Pandémie de Covid-19 en Europe

Pandémie de Covid-19 en Europe
Persons died due to coronavirus COVID-19 per capita in Europe.svg
    Nombre cumulé de décès par cent mille habitants dus à la Covid-19 en Europe[1].
Red COVID-19 Outbreak Cases per capita in Europe.svg
    Cas confirmés de personnes infectées par le SARS-CoV-2 par rapport à la population du pays (cas par million d'habitants)[1].
COVID-19 death per infected in Europe.svg
    Nombre de décès confirmés pour 100 habitants infectés par la Covid-19 en Europe. Les chiffres ne sont pas comparables, car la stratégie de dépistage et le signalement des décès diffèrent selon les pays[1].
Maladie
Agent infectieux
Origine
Localisation
Tous les pays d'Europe
Principaux foyers européens (au moins 400 000 cas) :
Drapeau de la Russie Russie (article)
Drapeau de la France France (article)
Drapeau de l'Espagne Espagne (article)
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (article)
Drapeau de l'Italie Italie (article)
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (article)
Premier cas
Date d'arrivée

(9 mois et 3 jours)
Bilan
Cas confirmés
8 694 022 ()[S 1],[S 2],[a]
Cas soignés
3 234 625 ()[S 1],[a]
Morts
260 552 ()[S 1],[a]

La Pandémie de Covid-19 de 2019-2020, due au coronavirus SARS-CoV-2, frappe tous les continents dont l’Europe[a]. Selon l'OMS[b], après que l'Asie a été le centre de cette épidémie, l'Europe devient à la mi-mars le nouveau foyer central de l'épidémie devenue pandémie. Celle-ci ralentit ensuite sur le continent à partir de la mi-avril et l'Amérique devient son foyer principal en . Au , la pandémie a été la cause de plus d'un million de décès dans le monde, dont au moins 230 000 décès confirmés en Europe, soit 23 % du total mondial.

En Europe, tous les pays sont touchés, toutefois avec d'importantes disparités entre les pays mais aussi au niveau régional. À fin septembre, le Royaume-Uni a enregistré plus de 42 000 décès confirmés, l'Italie près de 36 000, la France et l'Espagne plus de 31 000, la Russie plus de 20 000, la Belgique environ 10 000 et l'Allemagne près de 9 500. En ce qui concerne le nombre de décès confirmés en proportion de la population, la Belgique est avec 88 décès pour 100 000 habitants le pays le plus durement touché, devant l'Espagne (68), le Royaume-Uni (64), l'Italie (59), la Suède (58) et la France (48). D'autres pays, comme l'Allemagne, la Bulgarie ou le Danemark comptent autour de dix décès pour 100 000 habitants. Chypre, la Grèce, la Lituanie ou la Slovaquie en comptent moins de quatre.

Les premiers cas européens sont détectés en France le , puis en Allemagne le et en Italie le . Au , tous les pays européens ont déclaré au moins un cas confirmé. Partout en Europe, des mesures de confinement sont prises à partir de la fin . Premier pays où l'épidémie prend d'inquiétantes proportions, l'Italie place en quarantaine onze villages du Nord le 24 février, tandis que se multiplient en Europe les annonces d'annulation de grands évènements sportifs et culturels. Le 8 mars, 17 millions d'Italiens sont placés en confinement strict, décision étendue le 10 mars à toute l'Italie qui devient ainsi le premier pays de la planète à généraliser sur l’ensemble de son territoire des mesures aussi draconiennes pour tenter d’enrayer la progression de la Covid-19. L'Espagne prend des mesures similaires à compter du , la France en fait autant le , suivie de l'Allemagne le . Le Royaume-Uni est le dernier des cinq grands pays d'Europe de l'Ouest à adopter le des mesures de confinement. Tous les pays d'Europe mettent en place un confinement strict ou partiel dans le courant du mois de mars.

La pandémie met à l'arrêt l'économie, obligeant les gouvernements à emprunter massivement pour éviter les faillites en chaîne des entreprises et limiter les conséquences sociales. Les bourses en Europe touchent le fond le avec une baisse de plus de 35 % par rapport à leur niveau haut de . La crise met à rude épreuve la solidarité des membres de l'Union européenne, chaque État réagissant initialement de son côté et gardant pour soi les ressources médicales dont il dispose pour faire face au coronavirus. À partir de la mi-mars toutefois, l'UE s'organise et prend des mesures sanitaires mais surtout économiques et sociales de grande ampleur. Des malades sont transportés de France et d'Italie vers des pays dont les hôpitaux ne sont pas saturés.

Les pays les moins touchés par la pandémie entament le processus de déconfinement dès le mois d'avril. Ainsi, au Danemark, les écoles sont rouvertes le 15 avril. Les Suisses commencent leur déconfinement avec la réouverture le de nombreux commerces, les écoles ne devant rouvrir leurs portes que le . En Allemagne, État fédéral où les mesures sont pour la plupart décidées au niveau des Länder, les commerces rouvrent depuis le 20 avril et les établissements d'enseignement progressivement à partir du 4 mai. En Autriche, en Belgique ou encore au Portugal, le déconfinement est entamé le 4 mai. En Espagne comme en France, l'essentiel des mesures de déconfinement sont mises en place par étape à partir du 11 mai.

En l'absence de rebond de l'épidémie, la levée des mesures de confinement s'accélère durant la seconde quinzaine de et la première de . La majorité des États membres de l'UE rouvrent le leurs frontières intérieures, sans ou avec certaines restrictions, et le leurs frontières extérieures avec une quinzaine d'États.

En septembre, dans l'UE, l'EEE et au Royaume-Uni, le nombre de cas confirmés qui est en augmentation depuis près de deux mois, atteint en moyenne 66 cas pour 100 000 habitants, soit un niveau trois fois supérieur à celui mesuré fin juillet. Corrélativement, le nombre d'admissions à l'hôpital ou en soins intensifs augmente en Bulgarie, Croatie, Tchéquie, France, Grèce, Hongrie, Slovaquie et Slovénie selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Toutefois, le nombre de décès demeure globalement stable depuis plus de deux mois.

Les prévisions publiées début par l'OCDE confirment que l'Europe devrait connaître en une récession sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Historique

Le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 à l'origine de la pandémie de Covid-19 est signalé pour la première fois en décembre 2019 dans la ville de Wuhan, en Chine. Les premiers cas sont signalés en Europe à la fin du mois de janvier 2020[3]. Il est toutefois très probable que des personnes aient été infectées plus tôt mais n'aient pas été diagnostiquées porteuses de ce nouveau virus[c],[4].

Première vague

Janvier-février : l'épidémie se déclare en Europe

Dès le 28 janvier, la présidence croate de l'Union européenne active le mécanisme de réaction de l'UE en cas de crise (mécanisme IPCR)[d] en mode « partage de l'information », correspondant à un niveau d'alerte « modéré »[5],[6].

Premier pays où l'épidémie prend d'inquiétantes proportions, l'Italie place en quarantaine onze villages du Nord le 24 février, tandis que se multiplient en Europe les annonces d'annulation de grands évènements sportifs et culturels[7].

Mars : l'Europe devient le principal foyer de la pandémie de Covid-19

Dans un deuxième temps, le 2 mars 2020, la présidence croate du Conseil de l'Union européenne fait passer le dispositif IPCR[d] en mode « activation totale » correspondant à un niveau d'alerte « élevé ». L'évolution de la pandémie fait l'objet d'un suivi quotidien par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC)[e],[8],[9].

Durant le mois de mars des mesures strictes de confinement sont prises par la plupart des gouvernements centraux ou régionaux en Europe[S 3]. Dès le 8 mars, 17 millions d'Italiens sont placés en confinement strict, décision étendue le 10 mars à toute l'Italie qui devient ainsi le premier pays de la planète à généraliser sur l’ensemble de son territoire des mesures aussi draconiennes pour tenter d’enrayer la progression de la Covid-19[10],[11].

Le , les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne tiennent un Conseil européen extraordinaire par visioconférence. Ils annoncent plusieurs mesures destinées à soutenir l'économie et à endiguer l’épidémie, dont la création d'un fonds de 25 milliards d'euros destiné à permettre aux États-membres de « soutenir, notamment, leur système de santé, les PME en difficulté ou les travailleurs que l’épidémie a provisoirement mis au chômage »[12].

Nombre quotidien de décès en Europe[13] et dans l'Union européenne dus à la maladie à coronavirus 2019 depuis début mars jusqu'au 30 juin 2020,
et pourcentage cumulé des décès en Europe par rapport au total mondial[14].

Au , tous les pays membres de l'UE et de l'Espace économique européen (EEE) ainsi que le Royaume-Uni sont touchés par la pandémie, avec plus de 17 413 individus porteurs du virus et 711 personnes décédées. La croissance du nombre de cas dans l'UE, l'EEE et le Royaume-Uni suit les tendances observées en Chine en janvier-février et en Italie en février-mars, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC)[15].

Le 11 mars dans la soirée, Donald Trump annonce que les voyageurs étrangers en provenance des pays de l'Espace Schengen, du Royaume-Uni et de la République d'Irlande ne pourront entrer sur le territoire des États-Unis, mesure applicable à compter du 13 mars pour une période de 30 jours[16].

Ce même jour, Bernard Kouchner, cofondateur et ancien président de Médecins sans frontières, ancien ministre français de la santé, et ex-député européen, appelle à « tirer les leçons des manques criants » de l'Europe[f] face à la propagation du coronavirus. Selon lui, il y a « une nécessité » de mettre en place une « Europe de la santé » pour le futur[17].

Le , l’OMS déclare que la flambée de COVID-19 constitue une pandémie dont l'Europe[b] devient le centre[18]. À cette date, 20 000 cas ont déjà été confirmés et près de 1 000 décès enregistrés dans la « Région européenne de l'OMS » qui regroupe tous les pays d'Europe et des pays d'Asie centrale[19]. L'ECDC estime élevé le risque d'un dépassement en quelques semaines des systèmes de santé de son périmètre — pays membres de l'UE ou de l'EEE et Royaume-Uni . Il recommande la mise en œuvre immédiate d'actions de prévention, de contrôle et d'augmentation des capacités hospitalières[20].

Le , la Commission européenne prend les premières mesures fortes pour aider les États à faire face à la crise sur le plan économique[21]. Thierry Breton, le Commissaire européen au Marché intérieur, est chargé de faire un état des lieux des besoins en équipements sanitaires et de réfléchir à une distribution intelligente en fonction des besoins, pays par pays[22]. Le , il annonce que l'Union européenne prévoit une récession pour 2020, estimant que les pays européens pourraient s'affranchir momentanément des règles du pacte de stabilité et de croissance pour faire face à la crise, comme le prévoient les textes européens[23].

Le , l'Espagne prend des mesures de confinement similaires à celles mises en place par l'Italie, la France en fait autant le , suivie de l'Allemagne le . Le Royaume-Uni est le dernier des cinq grands pays d'Europe de l'Ouest à adopter le des mesures de confinement[24].

En mars ou début avril, la plupart des États européens déclarent l'état d'urgence ou font voter par leur Parlement respectif une loi d'état d'urgence sanitaire autorisant leur gouvernement à prendre des mesures de restriction des libertés et d'urgence sanitaire, économique ou sociale. Les textes votés prévoient une durée d'application limitée, de l'ordre de huit semaines. La Hongrie fait exception en ce que l'état d'urgence voté ne comporte pas de date de fin et autorise le gouvernement à légiférer par décret. Une majorité de députés européens considère que ces dispositions hongroises sont incompatibles avec les valeurs de l'UE et demande à la Commission d'ouvrir une procédure à l'encontre de la Hongrie en application de l'article 7 du Traité de l'Union européenne[25],[26].

Le Conseil européen se réunit le 26 mars en visioconférence pour la troisième fois[27]. Pour sa session plénière extraordinaire du 26 mars, le Parlement européen a, pour la première fois, mis en place une procédure de vote à distance. Jusqu’alors, la présence du député dans l’hémicycle était obligatoire pour prendre part au vote[28].

Le , l'Italie est le premier pays européen à dépasser le seuil des 10 000 décès[29], puis à franchir le la barre des 100 000 cas[30].

Fin mars, l'Europe[g] comptabilise 418 000 cas de Covid-19 et déplore 27 309 décès selon les données publiées par l'ECDC[e]. Pour les 27 États de l'Union européenne, le bilan est de 359 000 cas et de 24 675 décès[S 2].

Avril : les mesures de confinement limitent la propagation de la pandémie

La situation en Europe au 30 avril 2020
  • 1 à 99 cas confirmés
  • 100 à 999 cas confirmés
  • 1 000 à 9 999 cas confirmés
  • 10 000 à 99 999 cas confirmés
  • 100 000 à 999 999 cas confirmés

Durant les trois premières semaines d'avril, le nombre de cas et de décès augmente rapidement et les bilans quotidiens les plus élevés depuis le début de l'épidémie sont enregistrés. L'effet positif des mesures de confinement prises pour limiter la propagation de l'épidémie se fait sentir dans les dix derniers jours du mois.

Le , l'Espagne franchit la barre des 100 000 cas[31], également dépassée par l' Allemagne le [32], la France le [33], le Royaume-Uni le [34] et la Turquie le [35].

Le , l'Espagne franchit le seuil des 10 000 décès[36], également dépassé par la France le [37], puis par le Royaume-Uni le [38].

Si la Russie a pris rapidement des mesures de fermeture de ses frontières, elle ne met en place des mesures générales de confinement que fin mars pour la région de Moscou et début avril pour les autres régions. Les informations publiées par la Russie font apparaître un nombre élevé de cas de contamination, 100 000 fin avril, mais en proportion un nombre relativement faible de décès, 1 073 officiellement recensés fin avril, ce que les autorités expliquent par une politique de multiplication des tests[39],[40].

Le , l'Italie est le premier pays Européen à dépasser le seuil des 20 000 décès[41], seuil qui est franchi par l'Espagne le [42], puis par la France le [43] et par le Royaume-Uni le [44].

Le , l'Espagne est le premier pays Européen à franchir la barre des 200 000 cas[45], que l'Italie dépasse le [46].

