l'ECDC (et l'OMS) à partir du mois de mars.

Réactions de la Commission européenne

Face aux enjeux sanitaires et économiques sans précédent, la Commission européenne, représentée par Ursula von der Leyen, a proposé et exprimé sa volonté dans différents domaines :

  • donner aux États des marges de manœuvre dans le domaine budgétaire et des aides d’État y compris en utilisant l'article 107[538] du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
  • le redéploiement d'un milliard d'euros qui permettra d'aider 100 000 PME européennes avec huit milliards d'euros de financement[539] ;
  • l'utilisation d'un budget de 179 millions d'euros en 2020 pour les personnes qui devraient perdre leur emploi ;
  • une politique de cohésion de 37 milliards d'euros[539].

La Commission européenne espère pouvoir protéger les transports de biens essentiels à travers les frontières internes de l'UE[539].

Reste du monde

Avec cette pandémie, les États-Unis ont interdit pour une période de trente jours l'entrée des étrangers ayant séjourné dans l'un des vingt-six pays de l'Espace Schengen y ajoutant le Royaume-Uni et la République d'Irlande[540].

Comparaison des tests avec l'OCDE

Au 28 avril 2020, avec 9,1 tests pour mille habitants, la France se classe en 30e position parmi les 35 pays de l'OCDE analysés. La moyenne s’élève à 23,1 tests pour mille habitants pour l'OCDE[541].

Polémiques

Controverse autour des masques sanitaires

Fabrication de masques en feuilles de stérilisation, validée au laboratoire.

En 2009, l'État détenait 723 millions de masques de protection FFP2 et 1 milliard de masques chirurgicaux[349],[542],[543], puis, à partir de 2011, la décision a été prise et mise en œuvre par le ministre chargé de la santé, sur le fondement de la doctrine développée par le SGDSN et les avis du HCSP[350],[373]de ne pas renouveler certains stocks arrivant à péremption[542],[544],[545] car il était supposé qu'en cas de besoin soudain les usines de production auraient été capables d'être réactives très rapidement, notamment en Chine[542]. Pour le ministre de la Santé, Olivier Véran, l’État dispose en 2020 d'un stock de 150 millions de masques chirurgicaux et d'aucun stock de masques de protection FFP2[543].

Début , des professionnels de la santé pointent l'absence de réserves et le manque de prévision de l'exécutif, alors que les autorités politiques et sanitaires avaient déclaré que les masques n'étaient d'aucune utilité pour une grande partie de la population[542]. Dix millions de masques sont déstockés, mais il ne s'agit pas des masques dont ont besoin du personnel de santé, qui sont des masques FFP2. Selon Nicolas Brillat, directeur de l'exploitation de l'un des principaux fabricants du secteur, les autorités avaient été alertées depuis six semaines[546].

Le , les masques sont réquisitionnés pour les hôpitaux et les soignants[547].

Sur la question des masques, l'Italie a demandé une aide. La Commission européenne laisse entendre que la position des gouvernements français et allemand ne serait pas complètement compatible avec la logique du marché commun : la France souhaite lutter contre la spéculation et garder les masques pour son personnel médical, les chercheurs en laboratoire et les malades, tandis que l'Allemagne, en interdisant leur exportation, qu'ils soient disponibles sur place afin que quiconque le souhaitait [puisse] s’approvisionner pour constituer des stocks[548].

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian annonce le que la Chine va livrer deux millions de « masques chirurgicaux » et 200 000 masques de type N95 à l'Union européenne[549]. En France, les besoins hebdomadaires en masques pour le personnel soignant sont estimés à 40 millions d'unités[550],[551].

Dans une tribune du dans Libération, Serge Galam, physicien, chercheur émérite au CNRS et au CEVIPOF, dénonce les errements du discours officiel justifiant l'inutilité du port du masque pour la population[552].

Le , le site Reflets.info dénonce le discours mensonger du gouvernement sur l’interdiction de vente de masques, ayant servi à masquer son incapacité à s'en fournir suffisamment, alors que des filières existaient[553]. Cela a également favorisé la grande distribution au détriment des pharmacies[553].

