Pandémie de Covid-19 en Colombie

Pandémie de Covid-19 en Colombie
COVID-19 Outbreak Cases in Colombia.svg
Départements touchés par le virus.
  • Pas de cas confirmés
  • 1-19 cas confirmés
  • 20-39 cas confirmés
  • 40-59 cas confirmés
  • 60-79 cas confirmés
  • 80-99 cas confirmés
  • ≥100
Maladie
Agent infectieux
Localisation
Coordonnées
4° N, 74° O
Date d'arrivée
Bilan
Cas confirmés
1 065 ()[1]
Cas soignés
Morts

La Colombie compte, à la date du 30 mars 2020, 798 cas confirmés du covid-19, dont quatorze décès.

Mesures gouvernementales

Le gouvernement impose à partir du 25 mars un confinement général obligatoire pour une durée de trois semaines. Pour les personnes âgées de plus 70 ans, le confinement est obligatoire jusqu'au 30 mai. Les Colombiens ne peuvent sortir de chez eux que pour faire des courses ou promener leur chien, à raison d'une personne par famille, ou en cas de force majeure. Les infractions sont passibles d'amendes, voire de prison. Sont exemptés les personnels des services de santé, d'hygiène, de télécommunication, des établissements financiers ainsi que des médias. Le gouvernement a en outre ordonné la fermeture des frontières, l'interdiction des vols de passagers, la suspension des cours en présentiel et des rassemblements. Quelque 60 000 militaires et policiers sont déployés pour « faire respecter » les mesures[2].

Difficultés à faire appliquer le confinement

Selon plusieurs experts, les mesures de confinement risquent de montrer leurs limites dans un pays tels que la Colombie, dans lequel il n'existe pas d'État-providence. Ainsi, moins d'un million de personnes bénéficie d'une retraite et les aides sociales sont très faibles. Beaucoup de personnes âgées vivent dans la pauvreté, voire l'indigence, et sont contraintes de continuer de travailler ou de mendier[3].

« Sans famille ni aide sociale suffisante, beaucoup d'anciens craignent autant de mourir de faim que de tomber malades. », relève l'Agence France-Presse. Luis Carlos Reyes, de l'Observatoire fiscal de l'Université Javeriana à Bogota, explique qu'« il y a un manque de protection préoccupant du fait de l'absence d'un véritable État providence »[3]

Conséquences politiques

La guérilla de l’Armée de libération nationale annonce un cessez-le-feu unilatéral pour une durée d'au moins 30 jours à partir du 1er avril. L’organisation évoque l’appel de l’ONU à un cessez-le-feu de tous les conflits dans le monde, ainsi que la demande « dans le même sens » d’« organisations sociales et politiques de Colombie ». La guérilla indique en outre qu’elle se réserve le « droit » de se défendre des « attaques » des forces gouvernementales comme des groupes de narcotrafiquants. Le gouvernement a répondu que les « conditions n'étaient pas réunies » pour un « espace de dialogue ouvert »[4].

D'après le journaliste Maurice Lemoine, le chef de l’État Iván Duque, compromis dans une affaire d'achats de vote lors de l'élection présidentielle de 2018, « peut respirer (ne serait-ce que très-très relativement) : pour une durée encore indéterminée, l’épidémie de Covid-19 va monopoliser toute l’attention et l’énergie de la société, faisant passer tous ces désordres inopportuns au second plan[5]. »

Références

  1. a b et c « https://twitter.com/MinSaludCol/status/1245413255574675456 »
  2. « Coronavirus: la Colombie en confinement général », AFP,
  3. a et b « Colombie: mourir de faim confinés ou du coronavirus dans la rue, dilemme des pauvres âgés », sur Le Journal de Montréal
  4. « Coronavirus : la guérilla de l’ELN annonce un cessez-le-feu en Colombie », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  5. Maurice Lemoine, « La Colombie aux temps du choléra », sur Mémoire des luttes,