Le confinement aggrave la précarité des personnes les plus fragiles. La manifestation la plus visible en est l'insécurité alimentaire qui oblige de nombreuses personnes à recourir aux banques alimentaires et aux associations de solidarité locale pour se nourrir. Une enquête réalisée au Royaume-Uni montre que 8 millions de personnes ont souffert d'insécurité alimentaire pendant les trois premières semaines de confinement. La fermeture des cantines scolaires prive beaucoup d'enfants de leur seul repas complet de la journée[47].

La Suède est un des rares pays européens à ne pas mettre en place de confinement. Si les lycées et universités sont fermés, les crèches, les écoles primaires et les collèges sont ouverts. Contrairement à la quasi-totalité des pays européens, les cafés et les restaurants continuent leur activité. Le gouvernement suédois a seulement interdit les rassemblements de plus de 50 personnes et les visites en maison de retraite[48].

Les pays les moins touchés par la pandémie entament le processus de déconfinement dès le mois d'avril. Ainsi, au Danemark les crèches et les écoles primaires sont rouvertes le 15 avril[49]. Les Suisses commencent leur déconfinement avec la réouverture le de nombreux commerces, les écoles ne devant rouvrir leurs portes que le . En Allemagne, État fédéral où les mesures sont pour la plupart décidées au niveau des Länder, les commerces rouvrent depuis le 20 avril et les établissements d'enseignement progressivement à partir du 4 mai[50],[51].

Fin , l'Europe[13] comptabilise plus de 1,4 millions de cas de Covid-19 et déplore 135 833 décès selon les données publiées par l'ECDC[e]. Pour les 27 États de l'Union européenne, le bilan est de 938 000 cas et de 103 108 décès[S 2],[9]. En proportion de la population, la Belgique est avec 67 décès pour 100 000 habitants le pays le plus durement touché, avant l'Espagne (53), l'Italie (47), le Royaume-Uni (42) et la France (36)[52],[9].

Mai : déconfinement prudent dans la crainte d'une seconde vague d'épidémie

Gestion du confinement par pays [53]
Pays Confinement
Début Fin Durée
Drapeau : Allemagne Allemagne 17 mars 20 avril 34 jours
Drapeau : Autriche Autriche 16 mars 14 avril 29 jours
Drapeau : Belgique Belgique 18 mars 04 mai 47 jours
Drapeau : Danemark Danemark 13 mars 10 mai 58 jours
Drapeau : Espagne Espagne 17 mars 04 mai 48 jours
Drapeau : France France 17 mars 11 mai 55 jours
Drapeau : Italie Italie 09 mars 04 mai 56 jours
Drapeau : Norvège Norvège 19 mars 04 mai 46 jours
Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas 16 mars 19 mai 64 jours
Drapeau : Portugal Portugal 19 mars 04 mai 46 jours
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 24 mars 01 juin 69 jours
Drapeau : Suède Suède - - -
Drapeau : Suisse Suisse 17 mars 27 avril 41 jours

Dans les premiers jours de mai, une quinzaine d’États entreprennent avec prudence d’alléger les mesures de confinement. En Autriche, en Belgique ou encore au Portugal, le déconfinement est entamé le 4 mai. En Espagne comme en France, l'essentiel des mesures de déconfinement sont mises en place par étape à partir du 11 mai[50],[51]. La réouverture des établissements scolaires fait partout débat. Les pays du nord de l'Europe rouvrent en règle générale plus tôt que ceux du sud davantage touchés par la pandémie. Si la plupart des pays ont décidé une réouverture dans le courant du mois de mai, l'Italie et l'Espagne reportent la rentrée à septembre[49],[54],[55].

De nombreux pays, qu'ils soient fortement décentralisés ou non sur le plan politique, adoptent une stratégie peu ou prou régionalisée. Par exemple, en Espagne, la moitié de la population seulement est concernée lundi 11 mai par la première des trois phases d'un déconfinement qui doit s'étaler jusque fin juin. Ni Madrid, ni Barcelone, les deux villes les plus touchées par la pandémie, ne sont concernées, pas plus que Grenade et Malaga dans le sud ou Valence sur la côte est[56].

Les États sont face à la problématique de faire repartir l'économie tout en évitant un rebond de l'épidémie. Les premières données macro-économiques publiées début mai montrent à quel point la récession sera forte partout dans l'Union européenne : au cours du premier trimestre 2020, le PIB corrigé des variations saisonnières a diminué de 3,5% dans l’UE par rapport au trimestre précédent[57] et les prévisions publiées le 6 mai par la Commission font état d'une chute de 7,4 % du PIB dans l'UE en 2020[58].

Les stratégies de sortie de crise sont décidées indépendamment par chaque État, mais elles s’articulent toutes autour de quatre axes principaux : relâchement progressif et réversible des mesures de distanciation physique, intensification des efforts de dépistage et de « traçage de contacts », adoption de mesures sociales en soutien aux populations affectées par le virus et augmentation des capacités d’accueil des hôpitaux en cas de nouvelle vague épidémique[59].

Le , la Commission européenne organise, avec le soutien direct d'Emmanuel Macron et d'Angela Merkel, une conférence des donateurs au cours de laquelle plus de 7 milliards d'euros sont levés pour financer la recherche d'un vaccin contre le coronavirus. Une quarantaine de pays et une vingtaine d'organisations ont répondu à l'appel et ont annoncé leurs engagements au cours d'un « téléthon en ligne », sans la participation des États-Unis et de la Chine[60].

Nombre de décès pour 100 000 habitants

Données au 25 mai 2020
Source : Johns Hopkins University
29 juin 2020, ECDC[S 1],[S 2].

Le , le Royaume-Uni est le premier pays européen à dépasser le seuil des 30 000 décès puis le lendemain à franchir la barre des 200 000 cas[61],[62]. Le , l'Italie franchit le seuil des 30 000 décès[63].

En Russie, le nombre de cas recensés continue début mai de s'envoler— le 10 mai 2020, la Russie franchit la barre des 200 000 cas — amenant le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, qui pilote aussi la cellule de crise nationale, à reconduire au-delà du , et au moins jusqu’au , l’essentiel des mesures de confinement[64],[65].

En Suède, où le gouvernement a parié sur le civisme, le respect des recommandations de distanciation sociale dans une stratégie visant à développer l'immunité collective de la population, la mortalité rapportée à la population est de 3 à 7 fois plus élevée que dans les autres pays scandinaves[h]. Pour autant, la population soutient majoritairement cette politique et début mai un sondage montre que 87 % des Suédois ont adopté les recommandations édictées par les autorités[48]. L’efficacité de cette approche a été critiquée, au vu des bilans de mortalité des autres pays scandinaves : la mortalité du coronavirus est, au , de 40 décès pour 100 000 habitants en Suède, contre 10 au Danemark, 5,6 en Finlande et 4,4 en Norvège, qui ont opté pour le semi-confinement.

Des études sérologiques estiment, fin , que de 5 à 10 % de la population disposerait d'anticorps, et donc aurait été infectée, en France, au Royaume-Uni et en Espagne. Le taux varie et atteint plus de 50% pour la ville de Bergame en Italie, très touchée par la pandémie.

L'amorce du déconfinement ne signifie pas automatiquement la levée de l'état d'urgence. Ainsi, en France, l'état d'urgence sanitaire, entré en vigueur le 24 mars pour deux mois, est prorogé jusqu'au 10 juillet[56]. La prudence s'impose partout face au risque d'une deuxième vague, jugée certaine par les virologues. En Allemagne, deux jours seulement après l'annonce d'un retour progressif à la normale, un canton a dû réintroduire le confinement ; la chancelière Angela Merkel et les régions allemandes se sont entendues sur un mécanisme de reconfinement au niveau local si le nombre des contaminations était à nouveau en hausse[56].

Nombre de cas documentés en mars, avril, mai et juin 2020[S 2].

Les autorités craignent partout l'apparition d'une seconde vague qui pourrait au pire nécessiter de nouvelles mesures de confinement. Dans tous les pays, l’immunité de la population est insuffisante pour éviter une seconde vague si les mesures de contrôle sont relâchées à la fin du confinement. Aussi, de manière à garder le contrôle de la situation, les autorités cherchent à détecter le plus en amont possible les nouveaux clusters et suivent l'évolution du « taux de reproduction ». Une étude[66] publiée le estime qu'en France, le taux de reproduction[i] est passé de 2,9 avant le confinement à 0,67 grâce au confinement[67]. L'objectif est qu'il demeure après le confinement inférieur ou égal à 1 pour que l'épidémie puisse être considérée comme sous contrôle. En Allemagne où le déconfinement a débuté depuis plusieurs semaines , les autorités sanitaires estiment que le taux de reproduction est un peu supérieur à 1 ; le Robert Koch Institute qui conseille le gouvernement allemand estime que la situation ne redeviendrait critique que si le taux atteint 1,2 ou 1,3[68], [69],[70].

À l'approche de l'été, les conditions dans lesquelles les vacances pourront se dérouler deviennent une préoccupation majeure dans la population comme dans les acteurs du tourisme qui représente 10 % du PIB et 12 % des emplois de l'Union européenne. Cette question est critique pour les États du Sud de l'Europe où le tourisme représente jusqu'à 20 % du PIB[j],[71]. Mi-mai, les États européens n'ont pas arrêté définitivement leur politique de réouverture des frontières, et les premières annonces se font, comme en mars pour leur fermeture, de façon non concertée. Le , la Commission européenne publie des recommandations afin d'inciter les États à adopter des positions cohérentes. Il est d'ores et déjà acquis que les frontières extérieures de l'UE resteront fermées aux touristes durant l'été 2020[72],[73].

Le , Emmanuel Macron et Angela Merkel présentent, lors d’une conférence de presse commune, des propositions pour un plan de relance européen dont le volet le plus innovant est que la Commission européenne s’endetterait à hauteur de 500 milliards d'euros[74]. Le , la Commission européenne dévoile ses propositions relatives à un plan de relance européen et au cadre financier pluriannuel 2021-2027. Celles-ci reprennent l'idée avancée par E. Macron et A. Merkel d'une enveloppe de 500 milliards d'euros de prêts aux États les plus affectés par la pandémie, mutualisée au niveau européen[75],[76].

Le , la directrice de l'ECDC avertit que l'Europe doit en tout état de cause s'attendre à une seconde vague épidémique, même s'il est difficile d'en prévoir le calendrier et l'ampleur. Comme la plupart des dirigeants européens, elle met en garde contre un relâchement trop rapide des règles appliquées durant le confinement[77],[78].

Le , la Russie est le premier pays européen à franchir la barre des 300 000 cas[79], le , elle est le premier pays européen à franchir la barre des 400 000 cas[80].

Fin mai, l'Europe[13] comptabilise plus de 2,1 millions de cas confirmés de Covid-19 et déplore 178 280 décès selon les données du Center for Systems Science and Engineering de l'université Johns-Hopkins. Pour les 27 États de l'Union européenne, le bilan est de 1,1 millions de cas confirmés et de 126 373 décès. En proportion de la population, la Belgique est avec 83 décès pour 100 000 habitants le pays le plus durement touché, avant l'Espagne (58), le Royaume-Uni (58), l'Italie (55), la Suède (43) et la France (43)[S 1].

Juin : retour progressif à la normale en l'absence d'un rebond de l'épidémie

Réouverture des frontières de quelques pays européens[81],[82],[83],[84]
(Informations connues au 25 juin susceptibles de changements à tout moment)
Pays Modalités
Drapeau : Allemagne Allemagne Réouverture le 15 juin aux résidents de l'espace Schengen.
Drapeau : Autriche Autriche Réouverture le 16 juin aux résidents de l'espace Schengen.
Drapeau : Belgique Belgique[85] Réouverture le 15 juin aux résidents de l'espace Schengen.
Drapeau : Danemark Danemark Le 15 juin, uniquement pour les ressortissants allemands, norvégiens et islandais.
Drapeau : Espagne Espagne[82] Dès le 15 juin dans les îles Baléares, réouverture à partir du aux résidents de l'espace Schengen.
Drapeau : France France Réouverture le 15 juin aux résidents de l'espace Schengen. Quarantaine de 14 jours imposée par « réciprocité » aux visiteurs venant du Royaume-Uni et à tout État imposant des restrictions aux Français.
Drapeau : Grèce Grèce À partir du 15 juin, contrôle sanitaire pour voyageurs venant de zones particulièrement affectées par la pandémie.
Drapeau : Italie Italie À partir du 3 juin, formalités sanitaires à l'entrée.
Drapeau : Pologne Pologne Réouverture le 13 juin aux résidents de l'espace Schengen.
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Quarantaine de 14 jours imposée à tous les entrants.
Drapeau : Russie Russie Réouverture très partielle le 8 juin pour des raisons médicales, professionnelles ou liées aux études.
Drapeau : Suisse Suisse[86] Réouverture le 15 juin aux résidents dans un pays de l'UE, l'AELE ou au Royaume-Uni.

À la fin du mois de mai et au début du mois de juin, tous les pays d'Europe continuent de lever les mesures de restriction de mouvement et des activités. Le taux d'incidence sur 14 jours, calculé comme le nombre de nouveaux cas confirmés détectés durant les 14 jours précédents rapporté à la population, est début partout inférieur dans l'UE à 20 pour 100 000 habitants, sauf au Portugal. Ce seuil est également dépassé au Royaume-Uni et surtout en Suède où il est supérieur à 100[87]. Le , le Royaume-Uni est le premier pays européen à dépasser le seuil des 40 000 décès[88].

Le , la France entame la « phase 2 » de son déconfinement, entrainant la levée de l’interdiction des déplacements de plus de 100 km, mais dans la limite des frontières françaises, au moins jusqu’au 15 juin. Entre les États européens, le passage des frontières intra-européennes demeure réservé aux déplacements essentiels[89]. Au sein de l'espace Schengen, plusieurs États ont pris des décisions de réouverture de leurs frontières, sans attendre une décision coordonnée. La décision la plus spectaculaire est celle de l'Italie, pays très touché par l'épidémie, qui rouvre ses frontières depuis le aux visiteurs étrangers, qui devront toutefois se plier à des procédures, comme le contrôle de la température, réalisé par des agents munis de casques avec caméras à lumière thermique et attester de leur bonne santé[90],[91].