Sur le plan scientifique seuls les masques FFP2 et FFP3 ont fait la preuve de leur efficacité dans la protection des porteurs, les masques chirurgicaux ne faisant que protéger l'entourage des gouttelettes émises[554],[555],[556]. L'OMS déconseille l'usage de masques dans l'espace public craignant les effets pervers de leur mésusage selon les contextes nationaux et sociaux[557],[558]. Dans cette logique, le Danemark qui a mis en place très tôt des mesures de dépistage et qui préconise le respect des mesures barrière, continue à déconseiller le port du masque dans l'espace public[559],[560].

L'insuffisance des capacités de test et proposition d'utiliser les laboratoires d'analyse vétérinaire. D'après le journal Le Point du 3 avril, les Agences régionales de santé (ARS) auraient refusé d'utiliser les capacités techniques des laboratoires départementaux d'analyse pour « des motifs flous »[561]. Pourtant l'Organisation mondiale de la santé préconise le test systématique des cas suspects[236] et les gouvernements allemands, belges et espagnols mobilisent toutes les ressources disponibles pour les réaliser, y compris les laboratoires vétérinaires . Alors que l'Allemagne peut effectuer 500 000 tests par semaine au 26 mars 2020[208] (pour une capacité en France de 28 000 tests par semaine au 22 mars) et que les laboratoires départementaux auraient la capacité de réaliser, sous un délai de 15 jours, entre 150 000 et 300 000 tests PCR par semaine, le journal Le Point affirme que le gouvernement n'aurait pas répondu depuis mi-mars[561]. Ces laboratoires départementaux ne connaîtraient pas la pénurie de réactifs à laquelle sont confrontés les laboratoires de santé humaine. « Faute de consigne claire du gouvernement » d'après un dirigeant d'une entreprise qui fabrique des réactifs de diagnostics pour la détection de maladies infectieuses, ces stocks sont vendus à ceux qui en font la demande, en Allemagne notamment[561].

Controverses sur l'hydroxychloroquine

À la suite d'études observationnelles pourtant contradictoires[562] et controversées[563] sur les effets de l'hydroxychloroquine menées en Chine puis à l'IHU de Marseille et médiatisées par Didier Raoult, plusieurs médecins dont Phlippe Douste-Blazy demandent l'assouplissement des possibilités de prescription en milieu hospitalier[564],[565]. L'essai clinique Discovery, lancé par l'Inserm, est critiqué notamment par Christian Perronne[566], qui lui reproche de ne pas tester le protocole exact proposé par Didier Raoult[567].

Les auteurs d'une étude de l'hôpital de Garches tendant à prouver l'intérêt du protocole de Marseille, ont retiré leur pré-print et souhaitent corriger leur manuscrit après revue par les pairs[568]. Le un essai randomisé en double aveugle est lancée par l'université d'Oxford et la fondation Wellcome sur 10 000 personnels de santé pour s'intéresser à l'effet préventif de l'hydroxychloroquine[568].

Entre le 26 mars et le 26 mai, par dérogation, l'hydroxychloroquine et l'association lopinavir/ritonavir peuvent être prescrits, dispensés et administrés sous la responsabilité d'un médecin aux patients atteints par la Covid-19, dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que, pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile[294],[569].

Le , le Lancet publie une étude internationale dirigée par Mandeep R. Mehra , rétrospective sur 96 000 dossiers de patients hospitalisés, non randomisée, tendant à mettre en évidence les risques cardiaques de l'hydroxychloroquine[568]. Le groupe sous hydroxychloroquine, le groupe sous hydroxychloroquine avec un macrolide, le groupe sous chloroquine et le groupe sous chloroquine avec un macrolide étaient chacune indépendamment associées à un risque accru de mortalité à l'hôpital par rapport au groupe témoin n'ayant pas reçu ces molécules. De plus, ces groupes étaient indépendamment associés à un risque accru d'arythmie ventriculaire de novo pendant l'hospitalisation[570],[571]. Dans la foulée de cet article, l’OMS et le Haut Conseil de la santé publique ont pris position contre l’utilisation de la molécule[572].