Les ministres de l'Intérieur de l'UE s'accordent le sur une réouverture des frontières intérieures le sauf pour quelques pays dont l'Espagne, et des frontières extérieures le . Les décisions définitives restent du ressort de chaque État membre[92],[93]. Cette décision de principe est reprise et précisée le par la Commission européenne qui recommande aux États membres de l’espace Schengen et aux quatre pays associés à l’espace Schengen — Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse — de supprimer les contrôles aux frontières intérieures au plus tard le et de prolonger la restriction temporaire des déplacements non essentiels vers l’Union européenne jusqu’au , tout en définissant une approche pour sa levée progressive après cette date[94],[95]. Ces recommandations sont appliquées par l’Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la France et la Grèce, voire anticipées de quelques jours par la Croatie, l'Italie (dès le ) ou la Pologne. D'autres pays de l'UE adoptent une attitude plus prudente : la Bulgarie, la Hongrie, la Lettonie, la Slovaquie, et la Tchéquie maintiennent des restrictions pour les voyageurs en provenance des pays où le taux d’infection est encore jugé trop élevé. À contre-courant du reste du continent européen, le Royaume-Uni introduit une quarantaine de quatorze jours pour tous les voyageurs — même britanniques —arrivant dans le pays à compter du [81],[82].

Nombre de décès en mars, avril, mai et juin 2020[S 2].

La pandémie continue de prendre de l'ampleur en Amérique et le coronavirus demeure actif partout dans le monde, y compris en Europe. Le , l'OMS dit craindre une nouvelle accélération dans le monde avec un million de nouveaux cas signalés au cours des huit derniers jours[84]. Sur le périmètre constitué de l'UE, de l'EEE et du Royaume-Uni, soit 31 États, l'ECDC recense un peu plus de 5 000 nouveaux cas par jour durant les trois premières semaines de juin (S23 à S25). Sur un périmètre plus large de 47 États en Europe[a], le nombre de nouveaux cas recensé sur la même période est d'environ 17 000 par jour[S 2],[96]. La Russie en représente à elle seule environ la moitié. Le , elle est le premier pays européen à franchir la barre des 500 000 cas, puis le , la barre des 600 000 cas[97],[98]. Le nombre de nouveaux cas, stable d'une semaine à l'autre et très inférieur au pic de la fin de mars et du début d'avril, encourage les gouvernements européens à poursuivre le déconfinement, tout en incitant la population au respect des gestes barrières. Le toutefois, l'OMS se dit inquiète d’un rebond de l'épidémie en Europe où l'agence onusienne, sur les 53 États de sa branche européenne, décompte quotidiennement près de 20 000 nouveaux cas et plus de 700 décès[b],[99].

De nouveaux foyers de contamination sont détectés régulièrement, dont certains concernent plusieurs centaines de cas. Les mesures prises, dépistage massif, quarantaines, fermeture temporaire d'établissements scolaires ou d'entreprises, visent à empêcher leur propagation incontrôlée. Elles peuvent aller jusqu'à des reconfinements à une échelle locale. Ainsi en Allemagne, à la suite de la découverte d’un important foyer de contamination dans un grand abattoir, dont un peu plus de 1 500 des 7 000 employés sont testés positifs, le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie décide le de reconfiner les 600 000 habitants des cantons de Gütersloh et Warendorf[100]. De même, depuis le , la région de Lisbonne au Portugal et , depuis le , la ville de Leicester au Royaume-Uni sont de nouveau confinées suite à une flambée de nouveaux cas[101],[102].

Principaux pays de l'UE importateurs de masques (Codes ISO : Allemagne (DEU), France (FRA), Italie (ITA), Espagne (ESP), Belgique (BEL), Autriche (AUT), Pologne (POL), Tchéquie (CZE), Roumanie (ROU))[103].

L'affaiblissement de la pandémie se poursuit durant tout le mois de juin selon les données publiées par l'ECDC. Sur l'ensemble du mois, l'Europe[a] comptabilise 0,5 millions de cas, contre 0,68 millions le mois précédent, et déplore 18 000 décès contre 41 000 durant le mois de mai. Le refus de l'épidémie est plus marqué dans l'Union européenne que dans le reste de l'Europe[S 2].

Pour faire face à la pandémie, les pays européens ont dû acheter en urgence des équipements médicaux de toute nature, parmi lesquels les masques ont été le sujet de nombreuses polémiques sur leur utilité ou sur le manque d'anticipation des administrations publiques. Ces masques sont maintenant portés de façon régulière par la plus grande partie de la population, ce qui a conduit à en importer massivement faute de production locale suffisante. Selon Eurostat, entre le premier semestre 2019 et le premier semestre 2020, les importations de masques par les Vingt-Sept de l'Union européenne sont passées en valeur de 800 millions d'euros d'euros à plus de 14 milliards, soit une augmentation de 1800 %. Ces importations proviennent de Chine à plus de 92 %[103].

En cumul depuis le début de l'année 2020, l'Europe[a] compte fin juin près de 2,6 millions de cas confirmés de Covid-19 et déplore 195 872 décès. Pour les 27 États de l'Union européenne, le bilan en cumul depuis le début de la pandémie est de 1,23 millions de cas confirmés et de 132 965 décès. En proportion de la population, la Belgique est avec 85 décès pour 100 000 habitants le pays le plus durement touché, avant le Royaume-Uni (66), l'Espagne (61), l'Italie (58), la Suède (52) et la France (45)[S 1].

Rebond de l'épidémie

Juillet : entre déconfinement et crainte d'une deuxième vague

Augmentation du nombre de cas dans des pays d'Europe du Sud - Source ECDC[S 2].

Les États membres de l'UE décident de lever les restrictions à l'entrée de l'UE, instaurées en mars, pour les voyageurs en provenance de quatorze pays[k] et de la Chine sous condition de réciprocité, à compter du . Les États-Unis, la Russie et la Turquie ne font pas partie de cette première liste qui sera actualisée toutes les deux semaines sur la base de l'évolution de la situation épidémiologique. Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 au cours des 14 derniers jours pour 100 000 habitants figure parmi les critères communs d'évaluation retenus. Ce taux ne doit pas dépasser la moyenne de l'UE, actuellement de 16 cas[104],[105],[106].

La progression du nombre de victimes est très fortement ralentie, mais pas stoppée : la Russie franchit le seuil symbolique des 10 000 décès le [107] et la France celui des 30 000 décès le [108].

Au niveau local, la formation de nouveaux foyers conduit les autorités à prendre des décisions de reconfinement plus ou moins drastiques. Quarante jours après le déconfinement entamé le , la région de Catalogne en Espagne reconfine 200 000 personnes le suite à un nombre important de contaminations autour de Lerida, et en Galice 70 000 personnes dans le canton d'A Mariña sont le même jour également reconfinés[109],[110].

Au niveau national, mi-juillet le nombre de cas reste stable depuis quelques semaines dans la plupart des pays européens. Ainsi, en France, entre le 15 juin et le 15 juillet, il est en moyenne de 10 pour 100 000 habitants, sans tendance à la hausse significative. En revanche, la situation dans la plupart des États du sud de l'Europe et des Balkans se dégrade nettement. Trois pays de l'UE sont concernés, la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie, où le nombre de cas croît fortement depuis la mi-juin pour atteindre mi-juillet autour de 30 cas pour 100 000 habitants. Dans les Balkans, hors UE, la situation devient alarmante : en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo, au Monténégro et en Serbie, on dénombre durant la deuxième semaine de juillet entre 60 et 130 cas par jour pour 100 000 habitants, des chiffres en très forte progression depuis la mi-juin[111],[112].

À l'issue d'un Conseil européen marathon de 4 jours, les vingt-sept dirigeants de l'Union européenne s'accordent le sur un plan de relance de 750 milliards d'euros, historique de par son montant, mais aussi par le fait que le financement en sera assuré par la Commission au nom de tous les États membres et qu'à concurrence de 390 milliards le remboursement en sera effectué de façon solidaire par les Vingt-Sept et pas par les seuls États en ayant bénéficié[113],[114].

Cas confirmés en Europe (47 pays)[a]
dont les 27 pays de l'UE.[S 2].

Durant les deux dernières semaines de juillet, le nombre de nouveaux cas est en augmentation dans de nombreux pays d'Europe, y compris au sein de l'Union européenne. L'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, la Pologne, les Pays-Bas et également la Suisse sont touchées par l'augmentation du nombre de cas. Durant la semaine 31, du au , plus de 16 000 cas sont recensés en Espagne, soit 9 fois plus que durant la semaine 27, du au . Sur la même période, le nombre de cas est multiplié par 5 en Belgique, 4 aux Pays-Bas, 2 en Pologne et en Suisse, 1,8 en France et 1,6 en Allemagne[S 2].

Fin juillet, la situation demeure très inquiétante dans les Balkans. Par ordre décroissant du nombre de cas cumulés au cours des 14 derniers jours pour 100 000 habitants, les pays les plus touchés sont le Monténégro (234 cas), le Kosovo (159), la Bosnie-Herzégovine (114), la Macédoine du Nord (97), la Moldavie (91) et la Serbie (79). Les pays de l'UE les plus touchés sont le Luxembourg (243), la Roumanie (75), l'Espagne (60), la Belgique (48) et la Bulgarie (47)[S 2].

Les mesures de contrôles aux frontières ou de quatorzaines forcées se multiplient à mesure que la pandémie de Covid-19 reprend. L'Espagne, très dépendante du tourisme, est particulièrement visée par les nouvelles restrictions de déplacement[115]. Reconfinée en totalité le , la Catalogne avec ses 4 millions d'habitants est la zone d'Europe la plus peuplée où une telle mesure a été prise par les autorités locales[116]. La Roumanie est le principal État des Balkans à fournir des travailleurs saisonniers aux pays de l’Europe de l’Ouest qui s'inquiètent du développement de l'épidémie dans ce pays et multiplient les mesures de contrôle à l'entrée de leur territoire. Ainsi, depuis le 26 juillet, les Roumains sont systématiquement mis en quatorzaine à leur arrivée en Italie où ils sont environ un million à travailler[117].

En cumul depuis le début de l'année 2020, l'Europe[a] compte fin juillet plus de 3 millions de cas confirmés de Covid-19 et déplore 208 422 décès. Pour les 27 États de l'Union européenne, le bilan en cumul depuis le début de la pandémie est de 1,41 millions de cas confirmés et de 136 027 décès. En proportion de la population, la Belgique est avec 86 décès pour 100 000 habitants le pays le plus durement touché, avant le Royaume-Uni (70), l'Espagne (61), l'Italie (58), la Suède (56) et la France (45)[S 1].

Août : rebond épidémique

Malgré l'augmentation du nombre de cas constatée en juillet, le nombre de décès liés à la Covid-19 demeure à un niveau très bas en Europe dans les premiers jours d'août[118],[119].

Dans son rapport du , l'ECDC estime que le risque d'une nouvelle escalade du COVID-19 dans tous les pays de l'UE / EEE et au Royaume-Uni est modéré pour les pays qui continueront de mettre en œuvre et d'appliquer des mesures barrière telles que la distanciation physique, et très élevé pour les pays qui n'appliqueraient pas ces mesures[119].

Mi-août, en réponse à la recrudescence du nombre de cas, les pays européens cherchent à éviter le retour à des mesures générales de fermeture des frontières et de confinement national en adoptant jour après jour des mesures ciblées. Sur le plan des échanges intraeuropéens, les mesures de restrictions de circulation, de tests PCR obligatoires aux frontières ou de quatorzaine se multiplient. L'Espagne est particulièrement visée. Ainsi, le l'Allemagne classe ce pays, sauf les Îles Canaries, parmi les zones à risques par crainte d'une deuxième vague alimentée par les touristes de retour de congés ; toute personne entrant sur le territoire allemand en provenance d'une zone à risques (Espagne, Ukraine et Serbie) est soumise à une quarantaine obligatoire et à un test PCR à effectuer dans les 72 heures suivant l'arrivée. La France est aussi touchée par des mesures de cette nature : à partir du , le gouvernement britannique réimpose 14 jours d'isolement aux voyageurs arrivant de France, mais aussi des Pays-Bas et de Malte, un peu plus d'un mois après avoir levé cette mesure[120]. Sur le plan intérieur, des mesures telles que le port obligatoire du masque ou la limitation des rassemblements sont prises à une échelle régionale ou locale par de nombreux États[120].

L'augmentation du nombre de cas est très nette à la fin de la première quinzaine d'août dans de nombreux pays. Ainsi en Europe, entre le et le , le taux d'incidence calculé sur les 14 derniers jours augmente de 30 %, passant de 29 cas pour 100 000 habitants à 38 cas[S 2]. Pour la seule Union européenne, l'augmentation est de 67 %, ce taux passant de 22 à 37 cas[S 2],[121].

Certains pays connaissent une augmentation très importante. Ainsi en France, le , le taux d'incidence calculé sur les 14 derniers jours a doublé en quinze jours, passant de 20 cas pour 100 000 habitants à 41 cas. En Espagne, l'augmentation est du même ordre mais à des niveaux absolus beaucoup plus élevés (de 60 à 116 cas). Au Luxembourg, le taux d'incidence est au de 121 cas, le plus élevé de l'UE. Il demeure très élevé en Belgique (67), Roumanie (89) et à Malte (99). Hors de l'UE, il croît, mais à un niveau relativement bas, en Turquie (20 cas) et au Royaume-Uni (20 cas aussi) ; il décroît en revanche en Russie où le taux d'incidence passe de 56 à 50 cas en deux semaines[S 2].

Tests réalisés par une sélection de pays en Europe pour cent mille habitants[S 2],[121].

Durant l'été, le nombre de tests pratiqués augmente ou du moins demeure à un niveau élevé dans la plupart des pays, comme l'illustre le graphique ci-contre. Dans six des sept pays y figurant, qui sont parmi les plus touchés en Europe par la pandémie, plus d'un test par jour est pratiqué par millier d'habitants. La France en triple le nombre entre le et la mi-août, tandis que l'Allemagne et le Royaume-Uni le double, seule l'Italie ne poursuit pas une politique très active de tests. À l'échelle de l'ensemble de l'UE et du Royaume-Uni, le nombre de tests est passé de 500 pour 100 000 habitants au cours de la première semaine de juin (S23) à plus de 1 000 au cours de la semaine du 17 au 23 août (S34)[S 4],[121].

L'augmentation du nombre de cas n'est à ce stade pas concomitante d'une augmentation du nombre d'hospitalisations et de décès, ce qui ne permet à ce stade pas de parler de seconde vague, mais n'exclut pas son apparition à la faveur de l'hiver[122]. Une des raisons de cette situation en apparence paradoxale en est que l'augmentation du nombre de tests constatée presque partout conduit à une meilleure détection des cas bénins de Covid-19, en particulier dans la population jeune qui se protège moins durant la période estivale, tandis que la population âgée ou à risque respecte davantage les consignes de distanciation sociale et ne connaît pas d'augmentation importante de tests positifs[123],[124]. Ainsi en France, en avril au plus fort de l'épidémie, environ 7 000 nouveaux cas sont quotidiennement détectés en testant chaque jour 20 000 personnes alors que le nombre réel de cas est probablement supérieur à 100 000 par jour ; fin août, de l'ordre de 5 000 cas sont détectés quotidiennement en réalisant 90 000 tests par jour et le nombre réel de cas est sans aucun doute largement inférieur au niveau d'avril[125].

Le , le directeur de l'OMS pour la région Europe constate que « beaucoup [des] restrictions récentes [prises pour répondre à la nouvelle flambée de cas] ont été mises en œuvre au niveau local, signe que nous avons appris à appliquer des mesures intelligentes, limitées dans le temps et fondées sur les risques, qui réduisent à la fois la propagation de la COVID-19 et son impact sur la société et l’économie dans leur ensemble »[126].

Fin août, alors que le nombre de cas de Covid-19 continue de grimper , plusieurs pays annoncent des restrictions à la circulation avec leurs voisins européens. La France est directement concernée par de telles mesures. La Belgique ajoute le Paris à sa liste des destinations européennes qui ne sont plus autorisées, à moins de se soumettre au retour à un dépistage du nouveau coronavirus et à une période d’isolement[127]. L’Allemagne avait elle aussi classé la veille les régions Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur en zones à risque – en plus de la Guyane –, imposant pour les voyageurs en provenance de ces régions une quatorzaine dès lors qu’ils se rendent sur le territoire allemand[128].

En cumul depuis le début de l'année 2020, l'Europe[a] compte fin août plus de 3,8 millions de cas confirmés de Covid-19 soit environ 15 % des cas dans le monde et déplore 213 940 décès confirmés, soit 25 % des décès imputés à la Covid-19 dans le monde. Pour les 27 États de l'Union européenne, le bilan en cumul depuis le début de la pandémie est de 1,87 millions de cas confirmés et de 139 900 décès. En proportion de la population, la Belgique est avec 86 décès pour 100 000 habitants le pays le plus durement touché, avant le Royaume-Uni (62), l'Espagne (62), l'Italie (59), la Suède (57) et la France (46)[S 1].

Septembre : augmentation inquiétante du nombre de cas

Taux d'incidence pour cent mille habitants sur 14 jours[S 2],[121].

La rentrée s'effectue en Europe sous tension car la circulation du Coronavirus, en augmentation dans de nombreux pays, oblige à prendre de nouvelles mesures alors que la reprise des activités scolaires et économiques accroissent les risques de diffusion de la Covid-19. Bulles d’élèves, classes réduites, horaires décalés, masque obligatoire dès la maternelle, … chaque pays développe sa propre stratégie pour le retour en classe. En Allemagne, si certains Länder comme la Bavière, ont imposé le port du masque pour les élèves à partir du collège, d’autres comme la Hesse ne l’ont pas jugé nécessaire. En Suède, le port du masque n'est pas recommandé et l'accent est mis sur la distanciation physique et l'hygiène irréprochable des mains. En revanche, d'autres pays très touchés par la première vague, la Belgique, l'Espagne, la Grèce ou encore l'Italie, ont mis en place des mesures très strictes, incluant le port du masque[129].

La situation est particulièrement tendue en Espagne où le taux d'incidence sur 14 jours est passé de 116 au 16 août à 221 au 31 août, taux le plus élevé d'Europe[S 2]. Cette forte augmentation du nombre de cas commence à se répercuter sur le système de soins, avec près de 8 000 personnes hospitalisées, en particulier dans la région de Madrid où près de 30 % des salles de soins intensifs sont de nouveau occupées par des malades de la Covid-19. Des médecins mettent en cause la faiblesse des moyens de dépistage et de traçage précoce des nouveaux cas, et l'empressement des régions à reprendre fin juin le contrôle de la gestion sanitaire de l’épidémie et à relancer le tourisme et l'économie, sans plan de lutte structuré contre l'épidémie[130].

Des manifestations ont lieu dans plusieurs villes d'Europe pour protester contre les restrictions nouvelles imposées par les autorités. Ainsi, à Rome, Berlin ou Zagreb, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées le 5 septembre pour protester contre les mesures imposées par les autorités contre le coronavirus[131]. En France, quelques milliers de militants actifs sur les réseaux sociaux utilisent leur opposition au port du masque pour nourrir la défiance envers les institutions politiques et scientifiques[132].

Nombre hebdomadaire de décès dans trois pays[S 1].

Les différentes progressions de la pandémie et politiques de test mènent à de fortes variations du nombre de cas confirmés par habitant selon les pays et régions. Début , les pays qui en ont détecté le plus sont Saint-Marin avec 2 115 cas confirmés pour 100 000 habitants, suivi du Luxembourg avec 1078, l'Espagne 1 026, la Moldavie 936, la Suède 837, et le Monténégro 799.

Le 9 septembre, dans l'Union européenne, l'Espace économique européen et le Royaume-Uni (ensemble qui exclut la Russie, l'Ukraine, la Turquie, la Biélorussie, la Moldavie, les Balkans à l'exception de la Croatie et de la Slovénie, la Suisse et les Micro-États européens), le nombre de cas confirmés était en augmentation, avec une moyenne de 66 pour 100 000 habitants sur les 14 derniers jours, variant de 4 à 244 selon les pays. Ce nombre est en augmentation depuis près de deux mois. Dans cette même zone, le nombre de personnes ou d'admissions à l'hôpital ou en soins intensifs avait récemment augmenté en Bulgarie, Croatie, Tchéquie, France, Grèce, Hongrie, Slovaquie et Slovénie, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Le nombre de décès confirmés lors de 14 derniers jours était de 4 par million d'habitants, variant de 0 à 31 selon les pays, la moyenne étant stable depuis plus de deux mois, bien que des augmentations aient été notées en Croatie, à Malte et en Espagne sur les sept derniers jours. Sur la même période, les statistiques de mortalité générale montrent des niveaux normaux dans l'ensemble, mais avec une légère surmortalité dans certains pays[133],[134].

Décès confirmés en Europe (47 pays)[a]
durant les semaines 31,35 et 39.[S 2].

En juillet et août, le nombre de décès imputés à la Covid-19 ne connaît pas d'évolution très significative. En revanche, la tendance à la hausse amorcée durant les deux première semaines de septembre (S36 et S37) se confirme en s'accentuant durant la deuxième quinzaine de septembre (S38 et S39). Cette évolution est surtout marquée dans l'Union européenne où le nombre de décès passe de 578 en S31, à 924 en S35 puis 2 290 en S39. Cette montée en flèche du nombre de décès est à 80 % imputable à la France[135] et à l'Espagne. Le Royaume-Uni subit un phénomène similaire, mais de moindre ampleur, le nombre de décès passant de 75 en S35 à 212 en S39. La situation demeure en revanche stable en Allemagne. En dehors de l'UE, la Russie (886 décès en S39), la Turquie (484 en S39) et l'Ukraine (387 en S39) continuent d'enregistrer un nombre significatif de décès[S 1].

Les autorités multiplient les mesures pour éviter une seconde vague d'ampleur, tout en rejetant pour le moment toute idée d'un reconfinement à grande échelle et aussi strict qu'au printemps. Ainsi, en Espagne, le premier ministre Pedro Sanchez assure le « ne pas envisager un confinement du pays », alors que dans le même temps plus de 850 000 personnes sont reconfinées dans la région de Madrid qui en compte environ 6,6 millions, et que la limite du nombre de personnes autorisées à se réunir est abaissée à six[136]. De même, en France, E. Macron affirme le que « si chacun fait sa part, nous pouvons vaincre le virus du Covid-19 »[137], alors que les restrictions ciblées se multiplient à Marseille, Nice ou encore Lyon, Toulouse[138]. Contrairement à ce qui est désormais le cas dans plusieurs villes françaises, le port du masque en extérieur n’est nulle part obligatoire en Allemagne[139]. L'Angleterre aussi multiplie les restrictions au niveau local, alors que le taux de transmission est désormais situé entre 1,1 et 1,4 impliquant une accélération des contaminations : dans tout le pays les rassemblements sont limités à six personnes de deux foyers différents, en intérieur comme en extérieur, et dans plusieurs régions les pubs et restaurants doivent respecter un couvre-feu et fermer à 22 heures[138],[140].

Au sein du monde politique comme du monde médical, les points de vue et analyses diffèrent radicalement sur l'arrivée d'une seconde vague. Les dirigeants français ou espagnols n'y souscrivent pas encore tandis que le premier ministre britannique, Boris Johnson, déclare le que le Royaume-Uni fait face à une seconde vague et que son gouvernement n'écarte pas de recourir à un nouveau confinement général pour toute l'Angleterre comme « dernière ligne de défense »[138],[141].

En cumul depuis le début de l'année 2020, l'Europe[a] compte fin septembre près de 5,3 millions de cas confirmés de Covid-19 soit environ 16 % des cas dans le monde et déplore 230 000 décès confirmés, soit 23 % des décès imputés à la Covid-19 dans le monde. Pour les 27 États de l'Union européenne, le bilan en cumul depuis le début de la pandémie est de 2,84 millions de cas confirmés et de 147 400 décès. En proportion de la population, la Belgique est avec 88 décès pour 100 000 habitants le pays le plus durement touché, avant l'Espagne (68), le Royaume-Uni (64), l'Italie (59), la Suède (58) et la France (48)[S 1].

Seconde vague

Octobre : seconde vague confirmée dans plusieurs pays d'Europe

Pays S38 S39 S40 S41 S42
Nombre d'hospitalisations COVID-19[S 5]
Drapeau : Belgique Belgique 432 654 866 1 334
Drapeau : France France 5 356 6 235 6 964 8 231
Drapeau : Italie Italie 2 587 3 100 3 590 4 939
Drapeau : Pologne Pologne 1 985 2 223 2 977 4 924
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 1 343 2 078 2 883 4 391
Nombre de décès[S 2]
Drapeau : Russie Russie 855 886 1 026 1 203 1 548
Drapeau : Espagne Espagne 748 737 854 843 846
Drapeau : France France 364 429 501 488 712
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 136 212 346 443 819
Drapeau : Allemagne Allemagne 37 71 72 86 162
Évolution d'une semaine sur l'autre :
  • > 10 %
  • > 20 %
  • > 30 %
  • Début octobre, le questionnement sur l'arrivée ou non d'une seconde vague n'a plus cours, tant la situation est devenue sérieuse dans plusieurs pays, parmi lesquels notamment la France, l'Espagne et le Royaume-Uni. En France, le Premier ministre, Jean Castex, déclare que « nous sommes dans une deuxième vague forte »[142]. En Pologne, Mateusz Morawiecki, considérant que « la deuxième vague est arrivée », annonce que le port du masque sera obligatoire dans les espaces publics dans toute la Pologne à partir du [143].

    L'accroissement du nombre de cas constatée durant l'été se traduit maintenant par une augmentation des hospitalisations à un niveau qui fait craindre le retour à la saturation du système de soins dans les prochaines semaines. Ainsi au Royaume-Uni, le nombre de patients hospitalisé malades de la Covid-19 est passé de 1 343 le , à 2 883 le puis 3 837 le , conduisant à la réactivation de trois hôpitaux de campagne mis en place au printemps[144],[145]. En France, une évolution comparable est observée : le , 7 976 malades sont hospitalisés, soit moitié plus que quatre semaines auparavant[S 5]. En Pologne, environ 40 % des lits d'hôpitaux attribués aux patients Covid-19 sont occupés à la fin de la première semaine d'octobre[143]. Dans la Communauté de Madrid, où le taux d’incidence est de 290 cas pour 100 000 habitants en une semaine, avec 20 % des capacités hospitalières et 38 % des lits en soins intensifs occupées par des patients atteints de la Covid-19, le système de santé est sous forte tension[146].

    Si dans le détail les mesures adoptées pour lutter contre cette résurgence de l'épidémie sont propres à chaque pays, la stratégie générale est partout la même : mettre en place des mesures différenciées au niveau local en fonction de critères permettant d'évaluer l'intensité de l'épidémie, et tout faire pour éviter un confinement strict national comme au printemps afin de ne pas mettre en péril l'économie. En Espagne, mi-octobre, près de 5,5 millions de personnes dont les Madrilènes ne peuvent sortir de leur commune que pour se rendre sur leur lieu de travail, à l’école, chez leur médecin ou en cas de force majeure[146]. Les mesures prises en France, en Italie, aux Pays-Bas ou encore au Royaume-Uni restreignent particulièrement l'accès aux bars et restaurants, mais visent aussi les fêtes et célébrations publiques et privées[146]. Des mesures de couvre-feu sont mises en place dans plusieurs pays dont la France où E. Macron annonce le qu'il concernera la région parisienne et huit métropoles à compter du de 21h à 6h du matin pour une durée de 4 à 6 semaines[147],[148].

    Le taux d'incidence moyen en Europe atteint le 139 cas pour 100 000 habitants sur les 14 derniers jours, soit un quasi triplement depuis la fin août, avec une dispersion qui demeure forte. En Tchéquie, épargnée par la première vague, ce taux est décuplé sur la même période (passant de 39 à 433) obligeant le gouvernement à prendre des mesures drastiques y compris la fermeture des écoles[149].

    Le , l'UE adopte des règles communes non contraignantes pour les restrictions de voyage entre ses pays membres. À cet effet, l'ECDC publie chaque semaine une carte de la situation de l’ensemble des pays de l’Union au niveau régional, avec un code couleurs en fonction du niveau de risque évalué sur la base de critères communs[150].