Les polémiques se poursuivent tant à propos des conflits d'intérêt des principaux auteurs de l'étude du Lancet avec l'industrie pharmaceutique[573] que du fait des biais présentés par cette étude[574],[575],[576],[577]. Pendant ce temps, l'IHU Méditérannée publie le 27 mai un abstract sur une cohorte suivie à Marseille de plus de 3500 patients[578],[579]

Plaintes

La manière dont le gouvernement français gère la crise du coronavirus suscite des critiques. Parmi les principaux points dénoncés se trouvent le maintien des élections municipales[580], « considéré par de nombreux médecins comme une erreur du gouvernement dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19 »[581], la pénurie de masques, l'impréparation et la gestion gouvernementale de la pandémie. Au 12 mai 2020, 63 plaintes ont été déposées par des particuliers et des associations médicales devant la Cour de justice de la République contre le Premier ministre Édouard Philippe, Christophe Castaner, l’ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et Olivier Véran, l'actuel ministre de la Santé[582],[583],[584].

Le président de la République a qualifié d'irresponsables ceux qui « cherchent déjà à faire des procès, alors que nous n'avons pas encore gagné la guerre »[585].

Covid-19 et littérature

L'épidémie et sa gestion sont narrées, analysées par divers auteurs[586],[587].

  • Contagions [« Nel contagio »] de Paolo Giordano, Paris, Seuil, 2020, (Einaudi, 2020) (ISBN 978-2021465761) lire en ligne
  • Wuhan, ville close de Fang Fang, Paris, Stock, 2020
  • Y a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise ? de Christian Perronne, Paris, Albin Michel, 2020
  • Épidémies : vrais dangers et fausses alertes de Didier Raoult, Paris, Michel Lafon, mars 2020
  • Faire face aux virus : coronavirus, grippe, ebola, H1N1, SRAS de Jean-Pierre Willem, Dauphin, août 2020
  • Sept leçons à tirer de la crise du coronavirus de Ivan Krastev, Premier Parallèle, Paris
  • Nous n’étions pas prêts de Gilles Pialoux, JC Lattes[588].

Personnalités françaises mortes de la Covid-19

Dans la culture

Actions artistiques

Implication de célébrités et personnalités publiques

  • Le , Léna Situations, une YouTubeuse française, et Élise Goldfarb lancent un appel aux influenceurs et aux marques de cosmétiques sur les réseaux sociaux de leur transmettre des crèmes pour les mains afin de venir en aide au personnel soignant dont les mains sont abîmées en raison du gel hydroalcoolique et des nombreux lavages[646]. Le lendemain, elles réussissent à récolter plus de 80 000 crèmes[647] et les font parvenir dans différents hôpitaux.
  • Le , pendant la période de confinement en raison de la pandémie de Covid-19, les vidéastes français Mcfly et Carlito organisent un Maradon[648], un live d'une journée caritative sur YouTube accompagnés de nombreuses personnalités[649]. Le but de cette action est de récolter des dons pour le corps médical (établissements, personnels hospitaliers et Ehpad) pendant la crise de la Covid-19. En 11 heures et 18 minutes de live, ils ont réussi à récolter plus de 400 000 [650].
  • Fin , le collectif #ProtegeTonSoignant[660], lancé en mars, a mis en place, jusqu'au 8 mai 2020[661], l'opération Stars solidaires[662], une tombola solidaire avec une centaine de célébrités[663] qui proposent un lot (objets ou rencontres) en échange d'un ticket au prix de 10  afin de participer au tirage au sort de chaque lot[664]. Tous les bénéfices sont entièrement reversés au collectif en faveur du personnel soignant[665] et de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France dans la lutte contre la Covid-19. Ils récoltent plus d'1,5 million d'euros[666].

Notes et références

Notes

  1. Les cas confirmés sont les individus présentant des symptômes compatibles avec la Covid-19 et testés positifs pour le portage du SARS-CoV-2.
  2. Cette pandémie de Covid-19 affecte tous les continents, hormis l'Antarctique.
  3. Le bilan d’une pandémie ne se mesure pas en temps réel. Ces statistiques données chaque jour par les autorités sont imparfaites et incomplètes, notamment parce qu’elles ne prennent pas en compte les décès à domicile, mais aussi parce que la vague épidémique n’est pas terminée[2].

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