    Durant la semaine du (S42), le nombre de décès est en Europe de 8 214, dont 4 406 dans l'UE, soit le double de ce qu'il était un mois auparavant[S 2].

    Le , l'Irlande est le premier pays européen à décider d'un reconfinement strict, tandis qu’en Italie, en Espagne, en France, en Allemagne, en Pologne ou au Royaume-Uni, des restrictions de plus en plus draconiennes sont instaurées[146],[151].

    A partir de la mi-octobre la France détient le record du nombre de contamination en Europe avec plus de 30 000 cas en 24h[152] et fin octobre la France enregistre plus de 50 000 cas par jour, c'est une première en Europe[153].

    Cette seconde vague fait rechuter l'économie européenne. Le net rebond de la plupart des économies européennes durant l'été fait place depuis septembre à une nouvelle baisse selon les indicateurs économiques avancés mis en place par l’institut Oxford Economics ou le Boston Consulting Group[154],[155].

    Bilan sanitaire de la pandémie en Europe

    Bilan général

    Principaux pays touchés en Europe et dans le monde
    (Bilan au 30 septembre)[156]
    Pays Eur. Décès Cas
    Rg.
    Monde
    Décès
    / 1 M. hab.
    Nbre Nbre
    Drapeau : Pérou Pérou 1 1013 32 396 811 768
    Drapeau : Belgique Belgique Fait 2 877 10 016 118 452
    Drapeau : Bolivie Bolivie 3 702 7 965 135 311
    Drapeau : Andorre Andorre Fait 4 688 53 2 050
    Drapeau : Brésil Brésil 5 687 143 952 4 800 000
    Drapeau : Espagne Espagne Fait 6 680 31 791 769 188
    Drapeau : Chili Chili 7 680 12 741 462 991
    Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Fait 9 635 42 233 455 846
    Drapeau : États-Unis États-Unis 10 632 206 932 7 200 000
    Drapeau : Mexique Mexique 11 615 77 646 743 216
    Drapeau : Italie Italie Fait 12 594 35 894 314 861
    Drapeau : Suède Suède Fait 13 579 5 893 92 863
    Drapeau : France France Fait 16 477 31 986 604 031
    Drapeau : Russie Russie Fait 45 143 20 630 1 200 000
    Drapeau : Allemagne Allemagne Fait 51 114 9 495 292 913

    Fin septembre 2020, cinq pays d'Europe[a] figurent parmi les 12 pays les plus touchés dans le monde sur le critère du nombre de décès confirmés par million d'habitants. Sur le critère du nombre de décès confirmés en valeur absolue, cinq pays d'Europe figurent parmi les 12 pays les plus touchés : le Royaume-Uni, l'Italie, la France, l'Espagne et la Russie. Sur le critère du nombre de cas confirmés, trois pays européens sont parmi les 12 les plus touchés : la Russie, l'Espagne et la France[156].

    Selon une étude menée par des épidémiologistes et des mathématiciens de l'Imperial College London, ce bilan aurait été bien plus considérable si les gouvernements européens n'avaient pas pris dans le courant du mois de mars des mesures de confinement et plus généralement de réduction des contacts interpersonnels afin de réduire drastiquement la circulation et la propagation du virus. Cette étude estime qu'elles ont permis d'éviter autour de 3,1 millions de décès entre le début de l'épidémie et le dans les onze pays d'Europe étudiés[l],[157],[158],[159].

    De mi-mars à mi-mai 2020, l'afflux de malades de la Covid-19 conduit à la saturation des services de santé de la plupart des pays européens, ou du moins au risque de leur saturation. Les mesures de strict confinement prises alors répondent en premier lieu à cette situation d'urgence, résultant du fait que les États européens ne s'étaient pas sérieusement préparés à une crise épidémique de grande ampleur. Cette double situation de saturation des systèmes de santé et de confinement a des effets sur la santé de la population qui vont au-delà de ceux résultant directement de la Covid-19 : l'offre de soins diminue car de nombreux actes sont reportés dans le temps par les établissements hospitaliers, et dans le même temps la demande de soins diminue par crainte du coronavirus. La surmortalité constatée dans plusieurs pays européens sur cette période n'est pas totalement imputée à la Covid-19[m]. Le confinement a aussi des impacts sur la santé psychique d'une partie de la population, notamment les personnes âgées privées de visites[160].

    Bilan des décès au 31 août (rapport de l'OMS[n])
    Rubrique Valeur
    Age médian 81 ans
    Hommes 58 %
    Au moins un facteur de risque sous-jacent
    dont :
    95 %
    Maladie cardiovasculaire 76 %
    Diabète 40 %
    Maladie pulmonaire 26 %
    Maladie rénale 24 %

    Établi à un moment où l'épidémie régresse fortement en Europe, le bilan au publié par l'OMS sur le périmètre de sa région européenne[b],[19] fait état de 4 244 840 cas confirmés et de 219 455 décès[161]. Selon ce bilan, 88 % des personnes décédées sont âgées de plus de 65 ans et 95 % des personnes décédées étaient atteintes d'une maladie sérieuse. 76 % des personnes décédées souffraient d'une maladie cardiovasculaire, et 40 % du diabète. Les hommes représentent 58 % des décès[161].

    Le taux de létalité réel du SARS-CoV-2 est difficile à évaluer, faute de disposer de données précises sur le nombre réel de personnes contaminées. Une étude anglaise réalisée en juillet situe le taux de létalité réel autour de 0,9 %, avec des variations considérables selon l'âge : presque nul en dessous de 45 ans, il est de 0,5 % entre 45 et 64 ans, de 3,1 % entre 65 et 74 ans, pour atteindre 11,6 % au-delà de 75 ans. Une étude menée en Espagne aboutit à des résultats comparables : un taux de létalité moyen de 0,8 %, qui croît très fortement avec l'âge, et plus élevé chez les hommes que chez les femmes[162]. En outre, en s’insinuant dans de multiples organes, le SARS-CoV-2 engendre des atteintes dont la durée et la réversibilité ne sont pas encore connues : même chez des personnes non hospitalisées, y compris jeunes et sans facteurs de co-morbidité, il peut provoquer un affaiblissement général associé à des symptômes dont le spectre et la sévérité commencent tout juste à être appréhendés[163].

    Nombre de cas confirmés hebdomadaires

    Depuis le pic atteint début (semaine 14), le nombre de nouveaux cas confirmés diminue semaine après semaine jusque fin en Europe[a] de façon générale mais plus nettement dans les pays de l'UE. Cette situation est liée pour l'essentiel à la Russie où le pic n'est atteint que début (semaine 19) et où le nombre de nouveaux cas ne baisse que lentement les semaines suivantes, et à la Suède où le nombre de cas est demeuré stable courant avant d'augmenter fortement début [S 2]. Le nombre de cas augmente rapidement à la fin de l'été, passant de 189 000 cas hebdomadaires en S34 à 356 000 cas en S38.

    Cas confirmés en Europe (47 pays)[a] dont les 27 pays de l'UE ainsi que le Royaume-Uni[S 2].

    Dans l'Union européenne, un point bas est atteint début juin : 24 000 cas seulement sont enregistrés au cours de la semaine du (S23). Ce nombre demeure relativement stable, moins de 30 000 cas étant constatés durant chacune des cinq semaines suivantes. La tendance s'inverse très rapidement à partir de la mi-juillet : le cap des 100 000 cas hebdomadaires est franchi durant la semaine du 17 au 23 août, et près de 140 000 cas sont constatés durant la dernière semaine du mois d'août. L'augmentation du nombre de cas s'accentue en septembre dans l'UE, avec 162 000 cas en S36 et 282 000 cas en S39.

    Nombre de décès hebdomadaires

    Le pic du nombre de décès est atteint courant avril en Europe[a]. Durant ce mois (S14 à S17), 3 700 décès sont enregistrés quotidiennement, dont 2 800 dans l'UE et 800 au Royaume-Uni. La mortalité imputée au coronavirus chute ensuite rapidement et se stabilise dans une fourchette comprise entre 2 000 et 2 500 décès par semaine durant les mois de juin, juillet et août.

    Décès confirmés en Europe (47 pays)[a] dont les 27 pays de l'UE ainsi que le Royaume-Uni[S 2].

    Le nombre de décès augmente durant le mois de septembre, passant à près de 3 000 durant chacune de ses deux premières semaines (S36 et S37), une progression sans commune mesure avec celle, spectaculaire, du nombre de cas confirmés. Mais, en S38, le nombre de décès augmente très nettement pour la première fois depuis le pic de la première vague, atteignant 4 098 en Europe, dont 1 921 dans l'Union européenne. En S41, 6 073 décès sont constatés, dont 3 196 dans l'UE.

    Conséquences de la pandémie en Europe

    Le , Gita Gopinath, la cheffe économiste du FMI, qualifie de « Grand Confinement » la crise mondiale résultant de cette pandémie, par référence à la Grande Dépression des années 1930 et à la Grande Récession des années 2010. Les conséquences économiques et sociales de cette pandémie sont les plus importantes résultant d'une crise en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale[164],[165],[166],[167]. Selon la Banque mondiale, la pandémie de Covid-19 a provoqué la plus grave récession mondiale depuis des décennies : ses prévisions publiées le font état d'une baisse du PIB mondial de 5,2 % en 2020[168]. L'OCDE de son côté est encore plus pessimiste : l'Economic Outlook publié le prévoit une récession mondiale de 6,2 % en 2020 qui pourrait atteindre 7,5 % en cas de forte deuxième vague de l'épidémie[169].

    Conséquences économiques

    Plus forte récession depuis 1945

    Variation du PIB dans l'UE en 2019 et 2020[170],[171].

    Selon les estimations publiées par Eurostat le , au cours du premier trimestre 2020, le PIB corrigé des variations saisonnières a diminué de 3,8 % dans la zone euro et de 3,3% dans l’UE par rapport au trimestre précédent. Ces chiffres reflètent le fait qu'en mars 2020, les mesures de confinement liées à la Covid-19 ont commencé à être largement mises en place par les États membres. Au cours du quatrième trimestre 2019, le PIB avait progressé de 0,1% dans la zone euro et de 0,2% dans l’UE[57],[170]. En France, selon le tableau de bord de la conjoncture mis à jour par l'INSEE le , le PIB recule de 5,8 % au cours du premier trimestre 2020[172].

    Selon les estimations publiées par Eurostat le , au cours du deuxième trimestre 2020, le PIB corrigé des variations saisonnières a diminué de 14,7 % dans la zone euro et de 13,9 % dans l’UE par rapport au même trimestre de l'année précédente. Les différences sont significatives d'un pays à l'autre : la baisse s'établit à 11,3 % en Allemagne, 18,9 % en France et 22,1 % en Espagne. Avec une baisse de son PIB de 21,7 % au deuxième trimestre, le Royaume-Uni doit faire face à la récession la plus sévère en Europe après l'Espagne[171].

    La BCE s'attend à une chute de 5 % à 12 % du PIB dans la zone euro en 2020. Lors d'une conférence de presse donnée le , Christine Lagarde explique cette fourchette large par le fait que les scénarios envisageables « dépendent essentiellement de la durée des mesures de confinement et du succès des politiques d'atténuation des conséquences économiques pour les entreprises et les travailleurs »[173]. La Banque mondiale comme l'OCDE prévoient en une baisse de 7,9 % du PIB de la zone euro en 2020[168],[169].

    Les prévisions économiques publiées par la Commission européenne début mai tablent sur une « une récession profonde et inégale en 2020, une reprise incertaine en 2021 ». La récession attendue en 2020 avec une baisse moyenne de 7, 4 % du PIB de l'UE traduit le fait que tous les pays sont sévèrement touchés. Mais, au-delà de cette valeur moyenne, la situation est assez hétérogène entre les pays du Nord et de l'Est moins touchés et ceux du Sud déjà plus fragiles avant la pandémie, plus endettés et davantage sensibles à l'effondrement du tourisme : ainsi le PIB de l'Italie baisserait de 9,5 %, celui de l'Espagne de 9,4 %, tandis que la France verrait sa richesse nationale baisser de 8,2 %[58],[174].

    Les perspectives économiques publiées en par l'OCDE prévoient pour l'année 2020, par rapport à l'année précédente, une chute du PIB de 9,5 % en France, de 5,4 % en Allemagne, de 10,5 % en Italie et de 10,1 % au Royaume-Uni[169].

    Chute et rebond des places boursières

    Cours de quatre bourses en Europe depuis le début de 2020.

    Les bourses européennes sont au plus haut en janvier 2020 depuis la crise financière mondiale de 2007-2008. L'aggravation de la pandémie de Covid-19 en Europe, notamment en Italie où la situation échappe à tout contrôle provoque un décrochage sans précédent des bourses européennes. La baisse commence le et se poursuit quasiment sans discontinuer pendant trois semaines et demi. Le 18 mars, les quatre plus grandes bourses européennes, Francfort, Londres, Milan et Paris, ont en moyenne perdu plus de 35 % de leur valeur. Ce jour là, la Banque centrale européenne lance un plan d’urgence historique pour calmer les marchés boursiers européens en annonçant des rachats de titres pour 750 milliards d’euros. Les marchés réagissent positivement, ramenant la baisse à plus de 25 % par rapport au 21 février. En avril, les signes d'essoufflement de la pandémie et de nouvelles annonces des autorités financières européennes entraînent la poursuite d'un mouvement haussier qui est confirmé début mai grâce à la reprise attendue de l'activité économique résultant de la levée progressive des mesures de confinement[175],[176].

    Secteurs économiques touchés de plein fouet

    Nombre de passagers aériens en Europe en 2019 et 2020 (en millions)[177]
    Graphique des ventes de voitures particulières en Europe (UE + AELE + GBR) trimestre par trimestre, sur les neuf premiers mois de 2020, comparées aux mêmes périodes de 2019[178].

    Les mesures de confinement ont un lourd impact sur la consommation. En , par rapport à , l'indice des ventes de détail (corrigé des effets de calendrier) recule de 19,6 % dans la zone euro et de 18,0 % dans l'Union européenne[179].

    Avions de la KLM stationnés à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, le 15 avril 2020.

    Le transport aérien est touché de plein fouet par la pandémie de Covid-19[180]. La réduction des échanges avec la Chine entraîne une légère baisse du nombre de passagers en et , puis la fermeture des frontières se traduit par un effondrement du trafic dans le courant du mois de mars et un quasi arrêt au mois d'avril. Selon une étude publiée le par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), le nombre de passagers a baissé en Europe en 2020, par rapport à l'année précédente, de 53 % en et de 96 % en . Dans cette étude, le scénario central élaboré par l'OACI prévoit sur l'ensemble de l'année 2020 une diminution de plus de 50 % du trafic passager[181],[177]. Les données hebdomadaires publiées par l'Airports Council International concernant le nombre de passagers passant par les aéroports européens montrent que la chute est brutale durant la seconde quinzaine de mars, au cours de laquelle la plupart des pays ont désormais des mesures strictes de confinement et de fermeture des frontières : la baisse constatée est de 10 % pour la semaine du , puis de 23 % pour la suivante, de 52 % durant celle du , et de 88 % pour celle du . En , la baisse est en moyenne de 98,6 %[182].

    Secteur économique stratégique pour l'Europe, l'industrie automobile fournit 13,8 millions d'emplois directs ou indirects soit environ 6,1 % des emplois dans l'UE. Elle compte pour 7 % du PIB de l'UE[183]. Le secteur, déjà marqué par des ventes en recul au cours des deux premiers mois de 2020, est terriblement affecté par la pandémie. En , les ventes de voitures particulières enregistrent une baisse de plus de 50 % et s'effondrent de 78,3 % en . Sur les six premiers mois de l'année 2020, elles baissent de 40 % par rapport à la même période en 2019, et sur les neuf premiers mois de près de 30 %[178].

    Le tourisme est durement affecté par les mesures de restriction des déplacements. Le nombre de nuitées dans les établissements de toutes natures recevant des hôtes payants s'établit à 353 millions de janvier à avril 2020 dans l'Union européenne, soit une baisse de 44 % par rapport à 2019. La baisse est de 62 % en mars et de 95 % en avril[184],[185].

    La pandémie a aussi d'importantes conséquences sur la chaîne alimentaire en fragilisant la production et la récolte des produits alimentaires et en aggravant l'insécurité alimentaire des consommateurs les plus fragiles. Beaucoup de pays de l’ouest de l’Europe dépendent d’une main-d’œuvre saisonnière migrante, venant notamment de Roumanie, de Bulgarie ou de Pologne ; la fermeture des frontières au sein même de l'Union européenne perturbe les récoltes. Avec la fermeture des écoles et des restaurants, beaucoup de producteurs voient s’interrompre les possibilités d’écouler leurs produits. Dans certains pays d'Europe, les banques alimentaires soient devenues une partie intégrante du paysage de la protection sociale[186],[187].

    Rebond de l'économie en Europe à partir du mois de mai

    En , l'allègement des mesures du confinement se traduit par une augmentation du volume des ventes du commerce de détail corrigé des variations saisonnières de 17,8% dans la zone euro et de 16,4% dans l’UE, par rapport à [179].

    Conséquences sociales

    Au printemps, pour faire face à la première vague de Covid-19 et à la récession liée au confinement, les gouvernements européens instaurent de généreuses mesures d’urgence : prêts garantis aux entreprises, reports de charges, moratoires sur les crédits aux sociétés ou aux particuliers, et surtout, généralisation du chômage partiel. Au Royaume-Uni, pourtant depuis des décennies terre d'orthodoxie libérale en économie, le gouvernement fait le choix du modèle européen en protégeant les employés et les entreprises pendant le confinement, à l’opposé du modèle américain qui laisse le chômage exploser : la mesure la plus spectaculaire est la création dans l'urgence d'un système de chômage partiel qui permet début à six millions d’employés de percevoir 80 % de leur salaire. Au plus fort de la crise, 45 millions de personnes dans les cinq grandes économies européennes bénéficient du chômage partiel[188],[189],[190].

    Pourcentage de la population de l'UE sans emploi en 2020[191].

    Toutefois, dès le mois d' le chômage augmente dans l'Union européenne après plusieurs années de baisse quasi-continue : selon Eurostat, le taux de chômage s'établit à 6,7 % en , 6,9 % en mai, 7,1 % en juin puis 7,2 % en [192],[193],[191]. Le taux de chômage dans l'UE qui était en moyenne de 6,7 % en 2019, en baisse constante depuis 2013, pourrait grimper à 9 % en 2020 selon les prévisions de la Commission publiées début mai[174], voire franchir la barre des 10 % d’ici décembre selon le Fonds monétaire international (FMI). La hausse s’annonce particulièrement marquée dans les États du Sud de l'Europe — en Espagne (de 14,1 % en 2019 à 20,8 % sur l’ensemble de 2020), en Grèce (de 17,3 % à 22,3 %), en Italie (de 10 % à 12,7 %) — mais plus limitée en Allemagne (3,2 % à 3,9 %), en Autriche (4,5 % à 5,5 %) ou aux Pays-Bas (3,4 % à 6,5 %)[194],[195].

    Les gouvernements européens cherchent à éviter une vague de licenciements massive à l'automne 2020, alors que de nombreux plans sociaux sont annoncés. Les plans de relance par l'investissement n’auront pas d’effet dopant sur l’activité avant la mi, voire la fin 2021. Aussi, les mesures d'urgence sont-elles prolongées sous la forme d'allocations de chômage partiel ou de partage de l'activité entre les salariés d'une entreprise. En Allemagne, où les marges de manœuvre budgétaires sont les plus larges, le gouvernement a prolongé le chômage partiel de deux ans, jusqu’en 2022. En Suède, le chômage partiel est prolongé jusqu’au , ainsi que la prise en charge des congés maladie par l’État et la suppression des jours de carence. En France, les mesures de chômage partiel et les prêts garantis par l’État sont prolongés jusqu'à la fin de l'année, selon des modalités durcies afin de limiter les abus[190].

    Réactions des institutions de l'Union européenne

    Depuis le mois de , les institutions et les organismes de l'Union européenne réagissent au développement de la pandémie par des recommandations et des actions qui concernent pour une part sa dimension sanitaire mais se concentrent surtout sur ses conséquences économiques et sociales[196].

    Face à la pandémie, les États décident dans le courant du mois de mars 2020 des mesures d'urgence sanitaires et de limitation des déplacements sans coordination au niveau de l'UE et sans manifestation de solidarités fortes entre ses membres. Le , la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen reconnait le manque de solidarité au sein de l'Union européenne, et présente ses excuses à l'Italie durement touchée par la pandémie de Covid-19[13]. La présidente de la Commission critique sévèrement les États membres pour leur manque de coordination et de solidarité au début de la pandémie, qui frappe dramatiquement l’Italie, l’Espagne et la France[197],[21].

    En revanche, depuis la mi-mars, les États membres ont pris des mesures réglementaires et financières d'une grande ampleur pour limiter les conséquences sociales et économiques de la pandémie. Mais la mise en place d'un « Fonds de relance » à hauteur des enjeux pour sortir de la crise fait toujours débat fin avril, les différences de points de vue étant grandes entre les « pays du Nord », Pays-Bas en tête, et « pays du Sud ». Devant la gravité de la situation économique et sociale de l'UE, les dirigeants sont convenus le 23 avril de la nécessité d'une relance forte mais sont encore loins d'un consensus sur ses modalités[198].

    À l'occasion de la journée de l'Europe, le 9 mai, dans une initiative inédite les 27 chefs d'État et de gouvernement, ainsi que les dirigeants des trois institutions de l'Union européenne, prônent la solidarité pour sortir « plus forts » de la crise du coronavirus[199].

    Participation de l'Union européenne à la gestion de la crise du coronavirus

    L'Union européenne dispose de moyens de gestion des crises[200] qui peuvent être mobilisés à tout moment par un ou des États membres et qui sont coordonnés par Janez Lenarčič, commissaire à la gestion des crises, en charge de la politique de protection civile et d’aide humanitaire[201] dans la commission von der Leyen.

    Le mécanisme de protection civile de l'UE est activé le à la suite d'une demande d'assistance de la France pour le rapatriement des citoyens de l'UE bloqués à Wuhan par la pandémie de Covid-19 en Chine. Le dernier week-end de janvier, deux avions français et un avion allemand, cofinancés par l’Union européenne via le mécanisme de protection civile, rapatrient 558 personnes depuis Wuhan[202].

    Depuis, au , le mécanisme de protection civile de l’UE[203] a facilité le rapatriement en Europe de plus de 53 500 citoyens de l’UE venus du monde entier. À cette même date, depuis le début de la pandémie, plus de 520 000 personnes ont été rapatriées en Europe grâce à des vols organisés par les États membres[204].

    Par ailleurs, l'UE crée, dans le cadre de RescEU[205], une nouvelle réserve européenne commune de matériel médical d'urgence, comprenant notamment des ventilateurs, des masques de protection et du petit matériel de laboratoire, afin d'aider les pays de l'UE qui en ont besoin[196].

    Action de l'Union européenne dans le domaine de la santé

    La santé ne fait pas partie des domaines de compétences exclusives ou partagées de l'Union européenne, mais des domaines où elle dispose d'une compétence pour mener des actions pour appuyer, coordonner ou compléter l'action des États membres, selon les termes de l'article 6 du TFUE. L’UE complète les politiques de santé nationales « en aidant les autorités nationales à atteindre des objectifs communs, à mettre en commun les ressources et à surmonter les défis communs ». L'action de l'UE se déploie notamment via deux agences spécialisées, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l'Agence européenne des médicaments. Ce contexte institutionnel explique pourquoi l'action de l'UE en réponse à la crise provoquée par le coronavirus est surtout d'ordre économique[206],[207].

    Ainsi, les mesures sanitaires pour freiner la propagation du virus et adapter dans l'urgence le système de santé pour qu'il puisse faire face à l'afflux de malades ont été prises par chaque État sans souci de cohérence et de solidarité européenne. De même, les plans de déconfinement progressif sont décidés par chacun, sans souci de cohérence et sans qu'à fin avril des décisions soient prises concernant la circulation des personnes au sein de l'Union européenne[208].

    Recommandations du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies

    Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publie le son premier document d'évaluation des risques résultant de l'épidémie de coronavirus SARS-CoV-2 en Chine[209]. Ce document est depuis actualisé tous les dix jours environ. La neuvième mise à jour est publiée le [210].

    Le , l'ECDC publie un document recommandant de promouvoir la distanciation sociale, en évitant les poignées de mains et les embrassades, les transports bondés, ainsi que les réunions et rassemblements non nécessaires[211].

    À partir du 12 mars, les publications de l'ECDC soulignent la gravité de la situation et la nécessité que les États prennent des mesures d'urgence fortes, comme les fermetures d'école, les journées de congés maladie, ou les fermetures des lieux de travail. Des pays comme la Chine ou l'Italie ont également développé des restrictions de voyages également connues sous la dénomination de « cordon sanitaire » à de vastes bassins de populations. La Chine estime que ce genre de mesure pourrait réduire la mortalité de 66 % à 95 %[15].

    Actions engagées par l'UE pour promouvoir la recherche sur des traitements et des vaccins

    En appui des actions engagées par chaque État, l'UE a engagé plusieurs actions de financement[196],[212] :

    • Financement de la recherche sur la Covid-19 : l'UE mobilise 140 millions d'euros, répartis entre 48,5 millions d'euros pour 18 projets de vaccins et de traitement au titre du programme de recherche Horizon 2020, et 90 millions d'euros de fonds publics et privés pour les traitements et les diagnostics au titre de l'initiative en matière de médicaments innovants.
    • Financement par le Conseil européen de l'innovation à hauteur de 164 millions d'euros (annonce du 25 mars) et de 150 millions d'euros supplémentaires (annonce du 30 avril) pour les PME et les jeunes entreprises en vue de solutions innovantes pour lutter contre l'épidémie de Covid-19[213].
    • Octroi jusqu'à 80 millions d'euros d'aide financière en faveur de CureVac, développeur européen de vaccins hautement innovant, au moyen d'une initiative commune de l'UE et de la Banque européenne d'investissement.

    Un pas supplémentaire est franchi le avec la conclusion par l'UE d'un accord avec le groupe pharmaceutique AstraZeneca qui garantit la fourniture de 300 millions de doses de vaccin contre la Covid-19. L’accord a été négocié par l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et l’Italie. Il prévoit l’approvisionnement de l’ensemble des pays membres de l’UE, ainsi que d’autres pays européens volontaires, dès que le vaccin sera disponible[82].

    Le , l'UE annonce la conclusion d'un accord préliminaire pour obtenir 200 millions de doses d'un autre vaccin contre la Covid-19 développé par l'alliance germano-américaine Biontech / Pfizer avec une option pour 100 millions de doses supplémentaires. Cet accord est le sixième de ce type conclu par la Commission européenne[214],[215].

    Feuille de route européenne pour la levée des mesures de confinement

    La Commission souhaite que l’assouplissement des mesures de confinement soit graduel, coordonné entre les États membres et fondé sur des preuves[197]. Le , la Commission publie Une feuille de route européenne pour la levée des mesures de confinement liées à la pandémie de coronavirus, préparée avec l'ECDC et le groupe consultatif de la Commission sur le coronavirus. Ce document présente un ensemble de recommandations pour que la levée graduelle des mesures de confinement ne se traduise pas par une nouvelle flambée incontrôlable de l'épidémie[216].

    La Commission souhaite également un cadre pour les applications de géolocalisation volontaire. La feuille de route européenne pour la levée des mesures de confinement note que le suivi rapproché des citoyens par leurs smartphones doit s’effectuer de façon volontaire, reposer sur le consentement et respecter les normes de confidentialité et de protection des données de l’UE. Elle ajoute que de tels logiciels de géolocalisation peuvent uniquement exploiter les données anonymes et doivent être désactivés dès la fin de la crise sanitaire[197].

    Coordination des restrictions à la libre circulation au sein de l'UE

    Le Conseil de l'UE adopte le des recommandations visant à coordonner les mesures ayant une incidence sur la libre circulation au sein de l'Union. L'ECDC publiera chaque semaine une carte classant les régions de l'UE selon une typologie en quatre catégories, auxquelles sont liées des règles de circulation [217].

    Mesures de soutien budgétaire et économique

    Le , la Commission européenne propose une série de mesures budgétaires et économiques. Il s'agit de[218],[219]:

    • mobiliser des ressources disponibles du budget 2020 de l'UE,
    • permettre aux États d'utiliser « au titre de la politique de cohésion pour lutter contre la crise provoquée par le coronavirus » 37 milliards de Fonds structurels et 800 millions du Fonds de solidarité.

    Les et , la Commission propose d'utiliser des dispositions des traités pour permettre aux États membres de prendre des mesures pour faire face à la crise. Il s'agit :

    • de mettre en place des règles temporaires facilitant l'octroi des aides d'État aux entreprises sous forme de subvention, de prêt ou de garantie, en se fondant sur l' article 107 paragraphe 3 alinéa b du TFUE[220],[221],[222]
    • d'activer la clause dérogatoire générale du pacte de stabilité et de croissance (PSC), permettant ainsi aux États de prendre des mesures budgétaires en dérogeant aux obligations qui s'appliquent normalement au titre du cadre budgétaire européen[223].

    Le , la Commission européenne propose une série de nouvelles mesures économiques[224],[g] :

    • protection contre le chômage : création de SURE[o], un nouvel instrument de solidarité à l’échelle de l’Union visant à aider les travailleurs à conserver leur revenu et les entreprises à rester à flot et à garder leur personnel. L’instrument SURE apportera une assistance financière à hauteur de 100 milliards d’EUR sous forme de prêts de l’UE[225],
    • aide aux plus démunis : adaptation du Fonds européen d’aide aux plus démunis afin de garantir que l’aide alimentaire puisse continuer à être fournie là où elle est nécessaire,
    • aide aux agriculteurs et au pêcheurs : mesures de flexibilité exceptionnelles dans le cadre du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche,
    • utilisation de chaque euro disponible des trois Fonds de la politique de cohésion : le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen et le Fonds de cohésion avec une souplesse maximale,
    • utilisation des ressources disponibles du budget 2020 de l'UE, soit environ 3 milliards d'euros, pour contribuer à répondre aux besoins des systèmes de santé européens.

    Le , l'Eurogroupe va au-delà des propositions de la Commission en proposant trois filets de sécurité immédiats d'un montant de 540 milliards d'euros pour :

    • l'emploi et les travailleurs, avec l'instrument de solidarité SURE,
    • les entreprises, avec la création d'un fonds de garantie paneuropéen par la Banque européenne d'investissement (BEI), à concurrence de 200 milliards d'euros, sous forme de prêts aux entreprises,
    • les États membres, avec la mise en place d'une ligne de crédit, dans le cadre du mécanisme européen de stabilité, de précaution existante, utilisable sous la forme de prêts pouvant être octroyés à tous les États membres de la zone euro, à concurrence de 2 % de leur PIB cumulé, soit 240 milliards d'euros[226],[227].

    Le , le Parlement européen vote une résolution qui « demande à la Commission de proposer un ensemble massif de mesures de relance et de reconstruction pour l’investissement afin de soutenir l’économie européenne au sortir de la crise, au-delà de ce que font déjà le mécanisme européen de stabilité (MES), la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque centrale européenne (BCE), dans le cadre du nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) »[228]. Cette résolution appuie, sans utiliser le vocable « eurobonds », l'idée d'un plan de relance qui repose sur un endettement collectif par tout ou partie des États membres, mais dont les modalités ne font consensus ni entre les partis au Parlement européen, ni entre les dirigeants des États membres[229].

    Le , l'Eurogroupe définit les conditions auxquelles les pays qui le souhaiteraient pourront bénéficier d'une ligne de crédit via le mécanisme européen de stabilité (MES). Les dix-neuf pays de la zone euro peuvent solliciter un prêt via le MES à un très bas taux d'intérêt (0,1 %) et sur une durée maximale de dix ans, à hauteur de 2 % de leur PIB, dès lors qu’ils sont en mesure de prouver qu’il finance des dépenses de santé liées au coronavirus[230],[231].

    Le , le Parlement européen approuve une résolution qui appelle la Commission à présenter un plan de relance d'un montant de 2 000 milliards d'EUR en addition au cadre financier pluriannuel 2021-2027[3].

    Réunions de Conseil européen

    En mars et avril 2020, le Conseil européen tient quatre réunions exceptionnelles en vidéoconférence, les 10 mars, 17 mars, 26 mars et 23 avril. Le 10 mars, les dirigeants européens identifient quatre priorités à l'échelle de l'UE : limiter la propagation du virus Covid-19, fournir du matériel médical à tous les États membres, promouvoir la recherche, et faire face aux conséquences socio-économiques.

    Le 17 mars, concernant les frontières extérieures de l'UE, le Conseil européen approuve les propositions de la Commission européenne visant à interdire les déplacements non essentiels à destination de l'UE pour une période de 30 jours. Concernant les frontières intérieures de l'UE, l'objectif commun est d'assurer la circulation des médicaments, des denrées alimentaires et des biens, et de permettre aux citoyens européens d'être en mesure de se rendre dans leur pays d'origine. Enfin, les dirigeants européens soutiennent les propositions faites le 13 mars par la Commission, dont l'approbation relève de la compétence du Conseil de l'Union européenne et du Parlement européen. La réunion du 26 mars ne débouche pas sur des décisions concrètes mais les dirigeants demandent que des mesures plus fortes soient étudiées par la Commission et l'Eurogroupe pour faire face à la récession annoncée[232],[233].

    Le 23 avril, les dirigeants européens approuvent le « paquet » de 540 milliards d'euros en faveur des travailleurs, des entreprises et des États, adopté par l'Eurogroupe le 9 avril dernier[226],[227]. Ils mandatent la Commission européenne pour faire des propositions relatives à un Fonds pour la relance et à son articulation avec le Cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027[234],[235].

    Lors du Conseil européen extraordinaire du 17 au 21 juillet 2020, les dirigeants de l'UE s'accordent sur un plan de relance de 750 milliards d'euros, rendu nécessaire par la pandémie de Covid-19 et sur le cadre financier pluriannuel de l'UE pour la période 2021-2027. Pour financer ce plan, la Commission européenne empruntera sur les marchés au nom de tous les États membres. Sur les 750 milliards d’euros affectés au plan de relance, 360 milliards seront prêtés aux États membres qui devront les rembourser, et 390 milliards leur seront transférés d’ici à 2023, sous forme de subventions qui, elles, seront remboursées par les Vingt-Sept. Ces moyens financiers, qui viendront abonder le budget communautaire de 1 074 milliards sur la période 2021-2027, aideront en priorité les pays les plus touchés par la crise, l’Italie, l’Espagne, et dans une moindre mesure la France[113].

    Actions de la Banque centrale européenne

    Le 18 mars 2020, la Banque centrale européenne (BCE) lance un plan d’urgence historique pour calmer les marchés en annonçant des rachats de titres pour 750 milliards d’euros[175],[176].

    Le 22 avril, la BCE annonce qu'elle pourra accepter des obligations dégradées en catégorie « spéculative » ou « pourrie » ( en anglais « junk ») en garantie des crédits accordés aux banques, une nouvelle mesure destinée à maintenir la capacité des banques à prêter pour « continuer de mettre à disposition des ressources financières pour l'économie de la zone euro », indique la BCE dans un communiqué. Pour un émetteur, public ou privé, dont la dette avait une qualité suffisante le 7 avril dernier, la BCE va de fait geler cette appréciation et ainsi neutraliser d'avance une possible dégradation par les agences de notation[236],[237],[238].

    Le 30 avril, la BCE annonce que son plan d'urgence pour faire face à la pandémie (PEPP), via des rachats massifs de dette, pourrait être prolongé au-delà de la fin 2020 ; la BCE est prête à revoir la répartition et le volume des rachats de dette publique ou privée effectués par la BCE « autant que nécessaire » et « aussi longtemps » qu’il le faudra, indique le communiqué de décision de politique monétaire. En outre, la BCE annonce une baisse des taux d'intérêt relatifs à certaines de ses opérations de refinancement[239].

    Le , la BCE annonce un nouveau plan de soutien à l’économie de l'UE. Elle ajoute 600 milliards d’euros au programme de 750 milliards d’achat de dettes annoncé en mars. Son plan, qui devait se terminer fin 2020, est prolongé jusqu’à la mi-2021[240].

    Statistiques de propagation du virus

    Données de la pandémie par pays et territoire en Europe

    Les données quantitatives relatives à la pandémie sont consolidées chaque jour par des organisations comme l'université Johns-Hopkins qui met en ligne des données et des analyses au niveau mondial[241] ainsi qu'un tableau de bord graphique[242], ou comme le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC)[243] qui publie également quotidiennement des données mondiales et des analyses plus détaillées au niveau européen[244].

    La comparaison de ces chiffres entre les États européens, et même au sein de l'UE selon l'ECDC, doit être effectuée avec précaution en raison des différentes approches de comptage. Par exemple, la Belgique compte les décès confirmés, c'est-à-dire ceux de malades dont l'atteinte par la Covid-19 est confirmée par une analyse virologique ou sérologique[p],[245], mais aussi en maison de retraite les décès probablement dus à la Covid-19 sur la base des symptômes sans qu'il ait été procédé à une analyse, alors que d'autres pays, comme le Royaume-Uni, l'Italie ou l'Espagne, ne comptent pas les décès probables[246].

    Par ailleurs le nombre de cas confirmés ne doit pas être confondu avec le nombre de personnes infectées tel qu'estimé par les épidémiologistes à partir de tests sérologiques massifs et de modèles statistiques. Par exemple, à la mi-mai au Royaume-Uni, une étude publiée par l'université de Cambridge estime que l’Angleterre est la plus touchée, avec notamment 10% d'infectés à Londres, et seulement 4% d'infectés dans le reste du pays soit au total environ 7 millions d'individus, alors qu'à la même date le nombre de cas confirmés s'élève à moins de 240 000[247],[248].

    Le tableau figurant ci-dessous fournit des indicateurs relatifs à la pandémie pour 47 États d'Europe incluant leurs territoires autonomes, sur la base de la banque de données de l'université Johns-Hopkins[14]. Y figurent les 44 États classés par l'ONU en Europe, plus Chypre et la Turquie que l'ONU classe en Asie occidentale, ainsi que le Kosovo qui est reconnu par une large partie de la communauté internationale mais n'est pas membre de l'ONU. Les États du Caucase n'y figurent pas[249],[a],[g].

      
    Données de la pandémie de Covid-19 au par pays et territoire
    Lieux Confirmés Décès Rétablis % morts par
    cas confirmés[q]
    Morts pour
    100 000 hab.[r]
    47 8 694 022 260 552 3 234 625 - -
    Drapeau de la Russie Russie 1 513 877 26 050 1 138 522 1,72 % 7,91
    Drapeau de la France France[s],[t] 1 138 507 34 761 109 486 3,05 % 44,83
    Drapeau de l'Espagne Espagne 1 046 132 34 752 - 3,32 % 60,8
    Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni[u] 873 800 44 896 - 5,14 % 67,55
    Drapeau de l'Italie Italie 525 782 37 338 266 203 14,03 % 57,86
    Drapeau de l'Allemagne Allemagne 436 009 10 134 317 045 2,32 % 10,94
    Drapeau de la Turquie Turquie 361 801 9 799 314 390 2,71 % 6,54
    Drapeau de l'Ukraine Ukraine 343 498 6 391 141 508 1,86 % 3,17
    Drapeau de la Belgique Belgique[v] 305 409 10 737 - 3,52 % 85,64
    Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas[w] 291 254 7 064 - 2,43 % 35,73
    Drapeau de la Tchéquie Tchéquie 255 373 2 167 97 282 0,85 % 3,32
    Drapeau de la Pologne Pologne 253 688 4 438 112 619 1,75 % 4,15
    Drapeau de la Roumanie Roumanie 209 648 6 391 149 741 3,05 % 9,76
    Drapeau du Portugal Portugal 116 868 2 316 68 877 1,98 % 16,16
    Drapeau de la Suède Suède 110 594 5 933 - 5,36 % 54,36
    Drapeau de la Suisse Suisse 103 653 1 877 55 800 1,81 % 23,11
    Drapeau de la Biélorussie Biélorussie 92 823 957 83 237 1,03 % 4,93
    Drapeau de l'Autriche Autriche 80 811 979 57 858 1,21 % 8,0
    Drapeau de la Moldavie Moldavie 71 503 1 685 52 290 2,36 % 18,3
    Drapeau de l'Irlande Irlande 57 128 1 882 24 000 3,29 % 35,97
    Drapeau de la Hongrie Hongrie 56 098 1 390 16 007 2,48 % 6,09
    Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 40 893 1 086 26 459 2,66 % 6,8
    Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 40 801 159 9 920 0,39 % 0,51
    Drapeau de la Serbie Serbie 39 486 792 - 2,06 % 5,8
    Drapeau du Danemark Danemark[x] 39 411 700 31 701 1,78 % 10,52
    Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 37 562 1 084 18 232 2,89 % 3,93
    Drapeau de la Croatie Croatie 36 380 437 24 799 1,2 % 2,91
    Drapeau de la Grèce Grèce 30 782 574 9 989 1,86 % 1,8
    Drapeau de la Macédoine du Nord Macédoine du Nord 26 954 919 18 627 3,41 % 18,48
    Drapeau de la Slovénie Slovénie 21 274 235 - 1,1 % 5,37
    Drapeau de l'Albanie Albanie 19 157 477 10 654 2,49 % 3,31
    Drapeau de la Norvège Norvège 17 843 279 11 863 1,56 % 4,76
    Drapeau du Kosovo Kosovo 17 591 659 14 979 3,75 % 5,85
    Drapeau du Monténégro Monténégro 16 629 263 12 601 1,58 % 3,86
    Drapeau de la Finlande Finlande 14 848 353 9 800 2,38 % 5,96
    Drapeau du Luxembourg Luxembourg 12 851 141 9 085 1,55 % 18,26
    Drapeau de la Lituanie Lituanie 9 993 134 4 073 1,34 % 2,83
    Drapeau de Malte Malte 5 498 51 3 567 0,93 % 1,86
    Drapeau de l'Islande Islande 4 438 10 3 395 0,23 % 2,83
    Drapeau de l'Estonie Estonie 4 411 73 3 457 1,65 % 5,22
    Drapeau de la Lettonie Lettonie 4 208 50 1 357 1,19 % 1,61
    Drapeau d'Andorre Andorre 4 038 69 2 729 1,71 % 67,53
    Drapeau de Chypre Chypre 3 314 25 1 444 0,75 % 1,6
    Drapeau de Saint-Marin Saint-Marin 819 42 716 5,13 % 124,32
    Drapeau de Monaco Monaco 306 2 244 0,65 % 10,34
    Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein 252 1 145 0,4 % 2,64
    Drapeau du Vatican Vatican 27 0 15 0 % 0,0
    Données du Center for Systems Science and Engineering de l'université Johns-Hopkins.

    Récupérées le à 22 h 0 CEST[250].

    Fortes disparités entre les pays et les régions européennes

    Bien que les données disponibles ne soient ni complètes ni entièrement comparables, les premiers constats effectués à l'échelle européenne mettent en évidence des similitudes mais aussi de grandes disparités entre les pays et surtout entre les régions.

    Presque tous les pays ont pris des mesures très importantes pour contenir l'épidémie, aussi la trajectoire de l'épidémie présente-t-elle d'importantes similitudes d'un pays à l'autre. En début de crise, l’épidémie de COVID-19 présente une augmentation exponentielle du nombre de décès selon un même rythme journalier. Puis, après la mise en place de mesures de distanciation physique et de confinement, les courbes entament une inflexion, le nombre de décès quotidiens atteignant un plateau qui débute autour du trentième jour[251].

    Dans chaque pays, la population n'est pas soumise avec la même intensité partout au risque de décéder de la Covid-19. Ce risque est beaucoup plus élevé dans les régions où l’épidémie a flambé du fait de la combinaison d’un événement déclencheur — comme de grands rassemblements — et de facteurs d’attisement : densité des populations, circulation ou rencontres[251].

    En Italie, la Lombardie concentre 49% des décès italiens et compte à la mi-mai 149 décès pour 100 000 habitants. Près de la frontière française, le Val d'Aoste en compte près de 111, plus du double de la moyenne nationale. En comparaison, le sud de la botte italienne est plutôt épargné : la Calabre et la Basilicate comptent respectivement 4,7 et 4,8 décès pour 100 000 habitants, et la Sicile 5,1[252].

    En Espagne, la communauté de Madrid concentre 33% des décès et la Catalogne 21% des décès. Trois régions affichent à la mi-mai un taux de mortalité au moins deux fois plus élevé que la moyenne nationale : la Communauté de Madrid avec 137 décès pour 100 000 habitants, la Castille-La Manche avec 131 et la région de La Rioja avec près de 110 décès[252],[251],[253].

    En France, l’Île-de-France et le Grand Est sont les plus touchés avec 39% et 19% des décès français à la mi-mai[251],[252]. À Paris et dans le Val-de-Marne, on compte 75 morts pour 100 000 habitants, alors que la France en compte en moyenne 42. Dans le Grand Est, le Territoire de Belfort et le Haut-Rhin sont les plus touchés avec respectivement 120 et 98 morts pour 100 000 habitants[156].


    Taux de prévalence par pays

    Le taux de prévalence est le nombre de personnes souffrant d’une maladie particulière à un moment donné, par population exposée au risque de cette maladie[254].

    En France, selon des épidémiologistes français moins de 10 % des habitants — c'est-à-dire moins de sept millions de Français — ont été contaminées par la maladie au moment du confinement[255].

    Au Royaume-Uni, la nation la plus massivement et mortellement touchée est l’Angleterre, avec 10% d'infectés à Londres, et 4% d'infectés dans le reste du pays — quelques millions — d'après des sérologies[247].

    En Suède, 7,3% des habitants de Stockholm ont développé des anticorps relatifs au virus à couronne (SARS-CoV2) fin avril[256].

    En Espagne, au 4 juin, d'après les données de prévalence de l'Institut Carlos III, 5,2% de la population espagnole a été infectée et a développé des anticorps IgG. Parmi les provinces les plus touchées, on trouve Soria 14,7%, Cuenca 14,2% et Ségovie 12,6%, et Albacete 11,6%, alors que dans la province de Madrid, le taux de contamination n'est que de 11,4%. C'est un peu plus que les mêmes données au 13 mai. Les endroits les plus ciblés par la pandémie sont les villes de plus de 100 000 habitants[257].

    À Vérone en Italie, 5,2% de la population dispose d'anticorps à la mi-mai, et 11% de cette population infectée a été un cas confirmé par PCR[258].

    À Bergame en Italie, ville très touchée, plus de la moitié de la population disposerait d'anticorps, selon une étude qui s'est terminée début juin[259].

    Dans le graphique figurant ci-dessous, ce taux est exprimé pour 100 000 personnes[14].

           France       Italie       Espagne       Royaume-Uni       Allemagne

    Source : données consolidées de l'université Johns-Hopkins[260]


    Particularités des courbes, points remarquables
    Date Pays Commentaire
           France Santé publique France publie depuis le , en complément des données habituelles,
    les cas détectés en ESMS, ainsi que les décès qui y sont recencés.
    Les données consolidées de l'université Johns-Hopkins incluent donc ces valeurs, depuis cette date.
           Royaume-Uni Plus de remontée du nombre de guérisons à partir du (385 guérisons remontées la veille, passe à 0).
           France Le nombre cumulé de cas n'intègre plus les cas des ESMS (constat de la présence de doublons depuis le 4 avril).
           France Le nombre cumulé de cas intègre les cas probables (retour à la normale, sans doublon).


    Décès

    Décès par million d'habitants

    Morts par million d'habitants causées par la Covid-19 dans certains pays d'Europe (pays de l'Union européenne comptant plus de 4 millions d'habitants + Norvège, Russie, Suisse et Ukraine) - Données publiées par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies présentées en échelle logarithmique.

    Surmortalité

    Pour pallier les disparités entre États liées aux différentes stratégies de diagnostic de la Covid-19, un autre indicateur utilisé est la surmortalité sur la saison 2020 comparée aux années antérieures.

    24 pays européens ont connu une surmortalité de 168 000 décès entre la semaine numéro 10 et la semaine 21 d'après l'European Mortality Bulletin[261].

    En Europe, plus d'une vingtaine de pays participent à cette notation par « z-score »[262].

    Une autre étude publiée en octobre dans la revue britannique Nature sur les effets de la première vague dans 19 pays d'Europe évalue à plus de 200 000 décès la surmortalité dans ces pays entre le et le [263].

    Le rapport publié le par une Mission mandatée par le gouvernement français analyse le nombre de jours passés au-dessus du seuil de 1 décès d’un patient atteint de Covid-19 par million d’habitants pour approcher à la fois la sévérité de la crise dans le pays donné et l’efficacité des politiques mises en place pour diminuer son impact[264].

    Comparaisons entre l'Europe et le reste du monde

    Données au 30 septembre 2020[S 1]
    Région Population
    (millions)
    Nbre.
    Décès
    Décès /
    million d'hab.
    Amérique 1 014 559 846 463
    Europe 831 230 917 258
    Asie 4 477 186 532 30
    Afrique 1 307 35 922 23
    Océanie 40 686 17
    Nombre de décès dus à la Covid-19 par région du monde, en cumul au 30 septembre 2020[S 1].

    Selon les données publiées par la Johns Hopkins University, la pandémie a causé au plus d'un million de décès dans le monde. Après avoir démarré en Chine, la pandémie s'est d'abord développée sur le continent européen. L'épicentre de la pandémie s'est ensuite déplacé sur le continent américain début juin, en raison de la diminution très sensible du nombre de nouveaux décès en Europe dans le courant du mois de mai, tandis que le nombre de décès imputés à la Covid-19 continuait d'augmenter rapidement en Amérique[S 1].

    Au , 55 % des décès ont eu lieu en Amérique, 23 % en Europe, 18 % en Asie , 4 % en Afrique et moins de 1 % en Océanie. Les États-Unis avec 207 000 décès et le Brésil avec 144 000 décès concentrent près des deux tiers des victimes de la Covid-19 en Amérique[S 1].

    Rapporté à la population de chacune de ces grandes régions du monde, l'Amérique est de loin la plus touchée avec plus de 46 morts pour 100 000 habitants, suivie de l'Europe qui compte un peu moins de 26 morts pour 100 000 habitants[S 1].

    Ces données ne prennent pas en compte les décès survenus en Chine avant le .

    Notes et références

    Notes

    1. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r La délimitation de l'Europe ne repose pas sur des critères exclusivement géographiques puisque rien ne la sépare nettement de l'Asie sur ses marges orientales. Les différentes organisations internationales adoptent chacune des définitions un peu différentes en fonction de leurs membres et de leur périmètre d'activité. L'ONU elle-même peut suivre différentes approches : Les 44 États codés par la division de la statistique sont 43 États membres de l'ONU et le Vatican. Certains pays par ailleurs considérés européens n'y figurent pas : Kosovo, Caucase, Azerbaïdjan, Arménie et Géorgie ainsi que Turquie et Chypre.
      Les listes de 47 États figurant dans cet article sont les 44 États européens selon la définition de la division de la statistique de l'ONU, plus le Kosovo, la Turquie et Chypre.
      Pour les chiffres officiels, le périmètre de l'Europe est à considérer en fonction des institutions qui fournissent les statistiques. Ainsi, dans le contexte des institutions de l'Union européenne (UE), l'Europe s'entend le plus souvent comme ses 27 États membres.
    2. a b c et d Les États membres de l'OMS sont regroupés en six régions. Il existe un bureau régional pour chaque région. L'Europe au sens de l'OMS compte 53 États. Ce sont les 44 États classés en Europe par l'ONU (M49), sauf le Liechtenstein et le Vatican, plus Chypre, la Turquie, trois États du Caucase — Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie — et cinq États d'Asie centrale — Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Turkménistan — et Israël.
    3. Le 4 mai 2020, en France des médecins annoncent avoir détecté a posteriori un patient positif au SARS-CoV-2 prélevé le 27 décembre 2019, âgé de 53 ans et qui n’avait pas voyagé.
    4. a et b Le dispositif intégré de l'UE pour une réaction au niveau politique dans les situations de crise (mécanisme IPCR, « integrated political crisis response » mechanism, en anglais) contribue à un processus de prise de décision rapide et coordonné au niveau politique de l'UE en cas de crises majeures et complexes, y compris d'actes terroristes.
    5. a b et c L'ECDC est une agence de l'Union européenne ouverte aux pays qui appliquent les mêmes règles. Ses membres sont les 27 États membres de l'UE, les États membres de l'AELE et en période de transition le Royaume-Uni. Au cours de la pandémie de Covid-19, l'ECDC publie quotidiennement et hebdomadairement des données pour sa trentaine d'États membres (UE/EEE+RU) et pour chaque continent dont l'Europe considérée comme une cinquantaine de pays.
    6. L'Europe au sens d'une Europe institutionnelle
    7. a b et c Les États inclus dans ce décompte sont les 47 qui sont listés dans le tableau détaillé de 47 pays figurant dans cet article, et dont les données proviennent du Center for Systems Science and Engineering de l'université Johns-Hopkins.
    8. Les chiffres publiés le 6 mai par les autorités sanitaires en Suède font état de 291 morts pour un million d’habitants en Suède, contre 87 pour le Danemark, 40 pour la Norvège et 45 pour la Finlande, qui ont opté pour le semi-confinement.
    9. Le « taux de reproduction » est le nombre moyen de personnes qui vont être à leur tour infectées par une personne infectée.
    10. Le tourisme représente 13,2 % du PIB en Italie, 14,6 % en Espagne, 19,1 % au Portugal, et 20,6 % en Grèce.
    11. Liste des 14 pays : Australie, Canada, Corée du Sud, Japon, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Thaïlande, Uruguay, États du Maghreb (Algérie, Maroc et Tunisie), deux états des Balkans (Monténégro et Serbie) et Géorgie.
    12. Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Italie, Norvège, Royaume-Uni, Suède et Suisse.
    13. L'étude publiée par McKinsey présente des données de surmortalité pour les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la France, la Suisse, l'Espagne et la Suède.
    14. Ces données issues du rapport hebdomadaire de l'OMS Europe relatif à la semaine 35, du 24 au 31 août, sont basées sur l'analyse de 96 800 décès.
    15. Support to mitigate Unemployment Risks in an Emergency
    16. En France, à la mi-mai 2020, le seul test fiable recommandé pour le dépistage du coronavirus est le test virologique par RT-PCR. Le test sérologique dans le sang est toujours en cours d'évaluation tous comme les tests salivaires et à détection rapide. La réaction de polymérisation en chaîne par transcription inverse (en anglais Reverse Transcription-Polymerase Chain Reaction) est une technique de laboratoire combinant la transcription inverse de l'ARN en ADN (dans ce contexte appelé ADN complémentaire ou ADNc) et l'amplification de cibles d'ADN spécifiques à l'aide de la réaction en chaîne par polymérase (PCR). Elle s'effectue à partir d'un prélèvement nasal.
    17. Cette donnée est à considérer avec précaution, puisque la politique de test n'est pas la même d'un pays à un autre.
    18. Populations pour l'année 2018, données recupérées de la Banque mondiale (source) et chiffres vérifiables sur le Coronavirus Resource Center l'université Johns-Hopkin (source).
    19. Sont inclus les cas recensés en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion, en Martinique, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon.
    20. L'université Johns-Hopkins additionnant les cas confirmés et probables, les données de Santé publique France sont utilisées pour la France (source).
    21. Sont inclus les cas recensés à Anguilla, aux Bermudes, à Gibraltar, aux îles Anglo-Normandes, aux îles Caïmans, aux îles Turques-et-Caïques, aux îles Vierges britanniques, dans l'île de Man et à Montserrat.
    22. Le total des décès enregistrés au se répartissent comme suit: 57 % sont survenus en milieu hospitalier, 40 % en maisons de soins et de repos (sans test de confirmation), 1 % au domicile du patient et pour 2 %, l'information n'est pas disponible selon Sciensano.
    23. Sont inclus les cas recensés à Aruba, à Curaçao et à Saint-Martin.
    24. Sont inclus les cas recensés au Groenland et dans les îles Féroé.

    Références statistiques principales

    Autres références

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    Voir aussi

    Bibliographie

    Organisation mondiale de la santé

    Union européenne

    Johns Hopkins University

    Autres sources

    Articles connexes